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Surfing The Void ne fait pas dans la dentelle. Dans quel état d’esprit l'avez-vous écrit ?

Jamie Reynolds : En 2009, après avoir joué à des festivals comme Rock en Seine et à Glastonbury, nous nous sommes sentis comme rajeunir. Et nous avons soudain réalisé que ce qui avait fait de nous un grand groupe et cela nous a permis d’aborder nos sessions d’écriture avec beaucoup d’énergie et de motivation. Le jeu avait repris de plus belle…

Et qu’est-ce qui a fait de vous un grand groupe, justement ?

James Righton : Nous nous impressionnons beaucoup depuis le début, les uns les autres (rires). Cela nous a beaucoup surpris lorsque nous étions en studio. Nous écoutions chaque bande les unes après les autres : celle de la guitare, de la batterie, de la basse… et à chaque fois cela faisait comme exploser nos esprits, c’était vraiment très impressionnant ! Nous sommes dans une émulation constante.

Simon Taylor-Davis : Et nous savons travailler dans le secret : rien ne devait sortir de la pièce où nous nous sommes réunis pour concevoir l’album. Mine de rien, cela aide à entretenir un certain mystère… et à nous concentrer au maximum.

Avant même la sortie de Myths Of The Near Future, on vous a étiqueté groupe de new rave, et même chef de file du mouvement. Etait-ce quelque chose que vous recherchiez, que vous travailliez depuis vos débuts ?

Jamie Reynolds :  Le groupe est né en 2005, quand Simon et moi nous nous sommes rencontrés grâce à une connaissance commune, à Londres. Nous avons ensuite recruté un de mes copains d’école, James. Tout s’est fait assez vite, sans qu’on ait pu réfléchir vraiment à quoi que ce soit. Notre premier concert, c’était en octobre de la même année.

James Righton : Nous ne savions franchement pas trop ce que nous étions en train de faire, et nos premiers concerts étaient vraiment chaotiques. Pourtant, les gens ont aimé, aussi bizarre que cela puisse paraître. Un jour, Jamie a parlé en plaisantant de « new rave », et des amis d’amis ont commencé à venir à nos concerts avec des cornes de brume et des bâtons lumineux ! Tout le monde s’y est mis. Le mouvement s’est alors formé tout seul, sans que nous y soyons pour grand-chose…

Là, ça a été un peu la folie, la presse et le public se sont jetés sur vous…

Jamie Reynolds : Oui, nous n’avons pas vraiment compris ce qui se passait… Une fois de plus ! Mais nous avons aimé cette folie, même si il a fallu un peu calmer le jeu à un moment donné, pour pouvoir progresser. Trois ans pour faire un second album, cela a été très efficace ! (rires)

Etes-vous toujours aussi proches les uns des autres ?

James Righton : Aujourd’hui, nous sommes un groupe au sens propre du terme, plus qu’un simple concept de groupe... ce qui change tout. Nous avons appris à vraiment travailler ensemble, à partager le bon comme le mauvaise. Notre amitié est solide comme elle ne l’a jamais été : nous sommes vraiment soudés maintenant, rien ne peut nous séparer.

Simon : Cela peut paraître un peu mièvre, mais c’est la pure vérité !

Pourquoi ce choix de titre d’album, Surfing The Void ? Encore un trait caustique de votre part ?

Jamie Reynolds : Cela résume ce que nous faisons, tout simplement ! Nous surfons sur le vide… (rires)

James Righton : Plus sérieusement, cela résume nos trois dernières années passées, tout en parlant de notre situation actuelle. Le vide, c’est aussi comme un souffle. C’est une véritable libération, où les ennuis et les problèmes s’évaporent et disparaissent.

Jamie et James, vous écrivez les textes des Klaxons. Quelles ont été vos inspirations pour Surfing The Void ?

Jamie Reynolds :  C’est assez personnel car cela vient de nos impressions respectives de notre premier disque. Cela nous a pris du temps de savoir ce que nous voulions transmettre, et à titre collectif, car il faut vraiment pénétrer l’esprit de chaque membre du groupe pour savoir exactement le feeling qu’on veut faire passer. Joie, tristesse, énergie, violence…

James Righton : À la fin, quelqu’un doit à un moment se décider sur quelque chose, et fixer la mélodie à partir de laquelle nous allons caler les paroles.

C’est Ross Robinson qui a produit l’album, et ça s’entend. Comment s’est déroulée votre collaboration ?

James Righton : Ca a été incroyable. Avec lui, tout prenait sens et faisait disparaître les problèmes et les détails futiles. C’est un homme doux, adorable, lumineux…

Simon Taylor-Davis : Il a eu une vie hyper remplie, c’est un véritable workaholic. S’il ne travaille pas, il devient  fou. Il a vraiment un mode de vie très sain, tout est sobre chez lui… sauf la musique (rires) ! Il nous a encouragé à veiller sur nous-mêmes par rapport à notre alimentation, notre consommation d’alcool… Cela nous vraiment enrichi et cela a indirectement influencé l’ensemble de l’album.

Ross Robinson vit du côté de Malibu… Surfing The Void, c’était un peu « Surfing In The U.S.A » pour quatre Anglais comme vous ?

Jamie Reynolds : Un peu… Il a son propre studio dans sa maison en Californie, et nous y sommes restés quatre mois !

James Righton : Nous avons habité sa maison qui donne directement sur la plage ! Nous vivions à son rythme, celui du L. A. lifestyle. Quand on avait besoin de souffler, hop, on allait marcher dans le sable… C’était un rêve ! Comme toute cette aventure d’ailleurs….

Certaines chansons de l’album vous ont-elles marqué d’une façon ou d’une autre ?

James Righton :  Si tout l’album nous a marqué d’une façon ou d’une autre, ce serait se mentir de ne pas dire que « Twin Flames » est une chanson exclusivement destinée aux amoureux. Incroyable mais vrai ! Sinon, « Echoes » nous a rendu plus forts et nous a permis d’assurer l’ensemble de l’album. Dès que nous l’avons écrit, nous avons su que ce morceau avait quelque chose de spécial, et qui nous a fait beaucoup de bien. C’est pour ça que nous l’avons mis en première position dans l’album.

La pochette de Surfing The Void est assez drôle. D’où vient cette idée de chat cosmonaute ?

Simon Taylor-Davis : C’était question de montrer qu’un chat est capable d’aller dans l’espace, et même d’en revenir pour dire que des conneries (rires).

James Righton : Avec l’idée que le chat va ailleurs pour chercher une meilleure place, mais que les choses ne sont pas si mal ici-bas ! (rires) Un pur délire existentialiste…

En live, vous avez une certaine réputation : vous avez notamment réussi à vous casser une jambe l’année dernière !

James Righton : Et pourtant, on ne cherche pas la théâtralité sur scène ! Nous sommes quatre mecs (avec le batteur Steffan Halperin) et il n’y a pas vraiment autre chose que notre effort commun à faire de la musique aussi bonne que puissante. Galvanisante, même.

Jamie Reynolds : Pas de jeu de lumière, pas de folies, de grimaces, et rien que ça, cela peut surprendre ! Nous essayons seulement de faire de la musique avec laquelle nous nous sentons à l’aise, et qui nous rende meilleurs, tout simplement…

Votre musique est comme faite de ying et yang, d’énergie et de profonde mélancolie…

Simon Taylor-Davis : C’est exactement ça ! Nous croyons beaucoup à ce concept du yin et du yang.

James Righton : Il y a de la spiritualité dans la musique, quoiqu’il arrive. Notre musique est plutôt violente, mais ce qui n’empêche pas nos chansons d’être malgré tout très belles.

Jamie : C’est l’harmonie qui est importante dans la beat music, il doit y avoir de la lumière et aussi de l’obscurité, et il faut trouver l’équilibre entre les deux. Trop de lumière peut rendre la musique trop douce, voire mielleuse. Et trop d’obscurité c’est vite too much, en fait ! C’est ça qui fait la bonne musique : l’équilibre des humeurs et des sensations que la chanson dégage.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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