Nicolas Comment

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Faut-il prendre quelque distance avec l'image pour se consacrer entièrement à un album ?

 

Je n'ai pas pris de distance avec l'image. J'ai au contraire réalisé deux nouvelles séries de photographies pendant l'enregistrement et la sortie de mon album : une série sur l'écrivain Bernard Lamarche-Vadel (c.f. le livre La visite, éd. Filigranes, 2010) et une autre sur le Mexique (exposition prévue cet automne à Mexico puis en janvier à la galerie Vu'). Pour moi, il n'y a pas vraiment de hiatus entre l'image et la musique, puisque dans les deux cas il s'agit d'une démarche d'"auteur" :  j'utilise simplement deux modes d'expression, en l'occurence la photographie et la chanson.

 

Comment s'est passée la collaboration avec Marc Collin? Pourquoi lui ?

J'ai rencontré Marc un soir dans un vernissage. Patrick Bouvet, un ami écrivain, m'avait dit que nous pourrions peut-être nous entendre... Nous sommes allés dîner dans un petit restaurant et, assez naturellement, l'idée de faire un album ensemble a germée entre nous. Deux mois plus tard, nous étions en studio pour attaquer "Nous étions Dieu". En fait, nous avons fait cet album comme deux adolescents : nous nous sommes découverts des goûts communs pour la new-wave, le krautrock et souvenus des groupes que nous écoutions au collège, comme The Cure ou New Order... C'est pourquoi nous avons décidé de produire cet album pour les adolescents que nous étions.

Après avoir passé autant de temps derrière l'objectif, quel est votre rapport à la scène - de devenir sujet, en quelque sorte ?

C'est une sensation étrange. Un peu comme de passer du rôle de voyeur à celui de l'exhibitionniste ! Mais en vérité, ma pratique de la photographie n'a jamais été une pratique inféodée ou "appliquée" : je ne me sens ni reporter, ni portraitiste (même si j'ai fait quelques portraits pour des pochettes d'albums)... C'est à dire que j'ai toujours considéré que mon travail photographique existait en dehors de tout "sujet". Je réalise la plupart de mes projets photo dans le cadre de résidences d'artiste où je jouis d'une grande liberté d'expression et je ne travaille que rarement sur commande. Je considère que la photographie est un art au même titre que la chanson. Même si on peut penser comme Gainsbourg qu'il s'agit peut-être de deux "arts mineurs", le livre de photographies et les disques de rock sont les deux formes artistiques qui m'ont le plus touché en temps que spectateur ou auditeur...

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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