Mozes & The Firstborn

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MELLE DIELESEN

Pourriez-vous nous raconter la genèse de Mozes & The Firstborn?

Tout a commencé il y a trois ans. Après un an passé à Londres où j'étudais la production musicale, je suis revenu en Hollande car j’avais réalisé que j’avais envie d’écrire et d’enregistrer mon disque à moi plutôt que de stagner en cours. J’ai donc commencé à enregistrer des démos dans la cave de ma mère. L’un de mes meilleurs amis, Gus, me présenta alors mon futur batteur, Raven. Le jour où nous nous sommes rencontrés, nous avons joué deux heures d’affilée et ça a tout de suite été parfait. Une heure plus tard, nous envisagions de monter un groupe et le lendemain, nous écrivions des chansons ensemble. Une véritable étincelle! Deux semaines après, Corto nous rejoignait à la basse - encore un que m’avait présenté Gus à l’époque du lycée - j’avais joué dans un de ses groupes d’alors.
Deux mois plus tard, nous enregistrions notre premier EP dans une ancienne usine Philips, là où fut inventé le CD! Nous avons commencé à tourner et attendre notre quatrième homme... Et là encore, Gus prouva son talent d’entremetteur en me présentant Ernst. Il était plus vieux que nous, nous l'avions déjà vu sur scène avec ses groupes tous assez cools, il avait un sens de l’humour génial, bref, nous pensions que jamais nous ne pourrions l’intéresser. Un peu quand les Beatles voyait Ringo jouer avec Rory Storm and the Hurricanes. Un an et demi plus tard, nous avons réussi à le convaincre. Et pour faire notre premier album, nous retournâmes tous ensemble dans la cave de ma mère. Quant à Gus, il est désormais notre tour manager!

Pourquoi ce nom de groupe ô combien biblique?

Quand j’étais petit, je vivais avec mes parents dans une communauté juive et hippie appelée "De Eerste Moshae" ("The Firstborn Mozes »), dans la campagne hollandaise. Elle est très controversée aujourd’hui car son dirigeant a été impliqué dans moult scandales sexuels. En grandissant, j’ai commencé à me rebeller contre les règles de cette secte. À 17 ans, je suis parti de chez moi et j’ai pris le premier bateau pour l’Angleterre. Une évasion, en quelque sorte. Ainsi, le nom du groupe me rappelle cette période horrible de ma vie. Par chance, ma mère a elle aussi réalisé qu’il fallait en partir… Et non, en fait, je rigolais. Mais cela aurait une super histoire, non? En réalité, c’est parce que j’ai du regarder à peur près mille fois le dessin animé Le Prince d’Egypte quand j’étais petit.

Le musicien qui vous a fait vibrer dès l’enfance?

Avant tout, Michael Jackson. J’avais l’habitude de danser sur "They Don't Care About Us" quand j’étais un tout petit garçon. Et puis, à 13 ans, j’ai découvert Nirvana et je me suis complètement plongé dedans. C’est là où j’ai commencé à être totalement obsédé par le fait de prendre une guitare et de jouer dans un groupe. J’ai aussi été obsédé par le Velvet Underground, les Stones, les Beatles… Comme tout le monde dans le groupe. Ah, et aussi, Guided By Voices. Il ne faut pas les oublier, ceux-là!

Votre plus grand désir, là, maintenant, tout de suite?

Dominer le monde! Non, je plaisante, juste dépasser nos frontières, c’est déjà bien. Jouer en France, aussi, ça nous rend dingues. Nous aimons votre fromage, votre pain (même s’il peut heurter nos palais délicats), votre vin… S’il vous plaît, aimez-nous, vous aussi!

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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