Roseaux

Roseaux-Philippe-Mazzoni

 

Où, quand, pourquoi et comment est né le projet Roseaux?

Clément: Lorsqu'Émile est venu nous trouver, Alex et moi, ça faisait un petit moment que l'idée de réaliser un disque lui trottait dans la tête. Il avait cette envie de brasser beaucoup d'influences, et il s'est adressé à deux vieux potes, aux goûts très éclectiques à l'instar des siens, pour leur proposer de se lancer dans ce projet. La première rencontre s'est faite chez moi à Bagneux (autour d'une soupe thaï maison...) et Émile nous a d'emblée exposé son envie de travailler sur des morceaux qui l'avaient vraiment marqués, et d'en faire des reprises à notre sauce. On est parti d'une liste assez large de titres plus ou moins connus, allant de tracks house à du reggae, en passant par des classics funk, de la bossa et du rock, pour élaguer doucement en fonction des envies et des idées de chacun.

Pourquoi avoir choisi ce nom de groupe, Roseaux...?

Émile: Un nom français s'imposait car la musique de Roseaux est le fruit d'une curiosité bien frenchie. Il symbolise bien notre formation car les roseaux sont un ensemble d'entités singulières: nous ne sommes pas un groupe, chacun a d'autres projets, et nous nous retrouvons pour créer cette musique - qui est avant tout celle que nous voulons, indépendamment des codes et modes actuelles. En ce sens, comme le dit La Fontaine, lui-même ayant repris Esope, Roseaux plie mais ne rompt pas!

Un beau souvenir de l'enregistrement?

Alex: Claudio Cacau pendant l'enregistrement des flûtes sur "Strange Things", parcourant la partition dont nous étions assez fiers. Son verdict implacable est tombé: "Ah, mais ceci n'existe pas dans la musique brésilienne..."

Comment s'est déroulé votre collaboration avec Aloe Blacc?

Clément: Très simplement. Quand on s'est dit qu'Aloe était la bonne personne et la bonne voix pour porter ce projet et qu'il a accepté de venir enregistrer un album entier comme chanteur, c'était une idée neuve et une première pour lui. De ce fait, il s'est mis à l'écoute de nos idées et s'est totalement laissé aller dans le projet jusqu'à trouver les intentions justes pour chaque morceau, avec la voix qu'on lui connaît.

Votre plus grande peur pour cet album ?

Alex: Elle était totalement liée à l'admiration que nous avons pour les auteurs et compositeurs de ces chansons: comment légitimement reprendre leurs oeuvres? Notre ambition, c'était de retrouver un peu de l'émotion des versions originales mais aussi de leur offrir un nouveau visage. Notre peur fut de ne pas y arriver et de massacrer ces chef-d'oeuvres. Nous avons donc pris le temps de réviser notre copie autant fois qu'il le fallait pour restituer un peu de cette émotion...

Et votre désir le plus fervent pour l'avenir?

Clément: Continuer à travailler sur d'aussi jolis projets.

Alex: La fameuse soupe thaï de Clément!

Emile : Avoir la chance de collaborer avec des interprètes dont l'intention du chant est si rare...




Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace et Spotifyspotify:album:1DwGLW6r4qWv3gWiF5QiuW1



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