Soko

Soko-Philippe-Mazzoni 

SES CHANSONS. Ma musique, ça ne peut pas être plus moi que moi. J’écris et je compose en même temps, j’ai déjà les arrangements en tête, tout me semble naturel. Il n’y a pas de barrières, ni de protection. Je détesterais me retrouver sur scène à chanter des choses qui ne sont pas vraies. Je ne peux pas me regarder dans le miroir en me disant que je suis une menteuse. Quand je joue pour mon public, c’est la chose la plus sincère que je fais. Et quand je ne suis pas bien, je préfère annuler plutôt que de ne pas offrir le meilleur pour eux.

COUP DE BLUES. J’ai mis beaucoup de temps à me poser des questions, car j’ai enchaîné deux tournages et c’est au milieu de ma tournée que j’ai eu un énorme contrecoup. Je me suis sentie malade, moralement et physiquement. D’autant que le rôle du film dont je sortais, je jouais le rôle d’une hystérique dans les années 80, je devais me frapper, simuler des agressions extrêmement violentes. Aujourd’hui, je viens de remonter la pente, j’ai réussi à me défaire de ce personnage. Pourtant, je n’ai jamais été dans le trip de l’actrice qui se fait dévorer par son métier, mais là, je me suis pris le rôle en pleine face !

PREMIER ALBUM… ENFIN. Travailler dans des studios qui coûtaient cher, ça m’a ruinée et ça ne m’a rien apporté. Je ne pouvais pas produire selon une deadline à respecter. J’ai pensé à plein d’autres idées, comme faire un album entièrement country, avec mandolines, violons et contrebasses. Puis j’ai pris un break, et j’ai continué à écrire dans mon coin, à mon rythme. Prendre mon temps. Celui qui m’a aidé à finir mon album, c’est le producteur Fritz Michell, qui a fait le dernier album d’Elliott Smith. Il a décidé, lui aussi, de prendre le temps. On ne bossait que cinq heures par jour, parce que sinon après tu perds ton intention. Ca a duré huit mois...

NOMADISME. Ca fait un an que je suis partie de Los Angeles, et que je n’ai plus de maison, ni d’amour. Je n’ai fait que travailler. Je ne sais pas quand je pourrais m’y reposer, dans tous les sens du terme. Mais ça ne me dérange pas : j’ai besoin d’être tout le temps en boulimique créative. Paradoxalement, j’ai besoin d’être seule pour écrire, pour digérer mes émotions. J’ai besoin d’une semaine à ne rien faire pour écrire une chanson. C’est pour cette raison que je ne veux pas trop me perdre dans les tournages de films. La musique avant tout!

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

Retrouvez l'artiste sur son espace et Spotifyspotify:album:0y82b2Qqy1mkQxUWiqzlI21

Comments: