Lescop

Lescop-Philippe-Mazzoni

 

NAISSANCE DE LESCOP. Tout simplement parce que j’avais des textes qui ne correspondaient à mon groupe, Asyl. Et je voulais travailler avec John depuis longtemps. Nous avons fini par trouver le temps, il y a trois ans. Et puis, après quinze ans de groupe, j’avais envie de faire autre chose. D’ailleurs, nous avons chacun des projets annexes...

JEUNE HOMME MODERNE ? Les années 80, c’est une époque que je n’ai pas vécue. Je suis évidemment très flatté d’être comparé à lui car c’est une référence pour moi, même si j’essaye de me soustraire à un maximum d’influences. Etienne Daho a fait des très belles chansons... Il n’y avait pas eu d’auteur-chanteur dans ce genre précis depuis, c’est peut-être pour cela que l’on nous compare tous les deux.

TEXTUEL. J’aime le théâtre, car c’est écrit pour être dit. J’aime la simplicité et la radicalité d’auteurs comme Mishima, Semprun, Carrère, Céline, Artaud. Pour mes chansons, je commence par le texte. Je n’aime pas les mots savants, les tournures de phrase compliquées, donc mes paroles possèdent déjà une démarche pop. D’ailleurs, s’ils se suffisaient à eux-mêmes, je n’aurais jamais cherché à chanter. Mes textes fonctionnent uniquement quand ils sont chantés.

INTENSITÉ. Mes chansons doivent avoir une notion de cruauté, d’érotisme et d’urgence. Sinon, cela ne sert à rien. Je suis contre les chansons inutiles. Je trouve ça triste d’aimer une chanson parce qu’elle détend, point. Il faut être transporté, avoir des frissons dans le dos... Cela ne signifie pas une violence obligatoire, mais une chanson doit être essentielle. Comme chez Springsteen, Bowie ou Lou Reed, dans des registres très différents.

LA NUIT. J’écris toujours le jour, mais je parle de ce qui me manque, donc c’est logique que j’écrive sur la nuit. La nuit nettoie un peu tout… surtout après une mauvaise journée. Il y a quelque chose de virginal, de prometteur. Les gens ne se parlent pas de la même manière ? La nuit est propice au mystère, à l’amour, aux sentiments délicats. Les forêts la nuit m’ont toujours terrifié, et c’est peut-être aussi pour cela que j’ai écrit "La Forêt". L’angoisse, c’est porteur.

FRENCH POP. Ce que je préfère défendre, c’est la fierté d’être ce que l’on est: moi, c’est d’être un chanteur français. Gainsbourg disait que la pop française ne devait pas être à la remorque des anglo-saxons, c’est très vrai. Pas besoin d’être nationaliste pour ça, mais il ne faut pas tricher. Des nouveaux artistes comme Mustang, Pendentif, Aline, La Femme assument ce qu’ils sont. Les Anglais ou les Américains adorent les artistes qui chantent en français, mais pas les Français ! Mais nous aussi on sait faire de la musique, nous aussi on sait écrire des textes. Il est temps de montrer ce qu’on est capable de faire.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace et Spotifyspotify:album:24LciaajHhX1Hn145fjmoZ1



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