Alex Winston

Alex-WinstonPhilippe-Mazzoni

 

DETROIT. J'ai grandi à 15 minutes au nord de Detroit. J’ai grandi dans une banlieue middle-class normale, mais je passais mon temps downtown, et les enfants que je fréquentais dans mon voisinage sont devenus médecins, avocats, hommes d’affaires. Mais c’était ceux qui faisaient de la musique qui étaient downtown qui me semblaient intéressants. Et c’est avec eux que je sortais pour aller aux concerts. Vers 17 ans, je me suis rendu compte que je voulais en faire ma carrière. Alors je suis allée a Chicago avec l’aide de mon père, et tout a commencé…

INFLUENCES. Ma mère a été en classe avec Stevie Wonder. Il y a tellement de musiques qui sont sorties de cet endroit. Tellement de choses s’y sont déroulées que c’est dur de ne pas être influencée par ça aujourd’hui. C’est une légende qui nous a tous imprégnés. Mais j’aime aussi la country, le punk, PJ Harvey ; je ne veux pas me limiter à un son seulement. Et je tiens à préserver cette diversité d’influences. 

LES DEBUTS. Les premières années de musique étaient frustrantes car j’essayais de percer sans vouloir quitter Detroit. Detroit, c’est ma maison et c’est là-bas que je rentre toujours pour écrire, dans le sous-sol de ma maison, chez mes parents. Et puis quand tu es jeune tu as besoin de qqn pour t’aider. On écoutait mes démos et on me comparait à Kate Perry, je trouvais ça désespérant. Je devais bouger. C’est comme ça que j’ai écrit « Choice Note ». Je me souviens : je suis rentrée ouvrir une bouteille de Jameson pour mieux écrire, tu sais. Il fallait stimuler ma créativité.

UN MODELE. Kate Bush. Je l’aime beaucoup. Et elle est vraiment la femme d’un show, elle me déroute, elle est tellement mature dans son travail. C’est impressionnant. Elle fait tout. Je ne m’y compare pas mais je vois en elle quelque part ce que j’aimerais donner plus tard et j’aime cette comparaison. Surtout, elle fait partie des artistes comme PJ Harvey, qui ne se laisse pas imposesr d’écrire un tube pour qu’on lui permette de faire un album. C’est tellement humiliant.

L'ALBUM. Ce qui m'intéresse, et ce qui est devenu le sujet de mon album, c'est la manipulations des plus faibles. Entre temps j’ai regardé aussi pas mal de documentaires sur des niches, ou minorités, mais aussi sur la manipulation des grand de ce monde et comment cela influe sur ces minorités justement. 

 Ce qui m’intéresse dans les autres est aussi lié à mes confrontations personnelles. Un jour, quelqu’un m’a dit que je devais aller en enfer car je suis juive et j’étais estomaquée. Certains sont tellement convaincus de ce qu’ils disent que cela en devient flippant, de voir ce en quoi arrive à croire les gens et comment ils se font manipuler ou influencer sur ce genre de croyances. 

Partout ailleurs, l’album s’appelle King Con (grand manipulateur en anglais), sauf qu’on m’a dit qu’en France c’est une insulte ! 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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