Housse de Racket

Housse_de_Racket-1a

Pouvez-vous revenir sur votre rencontre?

PIERRE : Nous avons grandi dans la même banlieue, où nous nous sommes rencontrés - au Conservatoire. C'était en 1993, et Victor avait un tee-shirt Pearl Jam, dont j’étais fan. Ca rapproche! Beaucoup plus tard, nous avons monté un premier groupe. Puis Housse Racket, nourris d'une culture funk, black rock, grunge... Nous avons commencé tous les deux devant un ordinateur avec des synthés et des guitares.

VICTOR: Nous voulions racketter la house en plein période French Touch. Ca avait aussi un rapport avec le fait que nous n'étions pas parisiens. Nous vivions dans une ville où il n’y avait pas grand chose: nous passions des journées et des nuits entières à discuter chez nos parents. Nous avons imaginé ce nom lors d’une de ces fameuses nuits blanches. Nous sommes heureux aujourd’hui de voir que nous avons sorti un premier disque, puis un second... Maintenant, nous pouvons passer à autre chose.

Quelles ont été vos influences durant l'enregistrement de ce nouvel album?

VICTOR : Nous n'écoutons pas du contemporain pour ne pas nous faire parasiter, mais de la musique que nous sommes incapable de jouer, comme du classique ou des musiques confortables que l’on connaît par cœur, comme Beach Boys et Bowie. Dans ses chansons, il se passe toujours quelque chose. Tout a l’air important. C’est ce dont nous avions envie : des morceaux avec de la consistance, de l'âme.

PIERRE : « Est-ce qu’il y a la vibe éternelle ou pas ? » c’est ce que nous nous demandions à chaque chanson. Si nous ça nous touche, cela peut toucher plein de gens.

Vos chansons s'appellent "Ariane", "Aquarium"… Cultivez-vous une thématique de la bulle ?

PIERRE : Une bulle française, avec Alésia, le TGV... Je pense aussi à Bubble-Gum, le côté hyper pop de la BD. Nous adorons que nos textes évoquent plein de choses différentes. Que chacun se fasse son interprétation...

VICTOR : ... ça veut dire que les textes sont réussis!

Et la France dans tout ça ?

PIERRE: Evidemment, il y a un rapport à la France, mais plutôt dans le questionnement : est-ce qu’elle peut encore gagner ? Aller suffisamment vite avec TGV ? Nous y avons souvent pensé, notamment quand nous étions en tournée à l’étranger.

A certains moments, on pense à Taxi Girl...

PIERRE : Nous nous sommes souvent demandés comment nous pouvions conserver notre intégrité française. De ce point de vue-là, la période des années 80 nous a semblé très prolifique. Mathematiques Moderns, Stinky Toys, Taxi Girl... Nous nous sommes imprégnés de leur univers.

Heureux d'être en duo?

PIERRE: On fonctionne comme un groupe de DJS ou de producteurs de musique électronique, mais on a toujours voulu écrire des pop songs. Dans le premier album, nous nous cherchions beaucoup, entre rock et synthétiseur. Sur celui-ci, Philippe Zdar, qui est très réputé pour son travail en musique électronique, nous a aidé à sublimer le climat sonore. C’est quand même fait avec des guitares, des batteries...

Parlez-moi de ce morceau, "Les hommes et les femmes"...

PIERRE : Cela peut être à la fois sur l’union des hommes et des femmes, et aussi dans le sens de la civilisation, du darwinisme, de l'évolution de l’homme. Tout est dit dans le refrain, d’ailleurs c’était difficile d’en sortir également des couplets. C'est aussi sur le couple... L’amour. Un thème que nous n'aurions pas osé aborder avant par pudeur, mais dont nous pouvons parler ici, très simplement.

VICTOR: On veut tout le monde ait des frissons, au Mexique ou en Allemagne. Le pouvoir des mots s’arrête là où commence celui de la musique, comme disait Wagner!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


Retrouvez l'artiste sur son espace et sur Housse de Racket


Comments: