LONELADY

LoneladyPhilippe-Mazzoni

Un second album est toujours un challenge. Comment l’avez-vous affronté ?

Très vite, il m’est apparu que les chansons-clés de l’album seraient construites autour d’un simple beat de machines, plus dansant et nourri de funk. Les rythmes et le groove sont devenus des éléments à part entière. Cette palette de sons colorés offre à ce disque une toute autre tonalité que Nerve Up. Il a surtout été enregistré dans mon home studio, ce qui lui confère une ambiance intime, mais aussi au Keyclub dans le Michigan, dont l’équipement analogique a considérablement amélioré la qualité sonore.

Quelles sont les inspirations de Hinterland ?

L'environnement urbain post-industriel nourrit vraiment sa musique et donne une sorte d'énergie un peu folle. J’adore les boîtes à rythmes et les sons de batterie synthétique. C’est sans doute lié au fait de vivre dans un environnement de béton entouré de surfaces dures ; c’est aussi un moyen d'utiliser de manière artistique un espace souvent agressif. Transformer le béton et les friches en quelque chose de magique. Hinterland témoigne de ma réflexion sur les paysages et les jeux de mon enfance au milieu des ruines industrielles de la périphérie de Manchester.

Et vos influences musicales ?

J’aime les chansons qui ont une urgence bien à elles, comme il y en avait beaucoup à la fin des années 70 et au début des années 80, en particulier dans le post-punk britannique. J’adore le son graveleux du punk seventies et j’ai toujours écouté de la musique électronique industrielle comme Cabaret Voltaire, où s’illustrait l'ambiance hostile de l'environnement urbain.

Comment vous décrire en trois mots ?

Musicalement parlant : agitée, complexe, fragile.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Part-Time Friends

Part-time friends-Philippe-Mazzoni

PAULINE LOPEZ DE AYORA & FLORENT BIOLCHINI

Pourquoi s'appeler Part-Time Friends?

Florent : Ca vient déjà, bien entendu, de notre relation qui a parfois été tumultueuse. Ensuite nous nous sommes amussé à contracter les paroles d'une de nos chansons préférées d'un de nos groupes préférés : "Anyone Else But You" des Moldy Peaches. "You're a part time lover and a full-time friends" ... et voilà Part-Time Friends.
 
Vous souvenez-vous de votre première rencontre?

Florent : En 2007, à Aix-en-Provence. Nous nous sommes retrouvés dans la même classe. Notre première discussion portait sur les Libertines. Nous n'étions pas d'accord: Pauline était TEAM Pete Doherty, j'étais TEAM Carl Barât.

Pauline : Florent m'a demandé d'écrire des paroles pour son groupe de rock de l'époque, j'ai accepté. Je suis allée les voir répéter, j'ai pris le micro... et je suis jamais partie! Un an plus tard, on montait tous les deux à Paris pour poursuivre nos études et nous avons décidé de monter un projet musical qui nous ressemblait plus, moins rock and roll, plus axé sur les mélodies et les voix, que nous avons appelé appelé Part-Time Friends parce que nous sortions d'une année entière de disputes.

D'après vous, quelles qualités doit disposer une vraie bonne chanson pop?

Elle doit être accrocheuse et doit déjà révéler "le truc" dans son plus simple appareil. Pour nous, une vraie bonne chanson doit donc sonner juste en guitare-voix avant de s'enrichir de différents mots-clefs concernant l'arrangement du texte, de la mélodie... Les arrangements doivent être au service du songwriting, pas l'inverse.

Si votre groupe devait avoir une devise, laquelle serait-ce ?

"J'ai beaucoup de doutes sur moi, un peu sur toi mais aucun sur nous."

Comment définir votre musique en trois mots?

Simple, aérienne et surtout sincère.

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Thurston Moore

Thurston Moore-Philippe-Mazzoni-2

Pouvez-vous nous parler de la pochette de The Best Day ?

Il s’agit de ma mère dans les années 1940, embrassant son meilleur ami, son chien Brownie, tout en regardant dans l’objectif de l’appareil photo de mon père. C’est un hommage à la sécurité, la sérénité, l'amour... et à l’éternité.

Comment avez-vous formé votre nouveau groupe : James Sedwards à la guitare, Debbie Googe de My Bloody Valentine à la basse et Steve Shelley, un autre ancien de Sonic Youth, à la batterie ?

J’ai rencontré le guitariste James Sedwards dans un concert secret qui se tenait au Cafe Oto, à Londres. Mark E Smith l’avait invité à jouer "Whole Lotta Love" de Led Zeppelin et même si Smith avait éteint l’ampli de James, je pouvais encore entendre son incroyable sonorité. Je me suis donc présenté à lui en lui demandant s’il voulait bien faire partie de mon groupe. Quelque temps plus tard, nous assurions la première partie de Glenn Branca à Paris, en 2014, Debbie Googe de My Bloody Valentine était dans le public, en train de crier: "fais péter la guitare" et James rétorqua: "À toi de jouer, beauté!" Elle s’est exécutée avec une guitare que Branca avait laissé dans sa loge. J’ai attrapé mon portable et j'ai appelé Steve Shelley pour qu’il entende ce duo de folie. Le week-end suivant, il sautait dans un avion pour Londres. 

The Best Day ne serait-il pas votre album le plus apaisé?

Il colle à ce que je ressens aujourd’hui. Si la paix concerne les héros, la guerre est destinée aux loosers.

Comment avez-vous travaillé sur ce nouvel album?

Mon état d’esprit était très clair : je baignais dans l’amour et le bonheur. Je me réveillais à 5 heures du matin tous les jours, je faisais mes salutations au soleil et j’allais courir cinq kilomètres. Puis je méditais avant de savourer un véritable petit déjeuner anglais... Pour citer The Fall, je suis en forme et je travaille à nouveau.

Avez-vous des regrets ?

J’aurais voulu remercier Joey Ramone d’avoir existé, et j’aurais bien voulu faire du kart avec Johnny Thunders. 

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Sebastien Schuller

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Heat Wave est d'ailleurs un très beau titre, empreint d'une certaine poétique... Que vous évoque ce mot, "wave"?

"Heat Wave" vient un peu de l’observation des étés lourds et moites que l’on rencontre sur la Côte Est des Etats-Unis, de Philadelphie à Miami ; et des tempêtes tropicales de fin d’été - de l’imagerie que j’ai pu me construire autour. Le mot "wave" est aussi un mot que j’ai toujours aimé lier au courant cinématographique. Pour la musique, je le percevais comme un renouveau, un mouvement qui viendrait vous prendre, vous toucher où que vous soyez.

Plus affirmé dans une démarche électronique, en quoi Heat Wave est-il un accomplissement artistique pour vous?

Mes albums témoignent à chaque fois de mon état d’esprit, de mes envies et réflexions personnelles qui, du coup, en deviennent des accomplissements artistiques. Je me souviens de chaque situation, chaque détail et de quelle manière j’ai pu créer chacun de ces titres car ils sont tous très liés à des moments de ma vie.

Mais il est vrai que j’avais depuis longtemps envie de faire des titres plus rythmiques et plus dansants. Je me suis replongé dans mes souvenirs d’adolescence à l’époque ou je découvrais la musique New Wave, une influence musicale qui m’a acompagnée pendant tant d’années... et que je n’avais pas encore vraiment reussi à faire ressortir. En tout cas, le ying et le yang s’entrelacent trop chez moi pour pouvoir en faire ressortir qu’un seul côté malgré les éléments rythmiques du disque.

Le morceau "Tropical Storm" témoigne d'une genèse particulière...

À l’approche de l’ouragan Irene, je me souviens m’être promené à vélo sous des pluies chaudes avant que les arbres ne commencent à s’agiter fortement. Je pense que j’ai simplement essayé de reproduire certains des sons que j'avais pu entendre. J’avais aussi la sensation que le thème de clavier et d’orgue de ce morceau ressemblait à une face B imaginaire d’un 45t de Roxy Music que je n’ai peut être jamais écouté!

 

Pour écouter le superbe Heat Wave, c'est ici. 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Hamilton Leithauser

Hamilton-Leithauser-Philippe Mazzoni

BLACK HOURS. La première chanson de l'album, 5 AM, a vu le jour grâce à deux autres morceaux:  "The September of my Years" et "In The Wee Small Hours" de Frank Sinatra. Dans chacun de ces titres, il joue le rôle d'un personnage, un homme nostalgique, victime de hauts et de bas, qui se complaît dans son malheur. Une porte ouverte à tous les drames. Evidemment, personne ne peut croire que Sinatra ne va pas bien, car c'est une superstar interplanétaire. Il l'interprète de manière si intense que c'en est presque absurde, mais sans jamais être clownesque. Ces chansons sont incroyables, sa voix exceptionnelle, et on s'amuse tout du long, malgré leur aspect tragique. J'adore. Avec cet album solo, je voulais quelque chose d'à la fois sombre et de night-clubesque, si je puis dire.

ROCK'N'ROLL ORCHESTRAL. Après The Walkmen, je me suis retrouvé seul, avec ce désir irrépressible d'aller le plus loin possible du point de vue musical. Ce qui singifiait me décrocher du rock'n'roll... ou plutôt de celui que je jouais jusqu'ici. D'abord, j'ai du me tenir éloigné des batteries boom-boom-boom et des guitares brutes de décoffrage. J'ai commencé à composer autour des cordes. J'écoutais ces disques de Frank Sinatra, mais aussi Billie Holiday et Cole Porter, et j'ai réalisé que je pouvais totalement changer ma voix en changeant le line-up du groupe. Je m'imaginais un album très minimal, les deux premiers titres en témoignent, "5 AM" et "The Silent Orchestra", sauf que j'ai reçu un appel de Rostam Batmanglij, qui m'a demandé si je voulais qu'on écrive quelques chansons ensemble. Il ne vit pas loin il est passé et là, coup de foudre musical, et grande entente amicale. Il voulait partir sur du rock'n'roll, ce que je ne voulais surtout pas, puis, après quelques clash, nous nous y sommes attelés. Le résultat, c'est "I Retired". Quelques semaines plus tard, nous avons repris notre dialogue, et avons écrit "Alexandra". C'était du rock, mais c'était amusant, enfin. J'étais si étonné... Ce disque m'a réconcilé avec le rock'n'roll, ce qui était vraiment loin d'être envisageable.

SOLO OR NOT SOLO. J'aim travailler avec d'autres personnes. Cela peut paraîte ironique de dire ça maintenant, alors que je viens de quitter mon groupe, mais c'est la vérité. Le problème avec The Walkmen, c'est que nous sommes tombés dans un mauvais schéma, où chacun avait endossé un rôle, et cela commençait à me sembler vraiment répétitif. J'adore ces mecs et j'espère bien retravailler avec eux un jour mais aujourd'hui, rencontrer de nouvelles têtes est tellement excitant! Surtout après voir vu les mêmes personnes pendant 15 ans. Je passe 90% de mon temps seul et, si je dois créer avec d'autres, il faut que ça en vaille réellement la peine. 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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