Blood Orange

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DEVONTÉ HYNES:

MON NOM. Je ne veux pas qu'on se penche trop sur moi. Je veux rester un peu hors de contrôle, même si ça contrarie certains fans… Les gens doivent aimer ce que je fais parce qu’ils aiment, pas parce qu’ils ont le sentiment qu’ils doivent l’aimer.

LA POPULARITE. Je n’ai rien à faire de la célébrité. Quand j’étais jeune, je fantasmais sur le fait d’écrire des chansons, pas de faire le malin sur scène. Je ne lis pas les articles sur moi… Je sais ce que j’ai voulu faire, ce que j’ai ressenti, et lire l’opinion de quelqu’un d’autre à ce sujet peut être perturbant.

LE BONHEUR. Je n’ai plus trop le temps d’écrire ou de dessiner. Travailler sur les disques des autres me prend un temps fou. Mais j’ai toujours été choqué par les artistes qui se plaignent de leurs conditions. Pour moi, la musique est quelque chose de fun, et si cela ne te rend pas heureux, pourquoi en faire ? C’est dingue, je ne veux pas faire partie de ces gens-là.

LA SOLITUDE. Je fais ma musique dans ma chambre, tout seul, depuis toujours, et ce n’est pas prêt de changer. J’ai aussi toujours fait un peu de skateboard, du basket-ball ou du vélo pour me dégourdir les jambes. Et je n’aime pas du tout dormir. Cela m’énerve vraiment, j’ai l’impression de perdre mon temps.

L'ANGLETERRE. Je me sens toujours très anglais, mais je ne peux pas vivre à Londres. Ni dans l’Essex, ils sont très moralisateurs, ils jugent tout, ils donnent des complexes à ceux qui ne leur ressemblent pas. New York, c’est ma maison maintenant. Je n’irais pas vivre à Los Angeles, car je ne conduis pas, et je me suis retrouvé à marcher des heures dans des rues désertes, en sortant de studio… Drôle d’expérience!

L'ALBUM. Ca fait longtemps que je fais des trucs sous le nom de Blood Orange, les chansons de l’album datent en fait de 2009. Je les ai écrites, je les ai rassemblées, et l’année dernière, à Los Angeles, j’ai décidé de boucler une fois pour toutes l’album. Je l'ai enregistré seul, avec ma guitare et ma basse, mon clavier et ma voix.

MA VOIX. J’ai travaillé ma voix, seul, pour essayer de l’amener où je voulais qu’elle aille, pour la faire sonner comme je le souhaitais, vers Cass McCombs, Chris Isaac, JR Davies...

CHAMPAGNE! Pour mes 24 ans, car j’avais vraiment l’impression de vieillir. Je me suis levé, j’ai travaillé toute la journée sur la chanson "Champagne Coastle". À 21h, je suis sorti, il neigeait beaucoup car mon anniversaire tombe juste avant Noël. Alors je suis juste allé acheter une pizza!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Ganglians

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Second album, seconde chance ?

RYAN GRUBBS: J’avais besoin de plus de maturité pour me lance dans un nouveau projet. Et construire de nouvelles idées en groupe sur Monster Head Room. Nous avons challengé notre son, nous voulions plus le fouiller techniquement.

KYLE HOOVER: Certains s’attendent à ce que tu fasses tout le temps la même chose, c’est pénible. Il faut qu’ils fassent confiance aux artistes dans leur progression.

Vos chansons reflètent-elles ce que vous êtes ?

RYAN: J’ai écrit beaucoup de morceaux en pensant à des épisodes tumultueux de ma vie. Et ceux du groupe s’y sont rajoutés ! Résultat, nos disques ressemblent à une jungle sentimentale...

Sacramento ou San Francisco ?

RYAN: Nous venons de Sacremento, mais je vis à San Francisco depuis quelques mois, depuis la fin de l’enregistrement de l’album. Ca me fait bizarre d’être éloigné du reste du groupe, alors que notre aventure collective a démarré dans ma chambre. Mais nous restons très connectés.

Vos premières musiques ?

RYAN: J’écoutais la même chose que ma mère : beaucoup de chœurs d’église et de la musique classique. Et c’est dans les supermarchés que la musique non sacrée est venue à moi. C’est la rencontre de ces deux univers qui a changé ma perception du monde et de la musique. C’est un peu comme le ying et yang, c’est indissociable. Si tu perds l’un, tu perds le sens de l’autre.

KYLE : Moi, c'était plutôr radios rock, et je suis venu progressivement au psychédélique. Ma première cassette, c’était une musique de l’océan… ou d’un poisson rouge. Bref, une compilation de musiques de la nature.

Ganglians, c’est un drôle de nom…

RYAN: Nous voulions surtout associer le mot "gang" et "lions". OK, il y aussi ce rapport avec le corps et les nerfs…

KYLE: Notre nom fait partie de l’esthétique du groupe. J'ai l'impression que ce mot bizarre rend ce que nous faisons plus intéressant, plus engagé.

Votre principale ambition ?

RYAN: Faire des albums qui vont compter pour les gens. Le son compte plus que tout.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Housse de Racket

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Pouvez-vous revenir sur votre rencontre?

PIERRE : Nous avons grandi dans la même banlieue, où nous nous sommes rencontrés - au Conservatoire. C'était en 1993, et Victor avait un tee-shirt Pearl Jam, dont j’étais fan. Ca rapproche! Beaucoup plus tard, nous avons monté un premier groupe. Puis Housse Racket, nourris d'une culture funk, black rock, grunge... Nous avons commencé tous les deux devant un ordinateur avec des synthés et des guitares.

VICTOR: Nous voulions racketter la house en plein période French Touch. Ca avait aussi un rapport avec le fait que nous n'étions pas parisiens. Nous vivions dans une ville où il n’y avait pas grand chose: nous passions des journées et des nuits entières à discuter chez nos parents. Nous avons imaginé ce nom lors d’une de ces fameuses nuits blanches. Nous sommes heureux aujourd’hui de voir que nous avons sorti un premier disque, puis un second... Maintenant, nous pouvons passer à autre chose.

Quelles ont été vos influences durant l'enregistrement de ce nouvel album?

VICTOR : Nous n'écoutons pas du contemporain pour ne pas nous faire parasiter, mais de la musique que nous sommes incapable de jouer, comme du classique ou des musiques confortables que l’on connaît par cœur, comme Beach Boys et Bowie. Dans ses chansons, il se passe toujours quelque chose. Tout a l’air important. C’est ce dont nous avions envie : des morceaux avec de la consistance, de l'âme.

PIERRE : « Est-ce qu’il y a la vibe éternelle ou pas ? » c’est ce que nous nous demandions à chaque chanson. Si nous ça nous touche, cela peut toucher plein de gens.

Vos chansons s'appellent "Ariane", "Aquarium"… Cultivez-vous une thématique de la bulle ?

PIERRE : Une bulle française, avec Alésia, le TGV... Je pense aussi à Bubble-Gum, le côté hyper pop de la BD. Nous adorons que nos textes évoquent plein de choses différentes. Que chacun se fasse son interprétation...

VICTOR : ... ça veut dire que les textes sont réussis!

Et la France dans tout ça ?

PIERRE: Evidemment, il y a un rapport à la France, mais plutôt dans le questionnement : est-ce qu’elle peut encore gagner ? Aller suffisamment vite avec TGV ? Nous y avons souvent pensé, notamment quand nous étions en tournée à l’étranger.

A certains moments, on pense à Taxi Girl...

PIERRE : Nous nous sommes souvent demandés comment nous pouvions conserver notre intégrité française. De ce point de vue-là, la période des années 80 nous a semblé très prolifique. Mathematiques Moderns, Stinky Toys, Taxi Girl... Nous nous sommes imprégnés de leur univers.

Heureux d'être en duo?

PIERRE: On fonctionne comme un groupe de DJS ou de producteurs de musique électronique, mais on a toujours voulu écrire des pop songs. Dans le premier album, nous nous cherchions beaucoup, entre rock et synthétiseur. Sur celui-ci, Philippe Zdar, qui est très réputé pour son travail en musique électronique, nous a aidé à sublimer le climat sonore. C’est quand même fait avec des guitares, des batteries...

Parlez-moi de ce morceau, "Les hommes et les femmes"...

PIERRE : Cela peut être à la fois sur l’union des hommes et des femmes, et aussi dans le sens de la civilisation, du darwinisme, de l'évolution de l’homme. Tout est dit dans le refrain, d’ailleurs c’était difficile d’en sortir également des couplets. C'est aussi sur le couple... L’amour. Un thème que nous n'aurions pas osé aborder avant par pudeur, mais dont nous pouvons parler ici, très simplement.

VICTOR: On veut tout le monde ait des frissons, au Mexique ou en Allemagne. Le pouvoir des mots s’arrête là où commence celui de la musique, comme disait Wagner!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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CSS

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Quels artistes vous ont le plus impressionné sur scène?

ANA : Il y a quelques années, j’ai vu Peaches en concert. C’était un show très étrange, mais très beau.

LOVEFOXX : J’ai récemment eu la chance de voir Liars au Brésil, c’était fantastique. C’était si différent de leur travail studio! J’étais tellement impressionnée que je n’en ai pas dormi pendant une semaine.

ADRIANO : J’adorais Menudos, un boys band mexicain (où Ricky Martin a fait ses débuts, ndlr), quand j’étais tout petit... Je me disais « Wouahou, ça doit être vraiment bien de faire ce métier ! ».

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Tom Vek

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Liberté?

Peu de gens expérimentent, comment dire... le zéro pression absolue, et l’idée de ne rien faire est merveilleuse. Me risquer à attendre autant de temps entre mes deux albums m’a fait prendre des risque, et m'a confronté à ma paresse naturelle. D’autant plus que des gens t'attendent au tournant, il faut assurer. Heureusement la politique de mon label est plutôt cool là-dessus. Et, quoiqu'on en dise, le public aime les artistes qui savent ce qu’ils veulent.

Image?

A l'origine, je suis graphic designer. Puis j'ai été appelé par la musique. J'aime Soderbergh, Jarmush, j'essaye de ne pas trop en connaître niveau cinéma, mais je reste curieux. Je suis plutôt punk de ce côté-là. Pour les clips, on s’est inspiré des shows télé américains, et des années 70 en noir et blanc.

Leisure Seizure?

Ce titre m’est venu à la fin de l'enregistrement de l'album. j’étais particulièrement intrigué par le terme de "seizure", c’est comme une lumière éclatante... immaculée. Pour moi, il s'agit de la possibilité d’apprécier à l’extrême quelque chose, et même de l’aimer  trop fort. Ce second album, c’est un achèvement. Une complétude. Au début, je ne savais pas ce que cela allait donner... et puis quelque chose m'est soudainement tombé dans le bec!

Solo?

Je crois en l’aspiration musicale. Quelque soit la complexité de ce que l’on fait. Etre dans un groupe n’est pas une obligation, j’ai eu des offres et ça doit être cool, mais j’ai une esthétique et une manière de travailler spécifiques auxquelles je tiens à rester fidèle. Car j’y crois fermement. J’écoute encore et encore mon travail pour le perfectionner. Je recherche un langage qui traverse tous les esprits.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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