Andrew Bird

Andrew-BirdPhilippe-Mazzoni

 

BREAK IT YOURSELF. Il a été enregistré en août 2010, dans une ferme, dans une grange plus exactement... Tu sais, le cliché de la grande grange rouge et blanche en bois, mais reconvertie en espace de vie. Elle existe depuis au moins 10 ans dans la famille. J’y suis allé depuis Minneapolis et j’ai enregistré pendant 8 jours - en live. Rien de digital. Une amie cuisinait pour nous. Une sorte de performance, finalement. Ce que j'aime dans cet album, c'est qu'il est musicalement direct, plus sauvage...

ANALOGIQUE. J’ai le sentiment que les disques modernes sont tellement produits, si parfaits. Du coup, ça peut ressembler à du karaoké avec quelqu’un qui chante par dessus. Dans Break It Yourself, le choix de production est précisément l’absence de production. Et pas trop d’ordinateur. Je chante différemment car c'est en live que tu sors le maximum de ta voix, et non pas caché sous ton casque.

CARRIERE. Tu traverses des cycles. C’est un peu comme regarder une vielle photo de toi: plus elle date, plus ça te fascine de voir comment tu étais modelé à l’époque. Je ne suis pas dans un esprit rétrospectif. Mais cela m'amuse de voir que ma mémoire sélectionne certaines chansons et pas d'autres...

POCHETTE DE L'ALBUM. Une histoire de famille! La photo a été prise par ma grand-mère lorsqu'elle avait 19 ans, avec un petit appareil. C'est son petit cousin. Mais on ne le voit plus sur les photos par la suite... c'est étrange.

SECRETS. Je suis d'une famille du Midwest catholique qui travaille dur et qui parle peu. Ce n’est pas parce que je suis un auteur compositeur que je dois tout partager... Je n’abat pas tout mon jeu de cartes, je garde certains mystères. Lorsque j'écoute d'autres artistes qui se livrent beaucoup, je me pose la question de savoir si ils sont sérieux. Faut-il les croire ? Pourtant, chaque jour ils doivent chanter ces chansons, et y croire tout autant. 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni 


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Uffie

Uffie-Philippe_Mazzoni

D’où vient ce nom de scène, Uffie ?

C’est mon père qui m’a donné ce surnom lorsque j’étais enfant. Surtout quand je faisais des bêtises. Il me paraissait évident de la garder en nom de scène !

La question qui vous énerve le plus ?

Quand on me compare à Kesha... c’est exaspérant.

Pourquoi vivre à Paris ?

C’est une vie paisible, on peut marcher partout, boire du vin toute la journée… Même si je maîtrise seulement un peu de conversation basique, comme « Bonjour, un verre de vin rouge, s’il vous plaît » !

La première chose que vous faites au lever ?

Je change mon bébé !

La naissance d’Henrietta a-t-elle vraiment changé quelque chose ?

Je pensais que j’allais beaucoup changer avec la naissance de ma fille. Et en fait, pas du tout. Je suis la même, sauf que je dois m’occuper de quelqu’un d’autre que moi, et que j’ai une responsabilité que je n’avais jamais eu auparavant. Par exemple, j’aimerais bien l’emmener partout, mais je suis lucide… Un bébé a besoin de structure et non pas de décalage horaire et d’interminables heures d’avion ! Quand elle sera plus grande, elle s’amusera beaucoup plus.

Dernière chose avant d’aller au lit ?

Je me brosse les dents, où que je sois.

Avoir un enfant si jeune dans le milieu où vous évoluez, cela relève du choc culturel…

C’est très difficile. C’est vraiment bizarre d’avoir des horaires de moine alors qu’on est entourée d’artistes qui vivent la nuit et qui sont complètement décalés. Même pour manger, c’est toute une affaire.

Sex Dreams & Denim Jeansc’est votre deuxième bébé ?

Oui, c’est exactement le terme ! Cela a été un immense plaisir, mais aussi une souffrance. Du coup, je suis un peu nerveuse, et très impatiente de connaître l’avis des gens. J’ai passé tellement de temps dessus depuis la sortie de « Pop The Glock », quand j’avais 17 ans… Pour moi, il représente la fin de mon adolescence.

Quel est le pays où vous vous sentez le mieux ?

L’Allemagne. J’y vais plusieurs fois par mois. Les gens ont un vrai sens de la fête, ils sont très ouverts. Je n’irais jamais vivre à Berlin car il fait trop froid l’hiver, mais c’est vraiment une ville que j’adore, et je crois qu’elle me le rend bien.

La reprise de « Hong-Kong Garden » de Siouxie and The Banshees, c’est parce que vous avez vécu à Hong-Kong étant enfant ?

Pas du tout ! Enfin, peut-être que c’est de l’ordre de l’inconscient… Siouxie est une artiste que j’adore, et j’aime beaucoup le punk, même si cela peut paraître étonnant. D’ailleurs, je songe sérieusement à monter un groupe de punk rock, cela m’amuserait beaucoup.

Les voyages forment la jeunesse… plus que le clubbing ?

C’est sûr que cela a influencé sur ma jeunesse, mais je n’ai jamais eu le temps de m’imprégner vraiment d’une ville ou d’une autre car nous n’y restions jamais très longtemps. J’avais quinze ans quand je suis arrivée à Paris. J’étais au lycée international de Passy. Trois ans plus tard, je quittais l’école pour commencer vraiment à faire de la musique. En fait, je crois que mes parents ne réalisaient pas vraiment tout ce que je faisais !

Vos idoles en musique ?

Mirwais ! J’ai eu une chance incroyable de tomber sur lui en soirée, qu’on s’entende bien et qu’il accepte de travailler sur mon album. Je suis aussi une fan absolue des Franz Ferdinand, je les écoute toute la journée sans m’en lasser une seule seconde, et ils ont une énergie terriblement contagieuse en live.

Comment entretenez-vous votre voix, si claire ?

Le thé, le miel… et le whisky.

Votre pire cauchemar ?

Etre huée alors que je suis sur scène. C’est la grande peur de ma vie, et de celle de tous les artistes, je suppose.

Votre plus beau rêve ?

Acheter une maison. Cela peut paraître étrange, mais j’aimerais tellement avoir un endroit à moi, dans lequel je peux m’enfermer autant que j’en ai envie…

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Audrey Katz

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Le principal trait de votre caractère?

Entière.

La qualité que vous préférez chez un homme?

Le second degré.

Et chez une femme?

L’esprit.

Le bonheur parfait, selon vous?

Rires, partage, spontanéité et sushis.

Où et à quel moment de votre vie avez-vous été le plus heureux?

À venir…

Votre dernier fou rire?

Je ne me souviens plus du dernier, j’attends le prochain.

Et la dernière fois que vous avez pleuré?

Le week end dernier.

Votre film culte?

The Game.

Votre occupation préférée?

Me triturer l’esprit.

Votre écrivain favori?

Eric-Emmanuel Schmitt.

Votre livre de chevet?

Comment bien dormir quand on réfléchit trop

Votre héros ou héroïne dans la vie?

Ma mère.

Et la figure historique que vous admirez?

Asterix.

Votre héros de fiction?

Dexter.

Votre musicien préféré?

Hans Zimmer.

La chanson que vous sifflez sous votre douche?

"Le petit bonhomme en mousse" (Patrick Sebastien)

Votre couleur préférée?

Le gris.

Votre boisson préférée?

Le jus d’oranges fraichement pressé.

Que possédez-vous de plus cher?

La confiance de ma mère.

Les fautes pour lesquelles vous avez le plus d'indulgence?

Les fautes par peur.

Qui détestez-vous vraiment?

Le postier qui ne se trompe jamais de boite aux lettres.

Si vous deviez changer une chose dans votre apparence physique?

Ma culotte de poney.

Quel serait votre plus grand malheur?

Devenir aveugle et sourde.

Et votre plus grande peur?

Le cancer.

Votre plus grand regret?

Ne pas avoir fait plus d’études.

Qu'avez-vous réussi de mieux dans votre vie?

Faire ce que j’avais envie de faire.

Votre devise?

Got For It.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Un très grand merci à la Galerie 13 Jeannette Mariani et à Emmanuelle Boucher! Les oeuvres présentes sur la photo sont de Pepe Lopez (Money Boom) & Anne Brunet (sculptures).

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Unison

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Comment vous-êtes vous rencontrés?

MELANIE : Nous nous sommes rencontrés fin 2008 via internet, Julien cherchait une chanteuse pour un projet qu’il avait en tête depuis longtemps. J’ai tout de suite été captivée par ses propositions musicales, la magie a opéré, à tel point qu’on est inséparables depuis. Tout est lié chez nous. La musique, l’esprit, les corps, le cœur. C’est devenu quelque chose d’infiniment puissant, bien au-delà d’un simple projet musical.

Votre musique est rare en France. Quel effet cela fait d'ouvrir la brèche de ce genre dit "witch house" dans son propre pays?

MELANIE : C’est plus un groupe de gens qui se sont sentis plus forts en se rassemblant. Même si en l’occurrence le rassemblement est plus virtuel que réel, car il s’est fait via le net quasi uniquement. Notre entrée là-dedans s’est faite très naturellement. En fait, on nous a intégré dans le truc alors que nous n'avions absolument rien demandé... et ça nous a bien fait plaisir!

Aujourd’hui l’effet s’est inversé, de nouveaux arrivants font tout pour faire partie du mouvement et prendre le train en marche. Beaucoup de nouveaux sont très axés sur l’apparence et la pose, ce qui fait perdre au mouvement un peu de sa force originelle. Il faut aussi dire que les dés étaient pipés d’avance, vu que l’étiquette Witch House est devenue étendard alors qu’au départ ce n’était qu’une blague faite par Pictureplane pour définir sa propre musique. Les blogueurs ont monté le truc en épingle, suivis ensuite par les magazines. Nous sommes malgré tout très contents d’avoir rencontré un certain nombre de gens dans ce mouvement avec qui on reste très liés : Salem, White Ring, Ritualz… Ce sont de vrais artistes avec des personnalités tout à fait attachantes et ultra sincères. Nous nous sommes reconnus et ils nous ont adopté.

JULIEN : Etre en quelque sorte les représentants du mouvement en France a pour nous une utilité toute particulière : signifier à tout le monde que nous ne faisons pas partie du jeu. Nous ne sommes pas fluos, nous ne faisons pas de la musique pour se défouler en sortant du boulot. Nous ne sommes pas festifs, ni metal, ni rock-à-mèche… Nous sommes encore moins des héritiers de Joy Division ou du Krautrock ou post-punk ou new-wave. Bref, nous rentrons dans aucune des castes/cases actuelles de la scène française.

Tout ça nous fait chier. Nous voulons de la musique qui prend aux tripes. Et pas de la simple consommation. Le cynisme à la française nous fatigue aussi. Nous aimons plus la frontalité, la sincérité et la simplicité. Faire la musique qu’on fait est tout simplement une nécessité vitale. Qu’on soit dans tel ou tel mouvement ou pas. Mais nous sommes quand même super reconnaissants pour tout ce qui nous arrive en ce moment !

Et beaucoup de gens sont terriblement affamés de nouvelles musiques et sont fatigués par l’immobilisme français. Les réactions sont parfois extrêmes et émouvantes. Nous sentons que les gens sont très heureux d’avoir reçu de l’amour et des émotions vraies. Ils sont demandeurs de ça. Et c’est en grande partie pour ça que l’industrie du disque se casse la gueule en ce moment…

Votre album est à la fois sombre et lumineux, mélancolique et plein d'espoir... Comme vous?

MELANIE : Oui, tout à fait. Nous mettons en avant la dualité qui nous compose. Le positif / négatif… la lumière / l’obscurité… Le bonheur éclatant / la tristesse infinie… La ville / la campagne… Le côté sauvage / le contrôle de soi… L’amour / la haine… L’intelligence sophistiquée / l’archaïsme originel… Unison n’est pas un fourre-tout, loin de là, mais plutôt un fil tendu entre nos contrastes polaires, et prêt à craquer à tout moment. Le catalyseur ultime, un prisme. Une belle mais difficile expérience pleine de lumière, d’amour et de tristesse.

Une citation qui vous collerait à la peau?

Seuls contre tous.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Girls

Girls-Philippe-Mazzoni

CHRISTOPHER OWENS.

EPANOUISSEMENT. Ce nouveau disque a été une belle expérience. Grandir, devenir un adulte et apprécier les autres. Dans la vie tu as deux possibilités : soit tu ne vois que le mauvais côté des gens soit tu les prends tels qu’ils sont et tu partages avec eux au maximum. Finalement, tu verras qu’ils sont là pour t’aider aussi à te rendre heureux.

L'ENREGISTREMENT DE FATHER SON, HOLY GHOST. C'était sympa et assez facile. Pour le premier album, nous avions enregistré à droite et à gauche pendant un an. Je ne veux plus refaire ça, s'escrimer un an sur un album, enregistrer tous les instruments soi-même. Je peux être bon à certains trucs mais pas pour tout! C’est épuisant... Pour celui-ci, c'était trois semaines, point. Les musiciens sont excellents, les chanteuses aussi. C’est JR qui faisait l’ingénierie et moi les guitares, la voix et quelques choeurs. Je ne remplis que mon rôle. J’ai grandi avec la scène punk pour qui travailler avec un producteur relève de la trahison. Mais c'est faux. J’ai bossé avec des gens normaux qui aiment la musique et qui sont mes potes maintenant. Je n’aime pas ce dédain pour les professionnels.

SONGWRITING. C’est instantané, j’avance au rythme des idées. C’est aussi une façon de vivre, d'être prêt. C’est l’inspiration. La seule chose dont je suis sûr, c’est que chaque chanson est authentique, qu'elle vient du fond de mon coeur.

LA VIE DE MUSICIEN. Plus jeune, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais j’étais assez réaliste. Je n'ai jamais voulu devenir les Guns'n'Roses. Je n’avais pas l’ambition d'être une rock star. Les jeunes qui viennent me voir pour me dire à quel point ils aimeraient être à ma place ne comprennent pas la difficulté que cela représente... C’est dur de maintenir aussi un groupe sans faire beaucoup de concerts de nos jours. Même si j’arrête ce métier, je continuerais d’écrire des chansons. Si je craque, je m’isolerai et écrirais des disques sans les éditer- juste pour les mettre à disposition des fans. Je pense que c’est une meilleure option que celle de Kurt Cobain...

MON QUOTIDIEN. Je ne pense pas qu’à la musique. J’habite près du parc du Golden Gate. Je m'occupe de mes plantes qui grandissent de manière très délicate. Je les cultive une heure au moins chaque jour. Je travaille sur ordinateur, j'écris à des amis... Puis je vais me promener au parc... Je lis beaucoup. J’adore Twitter, aussi, j’en suis obsédé! Je ne fais plus trop de concerts, sauf si j’adore le groupe. Ce que j'aime, c'est les spectacles de drag queens à San Francisco. C’est vraiment spécial. Même dans un petit bar, c’est tellement énorme que j'y vais au moins trois soirs par semaine!

LE BONHEUR, ENFIN? C’est vraiment la première fois que j’ai cette qualité de vie. Je vis depuis 6 ans à San Francisco, après avoir habité des années dans des dortoirs avec plein d'autres gens. Aujourd'hui, je vis chez ma copine, dans le même immeuble que sa mère. C’est vraiment bien. C’est presque une vie de famille.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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