Sarh

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DJ PONE & JOSÉ FONTAO

Comment vous êtes-vous rencontrés - vous qui venez chacun de deux univers assez distincts ?  



DJ PONE: Nous nous croisions déjà en festival, nous nous retrouvions sur les mêmes plateaux avec Stuck et Birdy Nam Nam... Mais c'est en club, par l'intermédiaire d'un ami que nous avons réellement été présentés. 
Je cherchais à travailler avec un chanteur et  Jean Nippon m'a naturellement dirigé vers José qui se trouvait alors à l'autre bout de la pièce, dans les loges du Social Club. Nous avons discuté et, dès le lendemain, nous étions chez moi à écouter des instrus. 



D'où est venue l'idée de faire cet album ensemble?



José est reparti de chez moi avec l'instru de "Urquinaona" et de "Sailing With Lost Souls". Moins de 24 heurs après, il me renvoyait des maquettes avec ses voix, le résultat était magique, très libre, spontané,efficace.. Nous avons commencé à nous voir tout le temps, apprendre à travailler ensemble et à nous connaître aussi. Mais c'était sans cahier des charges, à l'instinct. Petit à petit, nous avons bossé les compos ensemble, ça allait assez vite et nous nous sommes retrouvés avec de quoi faire un album. C'est aussi simple que ça!



Quel était votre objectif commun du point de vue musical ?



Nous avons fait ces morceaux à des moments charnières de nos vies personnelles, nous traversions des phases difficiles et aussi très belles... Cette symétrie de nos vécus a teinté l'album de manière assez forte... Nous réalisions aussi quelque chose de différent de ce qu'on faisait chacun de notre côté. Pourtant, ce disque nous ressemble. C'était normal de le faire, un peu comme si nous suivions une thérapie de groupe à deux!



D'où vient le choix de ce nom, Sarh?



La ville de Sarh se trouve au Tchad. Le père de José y est né.
 Il y a de nombreuses matières rythmiques directement inspirées ou samplées de musiques africaines dans l'album, et, quand José a proposé Sarh, c'était évident. Il y a un truc aride et chaud dans ce disque. Nous voulons le défendre sur scène, emmener les gens dans une ambiance et qu'ils n'en ressortent qu'à la dernière note du concert... Nous repartons chacun de zéro, nous touchons un public différent et nous attendons avec impatience que notre album soit écouté.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Elephant

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AMELIA RIVAS & CHRISTIAN PINCHBECK

Comment réussissez-vous à parler de votre propre histoire?

Amelia: Nous ne nous sommes jamais vraiment assis et parlé de notre relation, ce qui n'allait pas ou comment et pourquoi nous éloignions l’un de l'autre - en quelque sorte, la musique nous a rapprochés. L’album m'a permis de dire exactement ce que je voulais lui dire (avec parfois trop d’honnêteté) et, plus important encore, il nous a permis de nous parler à nouveau après la rupture.

Christian: C’était pratique, quand on y pense... Parler de nous nous a vraiment aidé à surmonter notre séparation. Etrangement, le bon accueil réservé à Elephant a été extrêmement positif pour notre relation. Mais ce qui est dingue, c’est que nous n’avons jamais parlé ensemble de notre histoire d’amour. Tout le monde l'a fait pour nous. 

Vous souvenez-vous de votre premier grand amour musical?

Amelia: Julian Casablancas, il m’obsédait.

Christian: Bianca Casady de CocoRosie. Elle reste chère à mon coeur d’enfant. J’ai récemment lu qu’elle s’était fiancée, je ne sais pas de qui il s’agit mais cette personne va devoir faire attention, je l'ai à l'oeil! Je passe beaucoup de temps sur Internet à regarder des vidéos live de Bianca, et j’ai même réussi à convertir mon coloc Matthew au Casadyitus.

Amelia, pouvez-vous décrire Christian en une seule phrase?

Amelia: Un étranger talentueux qui m’a fait chanter.

Christian, pouvez-vous décrire Amelia en une seule phrase?

Christian: Poétique, pragmatique, éthérée, briseuse de coeurs.  

Votre premier album vient de sortir. Que ressentez-vous?

Amelia: Je me sens comme submergée. Nous avons travaillé si longtemps afin de terminer cet album, et ça, y est, il est sorti. Quel accomplissement, j’ai hâte de le partager!

Christian: J’ai l’impression de porter un poids en moins. Tout semble bizarre, angoissant. J’ai du prendre un Xanax pour dormir la nuit dernière. J’ai fait un cauchemar : je mixais notre second album - j’ai cru devenir fou en essayant de mixer Sky Swimming, j’ai du demander à notre producteur de le terminer ! J’espère que nos prochaines chansons ne parleront pas du terrible petit ami que j’ai été.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Mozes & The Firstborn

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MELLE DIELESEN

Pourriez-vous nous raconter la genèse de Mozes & The Firstborn?

Tout a commencé il y a trois ans. Après un an passé à Londres où j'étudais la production musicale, je suis revenu en Hollande car j’avais réalisé que j’avais envie d’écrire et d’enregistrer mon disque à moi plutôt que de stagner en cours. J’ai donc commencé à enregistrer des démos dans la cave de ma mère. L’un de mes meilleurs amis, Gus, me présenta alors mon futur batteur, Raven. Le jour où nous nous sommes rencontrés, nous avons joué deux heures d’affilée et ça a tout de suite été parfait. Une heure plus tard, nous envisagions de monter un groupe et le lendemain, nous écrivions des chansons ensemble. Une véritable étincelle! Deux semaines après, Corto nous rejoignait à la basse - encore un que m’avait présenté Gus à l’époque du lycée - j’avais joué dans un de ses groupes d’alors.
Deux mois plus tard, nous enregistrions notre premier EP dans une ancienne usine Philips, là où fut inventé le CD! Nous avons commencé à tourner et attendre notre quatrième homme... Et là encore, Gus prouva son talent d’entremetteur en me présentant Ernst. Il était plus vieux que nous, nous l'avions déjà vu sur scène avec ses groupes tous assez cools, il avait un sens de l’humour génial, bref, nous pensions que jamais nous ne pourrions l’intéresser. Un peu quand les Beatles voyait Ringo jouer avec Rory Storm and the Hurricanes. Un an et demi plus tard, nous avons réussi à le convaincre. Et pour faire notre premier album, nous retournâmes tous ensemble dans la cave de ma mère. Quant à Gus, il est désormais notre tour manager!

Pourquoi ce nom de groupe ô combien biblique?

Quand j’étais petit, je vivais avec mes parents dans une communauté juive et hippie appelée "De Eerste Moshae" ("The Firstborn Mozes »), dans la campagne hollandaise. Elle est très controversée aujourd’hui car son dirigeant a été impliqué dans moult scandales sexuels. En grandissant, j’ai commencé à me rebeller contre les règles de cette secte. À 17 ans, je suis parti de chez moi et j’ai pris le premier bateau pour l’Angleterre. Une évasion, en quelque sorte. Ainsi, le nom du groupe me rappelle cette période horrible de ma vie. Par chance, ma mère a elle aussi réalisé qu’il fallait en partir… Et non, en fait, je rigolais. Mais cela aurait une super histoire, non? En réalité, c’est parce que j’ai du regarder à peur près mille fois le dessin animé Le Prince d’Egypte quand j’étais petit.

Le musicien qui vous a fait vibrer dès l’enfance?

Avant tout, Michael Jackson. J’avais l’habitude de danser sur "They Don't Care About Us" quand j’étais un tout petit garçon. Et puis, à 13 ans, j’ai découvert Nirvana et je me suis complètement plongé dedans. C’est là où j’ai commencé à être totalement obsédé par le fait de prendre une guitare et de jouer dans un groupe. J’ai aussi été obsédé par le Velvet Underground, les Stones, les Beatles… Comme tout le monde dans le groupe. Ah, et aussi, Guided By Voices. Il ne faut pas les oublier, ceux-là!

Votre plus grand désir, là, maintenant, tout de suite?

Dominer le monde! Non, je plaisante, juste dépasser nos frontières, c’est déjà bien. Jouer en France, aussi, ça nous rend dingues. Nous aimons votre fromage, votre pain (même s’il peut heurter nos palais délicats), votre vin… S’il vous plaît, aimez-nous, vous aussi!

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Yann Destal

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PREMIERS PAS LIVE EN SOLO. Mon premier concert en solo, il me semble que c'était à Paris au... Tryptique! Aujourd'hui rebaptisé le Social Club. Excellent souvenir, grand challenge pour moi, car j'avais ré-arrangé les chansons pour être interprétées avec, pour m'accompagner, uniquement un violoncelle. Je me rappelle avoir ce soir-là partagé l'affiche avec Ayo, et Sia (chanteuse de Zero 7) avec qui j'ai retravaillé par la suite. C'était il y a un peu moins de dix ans - ce qui n'est pas peu. Mais en tout cas, un concert dont je suis sorti heureux. 

LET ME BE MINE. Suite au succès trop mitigé de mon premier album (The Great Blue Scar, ndlr), et certaines divergences musicales, je me suis séparé de ma maison de disques. Plusieurs années déjà se sont écoulées, durant lesquelles j'enregistrais de nouveaux morceaux. Retrouvant ma liberté, j'ai continué à enregistrer, en me disant: "si ça plaît à quelqu'un dans le milieu professionnel, tant mieux. Sinon, je continue, de toute façon." Ma patience a été mise à l'épreuve, jusqu'au jour où ces personnes que j'attendais sont apparues. Alors il ne me restait plus qu'à choisir parmi les nombreuses chansons enregistrées pour faire Let Me Be Mine

EXIGEANCE POP. Lorsque je travaille sur un morceau, c'est une masse de boulot artisanal dont personne ne se doute - et c'est tant mieux, car ce n'est pas le propos - avec en moyenne un millier de clics de souris par seconde de musique! Oui, peut-être que ma musique est exigeante dans le sens où ce qu'elle raconte ne peut être vraiment compris en mode "musique d'ambiance." Il faut l'écouter comme quelqu'un qui nous adresse la parole. Ses émotions sortent ddes thématiques contemporaines habituelles, à savoir la fête mondaine, l'émancipation transgressive de masse, les états d'âmes dans le cadre de l'amourette, etc. Je ne crache pas dessus, tout cela peut donner d'excellentes chansons, depuis notamment les Beatles.

SPIRITUALITÉ. Ce que je fais incite l'auditeur à prendre le risque de nager plus au large, pour explorer ce que signifie l'absolu. Je ne dis pas que j'y arrive. D'ailleurs, ça n'est pas à moi de le dire. Mais j'essaye de parler de Dieu - ou appelez cela comme vous voulez, le monde au dessus, au delà du nôtre -, des tournants ultimes dans la vie, ou d'une critique du projet de notre société... J'espère juste que ceux qui acceptent le voyage que je propose en reviennent heureux. Ou n'en reviennent pas du tout, tiens!

MÉLANCOLIE CHÉRIE. Pour moi la mélancolie est une joie dans la tristesse. Cela peut surprendre, mais je crois que mes chansons sont très optimistes. Je ne parle pas de celles qui le sont ouvertement, comme "You look like Heaven" ou "Feel it". Dans cet album, on ne trouvera pas une seule phrase qui mène à l'abattement, au désespoir, la résignation. Cela ne fait pas partie de mon registre. Peu de monde me contredirait sur l'idée que notre époque est difficile. Et pour moi, des chansons qui célèbrent la joie de vivre de manière unilatérale sont à côté de la plaque. C'est un déni de notre réalité. Il est sain de ne pas être satisfait du monde dans lequel nous vivons. Pourtant, il faut être en accord avec son époque, et je pense faire une musique qui s'y inscrit... On aspire à un idéal, mais il est trop dur à trouver, à imaginer selon les critères de bonheur qu'on nous propose. Alors, pour moi, il faut voir les choses en face, et prendre le risque de trouver cet idéal par nous-mêmes. C'est une épreuve douloureuse, qui ne peut aboutir qu'avec un inébranlable optimisme.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Superhumanoids

Superhumanoid-Philippe-Mazzoni

 

CAMERON PARKINS.

La première chanson entendue ? Celle dont je me souviens le plus est chantée par Jimmy Cliff, "I Can See Clearly Now"... Mon père est un grand fan de reggae et la mettait à fond - ce titre figurait aussi sur la bande originale du film Rasta Rocket auquel, du haut de mes 7 ans, j'étais totalement accro!

La première chanson jamais écrite? Tout ce que j'ai écrit au début, c'étaient des morceaux punk. Quand on saisit une guitare pour la première fois, on ne sait pas faire autre chose que de plaquer des accords très simples et faire un maximum de bruit... Assez parfait, quand on y pense. 

Votre premier coup de foudre musical? St. Vincent. Je suis tombé amoureux de sa musique et de sa voix. Elle est à la croisée de tout ce que j'aime. Lorsque je pense à son premier album, je me souviens d'une période précise de ma vie, lorsque je vivais seul à San Francisco, rêvant de tout ce que je pouvais expérimenter en musique.

Votre première rencontre? Nous nous sommes rencontrés grâce à des amis en commun, à Los Angeles. Tous nos amis sont à fond dans le rock et la folk, et nous étions les trois seuls à trouver de l'intérêt à faire de l'électro-pop! 

Votre premier album? Exhibitionists est né après un été très intense d'écriture, de conversations et d'expérimentations. Nous nous levions, prenions le petit déjeuner, et nous enchaînions sur 8 heures de studio... Le soir, nous réécoutions tout. Et le lendemain, tout recommençait. De la rigueur et du perfectionnisme!

 

 Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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