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Tahiti 80

Tahiti 80-Philippe-Mazzoni

 

XAVIER BOYER

GENÈSE. Elle est à chercher dans The Past, The Present et The Possible, sorti il y a trois ans. Nous avions l’impression d’être allés assez loin dans une démarche en solitaire et nous nous posions pas mal de questions. Il y a eu une vraie remise en cause. Si nous faisions un sixième disque, il fallait faire quelque chose d’inédit. Faire de la musique, c’est aussi apprendre des choses ; nous souhaitions travailler avec un producteur qui serait aussi musicien.

J’étais déjà fan de Richard Swift, et lorsque j’ai pris connaissance de son travail avec Foxygen, nous l’avons contacté. Il a été un accélérateur, car il nous a aidé à choisir dans nos trente morceaux. Nous avions besoin d’un autre regard, d’une perspective. Il nous a encouragé à préserver le côté sombre et sexy. Nous l’avons totalement suivi, d’autant plus que nous avions la volonté de faire un album de pop synthétique très chaud, pas inspirée du cold-wave. Nous souhaitions aussi un album que l’on écoute dans sa continuité…

BALLROOM. Tout est une affaire d’équilibre et de dosage. Ballroom, c’est le nom de la salle de bal ou de concerts aux Etats-Unis, il inclut un côté festif. Il s’y passe plein de choses : une mixité sociales, des couples qui se font et se défont, une certaine tristesse aussi quand les lumières se rallument, la fête passée. On ne pouvait pas avoir des musiques très joyeuses et des textes très déprimants, il fallait faire danser tout en faisant réfléchir.

C’est important, dans la pop music, de jouer dans les nuances : nous souhaitions faire des emprunts à toutes les époques, revenir aussi à la pop synthétique des années 70. Nous faisons une musique anglo-saxonne avec une sensibilité française. Elle sonne de manière familière car elle a des ingrédients déjà entendus auparavant mais, façonnée avec une autre culture, elle se dote d’une originalité très appréciée à l’étranger. Nous savons d’expérience qu’il est très difficile de reproduire un album tel quel sur scène, donc nous gardons l’esprit de Ballroom, avec son groove et ses nappes synthétiques, mais tout en jouant façon live.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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