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St Vincent

St Vincent-Philippe Mazzoni

 

ANNIE CLARK.

La musique me donne plus d’énergie qu’elle m’en prend, et j’ai approché cet album avec plus de liberté et de confiance que jamais. C’est sans doute pour cette raison qu’il porte mon nom de scène.

J’étais quelque part dans le Texas, dans le ranch d’une amie, loin de tout. Un jour, j’ai décidé d’aller me promener dans l’immense jardin de la propriété. Je ne connaissais rien de la nature, c'était une plongée en monde inconnu. C’était un moment extraordinaire. J’ai senti quelque chose de si fort que je me suis déshabillée pour me sentir, comment dire, totalement en osmose avec ce qui m’entourait. Soudain, j’ai entendu un bruit… C’était un serpent, qui me fixait. J’ai fui à toutes jambes, mes vêtements sous le bras. Cela a été une sorte de détonateur pour Saint Vincent. 

Je suis une éternelle nomade. Après des mois de tournées de Strange Mercy, puis ceux de Love This Giant avec David Byrne, je me suis retrouvée chez moi, à étudier le concept d’être chez soi. D’être une personne. Mais je m’en fiche totalement. Ma maison actuelle est à New York, mais je peux vivre partout. En voyageant, je pioche ici et là les expériences, je me nourris davantage. Je ne m’ennuie pas, ce qui serait le cas si je passais toute l’année à New York. Le quotidien n’est-il pas angoissant, franchement? Et je ne sais même pas me préparer un café digne de ce nom…!


Une guitare, une batterie et une basse dans une seule pièce... travailler avec John Congleton est très facile, sans aucune ambition de sonner extraterrestre, ni trop rock’n’roll, ni trop ceci ou cela. L’important était de rester naturel, même si, j’en conviens, cela ne s’entend pas toujours sur ce disque. Je refuse de trop intellectualiser la musique. Car je ne suis qu’une étudiante de la musique, je ne suis pas une experte.

 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 



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