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Geyster

Geyster-Philippe-Mazzoni


GAËL BENYAMIN

GEYSTER. J'ai trouvé le nom "Geyster" grâce à mon ex suédoise. Un mot qui signifie, en gros, "grand-père", et, en le voyant brodé sur une serviette de la salle de bains de la maison où nous vivions, j'ai trouvé que cela sonnait bien. En rentrant à Paris au début des années 2000, alors que je trainais sur un forum de musique, il a fallu me présenter. C'est le premier mot qui m'est venu à l'esprit.

LE PASSÉ. À l'origine, je faisais de la pop électronique, car je ne trouvais pas de musiciens avec qui ça collait vraiment. Accompagné de mon ordinateur, j'ai pris une direction plutôt French Touch, tout en gardant ce format pop qui m'a toujours été cher. Avec Pernilla, à l'époque chanteuse de Geyster, nous avons fait quelques maquettes. Je les ai envoyées à plein de monde - dont Joachim Garraud. Il m'a proposé une co-production. N'ayant pas de structure à l'époque, j'ai monté Somekind Records. Le premier album est sorti chez Virgin, avec un mini tube nommé "Bye Bye Superman." Malgré les 35000 singles vendus, la maison de disques n'a pas suivi, j'ai eu des soucis pour récupérer ma part de production... Bref, je suis reparti de zéro, et ce n'est pas plus mal puisque je me suis concentré sur ce que j'aimais le plus composer.

AUJOURD'HUI. Me voici en solo. J'ai composé Down On Broadway dans mon salon... qui est aussi mon studio! Jusqu'au mastering, tout s'y est fait. Même les pochettes, j'ai toujours voulu m'en occuper. Concernant les paroles, je suis parti quelques jours en Normandie. Je n'envisage pas de faire des albums autrement. Pour être efficace, j'ai besoin d'être seul, de faire tout moi-même. Et c'est comme cela que j'ose plus. 

DOWN ON BROADWAY. Pendant la création de Down On Broadway, je vivais une relation passionnelle et conflictuelle avec ma compagne d'alors. "I Can't Get Through The Night" a été écrite durant une nuit où, enfermé chez moi par mon amie, je me suis échappé pour aller dormir à l'hôtel situé à seulement quelques centaines de mètres…!

L'AVENIR. En terme de musique, je suis incapable de me projeter. Je peux changer d'avis d'une seconde à l'autre. J'aimerais tourner beaucoup plus, avoir de plus en plus de reconnaissance. Car si je vis de la musique, je ne vis pas de ma musique...

LA CALIFORNIE. Sans savoir trop pourquoi, je suis très influencé par l'esprit West Coast. Les avenues larges, le soleil, le paysage ouvert - qu'il soit urbain ou désertique. J'ai vécu à Los Angeles pendant deux ans, sous prétexte d'étudier en école de musique et, en réalité, pour rester plus que trois mois grâce à un visa d'étudiant. La lumière de L.A. me fascine, et sa sombre personnalité me plaît davantage que la sympathique légèreté de San Francisco. En revanche, je déteste tout ce qu'elle a engendré de sirupeux, limité variété. Le son West Coast que j'aime doit rester rock : Steely Dan ou Crosby, Stills & Nash…

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace et Spotifyspotify:album:1SRUdl4D82K7QzEZrv5sRc1



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