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John Grant

John Grant-Philippe-Mazzoni


  

PALE GREEN GHOSTS. Je voulais déjà des sonorités synthétiques sur Queen of Danmark, mais ce n'était pas les tonalités de Midlake. Or, si il y a bien quelque chose que j'aime par dessus tout, c'est la musique électronique. Tiens, d'ailleurs, chez les français, j'adore Bernard Fèvre (Black Devil Disco Club) et  Zombie Zombie. Leur côté électro-psychédélique me plaît beaucoup...

 

ISLANDE. J'ai commencé cet album il y a un an. J'aurais du le faire en deux semaines au Texas, et finalement, ça m'a pris dix mois. Mais entre temps, je suis allée en Islande, je suis tombé amoureux du pays, j'ai rencontré Birgir Þórarinsson du groupe Gusgus, dont j'étais un grand fan. Il m'a proposé de me filer un coup de main sur le disque, j'ai accepté volontiers. Et depuis, je vis à Reykjavik.

J'y suis très heureux car les gens sont supers, les paysages sublimes, et c'est l'occasion d'apprendre une nouvelle langue. C'est encore plus dur que le français, je crois. Chaque mot à 16 formes différentes... Je ne plaisante pas! 

J'ai vécu dans les états de Michigan, Colorado, New York...  La vie quotidienne peut être la même partout, avec ses mêmes problèmes d'amour, de colère, de malentendus. En Islande, tout est différent, les gens ne sont tout simplement pas pareils qu'ailleurs. 

 

TRISTESSE. Il y aura toujours une certaine mélancolie dans ma musique, car il existe une tristesse infinie dans l'être humain, car on doit apprendre à affronter tant de choses: la mort, la perte de l'autre, se découvrir. C'est très sombre. J'aimerais être comme ces gens qui relativisent tout et n'importe quoi, qui prennent une distance folle avec  ce qui leur arrive. Mais cela ne m'arrivera jamais. Et peut-être n'est-ce pas plus mal.

 

BONHEUR. Je suis heureux aujourd'hui. Car j'essaye de ne pas trop regarder autour de moi, ou surtout devant moi. La mort, ça fait partie du package de la vie. Il faut donc faire avec. L'amour, le sexe, c'est bien quand c'est là... La perte, c'est terrible quand ça arrive.

La solution, c'est apprécier d'être seul au monde. On peut faire plein de choses: cuisiner, regarder les arbres, lire, apprendre de nouveaux langages. Tiens, aujourd'hui, l'attaché de presse de mon label en France m'a appris cette expression: "avoir une fuite de cerveau", comme une fuite d'eau... Un jeu de mots rigolo, non? 


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace et Spotifyspotify:album:53nkfLtRWI2LhgX612G4Jb1



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