Mamfredos

Mamfredos-Philippe-Mazzoni

Comment et pourquoi les années 80 vous influencent-elles?

Je suis née à la fin des années 80, et petite, on allait une à deux fois par an en Grèce avec mes parents (mon père était grec), ma sœur et mon frère. Souvent, voire tout le temps sur l’île de Kalymnos où nous avons des cousins, cousines. C’est une des plus belles périodes de ma vie. Le soir, l’été, nos parents retrouvaient des amis pour boire des coups dans le bar de Neoclès ! Et nous, on buvait des litres d’oranges pressées à l’intérieur, accoudés au bar, comme les Daltons ! En fond sonore que des hits des années 80. C’était dans les années 90 mais ce bar était totalement 80’s ! Et puis j’utilise des sons de synthé 80’s (que j’essaye quand même de travailler de manière nouvelle et de notre temps) parce que c’est devenu hyper branché et que ça me fait assez rigoler cette mode… Je peux être assez malicieuse ! Et puis je pense que ma musique est aussi assez 60’s, 70’s sur certains aspects, j’ai des mélodies qui sonnent assez 60’s même si j’utilise un synthé aux sonorités 80’s pour les jouer. C’est ça qui me plait, le mélange. 

Le jour où vous avez réalisé que votre vie serait consacrée à la musique?

C’est venu comme une évidence. J’étais à la fac, je faisais une licence de LEA Anglais-Chinois et une licence de Médiation Culturelle, ça fonctionnait pas mal. Aller à la fac me faisait me lever le matin, je me nourrissais, puis je digérais et je réintégrais ça dans ma musique, à ma façon… Puis est arrivé le moment où je ne pouvais faire correctement ni l’un ni l’autre. J’aime aller au bout des choses et le choix s’est fait naturellement. Pouvez-vous revenir sur vos débuts de musicienne et de chanteuse? Mes débuts de musicienne c’est « Circa » 2000, j’ai demandé une guitare et m’y suis mise… Mon prof me faisait bosser des morceaux, et en me plantant sur les accords j’ai découvert la composition. De ces erreurs, je me suis mise à faire ce que j’appelais mes « bouts de morceaux ». Côté scène ça a suivi assez vite, Vanessa Chassaigne (Louka) avait passé un appel sur MySpace, elle cherchait un guitariste pour remplacer Timothée Régnier (Rover), je me suis proposée et ça a fonctionné ! Et pour la voix ça a suivi, Héléna Noguerra qui passait à la maison, après avoir écouté mes derniers « bouts de morceaux » m’a dit qu’il manquait plus que ma voix pour que ce soit des chansons et qu’il fallait que je me lance ! C’est comme ça que je m’y suis mise.

Vos références absolues ?

Il y a Ron Carter et son album live Piccolo, Bitches Brew de Miles Davis (et à peu près tout Miles Davis d’ailleurs!). Beaucoup de jazz en fait. Ma mère et mon père m’ont baignée dedans, et ma grand-mère maternelle m’emmenait en écouter tous les ans à Jazz à Juan. Sinon il y a Boby Lapointe et le Pierrot Lunaire de Schönberg (ma mère m’a bercée avec), Hugues le Bars dont je suis dingue… 

La recette d'une vraie bonne pop song, d'après vous?

Des mots simples, des phrases courtes, un double ou triple sens possible, au moins un bon gimmick efficace, une intro qui permet de reconnaître la chanson dès la première seconde : "Circa" en somme !

Si vous avez une devise... Ou si vous deviez vous en inventer une?

Un seul mot : « Sprezzatura », que j’ai découvert à la fac, en histoire de l’art. Je l’ai tatoué sur mon bras et ce sera le titre de mon premier album ! Le terme Sprezzatura est apparu dans Le Livre du courtisan, écrit par l’Italien Baldassare Castiglione en 1528. Il définit la Sprezzatura comme la capacité à « user en toutes choses d’une certaine nonchalance, qui cache l’artifice, et montre ce qu’on fait comme si cela était venu sans peine et quasi sans y penser ». C’est « assez tout moi » !

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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