Yan Wagner

Yan-Wagner-Philippe-Mazzoni


 

PREMIER ALBUM. Les morceaux ont été faits sur deux ans, composés il y a longtemps. Je n'avais pas d'idée préconçue, le boulot de cohérence s'est avant tout fait sur la production.Je ne suis pas du genre à m'exposer dans mes chansons. Ce sont des images qui donnent naissance aux paroles, plus que de vécu. Chaque chanson est une image tirée du livre, d'un film, de rien du tout, d'une vision urbaine... Et j'aime ce côté ambigu de ne pas en dire trop. 

 

ARNAUD REBOTINI. Nous étions d'accord sur ce que ça donne. Tout est parti d'une rencontre au Social, un soir. On a discuté, je suis passé le voir à son studio car on est du même quartier. "Je te produis ton album", m'a-t-il dit après plusieurs verres de vodka... et ça s'est fait pour de vrai. Arnaud ne perd pas de temps sur la post prod:  une bonne prise reste une bonne prise. 

 

PASSIF MUSICAL. J'ai fait mon apprentissage seul. Une dizaine d'années à essayer plein de choses, à jouer dans des groupes en tant que pianiste... J'ai appris à me connaître tout en faisant des choses tout seul chez moi, des cassettes un peu horribles. Premier fait important: un duo avec un ami, Chazerbanks. Ca m'a permis de comprendre comment ça fonctionnait, comment construire un disque. Ca m'a donné envie de faire des choses tout seuls. Puis je suis parti à New York, en 2008-2009, où j'ai fait pas mal de concerts - c'est surtout le live qui m'a permis de comprendre ce que j'aimais, ce que j'assumais. 

 

CLUBBING. J'ai fait une thèse sur les discothèques parisiennes et new yorkaises, portée sur l'étude des transferts culturels entre les deux villes - de 1948 aux raves.

 

PARIS. C'est une ville que je n'ai pas aimé pendant longtemps, dans laquelle je suis heureux de vivre maintenant. Partir à l'étranger m'a réconcilié avec elle. Je préfère Paris à New York, même si c'est chers, même si les gens sont parisiens. Même avec leur brusquerie...

 

INFLUENCES ARTISTIQUES. Werner Herzog. Kenneth Anger - ambiguité, chaleur, érotisme... Burroughs, Céline... Entre autres!

 

DUO AVEC ETIENNE DAHO. Rêve de gosse! C'est le chanteur français que j'ai toujours écouté, aimé - avec Gainsbourg. Lorsque j'ai fait un remixe d'"Amoureux Solitaires" pour le tribute de Jacno, nous avons fini par nous croiser pour de bon. Il met les gens à l'aise. Ce duo s'est fait hyper facilement. Il s'est inclus dans le processus de composition... De toute manière, je ne me voyais pas lui imposer un morceau sans discussions! J'avais presque l'impression que c'était lui qui était intimidé. 

 

48 HEURES. J'écris les paroles très vite, c'est presque de l'écriture automatique. C'est un bon titre, assez simple, il renvoie à Happy Mondays, à quelque chose que j'aime évidemment beaucoup. Je suis flippé par le temps - pas de vieillir, mais de bien m'organiser. Une phrase que mon professeur de thèse disait tout le temps, et je suis d'accord: "on n'a pas toujours le temps de tout faire".

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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