Yasmine Hamdan

Yasmine-Hamdan-Philippe-Mazzoni

 

LA MUSIQUE, c’est une matière organique. La part spirituelle est fondamentale, on vit l’espace et le temps autrement. Pendant longtemps, écouter a suffi. Aujourd’hui, le regard s’est rajouté, on a besoin de voir l’artiste. La musique me connecte avec le passé, m’offre des points de repères, me permet de choisir la culture dans laquelle j’ai envie de me projeter. J’ai fait des rencontres musicales, j’ai essayé des choses. Je prône la souplesse, il faut refuser la discrimination sur la musique qu’on « croit » arabe ou pas.

YAS. Avec YAS, je suis allée sur quelque chose de plus dansant. Mon travail avec Mirwais a débuté en 2006. J’ai pris du temps pour écrire des paroles ancrées dans le monde arabe, afin qu’il puisse se l’approprier totalement, malgré le fait que le format soit au-delà des codes. Je ne suis pas une touriste, je parle la même langue, notre passé est commun. Mais il fallait l’adapter à un son plus électro, plus pop. Mirwais a travaillé de son côté pendant deux ans et demi, tout comme moi. Nous faisions beaucoup de recherches en solitaire, puis nous nous retrouvions lors des enregistrements. Mirwais a des oreilles incroyables, d’où un son toujours parfait.

MARC COLLIN. Je l’ai rencontré avec de commencer à travailler avec Mirwais. À l’époque, il était à fond sur Nouvelle Vague, j’avais peu de temps aussi... C'est venu plus tard, au bon moment. Marc aime les chanteuses, il se met à notre disposition, il nous rend meilleures. Et, contrairement au projet YAS, je savais exactement ce que je voulais, et il n’y a jamais eu de rapports de force, ce qui est très rare dans l'industrie de la musique.

YASMINE HAMDAN. Je voulais revenir à quelque chose de plus intime, de plus épuré, de moins musclé que YAS. J’avais envie de chanter... Je viens d’une culture où il y a un vrai travail de voix, une vraie sophistication, et j’écoute beaucoup ces vieilles chansons du passé. Le son n'est pas world comme je le craignais - même si ce n'est qu'un mot, il reste pop. Accessible. Je peux être une sorte de passeur, ancré le passé dans le présent. La musique est un moyen de transmission très fort.

L’AVENIR. Dans dix ans, j’espère être libérée de certaines de mes angoisses et d’avoir des réponses à mes questions. Le monde sera très différent. Je vais continuer à m’inventer, je travaillerais sur d’autres disciplines, j’aurais peut-être une nouvelle vie – je n’ai jamais été habituée au séculaire.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace et Spotifyspotify:album:0I6VIEUfNS5pggBl8u9h2u1



Comments: