Rover

RoverPhilippe-Mazzoni

 

ENFANCE. Je suis né en 79. J’ai toujours écouté de la musique à la maison, mes parents étaient des grands fans de Gainsbourg, de Dylan, des grands classiques de la pop. Mes deux grands frères écoutaient aussi beaucoup de musique. Ma première guitare, c’était à l’âge de 7 ans, à New-York, offerte par le père Noël. J’ai suivi mes parents de mes 5 à mes 12 ans aux Etats-Unis. Je n’ai jamais pris de cours.

ADOLESCENCE. Je suis revenu en France en 1995, pendant dix ans… J’ai pas accroché au grunge, ni à la vague Bob Marley, ni à la folie électro et techno. Je me suis concentré sur seulement quelques disques, ce qui m’a peut-être préservé des modes. C’est seulement une fois le deuil fait de Kurt Cobain que j’ai rééllement découvert Nirvana, qui est un groupe immense. Mais je déteste qu’on me dise quoi écouter ou quoi lire. Je préfère lire un mauvais livre qu’un bon qu’on m’a conseillé. Je me suis construit mon petit monde musical à moi, qui m’a permis de traverser les années glauques que sont les 90’s. Le premier Coldplay et les Strokes nous ont fait beaucoup de bien !

30 ANS. Je me suis fait expulser du Liban, pour une histoire de visa que j’avais oublié de faire renouveler...  j’y suis interdit à vie. J’ai du partir en 4 jours, changer de vie radicalement. Je me suis retrouvé dans mon pays, que j’adore, la France, mais sans projet, sans préparation… Je suis allé à Berlin, que j’ai trouvée fantastique. Et ensuite, j’ai écrit mes chansons.

ECRITURE. J’ai écrit ces chansons dans le but de ne jamais les faire écouter. C’était thérapeutique. Je me suis enfermé pendant trois mois, seul, dans une maison familiale en Bretagne. Je jouais dans un groupe de punk au Liban, on répondait à des modes, etc. Mais là, je ne voulais pas avoir l’air cool, je ne voulais pas sonner 96 ou 2006. J’avais juste envie de dire ce que j’avais à dire. Je me promenais à la plage, je rentrais manger des crustacés et j’écrivais la nuit. Cet hiver breton fut un grand moment.

ENREGISTREMENT. Mon défi, c’était de le faire tout seul. D’interpréter tous les instruments, et sur bandes, à l’ancienne, pour éviter d’avoir mille choix et de mettre cette pression dans le micro.Graver quelque chose pour de bon, dans le temps, se sentir dans son corps. La tension était permantente, palpable. 18 titres enregistrés en 18 jours! Nous n’étions que trois dans le studio, avec chacun un rôle crucial. Samy Osta, le réalisateur de l'album, a su me gérer physiquement et psychologiquement. C'était une expérience fantastique d'être coupé du monde.

ROVER. Mon père, amateur de tout ce qui est britannique, a toujours eu des Rover. Ca me rappelle les voyages dans cette voiture, à écouter de la musique. Moi aussi j’aime beaucoup les vieilles voitures anglaises. Et « to rove », c’est l’errance, le vagabondage. Qui me va très bien à moi qui ait beaucoup voyagé... Même si je ne rêve que d’être casanier, de rester chez moi…

L'AVENIR. C’est à nous d’être très exigeants, de ne pas tomber dans la sataisfaction facile sous prétexte qu’on a un peu de talent. Savoir juger sa propre musique, est-ce encore possible après des années de carrière? Je ne sais pas, mais je pense qu'il faut se protgéer des flatteries, ne pas être trop sérieux. Je respecte énormément la musique... mais ce n’est que de la musique.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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