Yann Tiersen

YTiersen-Philippe-Mazzoni

Je n'ai pas du tout une culture de chanson française. Mes parents écoutaient du Brel, du Brassens, mais j'étais plus tourné vers le rock anglophone. Il n'y a jamais eu beaucoup de paroles françaises dans mes albums. Puis les histoires de quotas protectionnistes et le fait qu'on me suspecte de ne pas savoir écrire en français m'ont motivé à faire quelques morceaux dans ma langue maternelle. Ce qui n'est plus du tout le cas dans Skyline.

La France est coupée du monde, elle ne communique pas assez... D'où mon choix de Mute, un label anglais. En tournant à l'international, où les salles étaient toujours remplies, je me suis aperçu que le public anglo-saxon suivait ce que je faisais, notamment grâce à Internet - le web et Facebook ne m'ont jamais fait peur. Je pense à la scène allemande qui répétait qu'elle ne voulait pas copier les anglo-saxons, ni se référer à la chanson allemande, et qu'elle avait été obligée de faire autre chose. En regardant une interview du groupe rennais Marquis de Sade, ses membres tenaient le même propos en parlant de créer une culture européenne.

Encore aujourd'hui, si l'on veut échapper à la pâle copie anglo-saxonne et la sacro-sainte tradition de la chanson française, il faut (s')inventer quelque chose de neuf, de très personnel.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

Retrouvez l'artiste sur son espace et sur Yann Tiersen




Comments: