ALB

AlbPhilippe-Mazzoni

 

CLÉMENT DAQUIN

Pourquoi et comment ce premier (deuxième) album "assumé" en solo, si l'on peut dire?
 
Mon premier album Mange-Disque, était l’album de toutes les découvertes. Travailler avec des musiciens, tâtonner avec les machines, enregistrer soi-même ses morceaux, construire un projet un peu fou depuis une petite cave... J’avais l’ambition d’écrire de la musique mais je n’avais jamais chanté, au début ça ne me venait même pas à l'esprit!

J’ai donc construit cet album avec un ancien ami de lycée Alio au chant, et Nicolas, futur bassiste des Bewitched Hands. Le problème, c’est que j’avais une idée tellement précise - justifiée ou non-  de là ou je voulais aller que je ne leur laissais que peu de place pour s’exprimer. Plus ça avançait, plus je me mêlais des textes, plus je voulais les interpréter puisque c’était les miens. Ils en devenaient presque "mes" musiciens, et je pense qu’ils n’avaient pas signé pour ça à l'origine. Le départ de Nico pour les Bewitched naissants m’a finalement permis de tout refondre et de repartir à zéro sur des bases claires. Puis il a fallu apprendre a chanter, à l’assumer, j’avais envie de piano pour la deuxième moitié de l’album donc j’ai commencé le piano, etc, etc. Cela a pris un peu de temps, mais j’y suis arrivé.
 

Votre première collaboration musicale ?
 
Je pense que toute première collaboration musicale est marquante, dès lors qu’on construit quelque chose... C’est assez magique. Mes premieres "partouzes musicales" avec KIM, pour le citer, restent un évènement important. Je l’ai accompagné sur de nombreuses dates entre 2009 et 2010, avec mon batteur Thomas. Kim vient du rock, il a une longue experience de la scène. Avec lui, la musique se fait sur le vif, peu importe si on a déja répété ce morceau avant ou pas ou que la guitare soit accordée ou non. Cela donne des concerts de 45mn qui finalement durent 2H30, avec une énergie folle. J’en redemande.
 
Le premier concert en solitaire?
 
C’était a la Cartonnerie, a Reims, début 2009. Un vrai challenge, je devais me prouver quelque chose. De cette tentative découle l'ossature ma formule live actuelle, c’était plutôt formateur. 

Le premier morceau travaillé pour cet  album à venir?
 
"Hypoballad", qui ouvre l’album. L’ordre des titres est quasiment chronologique, il raconte une histoire, il évolue par la musique, les sons, les mots. La fin était prévue depuis un moment, mais c’était important que je suive une temporalité pour créer un fil conducteur - que cet album grandisse en même temps que moi.
 

La première fois que vous avez pensé: "la musique, et rien d'autre?"
 
Je pense que je me suis dit ça assez vite, dès que j’ai touché ma première guitare - assez tard - dans ma chambre d’internat. Je suis passé de rien à une boulimie incontrôlable.

Mais le vrai virage s’est produit en 2006, en quittant mon job de designer a Paris pour me consacrer uniquement a la musique. J’avais plusieurs projets en route, dont ALB et Klanguage - mon premier groupe avec Yuksek. Alors qu’après deux ans je demandais a mon boss de réduire encore mon temps de travail pour consacrer plus de temps à la musique, il m’a mis au chômage en m’offrant le gros ordinateur sur lequel je faisais les images 3D. Et avec lequel j’ai pu enregistrer mon premier album! C’est lui qui m’a mis le pied a l’étrier, je ne sais pas si j’aurais passé le cap aussi brutalement tout seul. Je lui en serais éternellement reconnaissant. Ce n’est pas une anecdote très passionnante, mais je n’ai jamais eu l’occasion de le remercier... c’est chose faite.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Toybloid

Toybloid-Philippe-Mazzoni

Madeleine, 25 ans : Toybloid, c'est du gros son qui prend soin des mélodies... Et sur scène, on aime sonner comme si nous étions le double de ce que nous sommes! A titre personnel, je ne suis pas passée par d’autres étapes que le rock, je me suis mise à la guitare pour imiter mon grand frère, avant de passer à la basse pour les besoins du groupe. Notre premier concert, c'était une semaine avant le bac français. Notre nom, c'est une dérive de tabloïd, nous l'avons gardé même s'il sort de nulle part, et quand on le tape sur Google, c'est forcément nous! 

Pierre, 35 ans : Musicalement, devenir un trio cela change tout car il a fallu repenser notre son en fonction d’une seule guitare: plus brut, moins pop. Etant plus âgé que les filles, j’ai commencé à écouter de la massique dans les années 90, j’ai grandi avec le métal que beaucoup de gens écoutaient à l’époque. J’ai eu des nombreux groupes avant, je chantais, je jouais de la guitare, des claviers… Puis j’ai tout lâché à 26 ans pour ne me consacrer qu’à la batterie. D’habitude, ce rôle est un peu oublié dans les processus des chansons d’un groupe, mais ce n’est pas le cas ici.

Lou, 23 ans : Madeleine et notre ancienne guitariste avaient envie de monter un groupe de rock, je les ai rejoins, puis nous avons sympathisé avec Pierre en studio... Cette formation a duré de 2006 à 2011. Depuis deux ans, nous sommes tous les trois et c’est un revival de groupe! Mon père était guitariste dans Indochine. Il possédait une discographie incroyable. À 10 ans, j’adorais aussi bien les L7 que Marilyn Manson.

Notre EP a été produit par Liam Watson, avec qui tout est allé droit au but, tout de suite. Que des vieux amplis que tu n’as jamais vu de ta vie. Il a fait un vrai boulot de réalisateur, nous a aider à prendre des directions et nous nous sommes laissés guider avec plaisir. Et nous avons bu beaucoup de thé!

En concert au festival Chorus des Hauts de Seine le 29 mars

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Pendentif

Pendentif-Philippe-Mazzoni


BENOIT LAMBIN

PENDENTIF. C'est quitte ou double, les gens peuvent détester. C'est le nom dela  toute première chanson qu'on a composée, qui avait un un rapport à ce nom masculin porté par les filles... Cela traduisait bien la mixité du groupe. Il y a là une valeur romantique, affective, un pendentif peut être le don de la grand-mère ou de l'amoureux. Et, de plus, c'est un mot très français.

LE FRANÇAIS, justement. Il existe ces figures titulaires, tels Jacques Brel ou Léo Ferré, assortis d'une musique très sérieuse, et plus il y a Serge Gainsbourg, qui arrive aussi bien à faire "La Javanaise" que "L'Ami Caouette". Il a sublimé la pop et, d'après nous, a décomplexé la langue française. Michel Polnareff a lui aussi fait appel à de musiciens anglo-saxons... Je chantais déjà en français avant, et le challenge de Pendentif était à relever. Il y a encore peu de formations pop dans l'hexagone, donc un terrain créatif encore à défricher. Nous sommes aussi influencé par des groupes anglo-saxons très contemporains. Avant de mettre un texte en avant, on cherche avant tout la musicalité. Sur l'album, les mélodies sont venues avant les paroles, qui naissent d'abord en franglais, avant que quelques phrases déterminent l'ADN de tel ou tel morceau. C'est une vraie liberté musicale.

PERSONNALITÉS. Jusqu'ici, nous avons marché à l'instinct. Nous nous sommes aperçus que notre groupe ne pourrait pas toujours creuser le même sillon de la surf pop et de la ligne claire. Les derniers titres en date sont plutôt groovy, portés par la basse. Nos envies conduisent notre musique. Lorsque nous avons assuré les premières parties d'Indochine, on nous a chatouill... Mais nous n'avons rien contre la variété, qui peut très souvent flirter de près avec l'underground. Notre challenge: faire un morceau très populaire, mais de qualité.

L'AMOUR. Certains sont timides avec leurs émotions. Nous, pas du tout ! Nos paroles ne s'encombrent pas de pudeur. Nous aimons dire "je t'aime" en frontal, et la voix ingénue de Cindy est idéale à cet effet. Nous avons des goûts très différents, mais nou nous sommes d'accord sur la séduction, la musique sexy, de Prince à Sébastien Tellier.

MAFIA DOUCE. En allant en répète, en voiture, nous cherchions des termes jouant sur les contrastes, tels Fantaisie Militaire de Bashung… La Mafia Douce, ce sont des gens qui t'entourent: ta famille, tes potes, tes amours, ceux qui te supportent ou à qui tu vas taxer des clopes. Le groupe est très soudé, nous sommes très proches les uns des autres. Avec Mafia Douce, nous avons scellé un pacte.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Tigran

Tigran-Philippe-Mazzoni


SHADOW THEATER. C'est une invitation à s'imaginer son propre univers. Derrière les ombres qui nous entourent se cachent beaucoup d'autres mondes encore inconnus.

Etre Arménien et jouer des mélodies empruntées au patrimoine musical de mon pays me semble naturel, évident. Hormis quelques morceaux de folk arméniens, j'ai écrit et arrangé toutes mes chansons, en sachant qu'elle serait joué par les musiciens que j'avais choisi pour être auprès de moi. Ils ont apporté leur son incroyable, le son qu'il fallait pour faire de ma musique ce qu'elle est devenue. Nous avons travaillé six mois sur les chansons, puis nous avons répété une semaine avant l'enregistrement de l'album... Ce qui est, j'en suis conscient, beaucoup pour un disque estampillé jazz. Mais l'important, c'est savoir ce que c'est la mélodie et jouer ce que l'on aime.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Pitchfork Festival 2013

Jehnny Beth et ses drôles de dames, bêtes de scène, ont animé Savages. L'humble talent de Junip a charmé la Villette entière. Le psyché est vraiment barré chez Connan Mockasin. Après avoir vu les filles de Warpaint, on attend avec impatience leur nouvel album. Que vive le sens de la fête de Disclosure. Yo La Tengo est l'un des meilleurs groupes new-yorkais au monde - on le savait depuis longtemps, mais une nouvelle confirmation a été donnée. Jagwar Ma, la re découverte à chaque fois. En live comme en studio, Nicolas Jaar et Dave Harrington assurent: Dark Side n'a que des bon côtés. Comme à son habitude, Hot Chip est immanquable. Si la Grande Halle de la Villette a toujours du mal à nous convaincre, Pitchfork valait bien un petit détour par la Porte de Pantin...

Pitchfork 2013-1

SAVAGES

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Chvrches

Chvrches-Philippe-Mazzoni

 

LAUREN MAYBERRRY, IAIN COOK et MARTIN DOHERTY

 

IAIN: Chvrches, c’est un travail à trois où chacun apporte ses compétences. Dans notre studio en Ecosse, au sous-sol, nous sommes divinement bien entourés de synthétiseurs et de machines. Il suffit d’un beat, un son, et c'est comme une boule de neige, la mélodie prend forme elle aussi.

LAUREN: La mélancolie prend de la place dans nos morceaux, mais, même si certains peuvent être introspectifs, nous ne voulons surtout pas être trop mielleux. Notre but: rechercher la mélodie tout en veillant à préserver une production agressive. De nos jours, il y a trop de musique bête et joyeuse, et nous, nous ne sommes ni happy face ni dévastés en permanence. La vie est plus nuancée, n'est-ce pas ?

MARTIN: Il y a plus d’intérêt et de profondeur dans les nuances. Notre musique se veut ambitieuse, confiante, et, peut-être, un peu rude sans en avoir l'air.

 


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Geyster

Geyster-Philippe-Mazzoni


GAËL BENYAMIN

GEYSTER. J'ai trouvé le nom "Geyster" grâce à mon ex suédoise. Un mot qui signifie, en gros, "grand-père", et, en le voyant brodé sur une serviette de la salle de bains de la maison où nous vivions, j'ai trouvé que cela sonnait bien. En rentrant à Paris au début des années 2000, alors que je trainais sur un forum de musique, il a fallu me présenter. C'est le premier mot qui m'est venu à l'esprit.

LE PASSÉ. À l'origine, je faisais de la pop électronique, car je ne trouvais pas de musiciens avec qui ça collait vraiment. Accompagné de mon ordinateur, j'ai pris une direction plutôt French Touch, tout en gardant ce format pop qui m'a toujours été cher. Avec Pernilla, à l'époque chanteuse de Geyster, nous avons fait quelques maquettes. Je les ai envoyées à plein de monde - dont Joachim Garraud. Il m'a proposé une co-production. N'ayant pas de structure à l'époque, j'ai monté Somekind Records. Le premier album est sorti chez Virgin, avec un mini tube nommé "Bye Bye Superman." Malgré les 35000 singles vendus, la maison de disques n'a pas suivi, j'ai eu des soucis pour récupérer ma part de production... Bref, je suis reparti de zéro, et ce n'est pas plus mal puisque je me suis concentré sur ce que j'aimais le plus composer.

AUJOURD'HUI. Me voici en solo. J'ai composé Down On Broadway dans mon salon... qui est aussi mon studio! Jusqu'au mastering, tout s'y est fait. Même les pochettes, j'ai toujours voulu m'en occuper. Concernant les paroles, je suis parti quelques jours en Normandie. Je n'envisage pas de faire des albums autrement. Pour être efficace, j'ai besoin d'être seul, de faire tout moi-même. Et c'est comme cela que j'ose plus. 

DOWN ON BROADWAY. Pendant la création de Down On Broadway, je vivais une relation passionnelle et conflictuelle avec ma compagne d'alors. "I Can't Get Through The Night" a été écrite durant une nuit où, enfermé chez moi par mon amie, je me suis échappé pour aller dormir à l'hôtel situé à seulement quelques centaines de mètres…!

L'AVENIR. En terme de musique, je suis incapable de me projeter. Je peux changer d'avis d'une seconde à l'autre. J'aimerais tourner beaucoup plus, avoir de plus en plus de reconnaissance. Car si je vis de la musique, je ne vis pas de ma musique...

LA CALIFORNIE. Sans savoir trop pourquoi, je suis très influencé par l'esprit West Coast. Les avenues larges, le soleil, le paysage ouvert - qu'il soit urbain ou désertique. J'ai vécu à Los Angeles pendant deux ans, sous prétexte d'étudier en école de musique et, en réalité, pour rester plus que trois mois grâce à un visa d'étudiant. La lumière de L.A. me fascine, et sa sombre personnalité me plaît davantage que la sympathique légèreté de San Francisco. En revanche, je déteste tout ce qu'elle a engendré de sirupeux, limité variété. Le son West Coast que j'aime doit rester rock : Steely Dan ou Crosby, Stills & Nash…

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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No Ceremony

No Ceremony-Philippe-Mazzoni 2

JAMES.

La première chanson jamais entendue?

"Wuthering Heights" de Kate Bush. J'étais tout petit, en voiture avec mes parents. J'ai le souvenir d'avoir été frappé par ce son étrange, presque extraterrestre, et être tombé amoureux de cette voix qui volait des couplets au refrain.

La première chanson que vous n'ayez jamais écrite?

Difficile de me souvenir… J'ai commencé à écrire des chansons à l'âge de 16 asd et je n'ai jamais vraiment arrêté depuis - au rythme d'une ou deux par jour… À l'époque, j'étais un très grand fan de Nirvana, Neil Young, Leonard Cohen et des Queens of the Stone Age. Je n'avais pas trop de honte à les imiter sans vergogne!

La première fois que vous avez réalisé que vous étiez musicien?

Même si je chante, je joue du piano et de la guitare tous les jours, je ne me considère pas vraiment comme un musicien. Mais lorsque je jammesans idée derrière la tête, je me sens complètement musicien. Le reste du temps, je pense plutôt être un songwioter ou un producteur... La première fois où j'ai senti que j'en faisais ma vie, c'est lorsque je me suis retrouvé dans un groupe avec d'autres musiciens, à 18 ans.


Votre premier coup de foudre musical?

Kate Bush - encore elle!



Votre premier album?

Il a été écrit, enregistré sur use période de 12 mois dans un moulin abandonné de Manchester… Même si les tournées débutées à la même période nous en éloignaient, nous avons été capable d'écrire des textes dans une chambre d'hôtel ou de mixer des morceaux à l'arrière du tour bus.

Votre première recontre?

Nous nous sommes rencontrés à un concert, à Manchester, nous avons parlé de la musique que nous aimions et à quel point ce serait bien de créer quelque chose d'anticonceptionnel - où la musique prime sur les photos de presse et l'ego de chacun.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Concert Pression Live 2013

C'était le mardi 22 octobre à l'Olympia. Peter Doherty et ses Babyshambles ne sont pas venus, mais la soirée valait le coup d'oreille.

Naive New Beaters

NAIVE NEW BEATERS. "Big Up dans nos coeurs!" fut le credo de la soirée. Merci David Boring et les deux autres membres des Naive, qui ont fait le show comme il se doit.

La Femme-2

LA FEMME. Elle est seule parmi les garçons, et on ne se lasse pas de l'écouter. "Sur la plage, sur le sable, je recherche des sensations": grâce à eux, on les a trouvé ce soir-là.

Alexis  The Brainbow

ALEXIS AND THE BRAINBOW. Heureux comme un roi d'avoir gagné le concours Pression Live, et franchement prometteur. To be continued.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Elephanz

Elephanz-Philippe-Mazzoni

JONATHAN VERLEYSEN

Etre frères dans le même groupe, cela présente des avantages comme des inconvénients... Comment le vivez-vous, vous?

La musique nous a littéralement réunis, Maxime et moi. Nous nous voyions peu avant de commencer à composer ensemble. Un jour, Max a eu envie d'enregistrer un début de chanson chez moi pour et nous avons réalisé le plaisir que nous avions à composer ensemble. Nous n'avons que deux ans d'écart et une histoire commune... ça permet d'être branché sur le même courant. Nous finissons fréquemment les ébauches de l'autre et nous avons suffisamment confiance pour laisser l'autre juger de notre travail. Dans la composition, nous laissons nos égaux de côté, la chanson étant au-dessus de tout. En revanche, être frères exacerbe toutes nos émotions, et nous explosons autant dans nos colères que dans nos joies. C'est aussi un moteur: nous aimons ce groupe aussi parce que nous l'avons créé ensemble.

Elephanz... Hommage aux White Stripes? À David Lynch? À Gus Van Sant? 

Difficile quart d'heure que celui du choix du nom. On a d'ailleurs pas voulu y accorder plus de temps que ça: au début, nous pensions d'abord à une interface pour faire écouter nos chansons qu'un réel groupe de musique. Nantes venait d'acquérir son Elephant mécanique géant, mais je ne sais plus si c'est vraiment cela ou le film de Gus Van Sant qui nous a soufflé l'idée. Nous l'avons écrit et le mot nous a paru assez graphique. Nous l'avons répété plusieurs fois pour écouter le son que ça faisait... On a rajouté le Z après, pour avoir un nom rien qu'à nous. 

"Time For A Change" est le morceau qui vous a fait découvrir du public. Quelle est son histoire?

Nous avons écrit "Time For A Change" un après-midi d'hiver, à Nantes. Nous étions assez moroses, je crois, et nous avions besoin d'écrire quelque chose de gai et d'épique. D'habitude, nous composons toujours la mélodie et la musique d'abord, sur un anglais phonétique qui n'a aucun sens, et le texte définitif vient quelques jours après. Sur cette chanson, la mélodie du refrain est venue en même temps que le texte. C'est peut-être un détail, mais c'est la seule chanson de tout l'album qui n'a jamais eu de brouillon.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Le Mama Festival 2013

 

Du 16 au 18 octobre, le MAMA a accueilli les professionnels de la musique au pied de Montmartre, pour des conférences et des concerts répartis entre la Boule Noire, la Cigale, le Divan du Monde ou encore les Trois Baudets.

Bandes Sonores s'est faufilé dans un public visiblement ravi de n'écouter et de ne parler que musique pendant trois jours. Vive l'automne parisien! 

Mama 2-1

Emily Jane White ambiance backstage.

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Poliça

Poliça-Philippe-Mazzoni

 

CHANNY LENEAGH

ENFANCE MUSICALE. Je me rappelle avoir vu Prince quand j'avais 8 ans, dans un énorme stade de Minneapolis, où je vis encore aujourd'hui. L'avantage de cette ville, à l'instar de la Suède ou de l'Islande, c'est que les paysages sont magnifiques mais on s'y ennuie vite. On a alors très vite envie d'écouter ou de faire de la musique. La chanson "We Are The World" m'a fait un effet dingue aussi. J'aime bien aussi les rappeuses comme Mary J Blige.

SHUMALITH. Avant tout, il y a le rythme, aussi naturel que fort. Il y a aussi beaucoup de sincérité, et, comme une espèce de rançon de cette honnêteté, une certaine part de brutalité... Chanter me rend forte et heureuse, et j'espère lutter, à ma manière, contre l'agressivité et l'égoïsme ambiant. Etre une femme, c'est beau mais cela peut être d'une violence inouie.

SHULAMITH FIRESTONE. Je n’avais pas titre pour l'album. Mon frère m’avait soufflé de tourner autour de la dialectique du sexe et, quelques jours plus tard, j'ai appris la mort de Shulamith Firestone. Quand on est artiste, on croit énormément aux signes du destin, aux enchaînements temporels... Elle avait tellement de choses à dire, j'ai voulu prolonger son discours, donner envie d'en savoir plus sur elle. Les autres membres du groupe ont d'abord pensé à une explication pacifiste puisque "shulamith" est un dérivé de "shalom", qui signifie "paix" en hébreu. Lorsque je leur ai expliqué le fond de ma pensée, ils m'ont immédiatement soutenus. Ces hommes-là sont formidables..

FEMINISME ? L'histoire de Shulamith Firestone est dingue. Son féminime paraissait extrême, et elle a été abandonnée par sa famille très pratiquante. Mais je ne voulais pas m'imposer comme une militante féministe, au contraire, il s'agissait plutôt de lui dédier mon travail. Une femme a toujours énormement à donner... C'est logique, nous sommes moins fragiles que les hommes.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Saint Michel

Saint Michel-Philippe-Mazzoni


PHILIPPE THUILLIER ET EMILE LARROCHE 

DEBUTS.

Nous nous sommes rencontrés par Milestone fondé par Philippe, il y a quelques années. Le groupe a périclité, du coup nous nous sommes retrouvés tous les deux à faire de la musique dans la chambre de Philippe… juste pour faire de la musique. Et finalement, après quelques morceaux, nous avons décidé que ça pouvait faire un disque digne de ce nom.

SAINT-MICHEL.

Nous voulions un nom de groupe qui sonnerait français pour des gens étrangers. Vu que nous chantons en anglais, nous aimerions bien jouer au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, et nous avions envie de nous présenter comme français au reste du monde. Et plein d'autres petites raisons : les galettes, l’histoire de Saint Michel et du dragon, la station RER du Quartier Latin, la chanson des Beatles, le mont Saint Michel...

LE TON.

Milestone était plus atmosphérique, plus posé. Nous en avons pris le contre pied en faisant quelque chose de très punchy, plus dansant… Sensible et nostalgique, tout de même! C'est l'alliance des boîtes à rythmes et des guitares aériennes. Nous qualifions nous-mêmes notre musique d’électro-sentimentale. Bref, quelque chose de festif, mais aussi de très pop et de touchant.

VERSAILLES.

Tout le projet se passe à Versailles. Nous l'assumons, mais c’est à double tranchant, les gens nous définissent en parlant de Versailles, en nous traitant d’énième rejeton de la French Touch, que c’est toujours la même chose. Mais nous nous sentons portés par une énergie créatrice. C’est une ville très classique, on peut s’y ennuyer mais il y a aussi des belles choses à faire. Nous vivons dans un décor historique, et notre musique est forcément, elle aussi, sensible au passé.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Golden Suits

Golden Suit-Philippe-Mazzoni

FRED NICOLAUS

POURQUOI LE SOLO? 

En 2010, je suis parti à Berlin avec mon père. C'est là que nous avons appris que mes grands-parents avaient fait partie de la résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale. Mon grand-père s'est retrouvé en prison puis enrôlé de force dans l'armée avant de mourir sur le front russe. C'était un homme courageux, au même titre que ma grand-mère, qui a élevé seule mon père dans l'Allemagne de l'après-guerre. J'ai alors réalisé que la peur que j'avais de me lancer en solo - d'affronter les critiques et de jouer sans Department Of Eagles - était idiote en comparaison.

GOLDEN SUITS. 

Le titre vient de la derrière phrase d'une nouvelle de John Cheever, The Country Husband. C'est l'histoire d'un home qui survit à un crash d'avion et retourne chez lui affronter sa crise de la quarantaine. À la fin, il est assis dans son jardin, en banlieue, songeant à sa vie, pendant "an evening when kings in golden suits ride elephants over the mountains." (un soir où les rois en costumes d'or montent les éléphants dans les montagnes.") C'est une image aussi absurde que surréaliste, et elle résume parfaitement cet instant. Depuis que j'ai lu ce texte, j'essaye d'écrire des chansons qui s'en rapprochent du point de vue stylistique.

JOHN CHEEVER.

J'aime les histoires de John Cheever depuis mes 20 ans. Non seulement elles influences mes chansons, mais aussi les décisions importantes que j'ai pris tout au long de ma vie. L'ombre de cet écrivain plane sur ma musique, c'est indéniable - comme dans "Swimming in '99," où je m'inspire directement d'un de ses écrits. 

UNE MUSIQUE THÉRAPEUTIQUE? 

Un peu. Cela fait du bien de chanter à propos des épreuves que l'on vient de traverser. Même si cela ne résoud pas tout, cela aide à remettre les choses en perspective...


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Yuck

Yuck-1a

 

MAX BLOOM.

Créer quelque chose de concis, d'efficace, que l'auditeur puisse écouter de la première à la dernière chanson, sans que rien ne lui semble raté.

Ne pas se souvenir des mauvais moments, de départs et des adieux.

Faire la musique qui nous plaît, certes, mais aussi essayer d'agir le plus instinctivement possible, sans se faire dévorer par nos ambitions. 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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