Au Revoir Simone

Au revoir simone-Philippe-Mazzoni-2

HEATHER

GENÈSE. J'ai rencontré Erika dans un bar; c'était la petite copine d'un de mes amis et il voulait me la présenter. Je n'oublierai jamais ce moment où elle a traversé la pièce vers nous - elle avait cette allure de it-girl qui m'a donné envie de la connaître davantage. Elle m'a invitée à venir jouer de la musique chez elle avec Annie, que je n'avais jamais vue auparavant... Je me souviens avoir pensé qu'Annie était l'une des personnes les authentiques et gentilles au monde. À cet instant précis, j'ai su que je voulais passer plus de temps avec ces deux filles-là. Ensemble, nous réussissons à rester nous trouver chacune.

MOVE IN SPECTRUMS. C'était faire un autre album très porté sur les claviers sans pour autant sonner comme ses trois prédécesseurs. Les thèmes sont ceux qui m'intéressent le plus: grandir, être amoureux, observer les choix des autres à prendre un chemin plutôt qu'un autre. Le son est plus minimal, clair, les rythmiques plus relevées. De Madonna à Santigold, nous avons écouté beaucoup de choses dansantes...  

MEILLEUR SOUVENIR. Jouer aver AIR à Paris. Apprendre à jouer leurs chansons et leur enseigner les nôtres, c'était un rêve devenir réalité. Je suis une énorme fan de ce groupe depuis l'adolescence.

PIRE SOUVENIR. De très mauvais concerts, comme cela peut arriver en dix ans de groupe... Cependant, j'ai réalisé au fil des années que ce je considérais comme une mauvaise performance n'était pas forcément reçu en tant que tel par le public. Et ça remet les choses en perspective. Sur scène, il m'est aussi arrivé de pleurer - mais je n'en suis pas très fière!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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John & The Volta

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JONATHAN DUCASSE

Premier coup de foudre musical?

Je me souviens d'un de mes premiers jours de collège, lors d'un trajet en bus. Un ado a passé au chauffeur la cassette de Smash - The Offspring. J'ai eu l'impression que le son me happait entièrement. C'était dingue. Jusque là, je n'avais entendu que la variété française écoutée par ma mère.

Première chanson jamais écrite?

Au collège également. Je devais avoir ma guitare depuis quelques jours.. Un ami avait écrit des paroles et je me chargeais de la musique. Je ne savais absolument pas ce que je faisais. Je l'avais enregistré en bidouillant sur je ne sais plus quel vieux poste de mon père.

Première rencontre avec les autres membres du groupe?

Laurent et moi nous connaissons depuis toujours, nous étions dans deux écoles primaires, simplement séparés par un grillage. C'était un peu la guerre des deux clans à la récré. J'ai rencontré Robin à un concert, nous jouions tous les deux ce soir-là. J'étais tout seul avec "Volta" et lui dans un autre groupe. Alban est le dernier arrivé, il jouait déjà avec Robin, qui pensait que le courant passerait bien et il avait raison. C'est lui qu il l'a contacté quand nous avons eu besoin d'un batteur....

Premier concert ?

Dans une cave de Bordeaux, nous avons invité tous les gens que nous connaissions. C'était plein et limite dangereux!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Dissonant Nation

Dissonant-Nation-Philippe-Mazzoni

 

LUCAS.

CHANTER EN FRANÇAIS. Le français est venu grâce à la musique électronique. "Barbie et Ken sous ecstasy," je l'avais calé sur un beat électronique… Nous l'avons testé sur scène, et ça a fonctionné. Nous arrivons à le faire sonner à l'anglaise tout en chantant dans notre langue. C'est pour cela que nous avons enregistré à Londres, avec Richard Woodcraft.

DISSONANT NATION. Notre nom fait référence à l'album de Sonic Youth, Daydream Nation, l'un des meilleurs albums du rock alternatif. Le côté dissonant, pour notre volonté d'être borderline. Dès le premier concert, dans la cour du lycée, en 2008, nous n'étions pas accordés, ni assortis, mais une énergie nous rassemblait.Si nous avons choisi ce nom, c'est parce que nous savons que nous ne plairons pas à tout le monde, car c'est du rock alternatif, avec pas mal de titres chantés en français.

PREMIER ALBUM. Richard travaillant debout, tout est allé très vite. Nous avons enregistré 14 titres en deux semaines! Nous maîtrisons les rouages techniques du studio. J'ai la chance d'avoir grandi dans une famille de musiciens, j'ai toujours connu les loges, les régies... Le reste du groupe aussi y est familier. Nous venons du sud, d'Aubagne, qui est la ville de Marcel Pagnol. Rock'n'roll non? 

PLEINS D'AVENIR. Tout est passé à une vitesse inouïe, on a réussi à enregistrer un premier album avec une maison de disques parisienne. C'est une première étape passée, mais on ne peut pas se reposer sur nos lauriers. Notre désir, c'est de laisser une trace, qui peut perdurer malgré les années, de tous les concerts donnés jusqu'à présent.  Nous faisons appel à nos influences rock sixties, glam, punk et le grunge… Nous essayons de se frotter à tous ces styles et d'en créer notre propre melting-pot. Il faut venir nous découvrir sur scène!



Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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De La Jolie Musique

De la Jolie MusiquePhilippe-Mazzoni-1

 

ERWANN CORRÉ

 
DE LA JOLIE MUSIQUE. C'est vrai, c'est un nom qui sent le Arnaud Desplechin à plein nez. Mais il est à prendre sous toutes ses formes: poétiques, moqueuses, grandiloquentes... C'est aussi la musique pour la musique. La ramener à sa forme initiale, l'idée que l'on s'en fait - belle et jolie. Sébastien Tellier annonçait souvent sur scène qu'il allait jouer "de la belle musique" avec un air moqueur pour prévenir son audience que le morceau qui suivrait ne les choquerait pas. Pour ma part, je joue sur l'idée que la musique doit être systématiquement jolie et facile à écouter. Ce qui n'est évidemment pas vrai, la musique peut être une expérience difficile et heureusement!

DU PERSONNEL AU COLLECTIF. J'ai toujours eu ce rêve de faire de la pop en français, de qualité, c'est un projet qui date, il a sûrement toujours été la... C'est une vie. La base était de trouver un style, un principe de composition qui fonctionne, pouvoir faire les morceaux que je n'entendais pas ou plus. Prendre le temps de mélanger toutes mes influences, Ennio Morricone, Brian Eno, Robert Wyatt, de les digérer et de trouver une manière de les faire vivre à l'intérieur d'un format chanson. Il y avait aussi l'envie d'un projet participatif sans logique de structure, sans que les choses soient figées: le nombre de musiciens, les vidéastes, les graphistes, bref, chaque personne ayant produit quelque chose au sein du groupe est un membre de De La Jolie Musique. Je ne suis pas extérieur à l'animal, mais ce n'est pas non plus "Erwann Corré présente."

MÉMOIRE TROPICALE. La construction d'un univers demande de l'exigence, que ce soit en cinéma, en dessin ou sous n'importe quelle forme, elle apporte de la cohérence, de la fluidité... Mais Mémoire Tropicale est d'une simplicité absolue.
 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Chassol

Chassol-Philippe-Mazzoni

CHRISTOPHE-THOMAS CHASSOL

DE LA FORMULE  (Des haïkus?)

Dédramatiser la musique classique, que l'harmonie plaise.

Je m’habitue à mes erreurs, cela permet de ne pas me tromper.

Parvenir à sentir le bonheur, enfant, les samedis après-midi.

Etre moins radical en terme de musique, s'ouvrir à la pop, cultiver des valeurs de tolérance.

Il faut apprendre des choses par coeur.

Plutôt que de voir plusieurs films, n'en visionner qu'un, 400 fois.

Ces mecs de l’art contemporain qui parlent de John Cage mais qui ne l’écoutent pas vraiment.

Tout peut être beau, mais pas de façon naïve.

J’aime donner des clés aux gens, qu’ils sachent ce qui se passe à l’intérieur de la musique.

Les dissonances, ce sont mes madeleines à moi.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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ALB

AlbPhilippe-Mazzoni

 

CLÉMENT DAQUIN

Pourquoi et comment ce premier (deuxième) album "assumé" en solo, si l'on peut dire?
 
Mon premier album Mange-Disque, était l’album de toutes les découvertes. Travailler avec des musiciens, tâtonner avec les machines, enregistrer soi-même ses morceaux, construire un projet un peu fou depuis une petite cave... J’avais l’ambition d’écrire de la musique mais je n’avais jamais chanté, au début ça ne me venait même pas à l'esprit!

J’ai donc construit cet album avec un ancien ami de lycée Alio au chant, et Nicolas, futur bassiste des Bewitched Hands. Le problème, c’est que j’avais une idée tellement précise - justifiée ou non-  de là ou je voulais aller que je ne leur laissais que peu de place pour s’exprimer. Plus ça avançait, plus je me mêlais des textes, plus je voulais les interpréter puisque c’était les miens. Ils en devenaient presque "mes" musiciens, et je pense qu’ils n’avaient pas signé pour ça à l'origine. Le départ de Nico pour les Bewitched naissants m’a finalement permis de tout refondre et de repartir à zéro sur des bases claires. Puis il a fallu apprendre a chanter, à l’assumer, j’avais envie de piano pour la deuxième moitié de l’album donc j’ai commencé le piano, etc, etc. Cela a pris un peu de temps, mais j’y suis arrivé.
 

Votre première collaboration musicale ?
 
Je pense que toute première collaboration musicale est marquante, dès lors qu’on construit quelque chose... C’est assez magique. Mes premieres "partouzes musicales" avec KIM, pour le citer, restent un évènement important. Je l’ai accompagné sur de nombreuses dates entre 2009 et 2010, avec mon batteur Thomas. Kim vient du rock, il a une longue experience de la scène. Avec lui, la musique se fait sur le vif, peu importe si on a déja répété ce morceau avant ou pas ou que la guitare soit accordée ou non. Cela donne des concerts de 45mn qui finalement durent 2H30, avec une énergie folle. J’en redemande.
 
Le premier concert en solitaire?
 
C’était a la Cartonnerie, a Reims, début 2009. Un vrai challenge, je devais me prouver quelque chose. De cette tentative découle l'ossature ma formule live actuelle, c’était plutôt formateur. 

Le premier morceau travaillé pour cet  album à venir?
 
"Hypoballad", qui ouvre l’album. L’ordre des titres est quasiment chronologique, il raconte une histoire, il évolue par la musique, les sons, les mots. La fin était prévue depuis un moment, mais c’était important que je suive une temporalité pour créer un fil conducteur - que cet album grandisse en même temps que moi.
 

La première fois que vous avez pensé: "la musique, et rien d'autre?"
 
Je pense que je me suis dit ça assez vite, dès que j’ai touché ma première guitare - assez tard - dans ma chambre d’internat. Je suis passé de rien à une boulimie incontrôlable.

Mais le vrai virage s’est produit en 2006, en quittant mon job de designer a Paris pour me consacrer uniquement a la musique. J’avais plusieurs projets en route, dont ALB et Klanguage - mon premier groupe avec Yuksek. Alors qu’après deux ans je demandais a mon boss de réduire encore mon temps de travail pour consacrer plus de temps à la musique, il m’a mis au chômage en m’offrant le gros ordinateur sur lequel je faisais les images 3D. Et avec lequel j’ai pu enregistrer mon premier album! C’est lui qui m’a mis le pied a l’étrier, je ne sais pas si j’aurais passé le cap aussi brutalement tout seul. Je lui en serais éternellement reconnaissant. Ce n’est pas une anecdote très passionnante, mais je n’ai jamais eu l’occasion de le remercier... c’est chose faite.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Toybloid

Toybloid-Philippe-Mazzoni

Madeleine, 25 ans : Toybloid, c'est du gros son qui prend soin des mélodies... Et sur scène, on aime sonner comme si nous étions le double de ce que nous sommes! A titre personnel, je ne suis pas passée par d’autres étapes que le rock, je me suis mise à la guitare pour imiter mon grand frère, avant de passer à la basse pour les besoins du groupe. Notre premier concert, c'était une semaine avant le bac français. Notre nom, c'est une dérive de tabloïd, nous l'avons gardé même s'il sort de nulle part, et quand on le tape sur Google, c'est forcément nous! 

Pierre, 35 ans : Musicalement, devenir un trio cela change tout car il a fallu repenser notre son en fonction d’une seule guitare: plus brut, moins pop. Etant plus âgé que les filles, j’ai commencé à écouter de la massique dans les années 90, j’ai grandi avec le métal que beaucoup de gens écoutaient à l’époque. J’ai eu des nombreux groupes avant, je chantais, je jouais de la guitare, des claviers… Puis j’ai tout lâché à 26 ans pour ne me consacrer qu’à la batterie. D’habitude, ce rôle est un peu oublié dans les processus des chansons d’un groupe, mais ce n’est pas le cas ici.

Lou, 23 ans : Madeleine et notre ancienne guitariste avaient envie de monter un groupe de rock, je les ai rejoins, puis nous avons sympathisé avec Pierre en studio... Cette formation a duré de 2006 à 2011. Depuis deux ans, nous sommes tous les trois et c’est un revival de groupe! Mon père était guitariste dans Indochine. Il possédait une discographie incroyable. À 10 ans, j’adorais aussi bien les L7 que Marilyn Manson.

Notre EP a été produit par Liam Watson, avec qui tout est allé droit au but, tout de suite. Que des vieux amplis que tu n’as jamais vu de ta vie. Il a fait un vrai boulot de réalisateur, nous a aider à prendre des directions et nous nous sommes laissés guider avec plaisir. Et nous avons bu beaucoup de thé!

En concert au festival Chorus des Hauts de Seine le 29 mars

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Pendentif

Pendentif-Philippe-Mazzoni


BENOIT LAMBIN

PENDENTIF. C'est quitte ou double, les gens peuvent détester. C'est le nom dela  toute première chanson qu'on a composée, qui avait un un rapport à ce nom masculin porté par les filles... Cela traduisait bien la mixité du groupe. Il y a là une valeur romantique, affective, un pendentif peut être le don de la grand-mère ou de l'amoureux. Et, de plus, c'est un mot très français.

LE FRANÇAIS, justement. Il existe ces figures titulaires, tels Jacques Brel ou Léo Ferré, assortis d'une musique très sérieuse, et plus il y a Serge Gainsbourg, qui arrive aussi bien à faire "La Javanaise" que "L'Ami Caouette". Il a sublimé la pop et, d'après nous, a décomplexé la langue française. Michel Polnareff a lui aussi fait appel à de musiciens anglo-saxons... Je chantais déjà en français avant, et le challenge de Pendentif était à relever. Il y a encore peu de formations pop dans l'hexagone, donc un terrain créatif encore à défricher. Nous sommes aussi influencé par des groupes anglo-saxons très contemporains. Avant de mettre un texte en avant, on cherche avant tout la musicalité. Sur l'album, les mélodies sont venues avant les paroles, qui naissent d'abord en franglais, avant que quelques phrases déterminent l'ADN de tel ou tel morceau. C'est une vraie liberté musicale.

PERSONNALITÉS. Jusqu'ici, nous avons marché à l'instinct. Nous nous sommes aperçus que notre groupe ne pourrait pas toujours creuser le même sillon de la surf pop et de la ligne claire. Les derniers titres en date sont plutôt groovy, portés par la basse. Nos envies conduisent notre musique. Lorsque nous avons assuré les premières parties d'Indochine, on nous a chatouill... Mais nous n'avons rien contre la variété, qui peut très souvent flirter de près avec l'underground. Notre challenge: faire un morceau très populaire, mais de qualité.

L'AMOUR. Certains sont timides avec leurs émotions. Nous, pas du tout ! Nos paroles ne s'encombrent pas de pudeur. Nous aimons dire "je t'aime" en frontal, et la voix ingénue de Cindy est idéale à cet effet. Nous avons des goûts très différents, mais nou nous sommes d'accord sur la séduction, la musique sexy, de Prince à Sébastien Tellier.

MAFIA DOUCE. En allant en répète, en voiture, nous cherchions des termes jouant sur les contrastes, tels Fantaisie Militaire de Bashung… La Mafia Douce, ce sont des gens qui t'entourent: ta famille, tes potes, tes amours, ceux qui te supportent ou à qui tu vas taxer des clopes. Le groupe est très soudé, nous sommes très proches les uns des autres. Avec Mafia Douce, nous avons scellé un pacte.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Tigran

Tigran-Philippe-Mazzoni


SHADOW THEATER. C'est une invitation à s'imaginer son propre univers. Derrière les ombres qui nous entourent se cachent beaucoup d'autres mondes encore inconnus.

Etre Arménien et jouer des mélodies empruntées au patrimoine musical de mon pays me semble naturel, évident. Hormis quelques morceaux de folk arméniens, j'ai écrit et arrangé toutes mes chansons, en sachant qu'elle serait joué par les musiciens que j'avais choisi pour être auprès de moi. Ils ont apporté leur son incroyable, le son qu'il fallait pour faire de ma musique ce qu'elle est devenue. Nous avons travaillé six mois sur les chansons, puis nous avons répété une semaine avant l'enregistrement de l'album... Ce qui est, j'en suis conscient, beaucoup pour un disque estampillé jazz. Mais l'important, c'est savoir ce que c'est la mélodie et jouer ce que l'on aime.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Pitchfork Festival 2013

Jehnny Beth et ses drôles de dames, bêtes de scène, ont animé Savages. L'humble talent de Junip a charmé la Villette entière. Le psyché est vraiment barré chez Connan Mockasin. Après avoir vu les filles de Warpaint, on attend avec impatience leur nouvel album. Que vive le sens de la fête de Disclosure. Yo La Tengo est l'un des meilleurs groupes new-yorkais au monde - on le savait depuis longtemps, mais une nouvelle confirmation a été donnée. Jagwar Ma, la re découverte à chaque fois. En live comme en studio, Nicolas Jaar et Dave Harrington assurent: Dark Side n'a que des bon côtés. Comme à son habitude, Hot Chip est immanquable. Si la Grande Halle de la Villette a toujours du mal à nous convaincre, Pitchfork valait bien un petit détour par la Porte de Pantin...

Pitchfork 2013-1

SAVAGES

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Chvrches

Chvrches-Philippe-Mazzoni

 

LAUREN MAYBERRRY, IAIN COOK et MARTIN DOHERTY

 

IAIN: Chvrches, c’est un travail à trois où chacun apporte ses compétences. Dans notre studio en Ecosse, au sous-sol, nous sommes divinement bien entourés de synthétiseurs et de machines. Il suffit d’un beat, un son, et c'est comme une boule de neige, la mélodie prend forme elle aussi.

LAUREN: La mélancolie prend de la place dans nos morceaux, mais, même si certains peuvent être introspectifs, nous ne voulons surtout pas être trop mielleux. Notre but: rechercher la mélodie tout en veillant à préserver une production agressive. De nos jours, il y a trop de musique bête et joyeuse, et nous, nous ne sommes ni happy face ni dévastés en permanence. La vie est plus nuancée, n'est-ce pas ?

MARTIN: Il y a plus d’intérêt et de profondeur dans les nuances. Notre musique se veut ambitieuse, confiante, et, peut-être, un peu rude sans en avoir l'air.

 


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Geyster

Geyster-Philippe-Mazzoni


GAËL BENYAMIN

GEYSTER. J'ai trouvé le nom "Geyster" grâce à mon ex suédoise. Un mot qui signifie, en gros, "grand-père", et, en le voyant brodé sur une serviette de la salle de bains de la maison où nous vivions, j'ai trouvé que cela sonnait bien. En rentrant à Paris au début des années 2000, alors que je trainais sur un forum de musique, il a fallu me présenter. C'est le premier mot qui m'est venu à l'esprit.

LE PASSÉ. À l'origine, je faisais de la pop électronique, car je ne trouvais pas de musiciens avec qui ça collait vraiment. Accompagné de mon ordinateur, j'ai pris une direction plutôt French Touch, tout en gardant ce format pop qui m'a toujours été cher. Avec Pernilla, à l'époque chanteuse de Geyster, nous avons fait quelques maquettes. Je les ai envoyées à plein de monde - dont Joachim Garraud. Il m'a proposé une co-production. N'ayant pas de structure à l'époque, j'ai monté Somekind Records. Le premier album est sorti chez Virgin, avec un mini tube nommé "Bye Bye Superman." Malgré les 35000 singles vendus, la maison de disques n'a pas suivi, j'ai eu des soucis pour récupérer ma part de production... Bref, je suis reparti de zéro, et ce n'est pas plus mal puisque je me suis concentré sur ce que j'aimais le plus composer.

AUJOURD'HUI. Me voici en solo. J'ai composé Down On Broadway dans mon salon... qui est aussi mon studio! Jusqu'au mastering, tout s'y est fait. Même les pochettes, j'ai toujours voulu m'en occuper. Concernant les paroles, je suis parti quelques jours en Normandie. Je n'envisage pas de faire des albums autrement. Pour être efficace, j'ai besoin d'être seul, de faire tout moi-même. Et c'est comme cela que j'ose plus. 

DOWN ON BROADWAY. Pendant la création de Down On Broadway, je vivais une relation passionnelle et conflictuelle avec ma compagne d'alors. "I Can't Get Through The Night" a été écrite durant une nuit où, enfermé chez moi par mon amie, je me suis échappé pour aller dormir à l'hôtel situé à seulement quelques centaines de mètres…!

L'AVENIR. En terme de musique, je suis incapable de me projeter. Je peux changer d'avis d'une seconde à l'autre. J'aimerais tourner beaucoup plus, avoir de plus en plus de reconnaissance. Car si je vis de la musique, je ne vis pas de ma musique...

LA CALIFORNIE. Sans savoir trop pourquoi, je suis très influencé par l'esprit West Coast. Les avenues larges, le soleil, le paysage ouvert - qu'il soit urbain ou désertique. J'ai vécu à Los Angeles pendant deux ans, sous prétexte d'étudier en école de musique et, en réalité, pour rester plus que trois mois grâce à un visa d'étudiant. La lumière de L.A. me fascine, et sa sombre personnalité me plaît davantage que la sympathique légèreté de San Francisco. En revanche, je déteste tout ce qu'elle a engendré de sirupeux, limité variété. Le son West Coast que j'aime doit rester rock : Steely Dan ou Crosby, Stills & Nash…

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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No Ceremony

No Ceremony-Philippe-Mazzoni 2

JAMES.

La première chanson jamais entendue?

"Wuthering Heights" de Kate Bush. J'étais tout petit, en voiture avec mes parents. J'ai le souvenir d'avoir été frappé par ce son étrange, presque extraterrestre, et être tombé amoureux de cette voix qui volait des couplets au refrain.

La première chanson que vous n'ayez jamais écrite?

Difficile de me souvenir… J'ai commencé à écrire des chansons à l'âge de 16 asd et je n'ai jamais vraiment arrêté depuis - au rythme d'une ou deux par jour… À l'époque, j'étais un très grand fan de Nirvana, Neil Young, Leonard Cohen et des Queens of the Stone Age. Je n'avais pas trop de honte à les imiter sans vergogne!

La première fois que vous avez réalisé que vous étiez musicien?

Même si je chante, je joue du piano et de la guitare tous les jours, je ne me considère pas vraiment comme un musicien. Mais lorsque je jammesans idée derrière la tête, je me sens complètement musicien. Le reste du temps, je pense plutôt être un songwioter ou un producteur... La première fois où j'ai senti que j'en faisais ma vie, c'est lorsque je me suis retrouvé dans un groupe avec d'autres musiciens, à 18 ans.


Votre premier coup de foudre musical?

Kate Bush - encore elle!



Votre premier album?

Il a été écrit, enregistré sur use période de 12 mois dans un moulin abandonné de Manchester… Même si les tournées débutées à la même période nous en éloignaient, nous avons été capable d'écrire des textes dans une chambre d'hôtel ou de mixer des morceaux à l'arrière du tour bus.

Votre première recontre?

Nous nous sommes rencontrés à un concert, à Manchester, nous avons parlé de la musique que nous aimions et à quel point ce serait bien de créer quelque chose d'anticonceptionnel - où la musique prime sur les photos de presse et l'ego de chacun.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Concert Pression Live 2013

C'était le mardi 22 octobre à l'Olympia. Peter Doherty et ses Babyshambles ne sont pas venus, mais la soirée valait le coup d'oreille.

Naive New Beaters

NAIVE NEW BEATERS. "Big Up dans nos coeurs!" fut le credo de la soirée. Merci David Boring et les deux autres membres des Naive, qui ont fait le show comme il se doit.

La Femme-2

LA FEMME. Elle est seule parmi les garçons, et on ne se lasse pas de l'écouter. "Sur la plage, sur le sable, je recherche des sensations": grâce à eux, on les a trouvé ce soir-là.

Alexis  The Brainbow

ALEXIS AND THE BRAINBOW. Heureux comme un roi d'avoir gagné le concours Pression Live, et franchement prometteur. To be continued.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Elephanz

Elephanz-Philippe-Mazzoni

JONATHAN VERLEYSEN

Etre frères dans le même groupe, cela présente des avantages comme des inconvénients... Comment le vivez-vous, vous?

La musique nous a littéralement réunis, Maxime et moi. Nous nous voyions peu avant de commencer à composer ensemble. Un jour, Max a eu envie d'enregistrer un début de chanson chez moi pour et nous avons réalisé le plaisir que nous avions à composer ensemble. Nous n'avons que deux ans d'écart et une histoire commune... ça permet d'être branché sur le même courant. Nous finissons fréquemment les ébauches de l'autre et nous avons suffisamment confiance pour laisser l'autre juger de notre travail. Dans la composition, nous laissons nos égaux de côté, la chanson étant au-dessus de tout. En revanche, être frères exacerbe toutes nos émotions, et nous explosons autant dans nos colères que dans nos joies. C'est aussi un moteur: nous aimons ce groupe aussi parce que nous l'avons créé ensemble.

Elephanz... Hommage aux White Stripes? À David Lynch? À Gus Van Sant? 

Difficile quart d'heure que celui du choix du nom. On a d'ailleurs pas voulu y accorder plus de temps que ça: au début, nous pensions d'abord à une interface pour faire écouter nos chansons qu'un réel groupe de musique. Nantes venait d'acquérir son Elephant mécanique géant, mais je ne sais plus si c'est vraiment cela ou le film de Gus Van Sant qui nous a soufflé l'idée. Nous l'avons écrit et le mot nous a paru assez graphique. Nous l'avons répété plusieurs fois pour écouter le son que ça faisait... On a rajouté le Z après, pour avoir un nom rien qu'à nous. 

"Time For A Change" est le morceau qui vous a fait découvrir du public. Quelle est son histoire?

Nous avons écrit "Time For A Change" un après-midi d'hiver, à Nantes. Nous étions assez moroses, je crois, et nous avions besoin d'écrire quelque chose de gai et d'épique. D'habitude, nous composons toujours la mélodie et la musique d'abord, sur un anglais phonétique qui n'a aucun sens, et le texte définitif vient quelques jours après. Sur cette chanson, la mélodie du refrain est venue en même temps que le texte. C'est peut-être un détail, mais c'est la seule chanson de tout l'album qui n'a jamais eu de brouillon.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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