Pendentif

Pendentif-Philippe-Mazzoni


BENOIT LAMBIN

PENDENTIF. C'est quitte ou double, les gens peuvent détester. C'est le nom dela  toute première chanson qu'on a composée, qui avait un un rapport à ce nom masculin porté par les filles... Cela traduisait bien la mixité du groupe. Il y a là une valeur romantique, affective, un pendentif peut être le don de la grand-mère ou de l'amoureux. Et, de plus, c'est un mot très français.

LE FRANÇAIS, justement. Il existe ces figures titulaires, tels Jacques Brel ou Léo Ferré, assortis d'une musique très sérieuse, et plus il y a Serge Gainsbourg, qui arrive aussi bien à faire "La Javanaise" que "L'Ami Caouette". Il a sublimé la pop et, d'après nous, a décomplexé la langue française. Michel Polnareff a lui aussi fait appel à de musiciens anglo-saxons... Je chantais déjà en français avant, et le challenge de Pendentif était à relever. Il y a encore peu de formations pop dans l'hexagone, donc un terrain créatif encore à défricher. Nous sommes aussi influencé par des groupes anglo-saxons très contemporains. Avant de mettre un texte en avant, on cherche avant tout la musicalité. Sur l'album, les mélodies sont venues avant les paroles, qui naissent d'abord en franglais, avant que quelques phrases déterminent l'ADN de tel ou tel morceau. C'est une vraie liberté musicale.

PERSONNALITÉS. Jusqu'ici, nous avons marché à l'instinct. Nous nous sommes aperçus que notre groupe ne pourrait pas toujours creuser le même sillon de la surf pop et de la ligne claire. Les derniers titres en date sont plutôt groovy, portés par la basse. Nos envies conduisent notre musique. Lorsque nous avons assuré les premières parties d'Indochine, on nous a chatouill... Mais nous n'avons rien contre la variété, qui peut très souvent flirter de près avec l'underground. Notre challenge: faire un morceau très populaire, mais de qualité.

L'AMOUR. Certains sont timides avec leurs émotions. Nous, pas du tout ! Nos paroles ne s'encombrent pas de pudeur. Nous aimons dire "je t'aime" en frontal, et la voix ingénue de Cindy est idéale à cet effet. Nous avons des goûts très différents, mais nou nous sommes d'accord sur la séduction, la musique sexy, de Prince à Sébastien Tellier.

MAFIA DOUCE. En allant en répète, en voiture, nous cherchions des termes jouant sur les contrastes, tels Fantaisie Militaire de Bashung… La Mafia Douce, ce sont des gens qui t'entourent: ta famille, tes potes, tes amours, ceux qui te supportent ou à qui tu vas taxer des clopes. Le groupe est très soudé, nous sommes très proches les uns des autres. Avec Mafia Douce, nous avons scellé un pacte.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Tigran

Tigran-Philippe-Mazzoni


SHADOW THEATER. C'est une invitation à s'imaginer son propre univers. Derrière les ombres qui nous entourent se cachent beaucoup d'autres mondes encore inconnus.

Etre Arménien et jouer des mélodies empruntées au patrimoine musical de mon pays me semble naturel, évident. Hormis quelques morceaux de folk arméniens, j'ai écrit et arrangé toutes mes chansons, en sachant qu'elle serait joué par les musiciens que j'avais choisi pour être auprès de moi. Ils ont apporté leur son incroyable, le son qu'il fallait pour faire de ma musique ce qu'elle est devenue. Nous avons travaillé six mois sur les chansons, puis nous avons répété une semaine avant l'enregistrement de l'album... Ce qui est, j'en suis conscient, beaucoup pour un disque estampillé jazz. Mais l'important, c'est savoir ce que c'est la mélodie et jouer ce que l'on aime.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Pitchfork Festival 2013

Jehnny Beth et ses drôles de dames, bêtes de scène, ont animé Savages. L'humble talent de Junip a charmé la Villette entière. Le psyché est vraiment barré chez Connan Mockasin. Après avoir vu les filles de Warpaint, on attend avec impatience leur nouvel album. Que vive le sens de la fête de Disclosure. Yo La Tengo est l'un des meilleurs groupes new-yorkais au monde - on le savait depuis longtemps, mais une nouvelle confirmation a été donnée. Jagwar Ma, la re découverte à chaque fois. En live comme en studio, Nicolas Jaar et Dave Harrington assurent: Dark Side n'a que des bon côtés. Comme à son habitude, Hot Chip est immanquable. Si la Grande Halle de la Villette a toujours du mal à nous convaincre, Pitchfork valait bien un petit détour par la Porte de Pantin...

Pitchfork 2013-1

SAVAGES

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Chvrches

Chvrches-Philippe-Mazzoni

 

LAUREN MAYBERRRY, IAIN COOK et MARTIN DOHERTY

 

IAIN: Chvrches, c’est un travail à trois où chacun apporte ses compétences. Dans notre studio en Ecosse, au sous-sol, nous sommes divinement bien entourés de synthétiseurs et de machines. Il suffit d’un beat, un son, et c'est comme une boule de neige, la mélodie prend forme elle aussi.

LAUREN: La mélancolie prend de la place dans nos morceaux, mais, même si certains peuvent être introspectifs, nous ne voulons surtout pas être trop mielleux. Notre but: rechercher la mélodie tout en veillant à préserver une production agressive. De nos jours, il y a trop de musique bête et joyeuse, et nous, nous ne sommes ni happy face ni dévastés en permanence. La vie est plus nuancée, n'est-ce pas ?

MARTIN: Il y a plus d’intérêt et de profondeur dans les nuances. Notre musique se veut ambitieuse, confiante, et, peut-être, un peu rude sans en avoir l'air.

 


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Geyster

Geyster-Philippe-Mazzoni


GAËL BENYAMIN

GEYSTER. J'ai trouvé le nom "Geyster" grâce à mon ex suédoise. Un mot qui signifie, en gros, "grand-père", et, en le voyant brodé sur une serviette de la salle de bains de la maison où nous vivions, j'ai trouvé que cela sonnait bien. En rentrant à Paris au début des années 2000, alors que je trainais sur un forum de musique, il a fallu me présenter. C'est le premier mot qui m'est venu à l'esprit.

LE PASSÉ. À l'origine, je faisais de la pop électronique, car je ne trouvais pas de musiciens avec qui ça collait vraiment. Accompagné de mon ordinateur, j'ai pris une direction plutôt French Touch, tout en gardant ce format pop qui m'a toujours été cher. Avec Pernilla, à l'époque chanteuse de Geyster, nous avons fait quelques maquettes. Je les ai envoyées à plein de monde - dont Joachim Garraud. Il m'a proposé une co-production. N'ayant pas de structure à l'époque, j'ai monté Somekind Records. Le premier album est sorti chez Virgin, avec un mini tube nommé "Bye Bye Superman." Malgré les 35000 singles vendus, la maison de disques n'a pas suivi, j'ai eu des soucis pour récupérer ma part de production... Bref, je suis reparti de zéro, et ce n'est pas plus mal puisque je me suis concentré sur ce que j'aimais le plus composer.

AUJOURD'HUI. Me voici en solo. J'ai composé Down On Broadway dans mon salon... qui est aussi mon studio! Jusqu'au mastering, tout s'y est fait. Même les pochettes, j'ai toujours voulu m'en occuper. Concernant les paroles, je suis parti quelques jours en Normandie. Je n'envisage pas de faire des albums autrement. Pour être efficace, j'ai besoin d'être seul, de faire tout moi-même. Et c'est comme cela que j'ose plus. 

DOWN ON BROADWAY. Pendant la création de Down On Broadway, je vivais une relation passionnelle et conflictuelle avec ma compagne d'alors. "I Can't Get Through The Night" a été écrite durant une nuit où, enfermé chez moi par mon amie, je me suis échappé pour aller dormir à l'hôtel situé à seulement quelques centaines de mètres…!

L'AVENIR. En terme de musique, je suis incapable de me projeter. Je peux changer d'avis d'une seconde à l'autre. J'aimerais tourner beaucoup plus, avoir de plus en plus de reconnaissance. Car si je vis de la musique, je ne vis pas de ma musique...

LA CALIFORNIE. Sans savoir trop pourquoi, je suis très influencé par l'esprit West Coast. Les avenues larges, le soleil, le paysage ouvert - qu'il soit urbain ou désertique. J'ai vécu à Los Angeles pendant deux ans, sous prétexte d'étudier en école de musique et, en réalité, pour rester plus que trois mois grâce à un visa d'étudiant. La lumière de L.A. me fascine, et sa sombre personnalité me plaît davantage que la sympathique légèreté de San Francisco. En revanche, je déteste tout ce qu'elle a engendré de sirupeux, limité variété. Le son West Coast que j'aime doit rester rock : Steely Dan ou Crosby, Stills & Nash…

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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No Ceremony

No Ceremony-Philippe-Mazzoni 2

JAMES.

La première chanson jamais entendue?

"Wuthering Heights" de Kate Bush. J'étais tout petit, en voiture avec mes parents. J'ai le souvenir d'avoir été frappé par ce son étrange, presque extraterrestre, et être tombé amoureux de cette voix qui volait des couplets au refrain.

La première chanson que vous n'ayez jamais écrite?

Difficile de me souvenir… J'ai commencé à écrire des chansons à l'âge de 16 asd et je n'ai jamais vraiment arrêté depuis - au rythme d'une ou deux par jour… À l'époque, j'étais un très grand fan de Nirvana, Neil Young, Leonard Cohen et des Queens of the Stone Age. Je n'avais pas trop de honte à les imiter sans vergogne!

La première fois que vous avez réalisé que vous étiez musicien?

Même si je chante, je joue du piano et de la guitare tous les jours, je ne me considère pas vraiment comme un musicien. Mais lorsque je jammesans idée derrière la tête, je me sens complètement musicien. Le reste du temps, je pense plutôt être un songwioter ou un producteur... La première fois où j'ai senti que j'en faisais ma vie, c'est lorsque je me suis retrouvé dans un groupe avec d'autres musiciens, à 18 ans.


Votre premier coup de foudre musical?

Kate Bush - encore elle!



Votre premier album?

Il a été écrit, enregistré sur use période de 12 mois dans un moulin abandonné de Manchester… Même si les tournées débutées à la même période nous en éloignaient, nous avons été capable d'écrire des textes dans une chambre d'hôtel ou de mixer des morceaux à l'arrière du tour bus.

Votre première recontre?

Nous nous sommes rencontrés à un concert, à Manchester, nous avons parlé de la musique que nous aimions et à quel point ce serait bien de créer quelque chose d'anticonceptionnel - où la musique prime sur les photos de presse et l'ego de chacun.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Concert Pression Live 2013

C'était le mardi 22 octobre à l'Olympia. Peter Doherty et ses Babyshambles ne sont pas venus, mais la soirée valait le coup d'oreille.

Naive New Beaters

NAIVE NEW BEATERS. "Big Up dans nos coeurs!" fut le credo de la soirée. Merci David Boring et les deux autres membres des Naive, qui ont fait le show comme il se doit.

La Femme-2

LA FEMME. Elle est seule parmi les garçons, et on ne se lasse pas de l'écouter. "Sur la plage, sur le sable, je recherche des sensations": grâce à eux, on les a trouvé ce soir-là.

Alexis  The Brainbow

ALEXIS AND THE BRAINBOW. Heureux comme un roi d'avoir gagné le concours Pression Live, et franchement prometteur. To be continued.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Elephanz

Elephanz-Philippe-Mazzoni

JONATHAN VERLEYSEN

Etre frères dans le même groupe, cela présente des avantages comme des inconvénients... Comment le vivez-vous, vous?

La musique nous a littéralement réunis, Maxime et moi. Nous nous voyions peu avant de commencer à composer ensemble. Un jour, Max a eu envie d'enregistrer un début de chanson chez moi pour et nous avons réalisé le plaisir que nous avions à composer ensemble. Nous n'avons que deux ans d'écart et une histoire commune... ça permet d'être branché sur le même courant. Nous finissons fréquemment les ébauches de l'autre et nous avons suffisamment confiance pour laisser l'autre juger de notre travail. Dans la composition, nous laissons nos égaux de côté, la chanson étant au-dessus de tout. En revanche, être frères exacerbe toutes nos émotions, et nous explosons autant dans nos colères que dans nos joies. C'est aussi un moteur: nous aimons ce groupe aussi parce que nous l'avons créé ensemble.

Elephanz... Hommage aux White Stripes? À David Lynch? À Gus Van Sant? 

Difficile quart d'heure que celui du choix du nom. On a d'ailleurs pas voulu y accorder plus de temps que ça: au début, nous pensions d'abord à une interface pour faire écouter nos chansons qu'un réel groupe de musique. Nantes venait d'acquérir son Elephant mécanique géant, mais je ne sais plus si c'est vraiment cela ou le film de Gus Van Sant qui nous a soufflé l'idée. Nous l'avons écrit et le mot nous a paru assez graphique. Nous l'avons répété plusieurs fois pour écouter le son que ça faisait... On a rajouté le Z après, pour avoir un nom rien qu'à nous. 

"Time For A Change" est le morceau qui vous a fait découvrir du public. Quelle est son histoire?

Nous avons écrit "Time For A Change" un après-midi d'hiver, à Nantes. Nous étions assez moroses, je crois, et nous avions besoin d'écrire quelque chose de gai et d'épique. D'habitude, nous composons toujours la mélodie et la musique d'abord, sur un anglais phonétique qui n'a aucun sens, et le texte définitif vient quelques jours après. Sur cette chanson, la mélodie du refrain est venue en même temps que le texte. C'est peut-être un détail, mais c'est la seule chanson de tout l'album qui n'a jamais eu de brouillon.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Le Mama Festival 2013

 

Du 16 au 18 octobre, le MAMA a accueilli les professionnels de la musique au pied de Montmartre, pour des conférences et des concerts répartis entre la Boule Noire, la Cigale, le Divan du Monde ou encore les Trois Baudets.

Bandes Sonores s'est faufilé dans un public visiblement ravi de n'écouter et de ne parler que musique pendant trois jours. Vive l'automne parisien! 

Mama 2-1

Emily Jane White ambiance backstage.

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Poliça

Poliça-Philippe-Mazzoni

 

CHANNY LENEAGH

ENFANCE MUSICALE. Je me rappelle avoir vu Prince quand j'avais 8 ans, dans un énorme stade de Minneapolis, où je vis encore aujourd'hui. L'avantage de cette ville, à l'instar de la Suède ou de l'Islande, c'est que les paysages sont magnifiques mais on s'y ennuie vite. On a alors très vite envie d'écouter ou de faire de la musique. La chanson "We Are The World" m'a fait un effet dingue aussi. J'aime bien aussi les rappeuses comme Mary J Blige.

SHUMALITH. Avant tout, il y a le rythme, aussi naturel que fort. Il y a aussi beaucoup de sincérité, et, comme une espèce de rançon de cette honnêteté, une certaine part de brutalité... Chanter me rend forte et heureuse, et j'espère lutter, à ma manière, contre l'agressivité et l'égoïsme ambiant. Etre une femme, c'est beau mais cela peut être d'une violence inouie.

SHULAMITH FIRESTONE. Je n’avais pas titre pour l'album. Mon frère m’avait soufflé de tourner autour de la dialectique du sexe et, quelques jours plus tard, j'ai appris la mort de Shulamith Firestone. Quand on est artiste, on croit énormément aux signes du destin, aux enchaînements temporels... Elle avait tellement de choses à dire, j'ai voulu prolonger son discours, donner envie d'en savoir plus sur elle. Les autres membres du groupe ont d'abord pensé à une explication pacifiste puisque "shulamith" est un dérivé de "shalom", qui signifie "paix" en hébreu. Lorsque je leur ai expliqué le fond de ma pensée, ils m'ont immédiatement soutenus. Ces hommes-là sont formidables..

FEMINISME ? L'histoire de Shulamith Firestone est dingue. Son féminime paraissait extrême, et elle a été abandonnée par sa famille très pratiquante. Mais je ne voulais pas m'imposer comme une militante féministe, au contraire, il s'agissait plutôt de lui dédier mon travail. Une femme a toujours énormement à donner... C'est logique, nous sommes moins fragiles que les hommes.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Saint Michel

Saint Michel-Philippe-Mazzoni


PHILIPPE THUILLIER ET EMILE LARROCHE 

DEBUTS.

Nous nous sommes rencontrés par Milestone fondé par Philippe, il y a quelques années. Le groupe a périclité, du coup nous nous sommes retrouvés tous les deux à faire de la musique dans la chambre de Philippe… juste pour faire de la musique. Et finalement, après quelques morceaux, nous avons décidé que ça pouvait faire un disque digne de ce nom.

SAINT-MICHEL.

Nous voulions un nom de groupe qui sonnerait français pour des gens étrangers. Vu que nous chantons en anglais, nous aimerions bien jouer au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, et nous avions envie de nous présenter comme français au reste du monde. Et plein d'autres petites raisons : les galettes, l’histoire de Saint Michel et du dragon, la station RER du Quartier Latin, la chanson des Beatles, le mont Saint Michel...

LE TON.

Milestone était plus atmosphérique, plus posé. Nous en avons pris le contre pied en faisant quelque chose de très punchy, plus dansant… Sensible et nostalgique, tout de même! C'est l'alliance des boîtes à rythmes et des guitares aériennes. Nous qualifions nous-mêmes notre musique d’électro-sentimentale. Bref, quelque chose de festif, mais aussi de très pop et de touchant.

VERSAILLES.

Tout le projet se passe à Versailles. Nous l'assumons, mais c’est à double tranchant, les gens nous définissent en parlant de Versailles, en nous traitant d’énième rejeton de la French Touch, que c’est toujours la même chose. Mais nous nous sentons portés par une énergie créatrice. C’est une ville très classique, on peut s’y ennuyer mais il y a aussi des belles choses à faire. Nous vivons dans un décor historique, et notre musique est forcément, elle aussi, sensible au passé.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Golden Suits

Golden Suit-Philippe-Mazzoni

FRED NICOLAUS

POURQUOI LE SOLO? 

En 2010, je suis parti à Berlin avec mon père. C'est là que nous avons appris que mes grands-parents avaient fait partie de la résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale. Mon grand-père s'est retrouvé en prison puis enrôlé de force dans l'armée avant de mourir sur le front russe. C'était un homme courageux, au même titre que ma grand-mère, qui a élevé seule mon père dans l'Allemagne de l'après-guerre. J'ai alors réalisé que la peur que j'avais de me lancer en solo - d'affronter les critiques et de jouer sans Department Of Eagles - était idiote en comparaison.

GOLDEN SUITS. 

Le titre vient de la derrière phrase d'une nouvelle de John Cheever, The Country Husband. C'est l'histoire d'un home qui survit à un crash d'avion et retourne chez lui affronter sa crise de la quarantaine. À la fin, il est assis dans son jardin, en banlieue, songeant à sa vie, pendant "an evening when kings in golden suits ride elephants over the mountains." (un soir où les rois en costumes d'or montent les éléphants dans les montagnes.") C'est une image aussi absurde que surréaliste, et elle résume parfaitement cet instant. Depuis que j'ai lu ce texte, j'essaye d'écrire des chansons qui s'en rapprochent du point de vue stylistique.

JOHN CHEEVER.

J'aime les histoires de John Cheever depuis mes 20 ans. Non seulement elles influences mes chansons, mais aussi les décisions importantes que j'ai pris tout au long de ma vie. L'ombre de cet écrivain plane sur ma musique, c'est indéniable - comme dans "Swimming in '99," où je m'inspire directement d'un de ses écrits. 

UNE MUSIQUE THÉRAPEUTIQUE? 

Un peu. Cela fait du bien de chanter à propos des épreuves que l'on vient de traverser. Même si cela ne résoud pas tout, cela aide à remettre les choses en perspective...


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Yuck

Yuck-1a

 

MAX BLOOM.

Créer quelque chose de concis, d'efficace, que l'auditeur puisse écouter de la première à la dernière chanson, sans que rien ne lui semble raté.

Ne pas se souvenir des mauvais moments, de départs et des adieux.

Faire la musique qui nous plaît, certes, mais aussi essayer d'agir le plus instinctivement possible, sans se faire dévorer par nos ambitions. 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Parlez-vous Anglais

Pva-1

 

FRANZ MATTHEWS

PARLEZ-VOUS ANGLAIS? À l'époque cela me faisait simplement marrer qu'un projet s'appelle "Parlez-vous anglais ?", à même se demander si il s'agissait d'un groupe. Et puis je trouvais ça assez original, compréhensible par des non-francophones et ça reflétait le fait que je veuille chanter principalement en anglais, avec une cette pointe de "french touch". Le souci aujourd'hui, c'est que je dois sans cesse le justifier... Et même les instituts de langue se mettent à nous suivre sur Twitter!

GENÈSE. Nous enregistrions l'EP "Sunglasses & Shirts" (2011), le projet commençait à faire parler un peu de lui et un tremplin nous a sélectionné pour jouer au Printemps de Bourges. A l'époque en live, le batteur était un iPad. J'ai donc vite cherché à monter un vrai groupe autour du projet, et c'est là que j'ai rencontré Franz Jules (batterie). Nous avons donc monté le live en trois semaines et sept répétitions. Au final c'était notre premier vrai concert en groupe - et loin d'être le meilleur concert, mais on appelle ça de l'expérience ! Notre ex-guitariste étant parti vivre a Londres, Franz Hamz est arrivé un peu plus tard dans le projet...via une petite annonce après avoir vu pas mal de monde, et ça a collé direct. Il n'y connaissait rien à la musique électronique et a donc été séduit par le projet. De notre côté, nous avons pensé que ce n'était pas plus mal qu'il soit étranger à ce monde et qu'il vienne apporter sa patte soul au groupe qui devait, d'après nous, avoir une vraie dimension live.

PREMIER EP. Nous nous sommes posés aux Studios de la Seine (où Jules travaille) avec des vieux synthés, guitares etc. et nous avons créé, trituré, cherché et façonné une dizaine de titres. Ils ont été composés de manière électronique dans un premier temps, avec des beats et des samples. J'ai travaillé sur les paroles plus tard, de manière plus personnelle. Une fois les demos prêtes, nous avons troqué les productions de fausses batteries avec une vraie session de batterie enregistrée sur magnéto à bandes pour retrouver un son plus live, plus rock et plus orienté 70's afin de coller à notre concept de "groupe de rock qui joue de la musique électronique". Hamz est aussi venu nous prêter main forte en enregistrant des nouvelles prises de guitares et basse, car il joue bien mieux que moi !

POP SONG RÊVÉE. Une machine à café (je pense à notre titre "Sandman's Got a Bad Provider"), une mélodie simple et sophistiquée à la fois, de beaux changement harmoniques dans la structure, un travail particulier sur le son, quelques petits hooks à la guitare ou au synthé, une ligne de basse groovy, et... beaucoup de travail sur les petites finitions qui font qu'on ne s'embête jamais tout au long du morceau.

 

 

 

 Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Piers Faccini

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BEETWEEN DOGS & WOLVES.
C’est une collection de chansons crépusculaires, de ces moments tendres, qui glissent entre nos doigts, puis que l’on perd et que l’on recherche.. L'album raconte cette intimité et cette quête, avec la lumière douce et dorée du soleil qui se couche.
Les premiers échos sont positifs, et cela me remplit de joie. Evoquant l'ambiguité de l'amour, le discours de Beetween Dogs & Wolves est celui de quelqu'un qui raconterait une histoire en chuchotant : il y a toujours un risque que l’on ne l’entende pas. Mais ceux qui prêtent l’oreille comprennent…

SOLO / SOLITUDE.
Depuis mon départ de Londres il y a six ans, j’adore travailler tout seul. J’habite avec ma famille dans les Cévennes, dans la campagne… J’ai un petit studio dans la garrigue, où j’écris et j’enregistre. C’est un véritable confort. Et un mode de vie qui ne convient pas à tout le monde – il faut avoir le désir de se retirer de la ville. Moi, cela me va car je suis un solitaire, et après de longues années passées au centre de Londres, j’aime ce grand écart avec les montages des Cévennes.

LA VIE QUOTIDIENNE.
J’adore écrire mes chansons dans un contexte familial. J’entends les histoires de mes deux enfants qui vont à l'école du village, je leur fais à manger - et cela nourrit aussi ma musique! Pour écrire, il ne faut pas trop mettre de conditions en place pour être opérationnel, sinon on trouve toujours des excuses à ne pas travailler, à ne pas saisir l’inspiration. C’est un challenge d’écrire avec de la vie qui bouillonne autour de soi, donc, forcément, un bon exercice.



Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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