Dum Dum Girls

Dum-dum-Girls-Philippe-Mazzoni

 

DEE DEE.

Si jétais...

Un animal : un chat noir.

Une fleur : une rose.

Un livre : Journal de l'Amour d'Anaïs Nin.

Un disque : Horses de Patti Smith.

Une figure historique : Jeanne d’Arc.

Un personnage politique : Angela Davis.

Un vêtement : ce manteau noir en fourrure que je ne quitte presque jamais.

Un objet : un nuage.

Une couleur : le noir, bien sûr !

Une ville : San Francisco.

Une saison : l’automne.

Un pays : l’Amérique.

Un sentiment : la solitude.

Une invention technique : l’avion.

Une boisson : le whisky.

Une sucrerie : le pain au chocolat.

Une divinité mythologique : Vénus !

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Damien Jurado

Damien Jurado-Philippe-Mazzoni-1

 

BROTHERS AND SISTERS OF THE ETERNAL SON. Oui, c'est un album religieux. Pour l'aspect spirituel dont j'ai voulu habiller la musique, et pour le rôle qu'il a joué auprès de moi. Ma carrière a eu quelques hauts, mais pas très hauts, et beaucoup de bas... très bas. Des amours, des ruptures, des frustrations de ne pas réussir à me faire reconnaître comme je le souhaitais... Les autres musiciens de Seattle avaient droit à leur petit buzz, mais moi pas. Je ne comprenais pas, et je suis passé par des crises d’adolescence, et l'homme que je suis devenu se trouve dans cet album. Il y a du rock, du folk, personne ne peut trop me classer quelque part, et tant mieux. Cela me convient parfaitement d’être libre. La famille, c’est ce qu’il y a de plus important. Il ne faut pas tout sacrifier à son art. Sans amour, je serais mort. La vie, c’est le paradis sur terre. On rencontre des gens, on les aime. Même si on les perd et qu'on souffre, c’est comparable à nulle autre expérience. 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Jay-Jay Johanson

Jay jay Johanson-Philippe-Mazzoni

 

Je vis dans la banlieue de Stockholm, j’y suis très heureux, c’est formidable d’y créer de l’art, mais c’est terriblement ennuyeux. Dans le reste de l’Europe, les gens se battent, ils s’énervent pour un rien, ils sont de mauvaise foi. Alors qu’en Suède, on est incapable de s’engueuler, on restera très calmes, désespérement polis, on ne se battra pas pour une idée. Pendant la Seconde Guerre, ce n’est pas pour rien si on n’a pas choisi le moindre camp... Moi, j’aimerais que les Suédois exagèrent, qu'ils se situent dans le génial ou le merdique, pas le sympa. Trop médiocre.

J’ai un garçon de 6 ans à la maison qui déteste ma musique. Lui, il aime Daft Punk et Kiss. Je le comprends, j’aurais fait pareil à son âge et j’aurais trouvé ma musique à dormir debout. Et lorsqu’il m’a demandé de remettre plusieurs fois d’affilée la chanson "Dry Bones", je me suis senti le roi du monde!

Pour ma part, mon père avait des disques de negro spiritual et de vieux jazz. Il y avait quelque chose de monotone là-dedans, assez hypnotisant… Cela m’a beaucoup influencé pour Cockroach. J’avais aussi envie de revenir au pouvoir abrupt des rythmiques. C’est avec le titre "Coincidence" et ses percusssions que l’album est né - album, qui contrairement à ce que beaucoup pensent, s’inscrit selon moi dans la lignée de mes précédents travaux. Le style de mes textes, la tonalité de ma voix restent peu ou prou les mêmes depuis que je me suis éloigné de mes expérimentations trip-hop. Je vois Whisky, Tatoo et Poison comme une trilogie puisant dans l’obscurité, puis la seconde trilogie, The Long Term Physical Effects Are Not Yet Known, Self Portrait et Spellbound. Ais-je commencé une nouvelle trilogie avec Cockroach?

Il y a cependant un changement de taille : pour la première fois en plus de dix ans, je reviens aux synthétiseurs, ce que je m’étais juré de ne jamais faire! Pire encore, j’utilise un didgeridoo. Ce que tout le monde déteste, moi le premier!

Le didgeridoo, c’est un peu comme les cafards, tout le monde le déteste. Ces pauvres insectes, tout le monde veut les écraser. C’est pour cette raison que j’ai choisi d’appeler mon album Cockroach, car j’avais envie de faire quelque chose de positif, de beau autour de ce mot, quelque chose lié à l’amour qu’ils pourraient susciter. Rien n’est impossible, non?

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

 

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Samantha Crain

Samantha Crain-Philippe-Mazzoni-1

 

KID FACE. Mon album s’appelle ainsi car j’ai un visage assez juvénile. Mais n'y voyez pas de gloire à l'enfance ici, je ne pense pas qu’il existe de parfaite - et personne n’en a connu autour de moi, d’ailleurs. Mais j’ai aimé la mienne. Nous étions très libres, nous jouions dans les champs, nous construisions des châteaux. Nous nous blessions, nous rentrions tout sales à la maison... Ce genre d’éducation permet de devenir un adulte indépendant.
Et je viens de l’Oklahoma, où il y a beaucoup de grands espaces. Mes racines se ressentent dans ma musique, particulièrement dans cet album. Car on y retrouve la même sensation d'espace, le même souffle dans mes arrangements…

 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Ambrosia Parsley

Ambrosia Parsley-Philippe-Mazzoni

 

WEEPING CHERRY. Le solo, j'y pensais depuis longtemps. Je travaille avec des musiciens que je connais depuis Shivaree. Nous avons fait notre vie, fait des enfants, mais je n'ai jamais arrêté de chanter, de penser à des morceaux. Ils font partie de ma famille, mais tout le monde était d'accord pour dire que le moment de Shivaree était passé. Qu'il fallait passer à autre chose. Evidemment, j'ai eu peur, car je suis timide, mais on m'a poussé à assumer.


Je voulais juste faire quelque chose de beau. Y laisser des morceaux de moi. Avec Benjamin Biolay, nous avons aussitôt noué une relation fraternelle, tout s'est fait dans la douceur et le respect. Nous avons enregistré une chanson sur ceux que j'aime. Notamment mon batteur, George, qui est mort, cela a été terrible quand c'est arrivé. Lorsque j'en parle aujourd'hui, j'ai du mal à ne pas pleurer. Joan & The Police Woman joue aussi sur plusieurs titres. On se connait depuis longtemps. Elle possède une une voix incroyable. C'est une lumineuse. Elle est très forte.

La naissance, la mort, la rédemption... Comme des fleurs roses, c'est triste mais c'est beau. Je vis dans la campagne près de New York et je regarde la nature tous les jours. Je m'assois dans mon patio, avec ma guitare (dont je joue terriblement mal!), et j'observe les jolies choses aux alentours. Une précieuse inspiration.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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The Van Jets

The Van Jets-Philippe-Mazzoni

JOHANNES VERSCHAEVE 

HALO. Le but de cet album? M'amuser comme un gosse, avec des synthés hyper kitschs et des guitares bizarres. Je voulais qu'il y ait beaucoup de chant, un peu comme dans un gospel. La musique doit être folle, doit donner envie de danser, immédiatement! Papillon (The Subs) nous a produit, Tchad Blake (The Black Keys, Elvis Costello) s'est chargé du mixage et Philippe Zdar nous a accueilli pour l'enregistrement. L'esprit de Montmartre s'est infiltré dans notre son, avec son côté baroque et lumineux... Sans perdre l'aspect ludique, primordial à nos yeux.

LE MEILLEUR. Un soir, lorsque nous étions en studio à Paris, nous avons terminé assez tard une chanson, "If I was your man". Juste après, Papillon est parti faire le DJ au Social Club, et, pour la tester, l'a passé au public. Nous l'avions suivi. Du coup, j'ai sauté par dessus la console du DJ et je l'ai chanté à la foule, ambiance soundsystem. Je pense qu'une chanson n'a jamais été testée aussi rapidement sur le public... Dingue! 

LE PIRE. Ce concert en Hollande, l'année dernière. Quelque chose s'est passé devant le club, à l'extérieur, et tout le monde s'est barré. Nous, nous devions continuer à jouer. Absurde : pas de public, pas de plaisir.

THE VAN JETS. Le groupe, c'est une brochette de potes qui ne savaient pas vraiment jouer mais qui ont appris sur le tas, ensemble. Mon frère est à la batterie, Fed est un ami du lycée, j'ai rencontré Wold dans un club où il jouait avec son propre groupe, Waldorf. J'ai tout de suite flashé sur son jeu de guitare et son charisme.

INFLUENCES. Je ne les absorbe jamais telles qu'elles sont vraiment. Je les prends et les réinvente à ma sauce. L'atmosphère compte beaucoup pour moi : je pense à mes héros comme Bowie ou Grace Jones, dont je ne pourrais jamais copier la moindre mélodie, mais dont j'adore l'atttitude. Il y a Iggy Pop, aussi, son côté enfant sauvage, la manière dont il chope le micro.
 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Yann Destal

Yann-Destal-Philippe-Mazzoni

 

PREMIERS PAS LIVE EN SOLO. Mon premier concert en solo, il me semble que c'était à Paris au... Tryptique! Aujourd'hui rebaptisé le Social Club. Excellent souvenir, grand challenge pour moi, car j'avais ré-arrangé les chansons pour être interprétées avec, pour m'accompagner, uniquement un violoncelle. Je me rappelle avoir ce soir-là partagé l'affiche avec Ayo, et Sia (chanteuse de Zero 7) avec qui j'ai retravaillé par la suite. C'était il y a un peu moins de dix ans - ce qui n'est pas peu. Mais en tout cas, un concert dont je suis sorti heureux. 

LET ME BE MINE. Suite au succès trop mitigé de mon premier album (The Great Blue Scar, ndlr), et certaines divergences musicales, je me suis séparé de ma maison de disques. Plusieurs années déjà se sont écoulées, durant lesquelles j'enregistrais de nouveaux morceaux. Retrouvant ma liberté, j'ai continué à enregistrer, en me disant: "si ça plaît à quelqu'un dans le milieu professionnel, tant mieux. Sinon, je continue, de toute façon." Ma patience a été mise à l'épreuve, jusqu'au jour où ces personnes que j'attendais sont apparues. Alors il ne me restait plus qu'à choisir parmi les nombreuses chansons enregistrées pour faire Let Me Be Mine

EXIGEANCE POP. Lorsque je travaille sur un morceau, c'est une masse de boulot artisanal dont personne ne se doute - et c'est tant mieux, car ce n'est pas le propos - avec en moyenne un millier de clics de souris par seconde de musique! Oui, peut-être que ma musique est exigeante dans le sens où ce qu'elle raconte ne peut être vraiment compris en mode "musique d'ambiance." Il faut l'écouter comme quelqu'un qui nous adresse la parole. Ses émotions sortent ddes thématiques contemporaines habituelles, à savoir la fête mondaine, l'émancipation transgressive de masse, les états d'âmes dans le cadre de l'amourette, etc. Je ne crache pas dessus, tout cela peut donner d'excellentes chansons, depuis notamment les Beatles.

SPIRITUALITÉ. Ce que je fais incite l'auditeur à prendre le risque de nager plus au large, pour explorer ce que signifie l'absolu. Je ne dis pas que j'y arrive. D'ailleurs, ça n'est pas à moi de le dire. Mais j'essaye de parler de Dieu - ou appelez cela comme vous voulez, le monde au dessus, au delà du nôtre -, des tournants ultimes dans la vie, ou d'une critique du projet de notre société... J'espère juste que ceux qui acceptent le voyage que je propose en reviennent heureux. Ou n'en reviennent pas du tout, tiens!

MÉLANCOLIE CHÉRIE. Pour moi la mélancolie est une joie dans la tristesse. Cela peut surprendre, mais je crois que mes chansons sont très optimistes. Je ne parle pas de celles qui le sont ouvertement, comme "You look like Heaven" ou "Feel it". Dans cet album, on ne trouvera pas une seule phrase qui mène à l'abattement, au désespoir, la résignation. Cela ne fait pas partie de mon registre. Peu de monde me contredirait sur l'idée que notre époque est difficile. Et pour moi, des chansons qui célèbrent la joie de vivre de manière unilatérale sont à côté de la plaque. C'est un déni de notre réalité. Il est sain de ne pas être satisfait du monde dans lequel nous vivons. Pourtant, il faut être en accord avec son époque, et je pense faire une musique qui s'y inscrit... On aspire à un idéal, mais il est trop dur à trouver, à imaginer selon les critères de bonheur qu'on nous propose. Alors, pour moi, il faut voir les choses en face, et prendre le risque de trouver cet idéal par nous-mêmes. C'est une épreuve douloureuse, qui ne peut aboutir qu'avec un inébranlable optimisme.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Superhumanoids

Superhumanoid-Philippe-Mazzoni

 

CAMERON PARKINS.

La première chanson entendue ? Celle dont je me souviens le plus est chantée par Jimmy Cliff, "I Can See Clearly Now"... Mon père est un grand fan de reggae et la mettait à fond - ce titre figurait aussi sur la bande originale du film Rasta Rocket auquel, du haut de mes 7 ans, j'étais totalement accro!

La première chanson jamais écrite? Tout ce que j'ai écrit au début, c'étaient des morceaux punk. Quand on saisit une guitare pour la première fois, on ne sait pas faire autre chose que de plaquer des accords très simples et faire un maximum de bruit... Assez parfait, quand on y pense. 

Votre premier coup de foudre musical? St. Vincent. Je suis tombé amoureux de sa musique et de sa voix. Elle est à la croisée de tout ce que j'aime. Lorsque je pense à son premier album, je me souviens d'une période précise de ma vie, lorsque je vivais seul à San Francisco, rêvant de tout ce que je pouvais expérimenter en musique.

Votre première rencontre? Nous nous sommes rencontrés grâce à des amis en commun, à Los Angeles. Tous nos amis sont à fond dans le rock et la folk, et nous étions les trois seuls à trouver de l'intérêt à faire de l'électro-pop! 

Votre premier album? Exhibitionists est né après un été très intense d'écriture, de conversations et d'expérimentations. Nous nous levions, prenions le petit déjeuner, et nous enchaînions sur 8 heures de studio... Le soir, nous réécoutions tout. Et le lendemain, tout recommençait. De la rigueur et du perfectionnisme!

 

 Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Au Revoir Simone

Au revoir simone-Philippe-Mazzoni-2

HEATHER

GENÈSE. J'ai rencontré Erika dans un bar; c'était la petite copine d'un de mes amis et il voulait me la présenter. Je n'oublierai jamais ce moment où elle a traversé la pièce vers nous - elle avait cette allure de it-girl qui m'a donné envie de la connaître davantage. Elle m'a invitée à venir jouer de la musique chez elle avec Annie, que je n'avais jamais vue auparavant... Je me souviens avoir pensé qu'Annie était l'une des personnes les authentiques et gentilles au monde. À cet instant précis, j'ai su que je voulais passer plus de temps avec ces deux filles-là. Ensemble, nous réussissons à rester nous trouver chacune.

MOVE IN SPECTRUMS. C'était faire un autre album très porté sur les claviers sans pour autant sonner comme ses trois prédécesseurs. Les thèmes sont ceux qui m'intéressent le plus: grandir, être amoureux, observer les choix des autres à prendre un chemin plutôt qu'un autre. Le son est plus minimal, clair, les rythmiques plus relevées. De Madonna à Santigold, nous avons écouté beaucoup de choses dansantes...  

MEILLEUR SOUVENIR. Jouer aver AIR à Paris. Apprendre à jouer leurs chansons et leur enseigner les nôtres, c'était un rêve devenir réalité. Je suis une énorme fan de ce groupe depuis l'adolescence.

PIRE SOUVENIR. De très mauvais concerts, comme cela peut arriver en dix ans de groupe... Cependant, j'ai réalisé au fil des années que ce je considérais comme une mauvaise performance n'était pas forcément reçu en tant que tel par le public. Et ça remet les choses en perspective. Sur scène, il m'est aussi arrivé de pleurer - mais je n'en suis pas très fière!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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John & The Volta

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JONATHAN DUCASSE

Premier coup de foudre musical?

Je me souviens d'un de mes premiers jours de collège, lors d'un trajet en bus. Un ado a passé au chauffeur la cassette de Smash - The Offspring. J'ai eu l'impression que le son me happait entièrement. C'était dingue. Jusque là, je n'avais entendu que la variété française écoutée par ma mère.

Première chanson jamais écrite?

Au collège également. Je devais avoir ma guitare depuis quelques jours.. Un ami avait écrit des paroles et je me chargeais de la musique. Je ne savais absolument pas ce que je faisais. Je l'avais enregistré en bidouillant sur je ne sais plus quel vieux poste de mon père.

Première rencontre avec les autres membres du groupe?

Laurent et moi nous connaissons depuis toujours, nous étions dans deux écoles primaires, simplement séparés par un grillage. C'était un peu la guerre des deux clans à la récré. J'ai rencontré Robin à un concert, nous jouions tous les deux ce soir-là. J'étais tout seul avec "Volta" et lui dans un autre groupe. Alban est le dernier arrivé, il jouait déjà avec Robin, qui pensait que le courant passerait bien et il avait raison. C'est lui qu il l'a contacté quand nous avons eu besoin d'un batteur....

Premier concert ?

Dans une cave de Bordeaux, nous avons invité tous les gens que nous connaissions. C'était plein et limite dangereux!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Dissonant Nation

Dissonant-Nation-Philippe-Mazzoni

 

LUCAS.

CHANTER EN FRANÇAIS. Le français est venu grâce à la musique électronique. "Barbie et Ken sous ecstasy," je l'avais calé sur un beat électronique… Nous l'avons testé sur scène, et ça a fonctionné. Nous arrivons à le faire sonner à l'anglaise tout en chantant dans notre langue. C'est pour cela que nous avons enregistré à Londres, avec Richard Woodcraft.

DISSONANT NATION. Notre nom fait référence à l'album de Sonic Youth, Daydream Nation, l'un des meilleurs albums du rock alternatif. Le côté dissonant, pour notre volonté d'être borderline. Dès le premier concert, dans la cour du lycée, en 2008, nous n'étions pas accordés, ni assortis, mais une énergie nous rassemblait.Si nous avons choisi ce nom, c'est parce que nous savons que nous ne plairons pas à tout le monde, car c'est du rock alternatif, avec pas mal de titres chantés en français.

PREMIER ALBUM. Richard travaillant debout, tout est allé très vite. Nous avons enregistré 14 titres en deux semaines! Nous maîtrisons les rouages techniques du studio. J'ai la chance d'avoir grandi dans une famille de musiciens, j'ai toujours connu les loges, les régies... Le reste du groupe aussi y est familier. Nous venons du sud, d'Aubagne, qui est la ville de Marcel Pagnol. Rock'n'roll non? 

PLEINS D'AVENIR. Tout est passé à une vitesse inouïe, on a réussi à enregistrer un premier album avec une maison de disques parisienne. C'est une première étape passée, mais on ne peut pas se reposer sur nos lauriers. Notre désir, c'est de laisser une trace, qui peut perdurer malgré les années, de tous les concerts donnés jusqu'à présent.  Nous faisons appel à nos influences rock sixties, glam, punk et le grunge… Nous essayons de se frotter à tous ces styles et d'en créer notre propre melting-pot. Il faut venir nous découvrir sur scène!



Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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De La Jolie Musique

De la Jolie MusiquePhilippe-Mazzoni-1

 

ERWANN CORRÉ

 
DE LA JOLIE MUSIQUE. C'est vrai, c'est un nom qui sent le Arnaud Desplechin à plein nez. Mais il est à prendre sous toutes ses formes: poétiques, moqueuses, grandiloquentes... C'est aussi la musique pour la musique. La ramener à sa forme initiale, l'idée que l'on s'en fait - belle et jolie. Sébastien Tellier annonçait souvent sur scène qu'il allait jouer "de la belle musique" avec un air moqueur pour prévenir son audience que le morceau qui suivrait ne les choquerait pas. Pour ma part, je joue sur l'idée que la musique doit être systématiquement jolie et facile à écouter. Ce qui n'est évidemment pas vrai, la musique peut être une expérience difficile et heureusement!

DU PERSONNEL AU COLLECTIF. J'ai toujours eu ce rêve de faire de la pop en français, de qualité, c'est un projet qui date, il a sûrement toujours été la... C'est une vie. La base était de trouver un style, un principe de composition qui fonctionne, pouvoir faire les morceaux que je n'entendais pas ou plus. Prendre le temps de mélanger toutes mes influences, Ennio Morricone, Brian Eno, Robert Wyatt, de les digérer et de trouver une manière de les faire vivre à l'intérieur d'un format chanson. Il y avait aussi l'envie d'un projet participatif sans logique de structure, sans que les choses soient figées: le nombre de musiciens, les vidéastes, les graphistes, bref, chaque personne ayant produit quelque chose au sein du groupe est un membre de De La Jolie Musique. Je ne suis pas extérieur à l'animal, mais ce n'est pas non plus "Erwann Corré présente."

MÉMOIRE TROPICALE. La construction d'un univers demande de l'exigence, que ce soit en cinéma, en dessin ou sous n'importe quelle forme, elle apporte de la cohérence, de la fluidité... Mais Mémoire Tropicale est d'une simplicité absolue.
 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Chassol

Chassol-Philippe-Mazzoni

CHRISTOPHE-THOMAS CHASSOL

DE LA FORMULE  (Des haïkus?)

Dédramatiser la musique classique, que l'harmonie plaise.

Je m’habitue à mes erreurs, cela permet de ne pas me tromper.

Parvenir à sentir le bonheur, enfant, les samedis après-midi.

Etre moins radical en terme de musique, s'ouvrir à la pop, cultiver des valeurs de tolérance.

Il faut apprendre des choses par coeur.

Plutôt que de voir plusieurs films, n'en visionner qu'un, 400 fois.

Ces mecs de l’art contemporain qui parlent de John Cage mais qui ne l’écoutent pas vraiment.

Tout peut être beau, mais pas de façon naïve.

J’aime donner des clés aux gens, qu’ils sachent ce qui se passe à l’intérieur de la musique.

Les dissonances, ce sont mes madeleines à moi.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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ALB

AlbPhilippe-Mazzoni

 

CLÉMENT DAQUIN

Pourquoi et comment ce premier (deuxième) album "assumé" en solo, si l'on peut dire?
 
Mon premier album Mange-Disque, était l’album de toutes les découvertes. Travailler avec des musiciens, tâtonner avec les machines, enregistrer soi-même ses morceaux, construire un projet un peu fou depuis une petite cave... J’avais l’ambition d’écrire de la musique mais je n’avais jamais chanté, au début ça ne me venait même pas à l'esprit!

J’ai donc construit cet album avec un ancien ami de lycée Alio au chant, et Nicolas, futur bassiste des Bewitched Hands. Le problème, c’est que j’avais une idée tellement précise - justifiée ou non-  de là ou je voulais aller que je ne leur laissais que peu de place pour s’exprimer. Plus ça avançait, plus je me mêlais des textes, plus je voulais les interpréter puisque c’était les miens. Ils en devenaient presque "mes" musiciens, et je pense qu’ils n’avaient pas signé pour ça à l'origine. Le départ de Nico pour les Bewitched naissants m’a finalement permis de tout refondre et de repartir à zéro sur des bases claires. Puis il a fallu apprendre a chanter, à l’assumer, j’avais envie de piano pour la deuxième moitié de l’album donc j’ai commencé le piano, etc, etc. Cela a pris un peu de temps, mais j’y suis arrivé.
 

Votre première collaboration musicale ?
 
Je pense que toute première collaboration musicale est marquante, dès lors qu’on construit quelque chose... C’est assez magique. Mes premieres "partouzes musicales" avec KIM, pour le citer, restent un évènement important. Je l’ai accompagné sur de nombreuses dates entre 2009 et 2010, avec mon batteur Thomas. Kim vient du rock, il a une longue experience de la scène. Avec lui, la musique se fait sur le vif, peu importe si on a déja répété ce morceau avant ou pas ou que la guitare soit accordée ou non. Cela donne des concerts de 45mn qui finalement durent 2H30, avec une énergie folle. J’en redemande.
 
Le premier concert en solitaire?
 
C’était a la Cartonnerie, a Reims, début 2009. Un vrai challenge, je devais me prouver quelque chose. De cette tentative découle l'ossature ma formule live actuelle, c’était plutôt formateur. 

Le premier morceau travaillé pour cet  album à venir?
 
"Hypoballad", qui ouvre l’album. L’ordre des titres est quasiment chronologique, il raconte une histoire, il évolue par la musique, les sons, les mots. La fin était prévue depuis un moment, mais c’était important que je suive une temporalité pour créer un fil conducteur - que cet album grandisse en même temps que moi.
 

La première fois que vous avez pensé: "la musique, et rien d'autre?"
 
Je pense que je me suis dit ça assez vite, dès que j’ai touché ma première guitare - assez tard - dans ma chambre d’internat. Je suis passé de rien à une boulimie incontrôlable.

Mais le vrai virage s’est produit en 2006, en quittant mon job de designer a Paris pour me consacrer uniquement a la musique. J’avais plusieurs projets en route, dont ALB et Klanguage - mon premier groupe avec Yuksek. Alors qu’après deux ans je demandais a mon boss de réduire encore mon temps de travail pour consacrer plus de temps à la musique, il m’a mis au chômage en m’offrant le gros ordinateur sur lequel je faisais les images 3D. Et avec lequel j’ai pu enregistrer mon premier album! C’est lui qui m’a mis le pied a l’étrier, je ne sais pas si j’aurais passé le cap aussi brutalement tout seul. Je lui en serais éternellement reconnaissant. Ce n’est pas une anecdote très passionnante, mais je n’ai jamais eu l’occasion de le remercier... c’est chose faite.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Toybloid

Toybloid-Philippe-Mazzoni

Madeleine, 25 ans : Toybloid, c'est du gros son qui prend soin des mélodies... Et sur scène, on aime sonner comme si nous étions le double de ce que nous sommes! A titre personnel, je ne suis pas passée par d’autres étapes que le rock, je me suis mise à la guitare pour imiter mon grand frère, avant de passer à la basse pour les besoins du groupe. Notre premier concert, c'était une semaine avant le bac français. Notre nom, c'est une dérive de tabloïd, nous l'avons gardé même s'il sort de nulle part, et quand on le tape sur Google, c'est forcément nous! 

Pierre, 35 ans : Musicalement, devenir un trio cela change tout car il a fallu repenser notre son en fonction d’une seule guitare: plus brut, moins pop. Etant plus âgé que les filles, j’ai commencé à écouter de la massique dans les années 90, j’ai grandi avec le métal que beaucoup de gens écoutaient à l’époque. J’ai eu des nombreux groupes avant, je chantais, je jouais de la guitare, des claviers… Puis j’ai tout lâché à 26 ans pour ne me consacrer qu’à la batterie. D’habitude, ce rôle est un peu oublié dans les processus des chansons d’un groupe, mais ce n’est pas le cas ici.

Lou, 23 ans : Madeleine et notre ancienne guitariste avaient envie de monter un groupe de rock, je les ai rejoins, puis nous avons sympathisé avec Pierre en studio... Cette formation a duré de 2006 à 2011. Depuis deux ans, nous sommes tous les trois et c’est un revival de groupe! Mon père était guitariste dans Indochine. Il possédait une discographie incroyable. À 10 ans, j’adorais aussi bien les L7 que Marilyn Manson.

Notre EP a été produit par Liam Watson, avec qui tout est allé droit au but, tout de suite. Que des vieux amplis que tu n’as jamais vu de ta vie. Il a fait un vrai boulot de réalisateur, nous a aider à prendre des directions et nous nous sommes laissés guider avec plaisir. Et nous avons bu beaucoup de thé!

En concert au festival Chorus des Hauts de Seine le 29 mars

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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