Beaty Heart

Beaty Heart-Philippe-Mazzoni-2

 

CHARLIE ROTBERG, JOSH MITCHELL & JAMES MORUZZI 

PREMIÈRE RENCONTRE.

CHARLIE: Nous nous connaissons tous depuis une éternité - nous étions à l'école ensemble. Dans la salle de classe, James me courait après avec une paire de baguettes de batterie, pour se moquer de lui.

PREMIÈRE CHANSON ENTENDUE.

JAMES: Le son du coeur battant de sa mère.

JOSH: Whitney Houston, elle était numéro 1 partout à ma naissance.

CHARLIE: Alanis Morrissette dans la voiture avec mes parents, je me souviens des paroles de "Chicken shit" et c'était d'une violence!

PREMIÈRE CHANSON ÉCRITE.

JOSH : Elle s'appelait "Sammy the Sealion", je ne m'en souviens pas très bien mais ça ne devait pas être terrible.

PREMIER AMOUR.

JAMES: J'adorais la fille moche des Sugababes. Mais en grandissant, j'ai réalisé qu'elle n'était pas si dingue que ça.

PREMIER ALBUM.

CHARLIE: Il marque la fin de trois années de gestation du groupe. Nous l'avons écrit durant un hiver qui ne semblait jamais finir, et c'est sans doute pourquoi cette musique convient parfaitement à l'été. 

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Sarh

Sarh-Philippe-Mazzoni-1

DJ PONE & JOSÉ FONTAO

Comment vous êtes-vous rencontrés - vous qui venez chacun de deux univers assez distincts ?  



DJ PONE: Nous nous croisions déjà en festival, nous nous retrouvions sur les mêmes plateaux avec Stuck et Birdy Nam Nam... Mais c'est en club, par l'intermédiaire d'un ami que nous avons réellement été présentés. 
Je cherchais à travailler avec un chanteur et  Jean Nippon m'a naturellement dirigé vers José qui se trouvait alors à l'autre bout de la pièce, dans les loges du Social Club. Nous avons discuté et, dès le lendemain, nous étions chez moi à écouter des instrus. 



D'où est venue l'idée de faire cet album ensemble?



José est reparti de chez moi avec l'instru de "Urquinaona" et de "Sailing With Lost Souls". Moins de 24 heurs après, il me renvoyait des maquettes avec ses voix, le résultat était magique, très libre, spontané,efficace.. Nous avons commencé à nous voir tout le temps, apprendre à travailler ensemble et à nous connaître aussi. Mais c'était sans cahier des charges, à l'instinct. Petit à petit, nous avons bossé les compos ensemble, ça allait assez vite et nous nous sommes retrouvés avec de quoi faire un album. C'est aussi simple que ça!



Quel était votre objectif commun du point de vue musical ?



Nous avons fait ces morceaux à des moments charnières de nos vies personnelles, nous traversions des phases difficiles et aussi très belles... Cette symétrie de nos vécus a teinté l'album de manière assez forte... Nous réalisions aussi quelque chose de différent de ce qu'on faisait chacun de notre côté. Pourtant, ce disque nous ressemble. C'était normal de le faire, un peu comme si nous suivions une thérapie de groupe à deux!



D'où vient le choix de ce nom, Sarh?



La ville de Sarh se trouve au Tchad. Le père de José y est né.
 Il y a de nombreuses matières rythmiques directement inspirées ou samplées de musiques africaines dans l'album, et, quand José a proposé Sarh, c'était évident. Il y a un truc aride et chaud dans ce disque. Nous voulons le défendre sur scène, emmener les gens dans une ambiance et qu'ils n'en ressortent qu'à la dernière note du concert... Nous repartons chacun de zéro, nous touchons un public différent et nous attendons avec impatience que notre album soit écouté.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Wye Oak

Wye Oak-Philippe-Mazzoni-1

 

JENNIFER WASNER & ANDY STACK 

JEN WASNER : L'ambivalence a toujours été le terreau de mon écriture, mais Shriek a été construit dans le but de traduire, aussi justement que possible, un état contemplatif. Le mien, et celui de mon entourage - nous avons la chance d'évoluer dans une scène musicale très inspirante, celle de Baltimore.

Ainsi, Shriek me semble plus mature et plus esthétique qu'à l'accoutumée. Peut-être parce que la plupart de ses chansons traitent de mon inlassable recherche de paix, de reconnaissance et d'amour de soi dans ce monde d'incertitudes et d'anxieté extrême. J'ai l'impression qu'elles ont réussi à m'apaiser... Leur existence même est un réconfort pour moi. 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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In The Valley Below

In The Valley Below-Philippe-Mazzoni

 

ANGELA GAIL & JEFFREY JACOB

COUP DE FOUDRE

ANGELA : Notre histoire d'amour a toujours rôdé dès le moment où nous avons commencé à écrire des chansons ensemble, nous étions si proches à ce moment-là. Le fait que j'ai une petite amie n'a rien changé, nous étions faits pour être ensemble. Sentimentalement et musicalement.
JEFFREY: Quand nous avons commencé l'album, nous venions de quitter nos partenaires respectifs, nous avions encore chacun un job, nous vivions à Los Angeles... C'était la lutte au quotidien, d'essayer de nous imposer pendant les concerts, de se faire un nom face à d'autres groupes locaux. Cela n'a pas été facile, et nous n'étions pas si sereins - cela doit s'entendre dans notre musique.

ENFANCE

ANGELA : J'étais très timide, mes parents m'ont inscrit à des cours de chant pour arranger ça. Et puis les choses se sont enchaînées, après mes études, je bossais comme serveuse et je chantais comme je pouvais... Aujourd'hui, je ne veux plus retourner bosser dans des restaurants, je veux absolument continuer dans la musique.
JEFFREY: J'ai commencé la guitare à l'âge de sept ans. Mais je n'ai pas autant lâché mon petit synthétiseur de supermarché que j'avais depuis tout petit.

LOS ANGELES

ANGELA : Je viens d'une petite ville, froide et neigeuse, et j'apprécie d'être sous le soleil de L.A. même si c'est pas si facile. C'est un endroit étrange où il ne fait pas forcément bon vivre, mais on y apprend beaucoup sur soi - et sur les autres aussi. Il y a comme un parfum de désespoir dans l'air. Ici, tout le monde essayer d'être quelqu'un de plus important qu'il est. Ce n'est pas très normal!

IN THE VALLEY BELOW

JEFFREY : Nous voulons amener des gens dans un endroit, un endroit à la fois beau physiquement et très émotionnel, et quoi de mieux qu'une vallée? C'est là où nous vivons, nous, et nous invitons tous ceux qui aiment notre musique.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Elephant

Elephant 3-Philippe Mazzoni

 

AMELIA RIVAS & CHRISTIAN PINCHBECK

Comment réussissez-vous à parler de votre propre histoire?

Amelia: Nous ne nous sommes jamais vraiment assis et parlé de notre relation, ce qui n'allait pas ou comment et pourquoi nous éloignions l’un de l'autre - en quelque sorte, la musique nous a rapprochés. L’album m'a permis de dire exactement ce que je voulais lui dire (avec parfois trop d’honnêteté) et, plus important encore, il nous a permis de nous parler à nouveau après la rupture.

Christian: C’était pratique, quand on y pense... Parler de nous nous a vraiment aidé à surmonter notre séparation. Etrangement, le bon accueil réservé à Elephant a été extrêmement positif pour notre relation. Mais ce qui est dingue, c’est que nous n’avons jamais parlé ensemble de notre histoire d’amour. Tout le monde l'a fait pour nous. 

Vous souvenez-vous de votre premier grand amour musical?

Amelia: Julian Casablancas, il m’obsédait.

Christian: Bianca Casady de CocoRosie. Elle reste chère à mon coeur d’enfant. J’ai récemment lu qu’elle s’était fiancée, je ne sais pas de qui il s’agit mais cette personne va devoir faire attention, je l'ai à l'oeil! Je passe beaucoup de temps sur Internet à regarder des vidéos live de Bianca, et j’ai même réussi à convertir mon coloc Matthew au Casadyitus.

Amelia, pouvez-vous décrire Christian en une seule phrase?

Amelia: Un étranger talentueux qui m’a fait chanter.

Christian, pouvez-vous décrire Amelia en une seule phrase?

Christian: Poétique, pragmatique, éthérée, briseuse de coeurs.  

Votre premier album vient de sortir. Que ressentez-vous?

Amelia: Je me sens comme submergée. Nous avons travaillé si longtemps afin de terminer cet album, et ça, y est, il est sorti. Quel accomplissement, j’ai hâte de le partager!

Christian: J’ai l’impression de porter un poids en moins. Tout semble bizarre, angoissant. J’ai du prendre un Xanax pour dormir la nuit dernière. J’ai fait un cauchemar : je mixais notre second album - j’ai cru devenir fou en essayant de mixer Sky Swimming, j’ai du demander à notre producteur de le terminer ! J’espère que nos prochaines chansons ne parleront pas du terrible petit ami que j’ai été.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Champs

Champs-Philippe-Mazzoni

 

DAVID ET MICHAEL CHAMPION 

L'ÎLE DE WIGHT a certainement eu une influence sur notre musique. C'est un endroit très isolé et rural, où l'on est à l'écoute de la nature et du changement des saisons. Nous sommes surtout influencés par l'automne, le moment le plus créatif pour nous. Sur l'île il y a beaucoup de personnages intéressants et une histoire incroyable. Et nous sommes si isolés que nous n'avons même pas l'idée de rivaliser avec d'autres groupes ou essayer de nous intégrer dans une scène, ce qui offre une véritable possibilité de se concentrer sur son art. Nous avons enregistré l'album dans un château sur les terrains qui appartiennent à la reine Victoria. Cette atmosphère a joué un grand rôle dans notre musique... Nous sommes persuadés que la tour est hantée et il ya des sons qui sont apparus sur quelques pistes qu'aucun de nous ne peut expliquer!
 
FRÈRES. Nous avons grandi ensemble et nous avons commencé en même temps à gratouiller nos guitares respectives. Je ne me souviens pas de la première fois que nous avons joué ensemble... Nous devions être très jeunes. La première fois que nous avons fait un concert tous les deux, c'était  lors d'un festival sur l'île de Wight appelé Bestival, lorsque j'ai rejoint le groupe de Mike. C'était le grand saut !
 Nous avons évolué en écoutant la même musique et avons donc des goûts très similaires. Nous avons aussi la même vision artistique, les mêmes opinions pour le groupe. Nous écoutons toujours ce que l'autre a à dire et nous n'avons jamais eu de de clash sur la direction à prendre. Et pas de problème d'ego: nous voulons le meilleur l'un pour l'autre.
 
DOWN LIKE GOLD. Nous avons décidé de faire un album qui nous aimerions entendre... Quelque chose d'assez puissant et de subtil à la fois, qui ne se laisse pas triturer et perfectionner à l'infini. Il faut accepter l'état brut, le travailler sans le dénaturer, même si, tous les deux en studio, nous étions si épanouis que nous aurions très bien pu ne jamais en sortir.

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Eagulls

Eagulls-Philippe-Mazzoni

Nous nous sommes rencontrés à une fête. Un de nos amis a jeté un tiroir de cuisine plein de couteaux du toit. Heureusement, personne n'a été blessé ! Depuis que nous existons en tant que groupe, nous avons appris à gérer nous-mêmes nos concerts et notre vie de groupe, sans suivre le bon vouloir des autres. 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Angel Olsen

Angel Olsen-Philippe-Mazzoni-1

J'ai travaillé avec Bonnie Prince Billy pendant trois ans. Nous nous sommes si bien entendus que j'ai continué à chanter sur scène avec eux, et à participer à quelques projets tels que Wolfroy Goes To Town ou Now Heres My Plan. Bonnie Prince Billy est l'un de mes héros, même si j'en ai beaucoup... 

Je veux chanter depuis que je suis toute, toute petite, je n'ai jamais rien voulu faire d'autre. J'ai écouté beaucoup d'artistes et j'ai eu le temps d'accumuler les références ! Mon inspiration, je la trouve en moi, dans les livres que je lis, dans les expériences de mes amis, dans le regard d'un étranger. J'ai tendance à tout exagérer, à embellir ou dramatiser la vérité, et cela sert mes chansons, je crois.

 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Blood Red Shoes

Blood Red Shoes-Philippe-Mazzoni-1

LAURA-MARY CARTER & STEVEN ANSELL

Si vous étiez:

Une fleur

Steven : une orchidée sauvage.

Laura-Mary : une rose... sauvage aussi!

Un animal

Steven: Un singe, un chimpanzé pour être précis. Ce sont d'excellents batteurs !

Laura-Mary: Un lapin. Ou un éléphant, parce qu’ils n’oublient jamais rien.

Un film

Steven: Apocalypse Now... Je ne sais pas vraiment pourquoi, je trouve que ça se marie bien avec Blood Red Shoes, non?

Une figure politique

En choeur: Angela Davis!

Une couleur

Steven: rouge, évidemment.

Laura-Mary: bleu, juste pour le contredire car un peu d'opposition ne fait jamais de mal. Même si nous ne nous disputons pas très souvent...

Une boisson

Steven: du vin rouge.

Laura-Mary : j'approuve, nous n'avons bu que ça en studio quand nous avons enregistré notre dernier album, Blood Red Shoes.

Un objet

Laura-Mary: une lampe de table, modeste et indispensable.

Steven : tu es sérieuse, là? Pourquoi vouloir être modeste?!

Une ville

Steven: Berlin, où nous avons enregistré notre dernier album.

Laura-Mary : c'est cliché mais voilà, je suis obligée de répondre Paris! 

Un autre groupe

Lara-Mary: Les White Stripes ! On nous a tellement comparé à eux, depuis nos débuts. Ce serait une belle vengeance, nous ferions n'importe quoi.

Steven : Fleetwood Mac, c'est un fantasme évident, un groupe légendaire par sa musique, son attitude, ses personnages, tout!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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St Vincent

St Vincent-Philippe Mazzoni

 

ANNIE CLARK.

La musique me donne plus d’énergie qu’elle m’en prend, et j’ai approché cet album avec plus de liberté et de confiance que jamais. C’est sans doute pour cette raison qu’il porte mon nom de scène.

J’étais quelque part dans le Texas, dans le ranch d’une amie, loin de tout. Un jour, j’ai décidé d’aller me promener dans l’immense jardin de la propriété. Je ne connaissais rien de la nature, c'était une plongée en monde inconnu. C’était un moment extraordinaire. J’ai senti quelque chose de si fort que je me suis déshabillée pour me sentir, comment dire, totalement en osmose avec ce qui m’entourait. Soudain, j’ai entendu un bruit… C’était un serpent, qui me fixait. J’ai fui à toutes jambes, mes vêtements sous le bras. Cela a été une sorte de détonateur pour Saint Vincent. 

Je suis une éternelle nomade. Après des mois de tournées de Strange Mercy, puis ceux de Love This Giant avec David Byrne, je me suis retrouvée chez moi, à étudier le concept d’être chez soi. D’être une personne. Mais je m’en fiche totalement. Ma maison actuelle est à New York, mais je peux vivre partout. En voyageant, je pioche ici et là les expériences, je me nourris davantage. Je ne m’ennuie pas, ce qui serait le cas si je passais toute l’année à New York. Le quotidien n’est-il pas angoissant, franchement? Et je ne sais même pas me préparer un café digne de ce nom…!


Une guitare, une batterie et une basse dans une seule pièce... travailler avec John Congleton est très facile, sans aucune ambition de sonner extraterrestre, ni trop rock’n’roll, ni trop ceci ou cela. L’important était de rester naturel, même si, j’en conviens, cela ne s’entend pas toujours sur ce disque. Je refuse de trop intellectualiser la musique. Car je ne suis qu’une étudiante de la musique, je ne suis pas une experte.

 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Gush

Gush-Philippe-Mazzoni-1

MIRA. C’est le nom d’une étoile qui se situe en dehors de notre système solaire. Bien plus grosse que le soleil, elle a la particularité d’être en mouvement, laissant derrière elle une trainée lumineuse. Cela représente bien le chemin parcouru avec ce disque... Mira est un mot au sens multiples : "regarde" en espagnol, il peut aussi être un prénom serbe se traduisant par "la paisible" ou hébreu, signifiant "celle qui élève". Et en russe, "mir" signifie "la paix" et "le monde".

DANSE. Nous souhaitions faire évoluer notre son, notre manière de composer - nous renouveler tout en renouant avec les synthés de nos premiers maxis que nous avions délaissé sur le disque précédent. Il y a dans Mira une envie de partager et d’amener à la danse, voire à la transe. Enfin, on ne peut exclure les notions de quête et d'introspection assez présentes.

UNE AUTRE PLANÈTE? On y vivrait dans le respect de celle-ci, en étant conscients qu’elle ne nous appartient pas, mais qu’elle nous donne déjà tout ce dont on a besoin. Elle ressemblerait à la Terre avec des humains qui, eux, communiqueraient par la pensée et ne cesseraient de vouloir s’élever ensemble... 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Peter Peter

Peter-Peter-Philippe-Mazzoni

Premier coup de foudre musical?

Mitsou, "Bye Bye mon cowboy". Je crois pas que vous l'avez connu ici. Quelle bombe... Elle est encore très jolie aujourd'hui.

Premier album acheté?

Une cassette de Megadeth, Countdown Extinction

Premier concert?

Je crois que c'était Roch Voisine interprétant "Hélène" dans le parking d'un centre commercial. En fait, je n'ai jamais été sûr si c'était bien lui ou  quelqu'un qui interprétait sa chanson, hahaha! 

Premier album?

Quand j'étais adolescent, j'enregistrais des conneries sur une cassette. C'était autant des chansons improvisées sur les rythmes d'un clavier Casio que des personnages complètement imbéciles. Je faisais ça avec mon meilleur ami Jean-Philippe. Nous avons bien du enregistrer au moins quatre ou cinq cassettes de 90 minutes. Peu à peu, cela nous a mené vers des chansons sérieuses. J-P faisait la guitare et j'y récitais mes poèmes. Mine de rien, ça été mon école de la musique. Après, nous avons monté un groupe.

Première chanson ?

Sur les dites cassettes j'avais fais une chanson qui s'intitulait «L'ambulance». C'était un genre de truc crooner sur lequel je prennais une voix hyper grave. J'avais des hauts le coeurs tellement c'était pénible à tenir. Le sommet du refrain c'était: "L'ambulance, on a pas deux chances avec l'ambulance, YEAH!"

Première interview ?

Avec mon premier groupe, justement, pour une radio de la ville de Québec. Je ne me souviens pas de l'émission car nous étions toujours défoncés avant de faire des interviews...  

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Orouni

Orouni-Philippe-Mazzoni

 

OROUNI. Son nom, c'est comme son visage, on ne le choisit pas. Or, comme pour moi la musique est une affaire de choix, quand j'ai commencé à sortir mes chansons, il a fallu que j'opte pour une signature. J'avais été assez marqué par un passage de On The Road (Jack Kerouac) mettant en scène Slim Gaillard, l'inventeur du mot Orouni. Le musicien, qui a réellement existé, crée ce vocable et se l'approprie. Il joue avec et part dans un délire mi-musical mi-verbal. Le langage est un domaine tellement balisé, avec tant de règles de syntaxe, grammaire, conjugaison, que je vois certains néologismes comme de petits miracles. Pour moi, le mot Orouni renvoie à ce que j'aimerais que la musique soit, idéalement : de la pure invention.

L'INTIME. Beaucoup de chansons qui parlent de l'intime rencontrent le succès. Dans des dizaines de tubes, les interprètes évoquent des sentiments très personnels, et c'est justement parce que chaque personne arrive à établir une connexion avec le caractère intime que le morceau peut fédérer, mais pour des raisons différentes selon chaque auditeur. Même dans ses grandes chansons sur l'état du monde ("A Hard Rain's A-Gonna Fall"), Dylan plaçait quantité de détails très précis dans ses paroles, et les mêlait souvent à des impressions à teneur plus personnelle. Je ne pense donc pas qu'il faille rester général pour séduire ou rassembler.

VOYAGE. J'ose espérer que ce que j'ai retenu dans chaque destination, ce dont j'ai choisi de parler, peut toucher les gens qui vont entendre le disque. Parce qu'ils vont se reconnaître dans certaines situations, ou être au contraire intrigués, interloqués. Oswald de Andrade écrivait : "Seul m'intéresse ce qui n'est pas mien".

INSTRUMENTATION. Certains albums à l'instrumentation contingentée, comme Mug Museum de Cate Le Bon (guitare, basse, batterie, clavier), sont très bons et ne lassent pas, mais j'ai besoin et envie de variété dans le nombre et le son des instruments utilisés sur mes enregistrements. Quand je cherche des arrangements pour une nouvelle composition, je pense naturellement à l'instrument qui va jouer chaque ligne, et cela va rarement être une guitare électrique ou un simple clavier. Je trouve intéressant d'aller chercher à faire sonner quelque chose d'un peu plus spécifique, en tout cas ce qui va le mieux convenir à l'objectif que j'ai en tête. Les limites peuvent être financières, ou il se peut qu'on ne connaisse personne qui joue du glassharmonica alors qu'on en a terriblement besoin, mais intellectuellement, il est plus efficace pour le résultat final de ne rien s'interdire au départ. Cela fait des milliers d'années que l'on invente régulièrement de nouveaux instruments, qui à eux tous composent une palette incroyable, alors pourquoi ne pas en profiter ?

VOLONTÉ et HASARD. Le choix peut intervenir en amont, comme sur "Firearms", où je voulais jouer avec les bois. "The Sea Castle" appelait de la trompette, et "Makeshift Fans" du saxophone. D'autres compositions, par leur nature, ne m'évoquaient aucun instrument de l'orchestre classique, elles sont par conséquent arrangées de façon un peu plus rock, et je pense que c'est ce qui convient le mieux. Mais le processus peut être plus tardif, comme sur "A Giant Swing", où après avoir tout essayé, en vain, j'ai invité Mina Tindle à orner la chanson de ses choeurs. Cela peut être également le fruit du hasard : nous étions en train d'enregistrer des lignes de basse lorsque Jean-Yves Lozac'h est venu nous saluer dans la cabine, et en deux temps trois mouvements, il a trouvé une partie qui collait parfaitement à l'ambiance de "In The Service Of Beauty". C'est ainsi qu'il se retrouve invité sur cet album. Steffen Charron, qui fait partie de la formation live d'Orouni, a enregistré de la basse sur trois morceaux ; cela les a redynamisés. Comme il est également excellent à la six-cordes, il signe les guitares électriques de "Dear Volcano Please", sur lequel Maxime Chamoux a trouvé un solo d'orgue que j'aime beaucoup. On peut multiplier les exemples de la sorte et mettre sur la table le concept de sérendipité, très adapté à la pratique de la musique. Enfin, il y a aussi tous ces instruments dont je joue moi-même, et qui sont à l'origine d'un certain nombre de compositions de Grand Tour. Ainsi, "Speedball" n'existerait pas sans son motif de balafon, autour duquel j'ai brodé la mélodie de voix. Il en est de même pour "Wild Geese And Cigars" et sa boucle de kalimba, ou encore "The Sea Castle" et son riff de cavaquinho.

POP SONG MODÈLE. Selon mes critères de jugement, "Penny Lane" ou "Porque Te Vas" s'approchent de ce qu'est une parfaite pop song. Essayer d'expliquer cela de façon théorique serait assez risqué, et je n'arrive à mentionner que de morceaux des années 60 ou 70, car j'ai l'impression qu'il faut un certain recul en la matière... Mais peut-être qu'un jour, quelqu'un fera une chanson novatrice qu'on considérera comme un morceau pop accompli.  

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Anthony Joseph

Anthony Joseph-Philippe-Mazzoni-2

 

LA POÉSIE est une fréquence de la magie. Un poète trouve des lacunes dans sa langue, la poésie est l'âme de la langue. Et, si elle représente beaucoup, elle doit toujours être honnête.

PROTESTER car les luttes et les protestations des gens restent les mêmes qu'auparavant. Le but de l'artiste, c'est de les articuler et en créer de la beauté. Il y a des protest songs dans l'album, notamment celle où j'évoque le cas de Malala Yousafzai, que les Talibans ont essayé d'assassiner, je parle de cette petite fille de Trinidad qui s'est retrouvée enceinte à neuf ans et menacée d'être emprisonnée. Avec 'Hustle to live,' je parle aussi des luttes quotidiennes des immigrants dans les grandes villes. J'essaye juste de donner une voix à ceux qu'on empêche de parler.

Ce nouveau disque s'appelle TIME car nous avions seulement cinq jours pour enregistrer onze chansons assez complexes. Nous étions un peu effrayés jusqu'à ce que Meshell N degeocello, qui a produit l'album, nous assène qu'il ne fallait pas s'en préoccuper. “Travaillons en dehors du temps,” nous a t-elle ordonné. Et cela s'entend sur l'album...

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Mozes & The Firstborn

Mozes  The Firstborn-Philippe-Mazzoni-2

 

MELLE DIELESEN

Pourriez-vous nous raconter la genèse de Mozes & The Firstborn?

Tout a commencé il y a trois ans. Après un an passé à Londres où j'étudais la production musicale, je suis revenu en Hollande car j’avais réalisé que j’avais envie d’écrire et d’enregistrer mon disque à moi plutôt que de stagner en cours. J’ai donc commencé à enregistrer des démos dans la cave de ma mère. L’un de mes meilleurs amis, Gus, me présenta alors mon futur batteur, Raven. Le jour où nous nous sommes rencontrés, nous avons joué deux heures d’affilée et ça a tout de suite été parfait. Une heure plus tard, nous envisagions de monter un groupe et le lendemain, nous écrivions des chansons ensemble. Une véritable étincelle! Deux semaines après, Corto nous rejoignait à la basse - encore un que m’avait présenté Gus à l’époque du lycée - j’avais joué dans un de ses groupes d’alors.
Deux mois plus tard, nous enregistrions notre premier EP dans une ancienne usine Philips, là où fut inventé le CD! Nous avons commencé à tourner et attendre notre quatrième homme... Et là encore, Gus prouva son talent d’entremetteur en me présentant Ernst. Il était plus vieux que nous, nous l'avions déjà vu sur scène avec ses groupes tous assez cools, il avait un sens de l’humour génial, bref, nous pensions que jamais nous ne pourrions l’intéresser. Un peu quand les Beatles voyait Ringo jouer avec Rory Storm and the Hurricanes. Un an et demi plus tard, nous avons réussi à le convaincre. Et pour faire notre premier album, nous retournâmes tous ensemble dans la cave de ma mère. Quant à Gus, il est désormais notre tour manager!

Pourquoi ce nom de groupe ô combien biblique?

Quand j’étais petit, je vivais avec mes parents dans une communauté juive et hippie appelée "De Eerste Moshae" ("The Firstborn Mozes »), dans la campagne hollandaise. Elle est très controversée aujourd’hui car son dirigeant a été impliqué dans moult scandales sexuels. En grandissant, j’ai commencé à me rebeller contre les règles de cette secte. À 17 ans, je suis parti de chez moi et j’ai pris le premier bateau pour l’Angleterre. Une évasion, en quelque sorte. Ainsi, le nom du groupe me rappelle cette période horrible de ma vie. Par chance, ma mère a elle aussi réalisé qu’il fallait en partir… Et non, en fait, je rigolais. Mais cela aurait une super histoire, non? En réalité, c’est parce que j’ai du regarder à peur près mille fois le dessin animé Le Prince d’Egypte quand j’étais petit.

Le musicien qui vous a fait vibrer dès l’enfance?

Avant tout, Michael Jackson. J’avais l’habitude de danser sur "They Don't Care About Us" quand j’étais un tout petit garçon. Et puis, à 13 ans, j’ai découvert Nirvana et je me suis complètement plongé dedans. C’est là où j’ai commencé à être totalement obsédé par le fait de prendre une guitare et de jouer dans un groupe. J’ai aussi été obsédé par le Velvet Underground, les Stones, les Beatles… Comme tout le monde dans le groupe. Ah, et aussi, Guided By Voices. Il ne faut pas les oublier, ceux-là!

Votre plus grand désir, là, maintenant, tout de suite?

Dominer le monde! Non, je plaisante, juste dépasser nos frontières, c’est déjà bien. Jouer en France, aussi, ça nous rend dingues. Nous aimons votre fromage, votre pain (même s’il peut heurter nos palais délicats), votre vin… S’il vous plaît, aimez-nous, vous aussi!

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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