Girls-Philippe-Mazzoni

CHRISTOPHER OWENS.

EPANOUISSEMENT. Ce nouveau disque a été une belle expérience. Grandir, devenir un adulte et apprécier les autres. Dans la vie tu as deux possibilités : soit tu ne vois que le mauvais côté des gens soit tu les prends tels qu’ils sont et tu partages avec eux au maximum. Finalement, tu verras qu’ils sont là pour t’aider aussi à te rendre heureux.

L'ENREGISTREMENT DE FATHER SON, HOLY GHOST. C'était sympa et assez facile. Pour le premier album, nous avions enregistré à droite et à gauche pendant un an. Je ne veux plus refaire ça, s'escrimer un an sur un album, enregistrer tous les instruments soi-même. Je peux être bon à certains trucs mais pas pour tout! C’est épuisant... Pour celui-ci, c'était trois semaines, point. Les musiciens sont excellents, les chanteuses aussi. C’est JR qui faisait l’ingénierie et moi les guitares, la voix et quelques choeurs. Je ne remplis que mon rôle. J’ai grandi avec la scène punk pour qui travailler avec un producteur relève de la trahison. Mais c'est faux. J’ai bossé avec des gens normaux qui aiment la musique et qui sont mes potes maintenant. Je n’aime pas ce dédain pour les professionnels.

SONGWRITING. C’est instantané, j’avance au rythme des idées. C’est aussi une façon de vivre, d'être prêt. C’est l’inspiration. La seule chose dont je suis sûr, c’est que chaque chanson est authentique, qu'elle vient du fond de mon coeur.

LA VIE DE MUSICIEN. Plus jeune, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais j’étais assez réaliste. Je n'ai jamais voulu devenir les Guns'n'Roses. Je n’avais pas l’ambition d'être une rock star. Les jeunes qui viennent me voir pour me dire à quel point ils aimeraient être à ma place ne comprennent pas la difficulté que cela représente... C’est dur de maintenir aussi un groupe sans faire beaucoup de concerts de nos jours. Même si j’arrête ce métier, je continuerais d’écrire des chansons. Si je craque, je m’isolerai et écrirais des disques sans les éditer- juste pour les mettre à disposition des fans. Je pense que c’est une meilleure option que celle de Kurt Cobain...

MON QUOTIDIEN. Je ne pense pas qu’à la musique. J’habite près du parc du Golden Gate. Je m'occupe de mes plantes qui grandissent de manière très délicate. Je les cultive une heure au moins chaque jour. Je travaille sur ordinateur, j'écris à des amis... Puis je vais me promener au parc... Je lis beaucoup. J’adore Twitter, aussi, j’en suis obsédé! Je ne fais plus trop de concerts, sauf si j’adore le groupe. Ce que j'aime, c'est les spectacles de drag queens à San Francisco. C’est vraiment spécial. Même dans un petit bar, c’est tellement énorme que j'y vais au moins trois soirs par semaine!

LE BONHEUR, ENFIN? C’est vraiment la première fois que j’ai cette qualité de vie. Je vis depuis 6 ans à San Francisco, après avoir habité des années dans des dortoirs avec plein d'autres gens. Aujourd'hui, je vis chez ma copine, dans le même immeuble que sa mère. C’est vraiment bien. C’est presque une vie de famille.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Blood-Orange-site

DEVONTÉ HYNES:

MON NOM. Je ne veux pas qu'on se penche trop sur moi. Je veux rester un peu hors de contrôle, même si ça contrarie certains fans… Les gens doivent aimer ce que je fais parce qu’ils aiment, pas parce qu’ils ont le sentiment qu’ils doivent l’aimer.

LA POPULARITE. Je n’ai rien à faire de la célébrité. Quand j’étais jeune, je fantasmais sur le fait d’écrire des chansons, pas de faire le malin sur scène. Je ne lis pas les articles sur moi… Je sais ce que j’ai voulu faire, ce que j’ai ressenti, et lire l’opinion de quelqu’un d’autre à ce sujet peut être perturbant.

LE BONHEUR. Je n’ai plus trop le temps d’écrire ou de dessiner. Travailler sur les disques des autres me prend un temps fou. Mais j’ai toujours été choqué par les artistes qui se plaignent de leurs conditions. Pour moi, la musique est quelque chose de fun, et si cela ne te rend pas heureux, pourquoi en faire ? C’est dingue, je ne veux pas faire partie de ces gens-là.

LA SOLITUDE. Je fais ma musique dans ma chambre, tout seul, depuis toujours, et ce n’est pas prêt de changer. J’ai aussi toujours fait un peu de skateboard, du basket-ball ou du vélo pour me dégourdir les jambes. Et je n’aime pas du tout dormir. Cela m’énerve vraiment, j’ai l’impression de perdre mon temps.

L'ANGLETERRE. Je me sens toujours très anglais, mais je ne peux pas vivre à Londres. Ni dans l’Essex, ils sont très moralisateurs, ils jugent tout, ils donnent des complexes à ceux qui ne leur ressemblent pas. New York, c’est ma maison maintenant. Je n’irais pas vivre à Los Angeles, car je ne conduis pas, et je me suis retrouvé à marcher des heures dans des rues désertes, en sortant de studio… Drôle d’expérience!

L'ALBUM. Ca fait longtemps que je fais des trucs sous le nom de Blood Orange, les chansons de l’album datent en fait de 2009. Je les ai écrites, je les ai rassemblées, et l’année dernière, à Los Angeles, j’ai décidé de boucler une fois pour toutes l’album. Je l'ai enregistré seul, avec ma guitare et ma basse, mon clavier et ma voix.

MA VOIX. J’ai travaillé ma voix, seul, pour essayer de l’amener où je voulais qu’elle aille, pour la faire sonner comme je le souhaitais, vers Cass McCombs, Chris Isaac, JR Davies...

CHAMPAGNE! Pour mes 24 ans, car j’avais vraiment l’impression de vieillir. Je me suis levé, j’ai travaillé toute la journée sur la chanson "Champagne Coastle". À 21h, je suis sorti, il neigeait beaucoup car mon anniversaire tombe juste avant Noël. Alors je suis juste allé acheter une pizza!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Ganglians-1a-sitea

Second album, seconde chance ?

RYAN GRUBBS: J’avais besoin de plus de maturité pour me lance dans un nouveau projet. Et construire de nouvelles idées en groupe sur Monster Head Room. Nous avons challengé notre son, nous voulions plus le fouiller techniquement.

KYLE HOOVER: Certains s’attendent à ce que tu fasses tout le temps la même chose, c’est pénible. Il faut qu’ils fassent confiance aux artistes dans leur progression.

Vos chansons reflètent-elles ce que vous êtes ?

RYAN: J’ai écrit beaucoup de morceaux en pensant à des épisodes tumultueux de ma vie. Et ceux du groupe s’y sont rajoutés ! Résultat, nos disques ressemblent à une jungle sentimentale...

Sacramento ou San Francisco ?

RYAN: Nous venons de Sacremento, mais je vis à San Francisco depuis quelques mois, depuis la fin de l’enregistrement de l’album. Ca me fait bizarre d’être éloigné du reste du groupe, alors que notre aventure collective a démarré dans ma chambre. Mais nous restons très connectés.

Vos premières musiques ?

RYAN: J’écoutais la même chose que ma mère : beaucoup de chœurs d’église et de la musique classique. Et c’est dans les supermarchés que la musique non sacrée est venue à moi. C’est la rencontre de ces deux univers qui a changé ma perception du monde et de la musique. C’est un peu comme le ying et yang, c’est indissociable. Si tu perds l’un, tu perds le sens de l’autre.

KYLE : Moi, c'était plutôr radios rock, et je suis venu progressivement au psychédélique. Ma première cassette, c’était une musique de l’océan… ou d’un poisson rouge. Bref, une compilation de musiques de la nature.

Ganglians, c’est un drôle de nom…

RYAN: Nous voulions surtout associer le mot "gang" et "lions". OK, il y aussi ce rapport avec le corps et les nerfs…

KYLE: Notre nom fait partie de l’esthétique du groupe. J'ai l'impression que ce mot bizarre rend ce que nous faisons plus intéressant, plus engagé.

Votre principale ambition ?

RYAN: Faire des albums qui vont compter pour les gens. Le son compte plus que tout.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Housse_de_Racket-1a

Pouvez-vous revenir sur votre rencontre?

PIERRE : Nous avons grandi dans la même banlieue, où nous nous sommes rencontrés - au Conservatoire. C'était en 1993, et Victor avait un tee-shirt Pearl Jam, dont j’étais fan. Ca rapproche! Beaucoup plus tard, nous avons monté un premier groupe. Puis Housse Racket, nourris d'une culture funk, black rock, grunge... Nous avons commencé tous les deux devant un ordinateur avec des synthés et des guitares.

VICTOR: Nous voulions racketter la house en plein période French Touch. Ca avait aussi un rapport avec le fait que nous n'étions pas parisiens. Nous vivions dans une ville où il n’y avait pas grand chose: nous passions des journées et des nuits entières à discuter chez nos parents. Nous avons imaginé ce nom lors d’une de ces fameuses nuits blanches. Nous sommes heureux aujourd’hui de voir que nous avons sorti un premier disque, puis un second... Maintenant, nous pouvons passer à autre chose.

Quelles ont été vos influences durant l'enregistrement de ce nouvel album?

VICTOR : Nous n'écoutons pas du contemporain pour ne pas nous faire parasiter, mais de la musique que nous sommes incapable de jouer, comme du classique ou des musiques confortables que l’on connaît par cœur, comme Beach Boys et Bowie. Dans ses chansons, il se passe toujours quelque chose. Tout a l’air important. C’est ce dont nous avions envie : des morceaux avec de la consistance, de l'âme.

PIERRE : « Est-ce qu’il y a la vibe éternelle ou pas ? » c’est ce que nous nous demandions à chaque chanson. Si nous ça nous touche, cela peut toucher plein de gens.

Vos chansons s'appellent "Ariane", "Aquarium"… Cultivez-vous une thématique de la bulle ?

PIERRE : Une bulle française, avec Alésia, le TGV... Je pense aussi à Bubble-Gum, le côté hyper pop de la BD. Nous adorons que nos textes évoquent plein de choses différentes. Que chacun se fasse son interprétation...

VICTOR : ... ça veut dire que les textes sont réussis!

Et la France dans tout ça ?

PIERRE: Evidemment, il y a un rapport à la France, mais plutôt dans le questionnement : est-ce qu’elle peut encore gagner ? Aller suffisamment vite avec TGV ? Nous y avons souvent pensé, notamment quand nous étions en tournée à l’étranger.

A certains moments, on pense à Taxi Girl...

PIERRE : Nous nous sommes souvent demandés comment nous pouvions conserver notre intégrité française. De ce point de vue-là, la période des années 80 nous a semblé très prolifique. Mathematiques Moderns, Stinky Toys, Taxi Girl... Nous nous sommes imprégnés de leur univers.

Heureux d'être en duo?

PIERRE: On fonctionne comme un groupe de DJS ou de producteurs de musique électronique, mais on a toujours voulu écrire des pop songs. Dans le premier album, nous nous cherchions beaucoup, entre rock et synthétiseur. Sur celui-ci, Philippe Zdar, qui est très réputé pour son travail en musique électronique, nous a aidé à sublimer le climat sonore. C’est quand même fait avec des guitares, des batteries...

Parlez-moi de ce morceau, "Les hommes et les femmes"...

PIERRE : Cela peut être à la fois sur l’union des hommes et des femmes, et aussi dans le sens de la civilisation, du darwinisme, de l'évolution de l’homme. Tout est dit dans le refrain, d’ailleurs c’était difficile d’en sortir également des couplets. C'est aussi sur le couple... L’amour. Un thème que nous n'aurions pas osé aborder avant par pudeur, mais dont nous pouvons parler ici, très simplement.

VICTOR: On veut tout le monde ait des frissons, au Mexique ou en Allemagne. Le pouvoir des mots s’arrête là où commence celui de la musique, comme disait Wagner!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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CSS

Quels artistes vous ont le plus impressionné sur scène?

ANA : Il y a quelques années, j’ai vu Peaches en concert. C’était un show très étrange, mais très beau.

LOVEFOXX : J’ai récemment eu la chance de voir Liars au Brésil, c’était fantastique. C’était si différent de leur travail studio! J’étais tellement impressionnée que je n’en ai pas dormi pendant une semaine.

ADRIANO : J’adorais Menudos, un boys band mexicain (où Ricky Martin a fait ses débuts, ndlr), quand j’étais tout petit... Je me disais « Wouahou, ça doit être vraiment bien de faire ce métier ! ».

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Tom_Vek

Liberté?

Peu de gens expérimentent, comment dire... le zéro pression absolue, et l’idée de ne rien faire est merveilleuse. Me risquer à attendre autant de temps entre mes deux albums m’a fait prendre des risque, et m'a confronté à ma paresse naturelle. D’autant plus que des gens t'attendent au tournant, il faut assurer. Heureusement la politique de mon label est plutôt cool là-dessus. Et, quoiqu'on en dise, le public aime les artistes qui savent ce qu’ils veulent.

Image?

A l'origine, je suis graphic designer. Puis j'ai été appelé par la musique. J'aime Soderbergh, Jarmush, j'essaye de ne pas trop en connaître niveau cinéma, mais je reste curieux. Je suis plutôt punk de ce côté-là. Pour les clips, on s’est inspiré des shows télé américains, et des années 70 en noir et blanc.

Leisure Seizure?

Ce titre m’est venu à la fin de l'enregistrement de l'album. j’étais particulièrement intrigué par le terme de "seizure", c’est comme une lumière éclatante... immaculée. Pour moi, il s'agit de la possibilité d’apprécier à l’extrême quelque chose, et même de l’aimer  trop fort. Ce second album, c’est un achèvement. Une complétude. Au début, je ne savais pas ce que cela allait donner... et puis quelque chose m'est soudainement tombé dans le bec!

Solo?

Je crois en l’aspiration musicale. Quelque soit la complexité de ce que l’on fait. Etre dans un groupe n’est pas une obligation, j’ai eu des offres et ça doit être cool, mais j’ai une esthétique et une manière de travailler spécifiques auxquelles je tiens à rester fidèle. Car j’y crois fermement. J’écoute encore et encore mon travail pour le perfectionner. Je recherche un langage qui traverse tous les esprits.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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No_Surrender

Votre musique est inclassable, ou presque. C'est fait exprès?

Un petit peu. Même à nos tout débuts, notre musique était du hip hop plutôt énervé, mais loin d'être pur dans le genre. Nous venons d'horizons musicaux différents et nos goûts musicaux sont très larges: nous nous inspirons aussi bien de groupes qui sonnent rock qu'électro.

Comment réussir à être un groupe indépendant aujourd'hui?

C'est difficile. Il y a un million de groupes, trois millions de labels et, au fil que les années passent, tout se concentre de plus en plus autour d'un seul distributeur (Apple). Il y a tellement de groupes qui vont et viennent si rapidement, que la plus importante chose à faire c'est de proposer une esthétique différente, et de faire la meilleure musique qu'il soit. Et si tu peux faire les deux en même temps, c'est préférable. Mais les groupes indie d'aujourd'hui doivent aussi penser au business. Il faut savoir prendre des décisions rapides et intelligentes, et maîtriser les rouages de l'industrie musiscale.

Et si No Surrender était un film?

Si No Surrender était un film, il serait dirigé par Spike Lee, Teery Gilliam ou Mario Bava Togetiher. La bande originale serait signée par Tangerine Dream, Prince, Gregory Isaacs avec des interventions de Chuck D. On essaierait de faire un film de trois heures à partir d'un script de deux pages! Ce serait une histoire d'amour en temps de guerre... Un histoire de la pauvreté dans un pays de riches, qui révèlerait la beauté des choses simples de la vie. La faim deviendrait un éclat de rire. Et la souffrance se transformerait en plaisir.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Pourquoi remplir le vide avec sa propre vacuité?

Parce que j'aime les paradoxes, les pléonasmes. Parce que je serais curieuse de pouvoir ressentir ou voir à quoi ressemble la vacuité des autres, des gens, tout comme j'aimerais voir comment ils remplissent le vide.

Comment enregistrer un (aussi bel) album?

Benjamin Mandeau est celui qui a enregistré cet album, je suis incapable d'enregistrer seule, j'ai besoin de quelqu'un en studio qui comprenne ce que j'ai dans la tête et qui ait les connaissances techniques permettant de concrétiser mes idées. J'entends ce que je veux mais je ne sais pas le créer techniquement. Je peux seulement l'expliquer, le décrire.

Pourquoi s'appeler le Prince Miiaou?

Pourquoi pas...? C'est un choix très trivial, c'est un nom que j'ai choisi le jour où j'ai créer ma page MySpace. Si je l'avais créé une semaine après ou une semaine avant, j'aurai peut-être choisi un autre nom... Au-delà de ça, je crois que j'aimais l'idée de brouiller un peu les pistes, d'avoir un nom de projet masculin alors que je suis une fille...

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Quel est le disque que vous avez le plus écouté étant enfant?

C'est une question assez difficile. Quand j'étais tout petit, mon père en écoutait beaucoup dans son bureau. Ce que je peux dire c'est que mon premier souvenir de mélodie, c'était le thème de la bande originale du film Furyo, composée par Ryuichi Sakamoto. La première pochette qui m'a marquée c'est celle de Led Zeppelin II, et le premier tube que j'ai eu envie de chanter ça doit être "True Colors" de Cindy Lauper.

Comment avez-vous créé My Broken Frame?

J'ai longtemps fait de la musique dans ma chambre sans oser la jouer devant des gens. L'histoire a commencé avec les open mics au Pop In, un bar dans le 11 ème arrondissement où je me suis enfin risqué à faire entendre ma musique en live. Et puis j'y ai pris goût, j'y suis venu chaque semaine et Erwan Broussine, du label Waterhouse Records, a eu l'idée de faire une compile avec un certain nombre de musiciens qui venaient. Entre temps, j'ai créé un groupe, Go Go Charlton, plus rock. Le studio d'Erwan était super mais petit, avec impossibilité d'enregistrer de la batterie. J'y ai donc enregistré des chansons plus intimes, que je jouais seul. Alors qu'on avait prévu d'en enregistrer un seul titre, on s'est retrouvé avec 10 morceaux ! C'était la matière brute de mon premier disque, Chapel Hil, sorti en mai 2007.

Pourquoi ce nom ?

C'est un clin d'oeil à Depeche Mode et à l'album A Broken Frame, très sombre, très minimale, comme mes débuts - ça reflétait bien mon état d'esprit de l'époque. J'aimais aussi cette idée de cassure comme origine de mon envie d'écrire des chansons.

Votre musique est à la fois rustique et onirique, comment trouver le juste équilibre?

J'aime beaucoup le songwriting des 60's et des 70's. Notamment celui des artistes comme Van Morrison, David Crosby, Neil Young... Et en studio je n'utilise du coup que des instruments vintage. Et en même temps je suis très inspiré par les rêves, les sensations étranges, les ambiances vaporeuses. J'aime quand la musique nous sort de notre quotidien, nous emmène dans un ailleurs.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Surfing The Void ne fait pas dans la dentelle. Dans quel état d’esprit l'avez-vous écrit ?

Jamie Reynolds : En 2009, après avoir joué à des festivals comme Rock en Seine et à Glastonbury, nous nous sommes sentis comme rajeunir. Et nous avons soudain réalisé que ce qui avait fait de nous un grand groupe et cela nous a permis d’aborder nos sessions d’écriture avec beaucoup d’énergie et de motivation. Le jeu avait repris de plus belle…

Et qu’est-ce qui a fait de vous un grand groupe, justement ?

James Righton : Nous nous impressionnons beaucoup depuis le début, les uns les autres (rires). Cela nous a beaucoup surpris lorsque nous étions en studio. Nous écoutions chaque bande les unes après les autres : celle de la guitare, de la batterie, de la basse… et à chaque fois cela faisait comme exploser nos esprits, c’était vraiment très impressionnant ! Nous sommes dans une émulation constante.

Simon Taylor-Davis : Et nous savons travailler dans le secret : rien ne devait sortir de la pièce où nous nous sommes réunis pour concevoir l’album. Mine de rien, cela aide à entretenir un certain mystère… et à nous concentrer au maximum.

Avant même la sortie de Myths Of The Near Future, on vous a étiqueté groupe de new rave, et même chef de file du mouvement. Etait-ce quelque chose que vous recherchiez, que vous travailliez depuis vos débuts ?

Jamie Reynolds :  Le groupe est né en 2005, quand Simon et moi nous nous sommes rencontrés grâce à une connaissance commune, à Londres. Nous avons ensuite recruté un de mes copains d’école, James. Tout s’est fait assez vite, sans qu’on ait pu réfléchir vraiment à quoi que ce soit. Notre premier concert, c’était en octobre de la même année.

James Righton : Nous ne savions franchement pas trop ce que nous étions en train de faire, et nos premiers concerts étaient vraiment chaotiques. Pourtant, les gens ont aimé, aussi bizarre que cela puisse paraître. Un jour, Jamie a parlé en plaisantant de « new rave », et des amis d’amis ont commencé à venir à nos concerts avec des cornes de brume et des bâtons lumineux ! Tout le monde s’y est mis. Le mouvement s’est alors formé tout seul, sans que nous y soyons pour grand-chose…

Là, ça a été un peu la folie, la presse et le public se sont jetés sur vous…

Jamie Reynolds : Oui, nous n’avons pas vraiment compris ce qui se passait… Une fois de plus ! Mais nous avons aimé cette folie, même si il a fallu un peu calmer le jeu à un moment donné, pour pouvoir progresser. Trois ans pour faire un second album, cela a été très efficace ! (rires)

Etes-vous toujours aussi proches les uns des autres ?

James Righton : Aujourd’hui, nous sommes un groupe au sens propre du terme, plus qu’un simple concept de groupe... ce qui change tout. Nous avons appris à vraiment travailler ensemble, à partager le bon comme le mauvaise. Notre amitié est solide comme elle ne l’a jamais été : nous sommes vraiment soudés maintenant, rien ne peut nous séparer.

Simon : Cela peut paraître un peu mièvre, mais c’est la pure vérité !

Pourquoi ce choix de titre d’album, Surfing The Void ? Encore un trait caustique de votre part ?

Jamie Reynolds : Cela résume ce que nous faisons, tout simplement ! Nous surfons sur le vide… (rires)

James Righton : Plus sérieusement, cela résume nos trois dernières années passées, tout en parlant de notre situation actuelle. Le vide, c’est aussi comme un souffle. C’est une véritable libération, où les ennuis et les problèmes s’évaporent et disparaissent.

Jamie et James, vous écrivez les textes des Klaxons. Quelles ont été vos inspirations pour Surfing The Void ?

Jamie Reynolds :  C’est assez personnel car cela vient de nos impressions respectives de notre premier disque. Cela nous a pris du temps de savoir ce que nous voulions transmettre, et à titre collectif, car il faut vraiment pénétrer l’esprit de chaque membre du groupe pour savoir exactement le feeling qu’on veut faire passer. Joie, tristesse, énergie, violence…

James Righton : À la fin, quelqu’un doit à un moment se décider sur quelque chose, et fixer la mélodie à partir de laquelle nous allons caler les paroles.

C’est Ross Robinson qui a produit l’album, et ça s’entend. Comment s’est déroulée votre collaboration ?

James Righton : Ca a été incroyable. Avec lui, tout prenait sens et faisait disparaître les problèmes et les détails futiles. C’est un homme doux, adorable, lumineux…

Simon Taylor-Davis : Il a eu une vie hyper remplie, c’est un véritable workaholic. S’il ne travaille pas, il devient  fou. Il a vraiment un mode de vie très sain, tout est sobre chez lui… sauf la musique (rires) ! Il nous a encouragé à veiller sur nous-mêmes par rapport à notre alimentation, notre consommation d’alcool… Cela nous vraiment enrichi et cela a indirectement influencé l’ensemble de l’album.

Ross Robinson vit du côté de Malibu… Surfing The Void, c’était un peu « Surfing In The U.S.A » pour quatre Anglais comme vous ?

Jamie Reynolds : Un peu… Il a son propre studio dans sa maison en Californie, et nous y sommes restés quatre mois !

James Righton : Nous avons habité sa maison qui donne directement sur la plage ! Nous vivions à son rythme, celui du L. A. lifestyle. Quand on avait besoin de souffler, hop, on allait marcher dans le sable… C’était un rêve ! Comme toute cette aventure d’ailleurs….

Certaines chansons de l’album vous ont-elles marqué d’une façon ou d’une autre ?

James Righton :  Si tout l’album nous a marqué d’une façon ou d’une autre, ce serait se mentir de ne pas dire que « Twin Flames » est une chanson exclusivement destinée aux amoureux. Incroyable mais vrai ! Sinon, « Echoes » nous a rendu plus forts et nous a permis d’assurer l’ensemble de l’album. Dès que nous l’avons écrit, nous avons su que ce morceau avait quelque chose de spécial, et qui nous a fait beaucoup de bien. C’est pour ça que nous l’avons mis en première position dans l’album.

La pochette de Surfing The Void est assez drôle. D’où vient cette idée de chat cosmonaute ?

Simon Taylor-Davis : C’était question de montrer qu’un chat est capable d’aller dans l’espace, et même d’en revenir pour dire que des conneries (rires).

James Righton : Avec l’idée que le chat va ailleurs pour chercher une meilleure place, mais que les choses ne sont pas si mal ici-bas ! (rires) Un pur délire existentialiste…

En live, vous avez une certaine réputation : vous avez notamment réussi à vous casser une jambe l’année dernière !

James Righton : Et pourtant, on ne cherche pas la théâtralité sur scène ! Nous sommes quatre mecs (avec le batteur Steffan Halperin) et il n’y a pas vraiment autre chose que notre effort commun à faire de la musique aussi bonne que puissante. Galvanisante, même.

Jamie Reynolds : Pas de jeu de lumière, pas de folies, de grimaces, et rien que ça, cela peut surprendre ! Nous essayons seulement de faire de la musique avec laquelle nous nous sentons à l’aise, et qui nous rende meilleurs, tout simplement…

Votre musique est comme faite de ying et yang, d’énergie et de profonde mélancolie…

Simon Taylor-Davis : C’est exactement ça ! Nous croyons beaucoup à ce concept du yin et du yang.

James Righton : Il y a de la spiritualité dans la musique, quoiqu’il arrive. Notre musique est plutôt violente, mais ce qui n’empêche pas nos chansons d’être malgré tout très belles.

Jamie : C’est l’harmonie qui est importante dans la beat music, il doit y avoir de la lumière et aussi de l’obscurité, et il faut trouver l’équilibre entre les deux. Trop de lumière peut rendre la musique trop douce, voire mielleuse. Et trop d’obscurité c’est vite too much, en fait ! C’est ça qui fait la bonne musique : l’équilibre des humeurs et des sensations que la chanson dégage.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Pourquoi s'appeler Misteur Valaire?

LUIS: Nous avons tous grandi ensemble à Sherbrooke, au Québec. À l'école, nous avons côtoyé un Mexicain s'appelant Carlos Ramirez. Pianiste classique exceptionnel, il se prenait pour un grand homme de la vieille Europe et tenait absolument à ce qu'on l'appelle Carl Valaire. Les valeurs mexicaines (fêtes familiales, friolaises, pinatas, etc.) nous tenant beaucoup à coeur, nous avons décidé de lui voler son nom pour devenir Misteur Valaire. Carlos est donc heureusement resté Carlos Ramirez.

Que doit absolument posséder un album réussi ?

Un son, une couleur, des bonnes chansons et une ligne directrice...

Le meilleur moment de l'enregistrement de Golden Bombay?

Je dirais l'écoute final, où nous étions exténués mais euphoriques. Cette dernière écoute avant de rendre le produit implique un lâcher-prise, et donne l'impression d'entendre l'album pour la première fois.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Applause

Quelle est la meilleure raison de faire un groupe de rock?

NICOLAS LY: Vous vous souvenez quand vous étiez adolescent et que vous étiez une bande de potes? Imaginez que cela dure toute la vie.

Quelles qualités doit posséder une chanson parfaite?

Elle révèle en nous un monde secret enfoui. Elle ne crée pas une émotion, elle en dévoile une déjà présente, dissimulée dans nos tréfonds. Elle donne à voir un manque vital. Elle fait surgir et scintiller le lien entre le réel et ce que nous en percevons.

Vos meilleurs souvenirs de concert?

Difficile de hiérarchiser ses souvenirs, de mesurer ses émotions... Le meilleur souvenir, il est récurrent, c'est le moment où le plaisir musical devient un plaisir physique, où la vibration sonore devient une onde corporelle. Quant on se fait envahir par le son en une vague sensitive douce et intense.

La genèse et les mots-clés de votre premier album?

Après des débuts souterrains -trois ans dans une cave à jouer de la musique sombre-, avoir rencontré notre label 3ème bureau et le producteur Daniel Presley nous a permis d'ouvrir notre langage, de proposer une musique plus solaire. L'avant disque était intense et beau, mais refermé sur lui-même. D'avoir pu fixer les choses nous aspontanément donné envie d'ouvrir le discours musical à d'autres influences, d'autres régions du spectre sonore, emprunter des chemins inexplorés, quitte à s'y sentir en équilibre instable. Et prendre des risques en se donnant la confiance mutuelle pour les dépasser.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Hyphen_Hyphen

Pourquoi deux fois Hyphen?

Hyphen parce ça sonne bien (ça signifie trait d'union en anglais), c'est aussi le lien cosmique qui nous unit. Et parce qu'on adore les miroirs .

Comment était votre premier concert?

Le premier concert, c'était comme un tableau de Pollock ou comme une fête psychédélique berlinoise. C'est aussi à ce moment que nous avons pris conscience que c'était ce que nous voulions faire de nos vies. Notre souhait le plus cher est de créer un show imparable, de le partager avec le plus de gens possible et puis trouver un LABEL !

Hyphen Hyphen en quatre mots?

Pop rock galactique rétro futuriste.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Nomade?

LIZZI BOUGATSOS: Ce nouvel album, Eye Contact, s'est enregistré entre le désert de Joshua Tree en Californie et le studio Woodstock à New York. Ce grand écart qui nous a forcément influencé.

Regard?

C’est un thème que nous cultivons depuis bien longtemps: lorsque nous jouons, nous nous regardons dans les yeux. Nous voulions une relation directe avec le public, si directe que cela en est devenu presque punk.

Hédoniste?

C'est l'adjectif qui pourrait le mieux résumer notre musique. Nous laissons nos concerts prendre toute la place et tout le plaisir dont ils ont besoin.

Solitude?

C’est difficile de respirer lorsque nous sommes trop entourés. Du coup, nous nous isolons beaucoup. J’aime être seule, surtout avant les concerts... je trouve qu’il y a toujours trop de monde en backstage!

Animal Collective?

Ce sont des amis: nous avons démarré ensemble, mais ils ont commencé à tourner bien avant nous. C’est bon de se réunir sur scène quand on le peut, car on se manque... cela nous manque de jouer ensemble.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Quadricolor-1

 

Si vous deviez vous présenter en une seule phrase?

Salut, on s'appelle Quadricolor, on est un groupe de quatre potes qui fait du rock, et on vient de Nice. Ah, et notre nom est né d'une blague!

Vous avez remporté le prix Deezer de Talents... Que ressentez-vous?

On est très heureux d'avoir remporté ce prix, on remercie toutes les personnes qui ont votépour nous. Cela nous aide beaucoup dans notre développement, tant au niveau visibilité qu'au niveau financier. Cela nous permet également de jouer au festival Europavox... on est vraiment contents!

Une erreur à ne surtout pas faire?

Déraper en interview et que nos propos soient mal interprétés. Ou encore signer un contrat avec les mauvaises personnes...

Un rêve à accomplir à tout prix?

Vivre de notre musique.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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