Black Devil Disco Club

BernardFevre

 

Comment rester vivant dans l'industrie de la musique?

BERNARD FEVRE: En la côtoyant sans jamais la pénétrer, ou bien très couvert, c'est pourri de germes! Blague à part, je ne sais pas si je suis vraiment dans l'industrie de la musique. Ce que je fait est plutôt artisanal, et ça a toujours été comme ça. Pendant 25 ans, j'ai même été plutôt déconnecté de l'actualité musicale. Aujourd'hui, j'ai une équipe autour de moi qui s'occupe de mes affaires et je peux me concentrer sur la musique, produire, faire des remixes, des prestations live. J'ai beau tourner dans le monde entier, ça reste professionnellement parlant très familial, et amical avec mes fans : je suis quelqu'un de simple. C'est mon alter ego Black Devil qui est plus extravagant, mais il s'exprime uniquement en musique. Je ne peux m'empêcher d'être attiré par lui, d'où la chanson qui clôt mon nouvel album, "The Devil is Magnetic".

Pourquoi avoir appelé cet album Circus?

Parce que je réussis, après tant d'années, à réunir une famille musicale et surprenante autour de ma musique. En quelque sorte, c'est l'ouverture de mon club privé à des connaissances. Je fais à la fois le physio et le DJ. Et à l'intérieur de ce cirque, chaque invité fait son numéro sur une chanson dont je reste le maître de cérémonie. Ma musique étant assez visuelle, il faut voir cet album comme la bande originale d'un spectacle décadent.

Dans Circus, comment réussir cette cohésion musicale avec autant d'invités différents?

Je n'étais pas sûr que cela fonctionnerait mais ma musique a su "habiller" ces voix et ces personnalités fort différentes. Et j'en suis très fier. Même si le processus était artisanal, il s'agissait de professionnels qui savent apporter leur touche sans pour autant dénaturer la chanson pré-existante. Et comme je m'occupe de toute la production de A à Z ça reste un album de Black Devil Disco Club avant tout.

Lorsque vous pensez à tout ce chemin parcouru, assez incroyable, que ressentez-vous?

Pour ce qui m'arrive aujourd'hui, beaucoup de plaisir et d'amusement. Mais j'aurais préféré que cela arrive plus tôt! Ceci dit, je ne suis pas rancunier ni nostalgique, j'ai appris à m'accommoder de la réalité et je regarde toujours vers l'avant. D'ailleurs, je ne tourne quasiment qu'avec des artistes plus jeunes que moi, qu'il s'agisse de mes remixeurs ou de mes invités sur un album. Cela me permet de rester "en contact" sans me forcer.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Raphael Saadiq

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Je ne rentre pas en studio avec une idée en tête. C’est comme un rêve éveillé. Tu veux rendre ta guitare plus agressive pour rendre ton album encore plus dansant. Pour faire rocker encore plus et faire danser encore plus!

En studio, ce n’est pas pour voir les visages s’illuminer que tu travailles. Quand tu approches le microphone, c'est pour toi que tu dois jouer, il n’y a personne d’autre au monde. Tu essaies, tu recommences, ou tu te laisses aller....Tu dois sortir ce que tu as ce que tu as dans le ventre.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Troy Von Balthazar

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Enregistrer un album… que cela implique-t-il pour vous?

C’est ce que j’aimerais faire toute la journée, tous les jours. L’enregistrement de How To Live On Nothing fut très intense, un mélange entre le fait d’être à la fois sous contrôle et complètement hors contrôle. C’est cet équilibre qui rend la musique belle. Je n’aurais rien pu faire de mieux avec ma petite existence...

Pourquoi le titre de votre dernier album, How To Live On Nothing ?

C’est une description sincère et transparente de ce que je vis depuis quelques années. Des pays différents chaque semaine. Manger, ne pas manger. Dormir, parfois dans ma voiture en regardant par la fenêtre les gens fous de Los Angeles. Jouer sur scène devant énormément de monde, ressentir la meilleure énergie possible: celle entre la musique et les gens, entre la musique et mes mains qui tiennent la guitare.

Quel est le principal rôle d’une chanson - de vos chansons ?

De me garder en vie sur cette planète. De garder l’esprit vivant. De garder le cœur heureux ou triste. Pas de pression, du pur plaisir.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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David Sitek

DavidSitek

S'exciter parce que le chanteur de Bloc Party ou moi nous nous sommes mis à la dance music, quelle stupidité! Ceux qui ont critiqué Kele Okereke sont des sombres connards. C'est à cause de ce genre d'enfoirés que le rock indie est devenu de la merde... de la merde en barre! Que les gens aillent se défouler sur les banques, par exemple, sur des choses qui méritent qu'on s'énerve à leur propos.

La musique est faite avant tout pour être ressentie - viscéralement, physiquement. Ma stéréo, c'est ma métaphore de la vie: c’est tellement énorme et fort que tu n’entends que ça!

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Asaf Avidan & The Mojos

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Premiers souvenirs musicaux ?

Mes parents ont grandi durant les années 70 à New York, ils y ont vécu avec le blues, le jazz, Hendrix, les Doors… C’est là-dedans que je suis né, mais je ne me souviens pas de grand chose avant mes 13 ans et le choc Nirvana, la scène grunge des années 90… C’est plus tard que j’ai vraiment réalisé à quel point j’ai eu une bonne éducation musicale.

Premiers instruments ?

Je joue de l’harmonica, du piano et de la guitare depuis des années, mais je ne me vois pas comme un musicien car je n’ai jamais appris à jouer formellement d’un instrument. C’est pour cela que je suis très admiratif des musiciens qui m’entourent. Par exemple, je ne sais pas ce qu’est une échelle pentatonique. Nous l’utilisons fréquemment, mais je ne saurais pas le décomposer. Heureusement, je joue suffisamment bien de la guitare pour accompagner mes chansons.

Premier coup de foudre?

A 7 ans, lorsque mon père m’a mis un casque énorme sur les oreilles pour écouter The Wall. J’aimais le coté théâtral de l’histoire, dont je m’inspire encore aujourd’hui dans ma musique, avec cette notion d’histoire, de conversation. Plus tard, j’ai vu le film, à la fois œuvre d’art, concert rock’n’roll et ballet… impressionnant. Ce sont les Pink Floyd qui m’ont fait perdre ma virginité musicale !

Premiers concerts ?

C’était en 2006, dans un bar, où je jouais quelques chansons hippies. Un soir, Ran Nir, le bassiste des Mojos, est venu vers moi, et m’a demandé si je voulais faire de la musique avec lui. Ce fut comme une bénédiction.

Premières fois avec les Mojos ?

On a tous grandi à Jérusalem… c’est un petit monde. Même si nous étions de différentes générations, nous avons réussi à nous rencontrer. Très vite, les concerts nous ont soudés, et encore plus les tournées. Nous sommes partis à New York, Pékin, en Europe. Les choses vont vite. Sortir de l’anonymat, c’était nouveau pour nous tous. J’essaie de m’accrocher, sans comprendre tout ce qui m’arrive… Et j'essaye d’oublier que la musique est ma thérapie.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Alela Diane 1

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Je crois aux esprits, aux vibrations, bonnes ou mauvaises. Mes parents sont hippies, et m'ont élevée dans le respect du passé, des personnes qui n'existent plus - du moins physiquement. Cette éducation m'a réussi... même si ma maison est remplie de vieilles choses absolument sans intérêt! Je ne peux pas m'en séparer, c'est plus fort que moi...

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Connan Mockasin

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Vous faites de la musique depuis des années. Pourquoi faire cet album maintenant?

Je suis musicien depuis un certain temps, mais cela ne fait pas longtemps que j’écris des chansons. Le concept même d’album est encore tout nouveau pour moi... Cela m'intimide presque. J’ai fait un disque parce que ma mère m’a dit de le faire. Jusqu’ici, je grattais ma guitare dans mon coin. Elle m’écoutait avec attention, et lorsqu’elle m’a donné ce conseil, j’ai jugé bon de le suivre !

Comment est né Dolphin Forever Love ?

Je me suis donc retrouvé à enregistrer un album, mon album, du début jusqu’à la fin. J’ai simplement savouré l’ambiance, ce qui se passait. Sans aucune stratégie, sans aucune idée en tête. Une seule chose était sûre, je ne voulais pas qu’il fasse plus d’une heure. Arrivé à 60 minutes, j’ai tout arrêté ! En fait, ce n’est pas un album, mais une compilation des chansons que j’estimais les plus convaincantes, et que j’ai placées dans un ordre bien précis.

Pas trop difficile de monter sur scène quand on est timide ?

Etrangement, je me sens vraiment naturel sur scène, et tout passe à une vitesse infernale. J’ai été très inquiet au début, et j’ai vite appris que plus tu jouais, plus tu apprenais. Aujourd’hui, je me sens en symbiose avec mon public. Cela me rend heureux pour plusieurs jours.

Vous semblez très heureux...

L’art, c’est la vraie vie. Je fais ce dont j’ai toujours rêvé sans même le savoir, je ne pourrais pas être plus heureux! Pour le reste, je me tiens éloigné de l’industrie de la musique, je ne change surtout pas d’amis… Je ne veux pas accorder trop d’importance à ce qui n’en mérite pas.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Cascadeur

Cascadeur

En faisant ce que je fais, le visage dissimulé en permanence, mon ego en prend un coup. Sur scène, je suis important, et quand j’enlève mon costume, je redeviens un anonyme : les gens parlent de Cascadeur juste à côté de moi sans savoir qui je suis... dans deux ans, je serais peut-être complètement fou !

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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The Pains of Being Pure At Heart

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PEGGY WANG: J'aime regarder la télé, surtout les comédies romantiques des 90's comme Clueless, des trucs de lycéens...

KIP BERMAN: J'aime boire du café, jouer de la guitare, manger des bonbons en regardant des documentaires sur Iggy Pop, à aller à d’autres concerts. Et on aime tous les deux les fan-clubs d'ados, comme Kurt Cobain.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Aloe Blacc

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J’ai vraiment besoin de ressentir ce que j’écris. Je veux m'investir à ma façon, car les êtres humains sont les meilleurs sujets au monde. Il faut leur transmettre de l’émotion, les amuser, les entraîner, surtout lorsqu'ils traversent des périodes difficiles... Il y a eu de tout temps des crises économiques. Dans l’Egypte ancienne, il y avait les esclaves hébreux. Dans l’Amérique de jadis, c’était les esclaves africains. Aujourd’hui, la crise creuse d’avantage le fossé entre pauvres et riches, qui continuent à construire des pays sans se soucier de ceux qui n’ont pas de toit au dessus de leur tête. Eux ne risquent jamais de perdre leur maison, leur éducation, leur santé… C'est cela, l'injustice.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Mogwai

Mogwai

MARTIN BULLOCH:

Pourquoi ce titre absolument génial de votre huitième album, Hardcore Will Never Die, But You Will?

Le nom de l'album est venu d'un de nos amis, James, le batteur du groupe de rock action Errors. Un soir où nous allions à l'épicerie du coin, il entendu des gamins de la rue s'en prendre au gérant de la boutique. Il refusait de lui vendre de l'alcool parce qu'il était trop jeune. L'un des garçons lui hurla: "le hardcore ne mourra jamais, mais toi, oui!" Je pense que c'est une référence à la très mauvaise techno qu'écoute les "neds" de Glasgow...

Mogwai, ce sont des frères, des amis, des collègues?

Nous sommes tous ça à la fois. Lorsque nous avons monté Mogwai, nous nous connaissions pas vraiment, nous n'étions pas encore devenus de véritables amis. Après toutes ces années passées ensemble, nous ressemblons plutôt à une famille. En fait, j'ai passé plus de temps avec ces mecs qu'avec ma propre famille! Je ne pense pas que le groupe serait là aujourd'hui si nous n'étions pas amis. Quand nous revenons d'une année de tournée, nous sommes encore capables de passer du temps ensemble! John, Stuart et moi nous allons à des matches de foot des Celtic, l'équipe de Glasgow... C'est presque étrange d'être aussi proches... mais c'est génial!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Marie Modiano

MarieModiano

Ce que j'essaye de faire, c'est une musique qui me ressemble, qui reste en accord avec moi-même.. ce qui n'est pas si facile. Surtout, j'essaye de ne pas me perdre en suivant les opinions des uns et des autres…

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Noah and The Whale

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CHARLIE FINK : Quand j’ai commencé à écrire cet album, je voulais me tester, ne pas ressortir mes trucs habituels. Me sortir d’un environnement confortable, mais sans trop me poser de questions ! Last Night On Earth a un vrai côté franc du collier, avec une production qui retransmet uniquement le moment présent. Ce son qui traverse ton esprit... et qui ne revient pas toujours.
Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Joan as Police Woman

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Je vais te jouer "Flash", parce qu'aujourd'hui, je suis d'humeur à jouer "Flash"!

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Gang Of Four

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Quand êtes-vous arrivé sur Paris ?

ANDY GILL: Ce matin, de Bruxelles. J’aime cette ville : dans les bars, on peut fumer tranquillement. Je n’y croyais vraiment pas, j’étais impressionné quand je suis arrivé là-bas. John me rejoint demain et nous allons à Berlin. Mais bon, c’était mieux quand il y avait le Mur…

Dans l’ensemble, c’était mieux avant ?

ANDY: Dans les années 70, c’était la crise, il y avait beaucoup de grèves en Angleterre. Le gouvernement a mis du temps à régler ces problèmes. À l’époque, nous étions pauvres, nous vivions dans des villes de merde. Des villes charbonnières, dont tout les boulots sont partis en Asie. L’extrême droite montait en puissance, il y avait beaucoup de chômeurs. Ils cherchaient la bagarre avec nous car nous étions des musiciens, des homosexuels, des artistes bohémiens.. C’était un peu Il était une fois dans l’Ouest, avec une atmosphère encore plus sombre et violente.

Et puis il y a eu les années 90…

ANDY: Depuis les années 90, tout a été reconstruit et tout a brillé. Les années qui ont suivi les eighties, les gens ont gagné beaucoup d’argent. Mais là, l’argent disparaît à nouveau. Et la politique se doit d’être austère, calculatrice, précautionneuse. Nous sommes tous impliqués dans les problèmes de ce monde capitaliste, nous y sommes tous impliqués. Car tout le monde possède un compte en banque, n'est-ce pas? Rien n’est vraiment simple, et nous ne pouvons nous contenter d’une analyse marxiste dépassée aujourd’hui.

Pensez-vous toujours faire des protest songs ?

ANDY: Dans un sens, oui ! Même si tout le monde ne le reconnaîtra pas.

Vous êtes devenus des icônes, beaucoup vous ont copié… comme les Red Hot Chili Peppers?

ANDY: C’est vrai, le son de la guitare, le rythme des percussions… Les Red Hot se sont bien servis ! Tiens, j’ai rencontré une fois Flee à Londres, et il m’a charrié en me demandant pourquoi je ne les avais pas poursuivis. Peut-être que j'aurais du?

Etes-vous un groupe dit politique ?

ANDY: Si on oublie la politique et si on ne fait que décrire ce que l’on voit, on n’aborde pas les choses intéressantes. Je ne parle pas de cœurs brisés. Notre but est vraiment d’éviter les clichés… pas comme Coldplay. C’est trop adolescent pour moi. Même si Gang of Four ne sera jamais la bande-son d’une pub pour un parti, et que nous nous ne lèverons jamais le drapeau rouge sur scène, nous essayons simplement de comprendre comment les choses fonctionnent.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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