Andy Burrows-Philippe-Mazzoni-2


 

Razorlight, un premier effort solo sous le nom de I Am Arrows, puis le groupe américain We Are Scientists, le duo british Smith & Burrows. Aujourd'hui, vous vous dévoilez... pour de bon?

 

Oui. Depuis quelques années, j'avais l'impression d'avoir encore des choses à prouver, d'avoir des choses personnelles à dire, ce que j'ai fait avec mon premier disque "solo", mais il y avait toujours un obstacle: la vie de groupe, le mauvais label, des hésitations existentielles. Je n'étais pas libre. Puis est venu le bon moment, celui de faire un album à moi, que j'assume en toute connaissance de cause. Je m'amuse enfin comme je l'entends!

 

Où et comment Company a vu le jour ?

 

Je vis à New York avec ma petite famille, mais j'ai enregistré cet album à Londres, avec l'aide de Mark Ronson, qui est un ami avant tout. Ensemble, nous avons confectionné un album que nous souhaitions cohérent, lisible, généreux. En retournant travailler dans mon pays natal, j'ai retrouvé cette humeur anglaise que j'aime tout particulièrement...

 

Pourquoi ce titre, Company?

 

Ces chansons que j'avais sur le coeur avaient besoin de trouver un foyer, et elles l'ont trouvé dans Company. J'aime beaucoup ce nom, car ce mot est important dans mon quotidien. Ce n'est pas que j'ai peur de la solitude, mais je suis un adepte du partage, au café du coin ou dans son salon, en famille ou entre amis...

 

On décèle un véritable amour pour la pop dans cet album...

 

Parce que je suis un dingue de pop, depuis que les Beatles l'ont véritablement inventée. Lorsqu'elle est bien employée, cette musique réussit comme aucune autre à mêler l'exigence et la légèreté. C'est exactement ce que je recherche au fil de mon existence.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Roseaux-Philippe-Mazzoni

 

Où, quand, pourquoi et comment est né le projet Roseaux?

Clément: Lorsqu'Émile est venu nous trouver, Alex et moi, ça faisait un petit moment que l'idée de réaliser un disque lui trottait dans la tête. Il avait cette envie de brasser beaucoup d'influences, et il s'est adressé à deux vieux potes, aux goûts très éclectiques à l'instar des siens, pour leur proposer de se lancer dans ce projet. La première rencontre s'est faite chez moi à Bagneux (autour d'une soupe thaï maison...) et Émile nous a d'emblée exposé son envie de travailler sur des morceaux qui l'avaient vraiment marqués, et d'en faire des reprises à notre sauce. On est parti d'une liste assez large de titres plus ou moins connus, allant de tracks house à du reggae, en passant par des classics funk, de la bossa et du rock, pour élaguer doucement en fonction des envies et des idées de chacun.

Pourquoi avoir choisi ce nom de groupe, Roseaux...?

Émile: Un nom français s'imposait car la musique de Roseaux est le fruit d'une curiosité bien frenchie. Il symbolise bien notre formation car les roseaux sont un ensemble d'entités singulières: nous ne sommes pas un groupe, chacun a d'autres projets, et nous nous retrouvons pour créer cette musique - qui est avant tout celle que nous voulons, indépendamment des codes et modes actuelles. En ce sens, comme le dit La Fontaine, lui-même ayant repris Esope, Roseaux plie mais ne rompt pas!

Un beau souvenir de l'enregistrement?

Alex: Claudio Cacau pendant l'enregistrement des flûtes sur "Strange Things", parcourant la partition dont nous étions assez fiers. Son verdict implacable est tombé: "Ah, mais ceci n'existe pas dans la musique brésilienne..."

Comment s'est déroulé votre collaboration avec Aloe Blacc?

Clément: Très simplement. Quand on s'est dit qu'Aloe était la bonne personne et la bonne voix pour porter ce projet et qu'il a accepté de venir enregistrer un album entier comme chanteur, c'était une idée neuve et une première pour lui. De ce fait, il s'est mis à l'écoute de nos idées et s'est totalement laissé aller dans le projet jusqu'à trouver les intentions justes pour chaque morceau, avec la voix qu'on lui connaît.

Votre plus grande peur pour cet album ?

Alex: Elle était totalement liée à l'admiration que nous avons pour les auteurs et compositeurs de ces chansons: comment légitimement reprendre leurs oeuvres? Notre ambition, c'était de retrouver un peu de l'émotion des versions originales mais aussi de leur offrir un nouveau visage. Notre peur fut de ne pas y arriver et de massacrer ces chef-d'oeuvres. Nous avons donc pris le temps de réviser notre copie autant fois qu'il le fallait pour restituer un peu de cette émotion...

Et votre désir le plus fervent pour l'avenir?

Clément: Continuer à travailler sur d'aussi jolis projets.

Alex: La fameuse soupe thaï de Clément!

Emile : Avoir la chance de collaborer avec des interprètes dont l'intention du chant est si rare...




Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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LafayettePhilippe Mazzoni

Votre plus beau moment sur scène?

Un concert en première partie des Firecrackers à Grenoble. C’était leur concert d’adieu, ils se séparaient après. Leur public était là en masse. L’ambiance était électrique, la tension palpable dans le public et dans les loges. On monte sur scène et dès le premier titre, des mecs slamment, ça pogote devant, du délire! On a joué en mode autoroute, à donf! Trop bon.

Et en studio?

Le mixage du nouvel album au Studio Mercredi 9, notre QG. David Corcos est venu du Brésil pendant 15 jours. L’ambiance était extrêmement studieuse et "enfumée...". Une douce odeur de plantes se répandait dans tous le studio. Les reverbs et échos vintage étaient de sortis. Ca planait vraiment!

Votre plus belle frayeur ?

Une nuit, on rentrait d’un concert à Marseille, et un cerf a traversé juste devant le camion. Il pleuvait dru, c’était surréaliste. Tout s’est passé en une fraction de seconde mais on a eu très peur.

Votre plus grand désir?

Jouer au Festival de Coachella, près de Los Angeles. Tous les groupes qui comptent sont passé à un moment donné de leur carrière là-bas. C’est une ambiance très cool et festive, post hippie, dans un site naturel sublime.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Lescop-Philippe-Mazzoni

 

NAISSANCE DE LESCOP. Tout simplement parce que j’avais des textes qui ne correspondaient à mon groupe, Asyl. Et je voulais travailler avec John depuis longtemps. Nous avons fini par trouver le temps, il y a trois ans. Et puis, après quinze ans de groupe, j’avais envie de faire autre chose. D’ailleurs, nous avons chacun des projets annexes...

JEUNE HOMME MODERNE ? Les années 80, c’est une époque que je n’ai pas vécue. Je suis évidemment très flatté d’être comparé à lui car c’est une référence pour moi, même si j’essaye de me soustraire à un maximum d’influences. Etienne Daho a fait des très belles chansons... Il n’y avait pas eu d’auteur-chanteur dans ce genre précis depuis, c’est peut-être pour cela que l’on nous compare tous les deux.

TEXTUEL. J’aime le théâtre, car c’est écrit pour être dit. J’aime la simplicité et la radicalité d’auteurs comme Mishima, Semprun, Carrère, Céline, Artaud. Pour mes chansons, je commence par le texte. Je n’aime pas les mots savants, les tournures de phrase compliquées, donc mes paroles possèdent déjà une démarche pop. D’ailleurs, s’ils se suffisaient à eux-mêmes, je n’aurais jamais cherché à chanter. Mes textes fonctionnent uniquement quand ils sont chantés.

INTENSITÉ. Mes chansons doivent avoir une notion de cruauté, d’érotisme et d’urgence. Sinon, cela ne sert à rien. Je suis contre les chansons inutiles. Je trouve ça triste d’aimer une chanson parce qu’elle détend, point. Il faut être transporté, avoir des frissons dans le dos... Cela ne signifie pas une violence obligatoire, mais une chanson doit être essentielle. Comme chez Springsteen, Bowie ou Lou Reed, dans des registres très différents.

LA NUIT. J’écris toujours le jour, mais je parle de ce qui me manque, donc c’est logique que j’écrive sur la nuit. La nuit nettoie un peu tout… surtout après une mauvaise journée. Il y a quelque chose de virginal, de prometteur. Les gens ne se parlent pas de la même manière ? La nuit est propice au mystère, à l’amour, aux sentiments délicats. Les forêts la nuit m’ont toujours terrifié, et c’est peut-être aussi pour cela que j’ai écrit "La Forêt". L’angoisse, c’est porteur.

FRENCH POP. Ce que je préfère défendre, c’est la fierté d’être ce que l’on est: moi, c’est d’être un chanteur français. Gainsbourg disait que la pop française ne devait pas être à la remorque des anglo-saxons, c’est très vrai. Pas besoin d’être nationaliste pour ça, mais il ne faut pas tricher. Des nouveaux artistes comme Mustang, Pendentif, Aline, La Femme assument ce qu’ils sont. Les Anglais ou les Américains adorent les artistes qui chantent en français, mais pas les Français ! Mais nous aussi on sait faire de la musique, nous aussi on sait écrire des textes. Il est temps de montrer ce qu’on est capable de faire.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Wax-Tailor-Philippe-Mazzoni

SI DUSTY RAINBOW FROM THE DARK ÉTAIT:

Une couleur:

Difficile de résumer un arc en ciel à une couleur! Au final, je dirais un rouge carmin, peut être parce qu'il contient à la fois la densité et la profondeur des couleurs sombres et l'éclat des couleurs éclatantes. La question s'est posée par rapport à l'illustration de la pochette, mais justement, comme c'est une allégorie, je voulais conserver de la distance avec la représentation habituelle. Je voulais juste que le rouge soit présent.

Une matière:

Là, c'est facile: la cire. C'est la base du récit, la matière noble par laquelle passe la musique. Je pense que le vinyl apporte à la musique un cérémonial qu'on perd avec le digital. Je ne suis pas passéiste et j'apprécie d'avoir des milliers d'albums dans ma poche mais ce n'est pas le même rapport au temps et à l'attention, écouter un vinyl c'est comme faire une jolie table avant de dîner...

Un événement historique:

Mai 1968, parce que cette période me fascine et que j'avais en note d'intention que mon récit se situeraiit dans cette fin des années 60. Ca reste pour moi un sujet d'étude à part entière de voir les corrélations entre l'évolution de la société et la musique dans cette période, avec le sentiment que l'un se nourrit de l'autre pour faire avancer les mentalités.

Un aliment:

Le chocolat. Aucune explication rationnelle si ce n'est que je suis complètement junkie! Et que sans chocolat, je n'aurai jamais fais ce disque ni aucun autre d'ailleurs; c'est la substance qui m'amène à la méditation transcendantale, pas besoin de LSD! 

Un manifeste politique:

Le terme est tellement galvaudé que je ne suis pas certain de savoir ce qu'il englobe exactement aujourd'hui. Mais pour rester dans la thématique je dirais (même si c'est plus un slogan qu'un programme): "Il est interdit d'interdire". C'est un peu simpliste vu de 2012, mais en 1968 dans la France de De Gaulle, ça avait certainement une autre teneur.

Une sensation:

L'évasion mentale, c'est tout le propos de ce disque. Pour moi, la musique est le meilleur véhicule. Elle possède cette force d'évocation qui nous permet de nous évader facilement, rapidement, simplement et de s'offrir une parenthèse dans le quotidien.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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En concert le 3 août aux Nuits Secrètes

Pourquoi ce titre, Happy Soup?

BAXTER DURY : Le titre est venu en premier, avant même la chanson. Une révélation, un peu comme Paul McCartney qui raconte qu’il a écrit "Black Bird" après avoir fait un rêve. Happy Soup, c’est la soupe de la vie, avec son lot de déceptions et d’espoirs.

Comment avez-vous cuisiné votre album?

BAXTER : La plus grande partie a été faite dans un studio plutôt snob de Londres. Avec beaucoup d’argent. Le label nous a laissé carte blanche, sans doute parce qu'il se doutait que nous allions devenir millionnaires. Ou presque, à quelques millions près.

MADELAINE HART: En tout, l'album nous a pris presque trois ans... Nous y avons beaucoup réfléchi.

Heureux de cet album?

MADELAINE : C’est vraiment horrible d’essayer de définir une chose sur laquelle tu as travaillé aussi longtemps. C'est comme une dépression post-partum, lorsque tu as accouché, que tu es fatiguée par ton enfant et tu ne peux parfois plus te le voir. Finalement tout le monde autour de toi te pousse à l’aimer à nouveau. .

Justement, comment ne pas se faire influencer par son entourage?

BAXTER: Il faut se laisser guider par son troisième œil, un peu comme les peintres. Je ne sais jamais trop où j'en suis dans mes émotions... En fait, je suis la nouvelle Mona Lisa! Cela peut être énervant, mais ça peut aussi bien fonctionner, non?

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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En concert le 26 juillet aux festival Les Voix du Gaou

Education musicale respective ?

 

AURELIE : J’ai fait du piano classique quand j’étais enfant, du solfège… Il y avait beaucoup d’instruments à la maison. Aucun de mes parents n’était musicien, mais il est vrai que j’ai grandi dans une atmosphère assez musicale.

 

SYLVIE : Chez moi également, il y avait de la musique, mon père jouait de la guitare en autodidacte. Comme il n’avait aucune notion de solfège et qu’il a toujours été qu’amateur, je me suis rendu compte  qu’il faisait plein de trucs bizarres... c’était drôle ! Sinon, on écoutait beaucoup de musique créole et africaine, du reggae mais aussi tous les tubes du moment…

 

Vos influences ?

 

AURELIE : Là où on se retrouve toutes les deux, c’est qu’on aime des choses à la fois très populaires, très grand public, mais aussi des choses beaucoup plus indies. On a construit notre univers sans avoir aucune chapelle de style ou de snobisme par rapport à quoi que ce soit.

 

Votre rencontre ?

 

AURELIE : Au départ, c’était complètement professionnel. On a un ami commun qui s’appelle Sébastien, et alors que je cherchais quelqu’un pour mettre en musique le texte que j’avais écrit, il m’a dit "tu devrais vraiment contacter Sylvie, je suis sûr que ca collerait super bien entre vous. Sylvie de Vendetta, tu connais ? " "Oui, j’adore !" Au départ, il y avait un côté très studieux dans nos échanges : "bonjour, voila le texte", "bonjour, je vais le mettre en musique". C’est au travers de nos chansons que nous avons réalisé qu’il y avait quelque chose de commun à toutes les deux, quelque chose d’évident. Au départ, on ne faisait que travailler ! Et puis nous avons construit cette relation d’amitié...

 

Et vous, tu m’aimes ?

 

SYLVIE : On l’a utilisé en concert. Il y a un truc qu’on aime bien : à la fois classe et provoquant, voire frontal.

 

AURELIE : Et il y a le mélange du "tu" et du "vous". On adore que les gens utilisent le "tu" en s’adressant à nous : nous formons une entité.

 

Comment avez-vous bouclé cet album ?

 

AURELIE : On a quasiment pris toutes les chansons qu’on avait écrit : quand on écrit un morceau, on va jusqu’au bout. On n’a pas eu à jeter la moitié de ce qu’on avait fait, contrairement à beaucoup de groupes qui fonctionnent comme cela.

 

SYLVIE : On s’est souvent dit qu’on était assez efficaces! Pour nous, il n’y a pas eu d’heures, de jours ou de semaines pour écrire une chanson. Quand on s’y met, on s’y met vraiment et on est assez exigeantes.

 

Vos définitions de la musique de Brigitte ?

 

AURELIE : Libre, féminine, décomplexée.

 

SYLVIE : Retrosweet moderne.

 

Des artistes féminines que vous appréciez?

 

AURELIE et SYLVIE: Peggy Lee, Billie Holliday, Marilyn Monroe… et Kylie Minogue!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Cet album est beaucoup plus personnel que L'Homme Moderne... Aviez-vous moins envie de "jouer"?

Sur le premier album je me suis un peu senti pris au piège dans un personnage, dans une prison que j'avais construit. J'ai tenté d’être plus libre, c'est même la thématique de l'album... Cette lutte entre l'auteur et l’interprète. J'ai eu très peur de l'accueil de ce disque et cela m'inquiète toujours d'ailleurs car j'ai vraiment le sentiment de m'être mis un peu à nu sur certains titres... C'est une impression à la fois très dérangeante et agréable.

Quand et comment avez-vous écrit les morceaux de Deux?

Deux est un album de Pop Instinctive, j'ai commencé à écrire quelques temps avant la sortie du précédent disque, et j'ai fini dans l'urgence... Mais le cadre était présent. Je voulais plus de place pour l'émotion, être moins directif dans le propos que sur tout ce que j'avais pu faire avant.

Comment s'est déroulée votre collaboration avec Frédéric Lô?

Il a été parfait du début à la fin, il m'a beaucoup appris. Après le premier avec Régis Ceccarrelli, j'ai la chance d'être à chaque fois entouré par des réalisateurs de talent. Frederic m'a aussi beaucoup décomplexé par rapport à la composition et la musique en général: étant complétement autodidacte lui-même, il me donne envie d'aller plus loin, il ouvre un peu le chemin.

Si je vous dis "Vertige de l'amour"?

J'aime beaucoup Alain Baschung, je le découvre en ce moment, c'est un artiste sur lequel je n'accrochais pas plus jeune... J'étais très refractaire à tout ce qui n'était pas du rap. Tant mieux, ça me fait beaucoup de chose à connaitre du coup!

Si je vous dit "variations sur le même thème"?

Ce que font tous les chanteurs, non ? La même chanson, perpétuellement. À la recherche de sa forme la plus pure...

Et si je vous dit... "entre gris clair et gris foncé?"

C'est exactement là que je me situe... J'ai du mal avec les gens qui ont une vision binaire du monde.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Soko-Philippe-Mazzoni 

SES CHANSONS. Ma musique, ça ne peut pas être plus moi que moi. J’écris et je compose en même temps, j’ai déjà les arrangements en tête, tout me semble naturel. Il n’y a pas de barrières, ni de protection. Je détesterais me retrouver sur scène à chanter des choses qui ne sont pas vraies. Je ne peux pas me regarder dans le miroir en me disant que je suis une menteuse. Quand je joue pour mon public, c’est la chose la plus sincère que je fais. Et quand je ne suis pas bien, je préfère annuler plutôt que de ne pas offrir le meilleur pour eux.

COUP DE BLUES. J’ai mis beaucoup de temps à me poser des questions, car j’ai enchaîné deux tournages et c’est au milieu de ma tournée que j’ai eu un énorme contrecoup. Je me suis sentie malade, moralement et physiquement. D’autant que le rôle du film dont je sortais, je jouais le rôle d’une hystérique dans les années 80, je devais me frapper, simuler des agressions extrêmement violentes. Aujourd’hui, je viens de remonter la pente, j’ai réussi à me défaire de ce personnage. Pourtant, je n’ai jamais été dans le trip de l’actrice qui se fait dévorer par son métier, mais là, je me suis pris le rôle en pleine face !

PREMIER ALBUM… ENFIN. Travailler dans des studios qui coûtaient cher, ça m’a ruinée et ça ne m’a rien apporté. Je ne pouvais pas produire selon une deadline à respecter. J’ai pensé à plein d’autres idées, comme faire un album entièrement country, avec mandolines, violons et contrebasses. Puis j’ai pris un break, et j’ai continué à écrire dans mon coin, à mon rythme. Prendre mon temps. Celui qui m’a aidé à finir mon album, c’est le producteur Fritz Michell, qui a fait le dernier album d’Elliott Smith. Il a décidé, lui aussi, de prendre le temps. On ne bossait que cinq heures par jour, parce que sinon après tu perds ton intention. Ca a duré huit mois...

NOMADISME. Ca fait un an que je suis partie de Los Angeles, et que je n’ai plus de maison, ni d’amour. Je n’ai fait que travailler. Je ne sais pas quand je pourrais m’y reposer, dans tous les sens du terme. Mais ça ne me dérange pas : j’ai besoin d’être tout le temps en boulimique créative. Paradoxalement, j’ai besoin d’être seule pour écrire, pour digérer mes émotions. J’ai besoin d’une semaine à ne rien faire pour écrire une chanson. C’est pour cette raison que je ne veux pas trop me perdre dans les tournages de films. La musique avant tout!

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Dans une certaine mesure, les chansons de Pourquoi battait mon cœur sont plus enjouées que d’habitude…

Quand on fait un nouvel album, il est préférable de ne pas faire la même chose que ce que l’on a fait avant. Ici, j’avais deux idées. D’une part, la thématique des textes, car je ne faisais que de la chanson intimiste, un peu triste, voire sur le deuil. Et même si je ne sais pas faire grand-chose d’autre que d’écrire des chansons d’amour, il fallait arrêter d'écrire sur des gens morts. Trois albums, c’est suffisant pour ouvrir le sujet ! Cela ne me dérange pas d’être le chanteur qui pleure, mais c’est aussi bien de se détacher de cette image-là.D’autre part, je souhaitais faire un album de chansons qui soit moins acoustique, plus électro - mais sans que ça fasse remix, ce qui est un risque. J’ai travaillé avec Jean-Philippe Verdun, qui vient de l’électro (avec notamment son projet Ready Made), et qui a su habiller les chansons d’électro.
 

On pourrait même dire que l’album est plus dansant…

J’espère ! J’aime les chansons qui font danser, que l’on interprète en dansant, et ce genre de chansons met en valeur les balades. « Je veux » annonçait ça, même si c‘était un morceau très à part dans 33 Tours, qui, comme son nom l’indique, était très acoustique, et qui était la suite des Chansons d’Amour. Ici, l’identité visuelle est différente : la pochette est rouge, je ne suis pas en costume… je suis plus dans l’énergie.
 

On vous y entend aussi engagé - si ce n’est politisé ?

En récupérant des affiches pour le clip de « Au Départ », on a rencontré des personnes de Solferino. Ils voulaient utiliser la chanson, sauf que c’est une très mauvaise idée, car c'est une chanson qui n’est pas engagée. Elle traite avant tout de la désillusion. Comme « Je réponds toi », qui réfute les valeurs travail, famille, patrie, qui nous rappelle une bien sombre époque, et donc je réponds toi, c’est-à-dire une histoire d’amour personnelle. On est passé de mai 68, les politiques vont nous sauver, la notion de collectif, à nos petites histoires d’amour étriquées - le seul espoir qui nous reste. Je suis citoyen, j’ai un engagement qui est celui d’aller voter. Cependant, mes chansons engagées sont avant tout des chansons d’amour.
 

Toujours fidèle à Christophe Honoré, qui sort bientôt son nouveau film, Les Bien-Aimés ?
 
Parallèlement à l’écriture de son scénario, j’ai écrit 14 chansons, au fur et à mesure qu’il m’envoyait les scènes qu’il avait écrite. Ce qui est l’inverse des Chansons d’Amour, que j’avais déjà écrites et qui avaient d’ailleurs inspiré le film à Christophe. Ensuite, on enregistre avec les acteurs, puisqu’ils chantent en play-back sur le tournage. Faire chanter les acteurs, c’est beaucoup de travail, de répétition… Puis j’ai enchaîné sur mon album. Plus un projet d’opérette pour lequel j’ai écrit 18 chansons. Je suis un peu fatigué, mais cela a été très agréable de faire un an et demi d’écriture… La scène sera comme une récompense.
 
Vous avez été très inspiré…
 
Cette année, j’ai eu la chance d’écrire facilement des chansons alors j’en profite, car je sais que cela ne peut pas durer. Je suis persuadé qu’à un moment donné, les chanteurs deviennent secs. C’est rare de continuer à écrire.
 

L’histoire d’amour idéale ?

 
L’idéal, c’est quand on ne s’y attend pas. Plus on cherche et moins on trouve : c’est une vérité. Le jour où l’on rencontre quelqu’un, on n’y peut rien, on se fait embarquer. C’est aussi lorsqu'une histoire qui se termine bien, sans rancœur, sans regrets, sans déception. Mais c’est rare : même si on se quitte bons amis, c’est dur de se rendre compte que ce n’est plus rien, tout ce qu’on l’a aimé très fort. Etre dans le compromis, je trouve ça dommage. Et des histoires d’amour, j’en voudrais quarante !

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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DETROIT. J'ai grandi à 15 minutes au nord de Detroit. J’ai grandi dans une banlieue middle-class normale, mais je passais mon temps downtown, et les enfants que je fréquentais dans mon voisinage sont devenus médecins, avocats, hommes d’affaires. Mais c’était ceux qui faisaient de la musique qui étaient downtown qui me semblaient intéressants. Et c’est avec eux que je sortais pour aller aux concerts. Vers 17 ans, je me suis rendu compte que je voulais en faire ma carrière. Alors je suis allée a Chicago avec l’aide de mon père, et tout a commencé…

INFLUENCES. Ma mère a été en classe avec Stevie Wonder. Il y a tellement de musiques qui sont sorties de cet endroit. Tellement de choses s’y sont déroulées que c’est dur de ne pas être influencée par ça aujourd’hui. C’est une légende qui nous a tous imprégnés. Mais j’aime aussi la country, le punk, PJ Harvey ; je ne veux pas me limiter à un son seulement. Et je tiens à préserver cette diversité d’influences. 

LES DEBUTS. Les premières années de musique étaient frustrantes car j’essayais de percer sans vouloir quitter Detroit. Detroit, c’est ma maison et c’est là-bas que je rentre toujours pour écrire, dans le sous-sol de ma maison, chez mes parents. Et puis quand tu es jeune tu as besoin de qqn pour t’aider. On écoutait mes démos et on me comparait à Kate Perry, je trouvais ça désespérant. Je devais bouger. C’est comme ça que j’ai écrit « Choice Note ». Je me souviens : je suis rentrée ouvrir une bouteille de Jameson pour mieux écrire, tu sais. Il fallait stimuler ma créativité.

UN MODELE. Kate Bush. Je l’aime beaucoup. Et elle est vraiment la femme d’un show, elle me déroute, elle est tellement mature dans son travail. C’est impressionnant. Elle fait tout. Je ne m’y compare pas mais je vois en elle quelque part ce que j’aimerais donner plus tard et j’aime cette comparaison. Surtout, elle fait partie des artistes comme PJ Harvey, qui ne se laisse pas imposesr d’écrire un tube pour qu’on lui permette de faire un album. C’est tellement humiliant.

L'ALBUM. Ce qui m'intéresse, et ce qui est devenu le sujet de mon album, c'est la manipulations des plus faibles. Entre temps j’ai regardé aussi pas mal de documentaires sur des niches, ou minorités, mais aussi sur la manipulation des grand de ce monde et comment cela influe sur ces minorités justement. 

 Ce qui m’intéresse dans les autres est aussi lié à mes confrontations personnelles. Un jour, quelqu’un m’a dit que je devais aller en enfer car je suis juive et j’étais estomaquée. Certains sont tellement convaincus de ce qu’ils disent que cela en devient flippant, de voir ce en quoi arrive à croire les gens et comment ils se font manipuler ou influencer sur ce genre de croyances. 

Partout ailleurs, l’album s’appelle King Con (grand manipulateur en anglais), sauf qu’on m’a dit qu’en France c’est une insulte ! 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Andrew-BirdPhilippe-Mazzoni

 

BREAK IT YOURSELF. Il a été enregistré en août 2010, dans une ferme, dans une grange plus exactement... Tu sais, le cliché de la grande grange rouge et blanche en bois, mais reconvertie en espace de vie. Elle existe depuis au moins 10 ans dans la famille. J’y suis allé depuis Minneapolis et j’ai enregistré pendant 8 jours - en live. Rien de digital. Une amie cuisinait pour nous. Une sorte de performance, finalement. Ce que j'aime dans cet album, c'est qu'il est musicalement direct, plus sauvage...

ANALOGIQUE. J’ai le sentiment que les disques modernes sont tellement produits, si parfaits. Du coup, ça peut ressembler à du karaoké avec quelqu’un qui chante par dessus. Dans Break It Yourself, le choix de production est précisément l’absence de production. Et pas trop d’ordinateur. Je chante différemment car c'est en live que tu sors le maximum de ta voix, et non pas caché sous ton casque.

CARRIERE. Tu traverses des cycles. C’est un peu comme regarder une vielle photo de toi: plus elle date, plus ça te fascine de voir comment tu étais modelé à l’époque. Je ne suis pas dans un esprit rétrospectif. Mais cela m'amuse de voir que ma mémoire sélectionne certaines chansons et pas d'autres...

POCHETTE DE L'ALBUM. Une histoire de famille! La photo a été prise par ma grand-mère lorsqu'elle avait 19 ans, avec un petit appareil. C'est son petit cousin. Mais on ne le voit plus sur les photos par la suite... c'est étrange.

SECRETS. Je suis d'une famille du Midwest catholique qui travaille dur et qui parle peu. Ce n’est pas parce que je suis un auteur compositeur que je dois tout partager... Je n’abat pas tout mon jeu de cartes, je garde certains mystères. Lorsque j'écoute d'autres artistes qui se livrent beaucoup, je me pose la question de savoir si ils sont sérieux. Faut-il les croire ? Pourtant, chaque jour ils doivent chanter ces chansons, et y croire tout autant. 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni 


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Uffie-Philippe_Mazzoni

D’où vient ce nom de scène, Uffie ?

C’est mon père qui m’a donné ce surnom lorsque j’étais enfant. Surtout quand je faisais des bêtises. Il me paraissait évident de la garder en nom de scène !

La question qui vous énerve le plus ?

Quand on me compare à Kesha... c’est exaspérant.

Pourquoi vivre à Paris ?

C’est une vie paisible, on peut marcher partout, boire du vin toute la journée… Même si je maîtrise seulement un peu de conversation basique, comme « Bonjour, un verre de vin rouge, s’il vous plaît » !

La première chose que vous faites au lever ?

Je change mon bébé !

La naissance d’Henrietta a-t-elle vraiment changé quelque chose ?

Je pensais que j’allais beaucoup changer avec la naissance de ma fille. Et en fait, pas du tout. Je suis la même, sauf que je dois m’occuper de quelqu’un d’autre que moi, et que j’ai une responsabilité que je n’avais jamais eu auparavant. Par exemple, j’aimerais bien l’emmener partout, mais je suis lucide… Un bébé a besoin de structure et non pas de décalage horaire et d’interminables heures d’avion ! Quand elle sera plus grande, elle s’amusera beaucoup plus.

Dernière chose avant d’aller au lit ?

Je me brosse les dents, où que je sois.

Avoir un enfant si jeune dans le milieu où vous évoluez, cela relève du choc culturel…

C’est très difficile. C’est vraiment bizarre d’avoir des horaires de moine alors qu’on est entourée d’artistes qui vivent la nuit et qui sont complètement décalés. Même pour manger, c’est toute une affaire.

Sex Dreams & Denim Jeansc’est votre deuxième bébé ?

Oui, c’est exactement le terme ! Cela a été un immense plaisir, mais aussi une souffrance. Du coup, je suis un peu nerveuse, et très impatiente de connaître l’avis des gens. J’ai passé tellement de temps dessus depuis la sortie de « Pop The Glock », quand j’avais 17 ans… Pour moi, il représente la fin de mon adolescence.

Quel est le pays où vous vous sentez le mieux ?

L’Allemagne. J’y vais plusieurs fois par mois. Les gens ont un vrai sens de la fête, ils sont très ouverts. Je n’irais jamais vivre à Berlin car il fait trop froid l’hiver, mais c’est vraiment une ville que j’adore, et je crois qu’elle me le rend bien.

La reprise de « Hong-Kong Garden » de Siouxie and The Banshees, c’est parce que vous avez vécu à Hong-Kong étant enfant ?

Pas du tout ! Enfin, peut-être que c’est de l’ordre de l’inconscient… Siouxie est une artiste que j’adore, et j’aime beaucoup le punk, même si cela peut paraître étonnant. D’ailleurs, je songe sérieusement à monter un groupe de punk rock, cela m’amuserait beaucoup.

Les voyages forment la jeunesse… plus que le clubbing ?

C’est sûr que cela a influencé sur ma jeunesse, mais je n’ai jamais eu le temps de m’imprégner vraiment d’une ville ou d’une autre car nous n’y restions jamais très longtemps. J’avais quinze ans quand je suis arrivée à Paris. J’étais au lycée international de Passy. Trois ans plus tard, je quittais l’école pour commencer vraiment à faire de la musique. En fait, je crois que mes parents ne réalisaient pas vraiment tout ce que je faisais !

Vos idoles en musique ?

Mirwais ! J’ai eu une chance incroyable de tomber sur lui en soirée, qu’on s’entende bien et qu’il accepte de travailler sur mon album. Je suis aussi une fan absolue des Franz Ferdinand, je les écoute toute la journée sans m’en lasser une seule seconde, et ils ont une énergie terriblement contagieuse en live.

Comment entretenez-vous votre voix, si claire ?

Le thé, le miel… et le whisky.

Votre pire cauchemar ?

Etre huée alors que je suis sur scène. C’est la grande peur de ma vie, et de celle de tous les artistes, je suppose.

Votre plus beau rêve ?

Acheter une maison. Cela peut paraître étrange, mais j’aimerais tellement avoir un endroit à moi, dans lequel je peux m’enfermer autant que j’en ai envie…

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Le principal trait de votre caractère?

Entière.

La qualité que vous préférez chez un homme?

Le second degré.

Et chez une femme?

L’esprit.

Le bonheur parfait, selon vous?

Rires, partage, spontanéité et sushis.

Où et à quel moment de votre vie avez-vous été le plus heureux?

À venir…

Votre dernier fou rire?

Je ne me souviens plus du dernier, j’attends le prochain.

Et la dernière fois que vous avez pleuré?

Le week end dernier.

Votre film culte?

The Game.

Votre occupation préférée?

Me triturer l’esprit.

Votre écrivain favori?

Eric-Emmanuel Schmitt.

Votre livre de chevet?

Comment bien dormir quand on réfléchit trop

Votre héros ou héroïne dans la vie?

Ma mère.

Et la figure historique que vous admirez?

Asterix.

Votre héros de fiction?

Dexter.

Votre musicien préféré?

Hans Zimmer.

La chanson que vous sifflez sous votre douche?

"Le petit bonhomme en mousse" (Patrick Sebastien)

Votre couleur préférée?

Le gris.

Votre boisson préférée?

Le jus d’oranges fraichement pressé.

Que possédez-vous de plus cher?

La confiance de ma mère.

Les fautes pour lesquelles vous avez le plus d'indulgence?

Les fautes par peur.

Qui détestez-vous vraiment?

Le postier qui ne se trompe jamais de boite aux lettres.

Si vous deviez changer une chose dans votre apparence physique?

Ma culotte de poney.

Quel serait votre plus grand malheur?

Devenir aveugle et sourde.

Et votre plus grande peur?

Le cancer.

Votre plus grand regret?

Ne pas avoir fait plus d’études.

Qu'avez-vous réussi de mieux dans votre vie?

Faire ce que j’avais envie de faire.

Votre devise?

Got For It.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Un très grand merci à la Galerie 13 Jeannette Mariani et à Emmanuelle Boucher! Les oeuvres présentes sur la photo sont de Pepe Lopez (Money Boom) & Anne Brunet (sculptures).

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Comment vous-êtes vous rencontrés?

MELANIE : Nous nous sommes rencontrés fin 2008 via internet, Julien cherchait une chanteuse pour un projet qu’il avait en tête depuis longtemps. J’ai tout de suite été captivée par ses propositions musicales, la magie a opéré, à tel point qu’on est inséparables depuis. Tout est lié chez nous. La musique, l’esprit, les corps, le cœur. C’est devenu quelque chose d’infiniment puissant, bien au-delà d’un simple projet musical.

Votre musique est rare en France. Quel effet cela fait d'ouvrir la brèche de ce genre dit "witch house" dans son propre pays?

MELANIE : C’est plus un groupe de gens qui se sont sentis plus forts en se rassemblant. Même si en l’occurrence le rassemblement est plus virtuel que réel, car il s’est fait via le net quasi uniquement. Notre entrée là-dedans s’est faite très naturellement. En fait, on nous a intégré dans le truc alors que nous n'avions absolument rien demandé... et ça nous a bien fait plaisir!

Aujourd’hui l’effet s’est inversé, de nouveaux arrivants font tout pour faire partie du mouvement et prendre le train en marche. Beaucoup de nouveaux sont très axés sur l’apparence et la pose, ce qui fait perdre au mouvement un peu de sa force originelle. Il faut aussi dire que les dés étaient pipés d’avance, vu que l’étiquette Witch House est devenue étendard alors qu’au départ ce n’était qu’une blague faite par Pictureplane pour définir sa propre musique. Les blogueurs ont monté le truc en épingle, suivis ensuite par les magazines. Nous sommes malgré tout très contents d’avoir rencontré un certain nombre de gens dans ce mouvement avec qui on reste très liés : Salem, White Ring, Ritualz… Ce sont de vrais artistes avec des personnalités tout à fait attachantes et ultra sincères. Nous nous sommes reconnus et ils nous ont adopté.

JULIEN : Etre en quelque sorte les représentants du mouvement en France a pour nous une utilité toute particulière : signifier à tout le monde que nous ne faisons pas partie du jeu. Nous ne sommes pas fluos, nous ne faisons pas de la musique pour se défouler en sortant du boulot. Nous ne sommes pas festifs, ni metal, ni rock-à-mèche… Nous sommes encore moins des héritiers de Joy Division ou du Krautrock ou post-punk ou new-wave. Bref, nous rentrons dans aucune des castes/cases actuelles de la scène française.

Tout ça nous fait chier. Nous voulons de la musique qui prend aux tripes. Et pas de la simple consommation. Le cynisme à la française nous fatigue aussi. Nous aimons plus la frontalité, la sincérité et la simplicité. Faire la musique qu’on fait est tout simplement une nécessité vitale. Qu’on soit dans tel ou tel mouvement ou pas. Mais nous sommes quand même super reconnaissants pour tout ce qui nous arrive en ce moment !

Et beaucoup de gens sont terriblement affamés de nouvelles musiques et sont fatigués par l’immobilisme français. Les réactions sont parfois extrêmes et émouvantes. Nous sentons que les gens sont très heureux d’avoir reçu de l’amour et des émotions vraies. Ils sont demandeurs de ça. Et c’est en grande partie pour ça que l’industrie du disque se casse la gueule en ce moment…

Votre album est à la fois sombre et lumineux, mélancolique et plein d'espoir... Comme vous?

MELANIE : Oui, tout à fait. Nous mettons en avant la dualité qui nous compose. Le positif / négatif… la lumière / l’obscurité… Le bonheur éclatant / la tristesse infinie… La ville / la campagne… Le côté sauvage / le contrôle de soi… L’amour / la haine… L’intelligence sophistiquée / l’archaïsme originel… Unison n’est pas un fourre-tout, loin de là, mais plutôt un fil tendu entre nos contrastes polaires, et prêt à craquer à tout moment. Le catalyseur ultime, un prisme. Une belle mais difficile expérience pleine de lumière, d’amour et de tristesse.

Une citation qui vous collerait à la peau?

Seuls contre tous.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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