Midi Festival, jour 3

Changement de décor pour ce dimanche bleu et jaune : cette fois-ci, les concerts du soir ont lieu à l’hippodrome de Hyères. Si Holy Shit peinz à trouver son équilibre sur cette scène trop grande pour lui, Mazes s’acquitte avec bravoure de la tâche, ô combien délicate, d’ouvrir les hostilités face à un public loin d’être au complet. Son grunge anglais (si, si !) fonctionne plutôt bien.

Avant Primal Scream, Frankie & The Heartstrings se donnent à fond, mené par un Frankie qui nous rappelle le flamboyant Jonathan Pierce des Drums. En plus britannique, bien sûr. Enfin, le groupe de Bobby Gillespie s’est montré sous son meilleur jour : généreux, efficace, mais toujours un peu fragile… Comme on l’aime. C’est ainsi que Primal Scream a fermé les jolies pages du Midi Festival.

Rendez-vous l’année prochaine à Hyères...

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FRANKIE & THE HEARTSTRINGS

Comment décrire votre musique ?

FRANKIE FRANCIS: Toutes nos chansons parlent de nos vies, des bons et des mauvais moments. C’est très naturel pour nous d’exprimer nos personnalités. Notre album est un album avant tout honnête.

Vous avez enregistré votre premier album, Hunger, avec Edwyn Collins. Un parrain exceptionnel...

MICHAEL MCKNIGHT : Des guitares des années 20, dans une vieille maison anglaise, avec des peintures de dames chinoises au mur… Il est tellement drôle. Il nous ressortait sans cesse des B-sides improbables des années 60… Musicalement, il est obsessionnel, c’est génial.

FRANKIE : Il nous a mis à l’aise, on en oubliait même qu’on enregistrait un album. C’était une expérience très, très plaisante.

Frankie, vous êtes très exubérant sur scène. Cela a toujours été comme ça ?

FRANKIE : Nous avons grandi au son du punk, ça marque ! Au fil du temps, les gens connaissent de mieux en mieux nos chansons, et nous nous améliorons à chaque concert. Je suis très heureux de cette vie. Nous sommes devenus des musiciens à plein temps, c’est désormais notre travail. Nous devons donc encore progresser, et tout donner. Qui peut se plaindre de parcourir le monde en vivant de sa musique ?

De quoi viviez-vous auparavant ?

FRANKIE : Je vendais des fringues dans un magasin, j’ai été barman. C’était très, très chiant.

MICHAEL : J’étais professeur dans une école pour élèves difficiles, qui s’étaient tous fait virer de leur ancienne école. C’était plutôt difficile… Pour rien au monde je n’y retournerai !

Quels sont les artistes que vous souhaiteriez voir sur scène ?

MICHAEL : Primal Scream !

FRANKIE : Pour n’importe quel groupe anglais, Jesus & Mary Chain et Primal Scream sont des icônes indétrônables. Nous ne les avons jamais rencontrés, et je pense que nous allons tout faire pour devenir leurs meilleurs amis ce soir!

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MAZES

Comment vous êtes vous rencontrés ?

JACK COOPER: Jarin et moi étions amis, il vivait à Manchester et moi à Londres. Nous avons eu cette étrange idée de démarrer un groupe, de faire des chansons ensemble. Mais c'était surtout un hobby. Notre attitude est toujours plutôt fun, et les gens ont réagi positivement. Quant à Neil, il faisait partie d'un groupe à Manchester et il nous a écrit une très jolie lettre de candidature… Nous n'avons pas résisté. Un beau jour, nous avons joué à Londres. C’est comme ça que tout a commencé pour nous.

A quoi ressemble votre musique ?

JACK: On peut avoir le sentiment que ça sonne comme de la musique pop, mais on réalise progressivement qu’il y a aussi beaucoup de tristesse.

JARIN TABATA: Je trouve que c’est plutôt emmerdant quand c’est exclusivement l’un ou l’autre. Alors nous faisons les deux.

Peut-on dire que vous êtes un groupe de Manchester ?

JACK: Non, pas vraiment. Seulement deux d’entre nous viennent de là-bas. Je suis originaire de la lointaine banlieue…

Heureux d’être ici ?

Nous sommes en vacances car nous avons pris des jours de congés pour venir. Donc plutôt heureux. Je bosse dans une boîte vidéo, Conan dans un bar, Jarin dans un magazine en tant que graphique designer. Et Neil fait des essais médicaux… comme Axel Rose ! Mais c’est légal.

Quel concert avez-vous le plus apprécié ?

Dirty Beaches, sans hésitation.

Voir Primal Screan ce soir, ça vous fait quoi ?

Screamadelica, c’était un super album quand j’avais quelque chose comme 11 ans, ouaouh, c’était en 1991 ou quelque chose comme ça. Entre Kevin Shields et Gary Mani, il y a de quoi faire niveau pointures…

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Primal_Scream

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Comme disent les Anglais, "the icing on the cake": PRIMAL SCREAM.

 

Texte: Sophie Rosemont Photos: Philippe Mazzoni

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Midi Festival, jour 2

De ce samedi 23 juillet, on ne retiendra pas seulement la fin tragique d’Amy Winehouse. La mauvaise nouvelle est tombée comme un couperet lors de cet après-midi ensoleillé à la Villa Noailles. Après que Porcelain Raft ait charmé une plage de l’Almanarre pourtant très ventée, les étoiles ont vu scintiller les jeunes et blondes sœurs du groupe Puro Instinct - d’ailleurs, dans la catégorie post ado, King Krule s’est fait remarquer. Dirty Beaches, seul face à sa boîte à rythme, sa guitare et un public fasciné, était déroutant. Enfin, l’électro-pop sautillante de Washed Out a redonné le sourire aux plus mélancoliques d’entre nous.

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DIRTY BEACHES

Heureux de ce concert ?

ALEX ZHANG HUNGTAI : Dès le début, mes fans se sont manifestés... Je voyais des visages qui me connaissaient, c’était réconfortant...

Et pourtant, vous êtes désespérément seul sur scène. C’est assez courageux !

Ca fait cinq ans que je joue tout seul, je suis habitué. Mais au début c’était dur, très dur, je ne me sentais pas en sécurité. J’étais plus dans la justesse que dans le partage, ce qui n’est plus le cas maintenant. Il y a toujours des gros cons sur ma route, mais il y a une intelligence dans le public que je respecte, et j’aime expérimenter sa curiosité. En France, il me laisse faire !

Comment vous sentez-vous pour ce troisième album ?

Je me sens bien car je peux vivre de ma musique maintenant. J’évolue sur chaque album, je teste sans cesse de nouveaux genres.J’ai trente ans, j’ai eu le temps de galérer pas mal d’années. J’apprécie donc grandement ma liberté et tout ce qui m’arrive de positif.

Un artiste, un groupe que vous souhaiteriez voir sur scène ?

J’ai raté R. Stevie Moore, il parait que c’était super. Je n’étais pas trop rock dans mon adolescence, plutôt hip hop, mais j’ai découvert Primal Scream à la fac, je suis ravi de les voir jour ce soir. Washed Out était très cool hier soir. J’aime tout ce qui est pop car une bonne chanson pop, c’est un véritable art. Et bien trop facile à critiquer !

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Midi Festival, jour 1

Vendredi, 18h. Le Midi se met doucement en place à la jolie Villa Noailles.

La première soirée du festival se fera tout en douceur, avec des concerts déjà haut-de-gamme. On retiendra avant tout la prestation possédée de l’icône R. Stevie Moore, en forme olympique malgré les bouteilles de vin ingurgitées. Un grand moment ! Ou encore le quatuor made in Brighton Gross Magic, qui, malgré une moyenne d’âge d’à peine 20 ans, a su ressusciter la fougue grunge le temps de quelques titres.

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GROSS MAGIC

Comment a débuté Gross Magic ?

SAM MCGARRIGLE J’ai écrit quelques morceaux en novembre de l’année dernière, dans ma chambre. J’en ai envoyé à deux ou trois blogs et l’un d’eux les a mis en ligne. Un label m’a contacté pour savoir si j’acceptais de sortir un disque chez lui. J’ai accepté, évidemment! Et j’ai écrit quelques chansons de plus. J’ai contacté mes meilleurs amis pour qu'ils me rejoignent, et nous nous sommes produits sur scène pour la première fois il y a quelques semaines seulement.

Qu’est-ce que ça fait de jouer ensemble quand on est les meilleurs amis du monde ?

Certes, c’est facile de se bousculer, mais c’est sans doute ce qu’il y a de mieux. Nous nous faisons confiance, ce qui retire de la pression.

Vous venez de Brighton… Une ville propice à la musique ?

Grandir là-bas, c’est plutôt cool. Ce n’est pas loin de Londres quand tu veux aller des plus gros concerts... Certains d’entre nous sont partis vivre à Londres, mais ça ne change rien entre nous.

Vous présentez quelques chansons de votre album pour la première fois. Pas trop stressés ?

J’espère que les gens aimeront l’album tel qu’il est, dans sa globalité, car toutes les chansons vont ensemble. Il faut que la foule soit interactive, qu’elle crie un peu, car il n’y a rien de pire qu’un public silencieux.

Si on devait décrire votre musique en quelques mots ?

Nous faisons du glam-grunge… donc du glunge !

Quels sont les artistes que vous souhaiteriez voir sur scène ?

R. Steevie Moore, Mazes et Washed Out... et Puro Instinct !

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R. STEVIE MOORE

Alors, ce concert à Hyères ?

Je suis jeune dans ma tête, mais mon corps l’est beaucoup moins! Du coup, j’étais épuisé après ce concert. Le public était si enthousiaste ! Le meilleur que j’ai fait depuis longtemps. Au fur et à mesure qu'avance notre tournée, les choses se passent de mieux en mieux.

Vous vous sentez donc heureux, à tourner autant ?

Officiellement, je vis à Nashville mais je suis SDF. Et ce n'est pas grave! C’est un rêve qui devient réalité, moi qui n’ait jamais su organiser quoi que ce soit. J’ai même un tour manager, c’est la première fois que ça m'arrive. Nous tournons partout aux USA et en Europe. Parfois, c’est dur, de rouler pendant des heures pour faire un concert où personne ne vient. Mais nous avançons de plus en plus lentement mais sûrement. Tous ces concerts m’inspirent beaucoup...

Quel est ce nouveau groupe qui vous accompagne ?

Ce sont de nouveaux amis, qui viennent de New York et qui m’ont été présentés par des amis d’amis. Nous avons décidé de nous lancer sur la route. Ils ont très vite appris à jouer mes morceaux... je les aime bien, ces petits gars.

Ca fait quoi d’être considéré comme une idole du rock underground ?

J’ai attendu longtemps d’être reconnu par mes pairs, des groupes de ma génération ou des gamins. Pendant des années, j’ai connu d’affreux moments de doute car je n’avais pas de résultats, aucune attention de la part de qui que ce soit. Ma musique embrasse différents styles et je n’ai pas suivi le chemin habituel: faire partie d’un groupe de rock, faire des tournées comme j’aurais pu le faire il y a 30 ans... Je restais à la maison…

… À enregistrer des disques !

Exactement ! Les gens ne comprennent pas pourquoi j’ai fait 400 albums, mais moi-même je ne comprends pas, je ne l'ai pas fait exprès. J’écrivais une chanson et je l’enregistrais en même temps sur mon magnétophone à cassettes. C’était super facile... Aujourd’hui, des gens découvrent encore des chansons que j’ai écrit en 1975… et ils pensent qu’elles sont nouvelles !

Quels sont les artistes que vous souhaiteriez voir sur scène ?

Puro Instinct - ce sont des amies. Elles sont vraiment très talentueuses….

 

Texte: Sophie Rosemont Photos: Philippe Mazzoni

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Tom Vek

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Liberté?

Peu de gens expérimentent, comment dire... le zéro pression absolue, et l’idée de ne rien faire est merveilleuse. Me risquer à attendre autant de temps entre mes deux albums m’a fait prendre des risque, et m'a confronté à ma paresse naturelle. D’autant plus que des gens t'attendent au tournant, il faut assurer. Heureusement la politique de mon label est plutôt cool là-dessus. Et, quoiqu'on en dise, le public aime les artistes qui savent ce qu’ils veulent.

Image?

A l'origine, je suis graphic designer. Puis j'ai été appelé par la musique. J'aime Soderbergh, Jarmush, j'essaye de ne pas trop en connaître niveau cinéma, mais je reste curieux. Je suis plutôt punk de ce côté-là. Pour les clips, on s’est inspiré des shows télé américains, et des années 70 en noir et blanc.

Leisure Seizure?

Ce titre m’est venu à la fin de l'enregistrement de l'album. j’étais particulièrement intrigué par le terme de "seizure", c’est comme une lumière éclatante... immaculée. Pour moi, il s'agit de la possibilité d’apprécier à l’extrême quelque chose, et même de l’aimer  trop fort. Ce second album, c’est un achèvement. Une complétude. Au début, je ne savais pas ce que cela allait donner... et puis quelque chose m'est soudainement tombé dans le bec!

Solo?

Je crois en l’aspiration musicale. Quelque soit la complexité de ce que l’on fait. Etre dans un groupe n’est pas une obligation, j’ai eu des offres et ça doit être cool, mais j’ai une esthétique et une manière de travailler spécifiques auxquelles je tiens à rester fidèle. Car j’y crois fermement. J’écoute encore et encore mon travail pour le perfectionner. Je recherche un langage qui traverse tous les esprits.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Cut Copy

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DAN WHITFORD: Faire le tour du monde, faire le plein d'images, venir à Paris, repartir en Australie, suer sur scène, rire dans les loges, s'enfermer en studio... Une vie de rêve.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Bertrand Belin

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J’ai un rapport volcanique avec le fourmillement des mots. J’aime leur faire dire ce qu’ils ne disent pas… Je mâche la langue française comme un doudou, je la malmène, je la décolle de son support. Comme un alphabet flottant au creux de la main... J’essaye modestement de participer à l’élaboration d’un territoire où la langue française fait autre chose que de faire passer un message, publicitaire ou politique.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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The Horrors

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FARIS BADWAN: Que les gens trouvent notre musique sombre, nous trouvons ça très... positif!

TOMETHY FURSE: Entre nous, il y a des périodes calmes, d'autres plus turbulentes, et c'est sans doute comme ça que nous fonctionnons si bien. Des hauts, des bas: c'est ça, The Horrors!

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Oh La La

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Oh_La_La-2aaaaa
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NATASHA LEJEUNE: Ce qu’il y a de drôle dans l'expression "oh la la", c’est qu’elle sonne assez sexy chez les Anglais, presque accompagnée d’un sifflement admiratif, alors que les Français l’utilisent plus pour râler… comme ils le font souvent ! Et chez moi, c'est plutôt le matin au réveil: "oh la la, qu'est-ce que j'ai encore fait hier soir?!"

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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No Surrender

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Votre musique est inclassable, ou presque. C'est fait exprès?

Un petit peu. Même à nos tout débuts, notre musique était du hip hop plutôt énervé, mais loin d'être pur dans le genre. Nous venons d'horizons musicaux différents et nos goûts musicaux sont très larges: nous nous inspirons aussi bien de groupes qui sonnent rock qu'électro.

Comment réussir à être un groupe indépendant aujourd'hui?

C'est difficile. Il y a un million de groupes, trois millions de labels et, au fil que les années passent, tout se concentre de plus en plus autour d'un seul distributeur (Apple). Il y a tellement de groupes qui vont et viennent si rapidement, que la plus importante chose à faire c'est de proposer une esthétique différente, et de faire la meilleure musique qu'il soit. Et si tu peux faire les deux en même temps, c'est préférable. Mais les groupes indie d'aujourd'hui doivent aussi penser au business. Il faut savoir prendre des décisions rapides et intelligentes, et maîtriser les rouages de l'industrie musiscale.

Et si No Surrender était un film?

Si No Surrender était un film, il serait dirigé par Spike Lee, Teery Gilliam ou Mario Bava Togetiher. La bande originale serait signée par Tangerine Dream, Prince, Gregory Isaacs avec des interventions de Chuck D. On essaierait de faire un film de trois heures à partir d'un script de deux pages! Ce serait une histoire d'amour en temps de guerre... Un histoire de la pauvreté dans un pays de riches, qui révèlerait la beauté des choses simples de la vie. La faim deviendrait un éclat de rire. Et la souffrance se transformerait en plaisir.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Le Prince Miiaou

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Pourquoi remplir le vide avec sa propre vacuité?

Parce que j'aime les paradoxes, les pléonasmes. Parce que je serais curieuse de pouvoir ressentir ou voir à quoi ressemble la vacuité des autres, des gens, tout comme j'aimerais voir comment ils remplissent le vide.

Comment enregistrer un (aussi bel) album?

Benjamin Mandeau est celui qui a enregistré cet album, je suis incapable d'enregistrer seule, j'ai besoin de quelqu'un en studio qui comprenne ce que j'ai dans la tête et qui ait les connaissances techniques permettant de concrétiser mes idées. J'entends ce que je veux mais je ne sais pas le créer techniquement. Je peux seulement l'expliquer, le décrire.

Pourquoi s'appeler le Prince Miiaou?

Pourquoi pas...? C'est un choix très trivial, c'est un nom que j'ai choisi le jour où j'ai créer ma page MySpace. Si je l'avais créé une semaine après ou une semaine avant, j'aurai peut-être choisi un autre nom... Au-delà de ça, je crois que j'aimais l'idée de brouiller un peu les pistes, d'avoir un nom de projet masculin alors que je suis une fille...

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Foals

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YANNIS PHILIPPAKIS: Pendant nos concerts, nous ressentons des choses très fortes. Nous sommes à la fois belliqueux, hyperactifs et perdus dans nos pensées, quasi en méditation. Il s'agit avant tout de célébration - sous le signe du démon!

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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My Broken Frame

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Quel est le disque que vous avez le plus écouté étant enfant?

C'est une question assez difficile. Quand j'étais tout petit, mon père en écoutait beaucoup dans son bureau. Ce que je peux dire c'est que mon premier souvenir de mélodie, c'était le thème de la bande originale du film Furyo, composée par Ryuichi Sakamoto. La première pochette qui m'a marquée c'est celle de Led Zeppelin II, et le premier tube que j'ai eu envie de chanter ça doit être "True Colors" de Cindy Lauper.

Comment avez-vous créé My Broken Frame?

J'ai longtemps fait de la musique dans ma chambre sans oser la jouer devant des gens. L'histoire a commencé avec les open mics au Pop In, un bar dans le 11 ème arrondissement où je me suis enfin risqué à faire entendre ma musique en live. Et puis j'y ai pris goût, j'y suis venu chaque semaine et Erwan Broussine, du label Waterhouse Records, a eu l'idée de faire une compile avec un certain nombre de musiciens qui venaient. Entre temps, j'ai créé un groupe, Go Go Charlton, plus rock. Le studio d'Erwan était super mais petit, avec impossibilité d'enregistrer de la batterie. J'y ai donc enregistré des chansons plus intimes, que je jouais seul. Alors qu'on avait prévu d'en enregistrer un seul titre, on s'est retrouvé avec 10 morceaux ! C'était la matière brute de mon premier disque, Chapel Hil, sorti en mai 2007.

Pourquoi ce nom ?

C'est un clin d'oeil à Depeche Mode et à l'album A Broken Frame, très sombre, très minimale, comme mes débuts - ça reflétait bien mon état d'esprit de l'époque. J'aimais aussi cette idée de cassure comme origine de mon envie d'écrire des chansons.

Votre musique est à la fois rustique et onirique, comment trouver le juste équilibre?

J'aime beaucoup le songwriting des 60's et des 70's. Notamment celui des artistes comme Van Morrison, David Crosby, Neil Young... Et en studio je n'utilise du coup que des instruments vintage. Et en même temps je suis très inspiré par les rêves, les sensations étranges, les ambiances vaporeuses. J'aime quand la musique nous sort de notre quotidien, nous emmène dans un ailleurs.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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The Raveonettes

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Raven In The Grave : il s'agit de votre cinquième album, déjà. Ca vous fait quoi?
SUNE: Comme disait Kurt Cobain: "bored and old"...

Qu'est-ce qui est absolument rock'n'roll?
Twin Peaks.

Qu'est-ce qui n'est pas absolument pas rock'n'roll?
Le vomi.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Cold War Kids

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MATT MAUST Il y a quelque chose de particulier en France. A chaque fois que nous en revenons, nous nous sentons plus enrichis, plus sereins, plus confiants... Et ça fait du bien à notre musique, sans aucun doute.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Klaxons

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Surfing The Void ne fait pas dans la dentelle. Dans quel état d’esprit l'avez-vous écrit ?

Jamie Reynolds : En 2009, après avoir joué à des festivals comme Rock en Seine et à Glastonbury, nous nous sommes sentis comme rajeunir. Et nous avons soudain réalisé que ce qui avait fait de nous un grand groupe et cela nous a permis d’aborder nos sessions d’écriture avec beaucoup d’énergie et de motivation. Le jeu avait repris de plus belle…

Et qu’est-ce qui a fait de vous un grand groupe, justement ?

James Righton : Nous nous impressionnons beaucoup depuis le début, les uns les autres (rires). Cela nous a beaucoup surpris lorsque nous étions en studio. Nous écoutions chaque bande les unes après les autres : celle de la guitare, de la batterie, de la basse… et à chaque fois cela faisait comme exploser nos esprits, c’était vraiment très impressionnant ! Nous sommes dans une émulation constante.

Simon Taylor-Davis : Et nous savons travailler dans le secret : rien ne devait sortir de la pièce où nous nous sommes réunis pour concevoir l’album. Mine de rien, cela aide à entretenir un certain mystère… et à nous concentrer au maximum.

Avant même la sortie de Myths Of The Near Future, on vous a étiqueté groupe de new rave, et même chef de file du mouvement. Etait-ce quelque chose que vous recherchiez, que vous travailliez depuis vos débuts ?

Jamie Reynolds :  Le groupe est né en 2005, quand Simon et moi nous nous sommes rencontrés grâce à une connaissance commune, à Londres. Nous avons ensuite recruté un de mes copains d’école, James. Tout s’est fait assez vite, sans qu’on ait pu réfléchir vraiment à quoi que ce soit. Notre premier concert, c’était en octobre de la même année.

James Righton : Nous ne savions franchement pas trop ce que nous étions en train de faire, et nos premiers concerts étaient vraiment chaotiques. Pourtant, les gens ont aimé, aussi bizarre que cela puisse paraître. Un jour, Jamie a parlé en plaisantant de « new rave », et des amis d’amis ont commencé à venir à nos concerts avec des cornes de brume et des bâtons lumineux ! Tout le monde s’y est mis. Le mouvement s’est alors formé tout seul, sans que nous y soyons pour grand-chose…

Là, ça a été un peu la folie, la presse et le public se sont jetés sur vous…

Jamie Reynolds : Oui, nous n’avons pas vraiment compris ce qui se passait… Une fois de plus ! Mais nous avons aimé cette folie, même si il a fallu un peu calmer le jeu à un moment donné, pour pouvoir progresser. Trois ans pour faire un second album, cela a été très efficace ! (rires)

Etes-vous toujours aussi proches les uns des autres ?

James Righton : Aujourd’hui, nous sommes un groupe au sens propre du terme, plus qu’un simple concept de groupe... ce qui change tout. Nous avons appris à vraiment travailler ensemble, à partager le bon comme le mauvaise. Notre amitié est solide comme elle ne l’a jamais été : nous sommes vraiment soudés maintenant, rien ne peut nous séparer.

Simon : Cela peut paraître un peu mièvre, mais c’est la pure vérité !

Pourquoi ce choix de titre d’album, Surfing The Void ? Encore un trait caustique de votre part ?

Jamie Reynolds : Cela résume ce que nous faisons, tout simplement ! Nous surfons sur le vide… (rires)

James Righton : Plus sérieusement, cela résume nos trois dernières années passées, tout en parlant de notre situation actuelle. Le vide, c’est aussi comme un souffle. C’est une véritable libération, où les ennuis et les problèmes s’évaporent et disparaissent.

Jamie et James, vous écrivez les textes des Klaxons. Quelles ont été vos inspirations pour Surfing The Void ?

Jamie Reynolds :  C’est assez personnel car cela vient de nos impressions respectives de notre premier disque. Cela nous a pris du temps de savoir ce que nous voulions transmettre, et à titre collectif, car il faut vraiment pénétrer l’esprit de chaque membre du groupe pour savoir exactement le feeling qu’on veut faire passer. Joie, tristesse, énergie, violence…

James Righton : À la fin, quelqu’un doit à un moment se décider sur quelque chose, et fixer la mélodie à partir de laquelle nous allons caler les paroles.

C’est Ross Robinson qui a produit l’album, et ça s’entend. Comment s’est déroulée votre collaboration ?

James Righton : Ca a été incroyable. Avec lui, tout prenait sens et faisait disparaître les problèmes et les détails futiles. C’est un homme doux, adorable, lumineux…

Simon Taylor-Davis : Il a eu une vie hyper remplie, c’est un véritable workaholic. S’il ne travaille pas, il devient  fou. Il a vraiment un mode de vie très sain, tout est sobre chez lui… sauf la musique (rires) ! Il nous a encouragé à veiller sur nous-mêmes par rapport à notre alimentation, notre consommation d’alcool… Cela nous vraiment enrichi et cela a indirectement influencé l’ensemble de l’album.

Ross Robinson vit du côté de Malibu… Surfing The Void, c’était un peu « Surfing In The U.S.A » pour quatre Anglais comme vous ?

Jamie Reynolds : Un peu… Il a son propre studio dans sa maison en Californie, et nous y sommes restés quatre mois !

James Righton : Nous avons habité sa maison qui donne directement sur la plage ! Nous vivions à son rythme, celui du L. A. lifestyle. Quand on avait besoin de souffler, hop, on allait marcher dans le sable… C’était un rêve ! Comme toute cette aventure d’ailleurs….

Certaines chansons de l’album vous ont-elles marqué d’une façon ou d’une autre ?

James Righton :  Si tout l’album nous a marqué d’une façon ou d’une autre, ce serait se mentir de ne pas dire que « Twin Flames » est une chanson exclusivement destinée aux amoureux. Incroyable mais vrai ! Sinon, « Echoes » nous a rendu plus forts et nous a permis d’assurer l’ensemble de l’album. Dès que nous l’avons écrit, nous avons su que ce morceau avait quelque chose de spécial, et qui nous a fait beaucoup de bien. C’est pour ça que nous l’avons mis en première position dans l’album.

La pochette de Surfing The Void est assez drôle. D’où vient cette idée de chat cosmonaute ?

Simon Taylor-Davis : C’était question de montrer qu’un chat est capable d’aller dans l’espace, et même d’en revenir pour dire que des conneries (rires).

James Righton : Avec l’idée que le chat va ailleurs pour chercher une meilleure place, mais que les choses ne sont pas si mal ici-bas ! (rires) Un pur délire existentialiste…

En live, vous avez une certaine réputation : vous avez notamment réussi à vous casser une jambe l’année dernière !

James Righton : Et pourtant, on ne cherche pas la théâtralité sur scène ! Nous sommes quatre mecs (avec le batteur Steffan Halperin) et il n’y a pas vraiment autre chose que notre effort commun à faire de la musique aussi bonne que puissante. Galvanisante, même.

Jamie Reynolds : Pas de jeu de lumière, pas de folies, de grimaces, et rien que ça, cela peut surprendre ! Nous essayons seulement de faire de la musique avec laquelle nous nous sentons à l’aise, et qui nous rende meilleurs, tout simplement…

Votre musique est comme faite de ying et yang, d’énergie et de profonde mélancolie…

Simon Taylor-Davis : C’est exactement ça ! Nous croyons beaucoup à ce concept du yin et du yang.

James Righton : Il y a de la spiritualité dans la musique, quoiqu’il arrive. Notre musique est plutôt violente, mais ce qui n’empêche pas nos chansons d’être malgré tout très belles.

Jamie : C’est l’harmonie qui est importante dans la beat music, il doit y avoir de la lumière et aussi de l’obscurité, et il faut trouver l’équilibre entre les deux. Trop de lumière peut rendre la musique trop douce, voire mielleuse. Et trop d’obscurité c’est vite too much, en fait ! C’est ça qui fait la bonne musique : l’équilibre des humeurs et des sensations que la chanson dégage.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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