Midi Festival, jour 1

Vendredi, 18h. Le Midi se met doucement en place à la jolie Villa Noailles.

La première soirée du festival se fera tout en douceur, avec des concerts déjà haut-de-gamme. On retiendra avant tout la prestation possédée de l’icône R. Stevie Moore, en forme olympique malgré les bouteilles de vin ingurgitées. Un grand moment ! Ou encore le quatuor made in Brighton Gross Magic, qui, malgré une moyenne d’âge d’à peine 20 ans, a su ressusciter la fougue grunge le temps de quelques titres.

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GROSS MAGIC

Comment a débuté Gross Magic ?

SAM MCGARRIGLE J’ai écrit quelques morceaux en novembre de l’année dernière, dans ma chambre. J’en ai envoyé à deux ou trois blogs et l’un d’eux les a mis en ligne. Un label m’a contacté pour savoir si j’acceptais de sortir un disque chez lui. J’ai accepté, évidemment! Et j’ai écrit quelques chansons de plus. J’ai contacté mes meilleurs amis pour qu'ils me rejoignent, et nous nous sommes produits sur scène pour la première fois il y a quelques semaines seulement.

Qu’est-ce que ça fait de jouer ensemble quand on est les meilleurs amis du monde ?

Certes, c’est facile de se bousculer, mais c’est sans doute ce qu’il y a de mieux. Nous nous faisons confiance, ce qui retire de la pression.

Vous venez de Brighton… Une ville propice à la musique ?

Grandir là-bas, c’est plutôt cool. Ce n’est pas loin de Londres quand tu veux aller des plus gros concerts... Certains d’entre nous sont partis vivre à Londres, mais ça ne change rien entre nous.

Vous présentez quelques chansons de votre album pour la première fois. Pas trop stressés ?

J’espère que les gens aimeront l’album tel qu’il est, dans sa globalité, car toutes les chansons vont ensemble. Il faut que la foule soit interactive, qu’elle crie un peu, car il n’y a rien de pire qu’un public silencieux.

Si on devait décrire votre musique en quelques mots ?

Nous faisons du glam-grunge… donc du glunge !

Quels sont les artistes que vous souhaiteriez voir sur scène ?

R. Steevie Moore, Mazes et Washed Out... et Puro Instinct !

Retrouvez le groupe sur son espace.

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R. STEVIE MOORE

Alors, ce concert à Hyères ?

Je suis jeune dans ma tête, mais mon corps l’est beaucoup moins! Du coup, j’étais épuisé après ce concert. Le public était si enthousiaste ! Le meilleur que j’ai fait depuis longtemps. Au fur et à mesure qu'avance notre tournée, les choses se passent de mieux en mieux.

Vous vous sentez donc heureux, à tourner autant ?

Officiellement, je vis à Nashville mais je suis SDF. Et ce n'est pas grave! C’est un rêve qui devient réalité, moi qui n’ait jamais su organiser quoi que ce soit. J’ai même un tour manager, c’est la première fois que ça m'arrive. Nous tournons partout aux USA et en Europe. Parfois, c’est dur, de rouler pendant des heures pour faire un concert où personne ne vient. Mais nous avançons de plus en plus lentement mais sûrement. Tous ces concerts m’inspirent beaucoup...

Quel est ce nouveau groupe qui vous accompagne ?

Ce sont de nouveaux amis, qui viennent de New York et qui m’ont été présentés par des amis d’amis. Nous avons décidé de nous lancer sur la route. Ils ont très vite appris à jouer mes morceaux... je les aime bien, ces petits gars.

Ca fait quoi d’être considéré comme une idole du rock underground ?

J’ai attendu longtemps d’être reconnu par mes pairs, des groupes de ma génération ou des gamins. Pendant des années, j’ai connu d’affreux moments de doute car je n’avais pas de résultats, aucune attention de la part de qui que ce soit. Ma musique embrasse différents styles et je n’ai pas suivi le chemin habituel: faire partie d’un groupe de rock, faire des tournées comme j’aurais pu le faire il y a 30 ans... Je restais à la maison…

… À enregistrer des disques !

Exactement ! Les gens ne comprennent pas pourquoi j’ai fait 400 albums, mais moi-même je ne comprends pas, je ne l'ai pas fait exprès. J’écrivais une chanson et je l’enregistrais en même temps sur mon magnétophone à cassettes. C’était super facile... Aujourd’hui, des gens découvrent encore des chansons que j’ai écrit en 1975… et ils pensent qu’elles sont nouvelles !

Quels sont les artistes que vous souhaiteriez voir sur scène ?

Puro Instinct - ce sont des amies. Elles sont vraiment très talentueuses….

 

Texte: Sophie Rosemont Photos: Philippe Mazzoni

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Tom Vek

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Liberté?

Peu de gens expérimentent, comment dire... le zéro pression absolue, et l’idée de ne rien faire est merveilleuse. Me risquer à attendre autant de temps entre mes deux albums m’a fait prendre des risque, et m'a confronté à ma paresse naturelle. D’autant plus que des gens t'attendent au tournant, il faut assurer. Heureusement la politique de mon label est plutôt cool là-dessus. Et, quoiqu'on en dise, le public aime les artistes qui savent ce qu’ils veulent.

Image?

A l'origine, je suis graphic designer. Puis j'ai été appelé par la musique. J'aime Soderbergh, Jarmush, j'essaye de ne pas trop en connaître niveau cinéma, mais je reste curieux. Je suis plutôt punk de ce côté-là. Pour les clips, on s’est inspiré des shows télé américains, et des années 70 en noir et blanc.

Leisure Seizure?

Ce titre m’est venu à la fin de l'enregistrement de l'album. j’étais particulièrement intrigué par le terme de "seizure", c’est comme une lumière éclatante... immaculée. Pour moi, il s'agit de la possibilité d’apprécier à l’extrême quelque chose, et même de l’aimer  trop fort. Ce second album, c’est un achèvement. Une complétude. Au début, je ne savais pas ce que cela allait donner... et puis quelque chose m'est soudainement tombé dans le bec!

Solo?

Je crois en l’aspiration musicale. Quelque soit la complexité de ce que l’on fait. Etre dans un groupe n’est pas une obligation, j’ai eu des offres et ça doit être cool, mais j’ai une esthétique et une manière de travailler spécifiques auxquelles je tiens à rester fidèle. Car j’y crois fermement. J’écoute encore et encore mon travail pour le perfectionner. Je recherche un langage qui traverse tous les esprits.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Cut Copy

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DAN WHITFORD: Faire le tour du monde, faire le plein d'images, venir à Paris, repartir en Australie, suer sur scène, rire dans les loges, s'enfermer en studio... Une vie de rêve.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Bertrand Belin

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J’ai un rapport volcanique avec le fourmillement des mots. J’aime leur faire dire ce qu’ils ne disent pas… Je mâche la langue française comme un doudou, je la malmène, je la décolle de son support. Comme un alphabet flottant au creux de la main... J’essaye modestement de participer à l’élaboration d’un territoire où la langue française fait autre chose que de faire passer un message, publicitaire ou politique.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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The Horrors

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FARIS BADWAN: Que les gens trouvent notre musique sombre, nous trouvons ça très... positif!

TOMETHY FURSE: Entre nous, il y a des périodes calmes, d'autres plus turbulentes, et c'est sans doute comme ça que nous fonctionnons si bien. Des hauts, des bas: c'est ça, The Horrors!

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Oh La La

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Oh_La_La-2aaaaa
Oh_La_La-1aaaa
Oh_La_La-2aaaaa

NATASHA LEJEUNE: Ce qu’il y a de drôle dans l'expression "oh la la", c’est qu’elle sonne assez sexy chez les Anglais, presque accompagnée d’un sifflement admiratif, alors que les Français l’utilisent plus pour râler… comme ils le font souvent ! Et chez moi, c'est plutôt le matin au réveil: "oh la la, qu'est-ce que j'ai encore fait hier soir?!"

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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No Surrender

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Votre musique est inclassable, ou presque. C'est fait exprès?

Un petit peu. Même à nos tout débuts, notre musique était du hip hop plutôt énervé, mais loin d'être pur dans le genre. Nous venons d'horizons musicaux différents et nos goûts musicaux sont très larges: nous nous inspirons aussi bien de groupes qui sonnent rock qu'électro.

Comment réussir à être un groupe indépendant aujourd'hui?

C'est difficile. Il y a un million de groupes, trois millions de labels et, au fil que les années passent, tout se concentre de plus en plus autour d'un seul distributeur (Apple). Il y a tellement de groupes qui vont et viennent si rapidement, que la plus importante chose à faire c'est de proposer une esthétique différente, et de faire la meilleure musique qu'il soit. Et si tu peux faire les deux en même temps, c'est préférable. Mais les groupes indie d'aujourd'hui doivent aussi penser au business. Il faut savoir prendre des décisions rapides et intelligentes, et maîtriser les rouages de l'industrie musiscale.

Et si No Surrender était un film?

Si No Surrender était un film, il serait dirigé par Spike Lee, Teery Gilliam ou Mario Bava Togetiher. La bande originale serait signée par Tangerine Dream, Prince, Gregory Isaacs avec des interventions de Chuck D. On essaierait de faire un film de trois heures à partir d'un script de deux pages! Ce serait une histoire d'amour en temps de guerre... Un histoire de la pauvreté dans un pays de riches, qui révèlerait la beauté des choses simples de la vie. La faim deviendrait un éclat de rire. Et la souffrance se transformerait en plaisir.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Le Prince Miiaou

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Pourquoi remplir le vide avec sa propre vacuité?

Parce que j'aime les paradoxes, les pléonasmes. Parce que je serais curieuse de pouvoir ressentir ou voir à quoi ressemble la vacuité des autres, des gens, tout comme j'aimerais voir comment ils remplissent le vide.

Comment enregistrer un (aussi bel) album?

Benjamin Mandeau est celui qui a enregistré cet album, je suis incapable d'enregistrer seule, j'ai besoin de quelqu'un en studio qui comprenne ce que j'ai dans la tête et qui ait les connaissances techniques permettant de concrétiser mes idées. J'entends ce que je veux mais je ne sais pas le créer techniquement. Je peux seulement l'expliquer, le décrire.

Pourquoi s'appeler le Prince Miiaou?

Pourquoi pas...? C'est un choix très trivial, c'est un nom que j'ai choisi le jour où j'ai créer ma page MySpace. Si je l'avais créé une semaine après ou une semaine avant, j'aurai peut-être choisi un autre nom... Au-delà de ça, je crois que j'aimais l'idée de brouiller un peu les pistes, d'avoir un nom de projet masculin alors que je suis une fille...

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Foals

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YANNIS PHILIPPAKIS: Pendant nos concerts, nous ressentons des choses très fortes. Nous sommes à la fois belliqueux, hyperactifs et perdus dans nos pensées, quasi en méditation. Il s'agit avant tout de célébration - sous le signe du démon!

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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My Broken Frame

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Quel est le disque que vous avez le plus écouté étant enfant?

C'est une question assez difficile. Quand j'étais tout petit, mon père en écoutait beaucoup dans son bureau. Ce que je peux dire c'est que mon premier souvenir de mélodie, c'était le thème de la bande originale du film Furyo, composée par Ryuichi Sakamoto. La première pochette qui m'a marquée c'est celle de Led Zeppelin II, et le premier tube que j'ai eu envie de chanter ça doit être "True Colors" de Cindy Lauper.

Comment avez-vous créé My Broken Frame?

J'ai longtemps fait de la musique dans ma chambre sans oser la jouer devant des gens. L'histoire a commencé avec les open mics au Pop In, un bar dans le 11 ème arrondissement où je me suis enfin risqué à faire entendre ma musique en live. Et puis j'y ai pris goût, j'y suis venu chaque semaine et Erwan Broussine, du label Waterhouse Records, a eu l'idée de faire une compile avec un certain nombre de musiciens qui venaient. Entre temps, j'ai créé un groupe, Go Go Charlton, plus rock. Le studio d'Erwan était super mais petit, avec impossibilité d'enregistrer de la batterie. J'y ai donc enregistré des chansons plus intimes, que je jouais seul. Alors qu'on avait prévu d'en enregistrer un seul titre, on s'est retrouvé avec 10 morceaux ! C'était la matière brute de mon premier disque, Chapel Hil, sorti en mai 2007.

Pourquoi ce nom ?

C'est un clin d'oeil à Depeche Mode et à l'album A Broken Frame, très sombre, très minimale, comme mes débuts - ça reflétait bien mon état d'esprit de l'époque. J'aimais aussi cette idée de cassure comme origine de mon envie d'écrire des chansons.

Votre musique est à la fois rustique et onirique, comment trouver le juste équilibre?

J'aime beaucoup le songwriting des 60's et des 70's. Notamment celui des artistes comme Van Morrison, David Crosby, Neil Young... Et en studio je n'utilise du coup que des instruments vintage. Et en même temps je suis très inspiré par les rêves, les sensations étranges, les ambiances vaporeuses. J'aime quand la musique nous sort de notre quotidien, nous emmène dans un ailleurs.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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The Raveonettes

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Raven In The Grave : il s'agit de votre cinquième album, déjà. Ca vous fait quoi?
SUNE: Comme disait Kurt Cobain: "bored and old"...

Qu'est-ce qui est absolument rock'n'roll?
Twin Peaks.

Qu'est-ce qui n'est pas absolument pas rock'n'roll?
Le vomi.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Cold War Kids

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MATT MAUST Il y a quelque chose de particulier en France. A chaque fois que nous en revenons, nous nous sentons plus enrichis, plus sereins, plus confiants... Et ça fait du bien à notre musique, sans aucun doute.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Klaxons

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Surfing The Void ne fait pas dans la dentelle. Dans quel état d’esprit l'avez-vous écrit ?

Jamie Reynolds : En 2009, après avoir joué à des festivals comme Rock en Seine et à Glastonbury, nous nous sommes sentis comme rajeunir. Et nous avons soudain réalisé que ce qui avait fait de nous un grand groupe et cela nous a permis d’aborder nos sessions d’écriture avec beaucoup d’énergie et de motivation. Le jeu avait repris de plus belle…

Et qu’est-ce qui a fait de vous un grand groupe, justement ?

James Righton : Nous nous impressionnons beaucoup depuis le début, les uns les autres (rires). Cela nous a beaucoup surpris lorsque nous étions en studio. Nous écoutions chaque bande les unes après les autres : celle de la guitare, de la batterie, de la basse… et à chaque fois cela faisait comme exploser nos esprits, c’était vraiment très impressionnant ! Nous sommes dans une émulation constante.

Simon Taylor-Davis : Et nous savons travailler dans le secret : rien ne devait sortir de la pièce où nous nous sommes réunis pour concevoir l’album. Mine de rien, cela aide à entretenir un certain mystère… et à nous concentrer au maximum.

Avant même la sortie de Myths Of The Near Future, on vous a étiqueté groupe de new rave, et même chef de file du mouvement. Etait-ce quelque chose que vous recherchiez, que vous travailliez depuis vos débuts ?

Jamie Reynolds :  Le groupe est né en 2005, quand Simon et moi nous nous sommes rencontrés grâce à une connaissance commune, à Londres. Nous avons ensuite recruté un de mes copains d’école, James. Tout s’est fait assez vite, sans qu’on ait pu réfléchir vraiment à quoi que ce soit. Notre premier concert, c’était en octobre de la même année.

James Righton : Nous ne savions franchement pas trop ce que nous étions en train de faire, et nos premiers concerts étaient vraiment chaotiques. Pourtant, les gens ont aimé, aussi bizarre que cela puisse paraître. Un jour, Jamie a parlé en plaisantant de « new rave », et des amis d’amis ont commencé à venir à nos concerts avec des cornes de brume et des bâtons lumineux ! Tout le monde s’y est mis. Le mouvement s’est alors formé tout seul, sans que nous y soyons pour grand-chose…

Là, ça a été un peu la folie, la presse et le public se sont jetés sur vous…

Jamie Reynolds : Oui, nous n’avons pas vraiment compris ce qui se passait… Une fois de plus ! Mais nous avons aimé cette folie, même si il a fallu un peu calmer le jeu à un moment donné, pour pouvoir progresser. Trois ans pour faire un second album, cela a été très efficace ! (rires)

Etes-vous toujours aussi proches les uns des autres ?

James Righton : Aujourd’hui, nous sommes un groupe au sens propre du terme, plus qu’un simple concept de groupe... ce qui change tout. Nous avons appris à vraiment travailler ensemble, à partager le bon comme le mauvaise. Notre amitié est solide comme elle ne l’a jamais été : nous sommes vraiment soudés maintenant, rien ne peut nous séparer.

Simon : Cela peut paraître un peu mièvre, mais c’est la pure vérité !

Pourquoi ce choix de titre d’album, Surfing The Void ? Encore un trait caustique de votre part ?

Jamie Reynolds : Cela résume ce que nous faisons, tout simplement ! Nous surfons sur le vide… (rires)

James Righton : Plus sérieusement, cela résume nos trois dernières années passées, tout en parlant de notre situation actuelle. Le vide, c’est aussi comme un souffle. C’est une véritable libération, où les ennuis et les problèmes s’évaporent et disparaissent.

Jamie et James, vous écrivez les textes des Klaxons. Quelles ont été vos inspirations pour Surfing The Void ?

Jamie Reynolds :  C’est assez personnel car cela vient de nos impressions respectives de notre premier disque. Cela nous a pris du temps de savoir ce que nous voulions transmettre, et à titre collectif, car il faut vraiment pénétrer l’esprit de chaque membre du groupe pour savoir exactement le feeling qu’on veut faire passer. Joie, tristesse, énergie, violence…

James Righton : À la fin, quelqu’un doit à un moment se décider sur quelque chose, et fixer la mélodie à partir de laquelle nous allons caler les paroles.

C’est Ross Robinson qui a produit l’album, et ça s’entend. Comment s’est déroulée votre collaboration ?

James Righton : Ca a été incroyable. Avec lui, tout prenait sens et faisait disparaître les problèmes et les détails futiles. C’est un homme doux, adorable, lumineux…

Simon Taylor-Davis : Il a eu une vie hyper remplie, c’est un véritable workaholic. S’il ne travaille pas, il devient  fou. Il a vraiment un mode de vie très sain, tout est sobre chez lui… sauf la musique (rires) ! Il nous a encouragé à veiller sur nous-mêmes par rapport à notre alimentation, notre consommation d’alcool… Cela nous vraiment enrichi et cela a indirectement influencé l’ensemble de l’album.

Ross Robinson vit du côté de Malibu… Surfing The Void, c’était un peu « Surfing In The U.S.A » pour quatre Anglais comme vous ?

Jamie Reynolds : Un peu… Il a son propre studio dans sa maison en Californie, et nous y sommes restés quatre mois !

James Righton : Nous avons habité sa maison qui donne directement sur la plage ! Nous vivions à son rythme, celui du L. A. lifestyle. Quand on avait besoin de souffler, hop, on allait marcher dans le sable… C’était un rêve ! Comme toute cette aventure d’ailleurs….

Certaines chansons de l’album vous ont-elles marqué d’une façon ou d’une autre ?

James Righton :  Si tout l’album nous a marqué d’une façon ou d’une autre, ce serait se mentir de ne pas dire que « Twin Flames » est une chanson exclusivement destinée aux amoureux. Incroyable mais vrai ! Sinon, « Echoes » nous a rendu plus forts et nous a permis d’assurer l’ensemble de l’album. Dès que nous l’avons écrit, nous avons su que ce morceau avait quelque chose de spécial, et qui nous a fait beaucoup de bien. C’est pour ça que nous l’avons mis en première position dans l’album.

La pochette de Surfing The Void est assez drôle. D’où vient cette idée de chat cosmonaute ?

Simon Taylor-Davis : C’était question de montrer qu’un chat est capable d’aller dans l’espace, et même d’en revenir pour dire que des conneries (rires).

James Righton : Avec l’idée que le chat va ailleurs pour chercher une meilleure place, mais que les choses ne sont pas si mal ici-bas ! (rires) Un pur délire existentialiste…

En live, vous avez une certaine réputation : vous avez notamment réussi à vous casser une jambe l’année dernière !

James Righton : Et pourtant, on ne cherche pas la théâtralité sur scène ! Nous sommes quatre mecs (avec le batteur Steffan Halperin) et il n’y a pas vraiment autre chose que notre effort commun à faire de la musique aussi bonne que puissante. Galvanisante, même.

Jamie Reynolds : Pas de jeu de lumière, pas de folies, de grimaces, et rien que ça, cela peut surprendre ! Nous essayons seulement de faire de la musique avec laquelle nous nous sentons à l’aise, et qui nous rende meilleurs, tout simplement…

Votre musique est comme faite de ying et yang, d’énergie et de profonde mélancolie…

Simon Taylor-Davis : C’est exactement ça ! Nous croyons beaucoup à ce concept du yin et du yang.

James Righton : Il y a de la spiritualité dans la musique, quoiqu’il arrive. Notre musique est plutôt violente, mais ce qui n’empêche pas nos chansons d’être malgré tout très belles.

Jamie : C’est l’harmonie qui est importante dans la beat music, il doit y avoir de la lumière et aussi de l’obscurité, et il faut trouver l’équilibre entre les deux. Trop de lumière peut rendre la musique trop douce, voire mielleuse. Et trop d’obscurité c’est vite too much, en fait ! C’est ça qui fait la bonne musique : l’équilibre des humeurs et des sensations que la chanson dégage.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Randy Twigg

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Un héros?

Je serais toujours obsédée par Joey Ramone, et par tout ce qui touche, de près ou de loin, aux Pixies.

Votre premier instrument?

Quand j'avais 8 ans, mon oncle nous a offert, à mon frère et moi, un orgue. J'ai fait un peu n'importe quoi dessus tout en me concentrant sur mes parties de ping-pong. Bref, le premier instrument dont je vraiment suis tombée amoureuse est le violoncelle, à l'âge de 12 ans. J'en ai joué comme une malade à l'école!

Meilleur souvenir sur scène?

Il y en a tellement...  Même officieux, un concert est toujours un moment précieux. Lorsque la foule est heureuse et pète les plombs, cela me rend heureuse, et je rajoute un beau souvenir à ma longue liste!

Pire souvenir?

À chaque fois que la police a débarqué en plein milieu du concert. Même si ça fait des histoires intéressantes à raconter, être interrompu brutalement casse dramatiquement l'ambiance.

Pourquoi avoir déménagé à Berlin?

Parce que c'est the place to be!  On peut le sentir dès qu'on sort de l'avion. Il y a beaucoup d'artistes qui y travaillent, et beaucoup de parcs où glander. Berlin est un endroit merveilleux pour allier le travail et le loisir, c'est bien connu...

Votre nouvel album?

Catchy et en dessous de la ceinture.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Misteur Valaire

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Pourquoi s'appeler Misteur Valaire?

LUIS: Nous avons tous grandi ensemble à Sherbrooke, au Québec. À l'école, nous avons côtoyé un Mexicain s'appelant Carlos Ramirez. Pianiste classique exceptionnel, il se prenait pour un grand homme de la vieille Europe et tenait absolument à ce qu'on l'appelle Carl Valaire. Les valeurs mexicaines (fêtes familiales, friolaises, pinatas, etc.) nous tenant beaucoup à coeur, nous avons décidé de lui voler son nom pour devenir Misteur Valaire. Carlos est donc heureusement resté Carlos Ramirez.

Que doit absolument posséder un album réussi ?

Un son, une couleur, des bonnes chansons et une ligne directrice...

Le meilleur moment de l'enregistrement de Golden Bombay?

Je dirais l'écoute final, où nous étions exténués mais euphoriques. Cette dernière écoute avant de rendre le produit implique un lâcher-prise, et donne l'impression d'entendre l'album pour la première fois.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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