Kasabian

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TOM MEIGHAN: Nous sommes très fiers de ce troisième album qui concentre ce qu'on peut faire de mieux. Car c'est putain de bon, non?

SERGIO PIZZORNO: Nous nous voulons spécialement nous la raconter, mais il faut bien avouer que là, nous nous sommes surpassés!

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Edwyn Collins

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Survivre, ça s'apprend. Je n'ai jamais autant dessiné que depuis mes bras ne me permettent (soit-disant) plus de le faire. Et je n'ai jamais chanté avec autant d'enthousiasme, maintenant que la maladie est passée par moi. Etre un survivant, c'est aussi une grande joie.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Girls

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CHRISTOPHER OWENS.

EPANOUISSEMENT. Ce nouveau disque a été une belle expérience. Grandir, devenir un adulte et apprécier les autres. Dans la vie tu as deux possibilités : soit tu ne vois que le mauvais côté des gens soit tu les prends tels qu’ils sont et tu partages avec eux au maximum. Finalement, tu verras qu’ils sont là pour t’aider aussi à te rendre heureux.

L'ENREGISTREMENT DE FATHER SON, HOLY GHOST. C'était sympa et assez facile. Pour le premier album, nous avions enregistré à droite et à gauche pendant un an. Je ne veux plus refaire ça, s'escrimer un an sur un album, enregistrer tous les instruments soi-même. Je peux être bon à certains trucs mais pas pour tout! C’est épuisant... Pour celui-ci, c'était trois semaines, point. Les musiciens sont excellents, les chanteuses aussi. C’est JR qui faisait l’ingénierie et moi les guitares, la voix et quelques choeurs. Je ne remplis que mon rôle. J’ai grandi avec la scène punk pour qui travailler avec un producteur relève de la trahison. Mais c'est faux. J’ai bossé avec des gens normaux qui aiment la musique et qui sont mes potes maintenant. Je n’aime pas ce dédain pour les professionnels.

SONGWRITING. C’est instantané, j’avance au rythme des idées. C’est aussi une façon de vivre, d'être prêt. C’est l’inspiration. La seule chose dont je suis sûr, c’est que chaque chanson est authentique, qu'elle vient du fond de mon coeur.

LA VIE DE MUSICIEN. Plus jeune, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais j’étais assez réaliste. Je n'ai jamais voulu devenir les Guns'n'Roses. Je n’avais pas l’ambition d'être une rock star. Les jeunes qui viennent me voir pour me dire à quel point ils aimeraient être à ma place ne comprennent pas la difficulté que cela représente... C’est dur de maintenir aussi un groupe sans faire beaucoup de concerts de nos jours. Même si j’arrête ce métier, je continuerais d’écrire des chansons. Si je craque, je m’isolerai et écrirais des disques sans les éditer- juste pour les mettre à disposition des fans. Je pense que c’est une meilleure option que celle de Kurt Cobain...

MON QUOTIDIEN. Je ne pense pas qu’à la musique. J’habite près du parc du Golden Gate. Je m'occupe de mes plantes qui grandissent de manière très délicate. Je les cultive une heure au moins chaque jour. Je travaille sur ordinateur, j'écris à des amis... Puis je vais me promener au parc... Je lis beaucoup. J’adore Twitter, aussi, j’en suis obsédé! Je ne fais plus trop de concerts, sauf si j’adore le groupe. Ce que j'aime, c'est les spectacles de drag queens à San Francisco. C’est vraiment spécial. Même dans un petit bar, c’est tellement énorme que j'y vais au moins trois soirs par semaine!

LE BONHEUR, ENFIN? C’est vraiment la première fois que j’ai cette qualité de vie. Je vis depuis 6 ans à San Francisco, après avoir habité des années dans des dortoirs avec plein d'autres gens. Aujourd'hui, je vis chez ma copine, dans le même immeuble que sa mère. C’est vraiment bien. C’est presque une vie de famille.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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SCUM

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MELISSA RIGBY: Nous avons enregistré notre premier album, Again Into Eyes, dans la campagne anglaise, ce qui a beaucoup influencé notre son. Nous ne voulions surtout pas faire cet album en ville, et nous avons passé quatre semaines reclus dans une maison transformée en studio. Le fait d'être au milieu de nulle part nous a beaucoup inspiré. Nous pouvions composer et jouer à n'importe quelle heure du jour et de la nuit.

Notre projet SIGNALS (un morceau par ville) est né en Pologne. Notre manager nous avait réservé un studio alors que nous n'avions rien de spécial à faire. Sans avoir particulièrement  discuté de quoi que ce soit, Tom et moi nous nous sommes appropriés toutes les percussions du studio et avons enregistré un morceau uniquement rythmique. Nous l'avons retravaillé par la suite, mais travailler sans aucune structure comme nous l'avions fait nous a beaucoup plus. La seconde fois, c'était à Berlin, nous sommes arrivés au studio avec bien 3 heures de retard. Notre avion décollait deux heures plus tard, c'était vraiment tendu mais ce morceau est clairement l'un de mes préférés. Puis nous en avons fait un à Athènes....

THOMAS COHEN: Sans remplacer l'amour immodéré que nous portons à notre premier album, SIGNALS est une bouffée d'air frais. Quand tu es un très jeune groupe, il est difficile de contrôler ce qui se passe autour de toi et de suivre tout les conseils qu'on te donne. Nous cherchions un moyen de nous contrôler tout seuls, de nous évader de toute la logistique qui entoure nos déplacements en tournée. Et c'est intéressant d'être en studio avec des personnes qui ne parlent pas la même langue que nous.

D'après moi, l'art est très différent de la musique. On peut choisir de le rendre interactif: qu'ils le veuillent ou nous, les artistes interagissent avec les gens. Alors qu'un morceau peut rester coincé dans la tête d'un musicien très, très longtemps. La musique peut s'immiscer partout.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Mirrors

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JAMES NEW nous raconte l'album de Mirrors.

 

1. Fear of drowning
Sort of written in the midst of a panic attack. I was trying to write what it was I was
feeling, the terror of it all despite it being ultimately an irrational fear
2. Look at Me
Probably my favourite track. I would describe it as effortless. It is not trying to hard to be
special, but for whatever reason, in my opinion, it is.
3. Into the Heart
Interesting fact... It took over 20 different mixes to get this one sounding right and I can
still hear things I'd change! Still, great pop song
4. Write through the night
Originally called 'organ song' for the simple reason that I borrowed an old organ off a
friend to record the original demo. A lot of people think it's 'Ride Through The Night'
which I find mildly pornogrpahic
5. Ways to an End
Only Mirrors song to come from a jam. Which is what gives it it's energy. Something we
will have to do more often! I made the lyrics up on the spot
6. Hide and Seek
We recorded the bass on a very old mini moog 3 years ago. After that we never went
back!
7. Somewhere strange
A lot of people favourite I've noticed. It has a kind of 'your silent face' quality about it
which is why it starts the other side of the record.
8. Something on your Mind
Still not sure why we decided to cover this song, originally sung by Karen Dalton, but I'm
glad we did. Haunting.
9. Searching in the wilderness
Names after an old garage rock compilation I like. It is a lighter moment on a record
threatening to be too sombre
10. Secrets
Had the melody for years but never found a use for it. The original demo was guitar
driven. When Mirrors recorded it at first it was 14 minutes long with 4 different sections.
We trimmed it back to 10 minutes!
1. "Fear of Drowning"
Ecrit au milieu d'une crise de panique. J'ai esssayé de traduire ce que je ressentais, la terreur que ça m'inspirait, même si c'était avant tout une peur irrationnelle.
2. "Look at Me"
Sans doute ma chanson préférée. Rien n'a été fait pour qu'elle soit spéciale, mais à mes yeux, elle l'est.
3. "Into the Heart"
Fait intéressant... Il a fallu au moins vingt mixages pour que ça sonne juste et j'entends, encore aujourd'hui, des choses que j'aimerais changer! Mais ça reste une bonne pop song.
4. "Write through the Night"
A l'origine, elle s'appellait "Organ Song", pour la simple et bonne raison que j'avais emprunté un vieil orgue à un ami pour enregistrer la démo. Beaucoup de gens pensent que c'est  'Ride Through The Night', ce que je trouve plutôt poronographique.
5. "Ways to an End"
Le seul morceau de Mirrors à naître d'un jam, ce qui lui donne sans doute autant d'énergie. C'est quelque chose que nous devrions faire plus souvent! J'ai écrit les paroles sur le coup, et ça marche bien aussi.
6. "Hide and Seek"
Nous avons enregistré la basse sur un mini moog il y a trois ans. Et nous ne l'avons jamais repris!
7. "Somewhere Strange"
C'est la préférée de beaucoup de gens. Son côté mystérieux, sans doute.
8. "Something on your Mind"
C'est une chanson de Karen Dalton. Je ne sais toujours pas pourquoi nous l'avons reprise, mais je suis ravi de l'avoir fait. Elle est obsédante.
9. "Searching in the Wilderness"
Le titre vient d'une compilation de vieux rock garage que j'adore. Un moment de détente dans cet album un peu sombre, j'en conviens.
10. "Secrets"
Je ne svais pas quoi faire de cette mélodie qui traînait dans un coin depuis des années, et puis nous nous y somes attelés. Ca a été toute une histoire de la réduire de 14 à 10 minutes.
Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Villagers

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CONOR O'BRIEN: Narcisse et Godmund de Hermann Hesse est clairement ma plus grande inspiration. J’avais déjà écrit la moitié de mes chansons lorsqu’un ami m’a parlé de ce livre. Et ca a été une révélation! J’ai réalisé que Hesse avait déjà écrit et ressenti ce que je ressentais. Il y a encore tant de choses que j’aimerais essayer, tester, corriger... Ecrire et jouer des chansons sont parmi les choses les plus belles du monde.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Blood Orange

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DEVONTÉ HYNES:

MON NOM. Je ne veux pas qu'on se penche trop sur moi. Je veux rester un peu hors de contrôle, même si ça contrarie certains fans… Les gens doivent aimer ce que je fais parce qu’ils aiment, pas parce qu’ils ont le sentiment qu’ils doivent l’aimer.

LA POPULARITE. Je n’ai rien à faire de la célébrité. Quand j’étais jeune, je fantasmais sur le fait d’écrire des chansons, pas de faire le malin sur scène. Je ne lis pas les articles sur moi… Je sais ce que j’ai voulu faire, ce que j’ai ressenti, et lire l’opinion de quelqu’un d’autre à ce sujet peut être perturbant.

LE BONHEUR. Je n’ai plus trop le temps d’écrire ou de dessiner. Travailler sur les disques des autres me prend un temps fou. Mais j’ai toujours été choqué par les artistes qui se plaignent de leurs conditions. Pour moi, la musique est quelque chose de fun, et si cela ne te rend pas heureux, pourquoi en faire ? C’est dingue, je ne veux pas faire partie de ces gens-là.

LA SOLITUDE. Je fais ma musique dans ma chambre, tout seul, depuis toujours, et ce n’est pas prêt de changer. J’ai aussi toujours fait un peu de skateboard, du basket-ball ou du vélo pour me dégourdir les jambes. Et je n’aime pas du tout dormir. Cela m’énerve vraiment, j’ai l’impression de perdre mon temps.

L'ANGLETERRE. Je me sens toujours très anglais, mais je ne peux pas vivre à Londres. Ni dans l’Essex, ils sont très moralisateurs, ils jugent tout, ils donnent des complexes à ceux qui ne leur ressemblent pas. New York, c’est ma maison maintenant. Je n’irais pas vivre à Los Angeles, car je ne conduis pas, et je me suis retrouvé à marcher des heures dans des rues désertes, en sortant de studio… Drôle d’expérience!

L'ALBUM. Ca fait longtemps que je fais des trucs sous le nom de Blood Orange, les chansons de l’album datent en fait de 2009. Je les ai écrites, je les ai rassemblées, et l’année dernière, à Los Angeles, j’ai décidé de boucler une fois pour toutes l’album. Je l'ai enregistré seul, avec ma guitare et ma basse, mon clavier et ma voix.

MA VOIX. J’ai travaillé ma voix, seul, pour essayer de l’amener où je voulais qu’elle aille, pour la faire sonner comme je le souhaitais, vers Cass McCombs, Chris Isaac, JR Davies...

CHAMPAGNE! Pour mes 24 ans, car j’avais vraiment l’impression de vieillir. Je me suis levé, j’ai travaillé toute la journée sur la chanson "Champagne Coastle". À 21h, je suis sorti, il neigeait beaucoup car mon anniversaire tombe juste avant Noël. Alors je suis juste allé acheter une pizza!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Ganglians

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Second album, seconde chance ?

RYAN GRUBBS: J’avais besoin de plus de maturité pour me lance dans un nouveau projet. Et construire de nouvelles idées en groupe sur Monster Head Room. Nous avons challengé notre son, nous voulions plus le fouiller techniquement.

KYLE HOOVER: Certains s’attendent à ce que tu fasses tout le temps la même chose, c’est pénible. Il faut qu’ils fassent confiance aux artistes dans leur progression.

Vos chansons reflètent-elles ce que vous êtes ?

RYAN: J’ai écrit beaucoup de morceaux en pensant à des épisodes tumultueux de ma vie. Et ceux du groupe s’y sont rajoutés ! Résultat, nos disques ressemblent à une jungle sentimentale...

Sacramento ou San Francisco ?

RYAN: Nous venons de Sacremento, mais je vis à San Francisco depuis quelques mois, depuis la fin de l’enregistrement de l’album. Ca me fait bizarre d’être éloigné du reste du groupe, alors que notre aventure collective a démarré dans ma chambre. Mais nous restons très connectés.

Vos premières musiques ?

RYAN: J’écoutais la même chose que ma mère : beaucoup de chœurs d’église et de la musique classique. Et c’est dans les supermarchés que la musique non sacrée est venue à moi. C’est la rencontre de ces deux univers qui a changé ma perception du monde et de la musique. C’est un peu comme le ying et yang, c’est indissociable. Si tu perds l’un, tu perds le sens de l’autre.

KYLE : Moi, c'était plutôr radios rock, et je suis venu progressivement au psychédélique. Ma première cassette, c’était une musique de l’océan… ou d’un poisson rouge. Bref, une compilation de musiques de la nature.

Ganglians, c’est un drôle de nom…

RYAN: Nous voulions surtout associer le mot "gang" et "lions". OK, il y aussi ce rapport avec le corps et les nerfs…

KYLE: Notre nom fait partie de l’esthétique du groupe. J'ai l'impression que ce mot bizarre rend ce que nous faisons plus intéressant, plus engagé.

Votre principale ambition ?

RYAN: Faire des albums qui vont compter pour les gens. Le son compte plus que tout.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Housse de Racket

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Pouvez-vous revenir sur votre rencontre?

PIERRE : Nous avons grandi dans la même banlieue, où nous nous sommes rencontrés - au Conservatoire. C'était en 1993, et Victor avait un tee-shirt Pearl Jam, dont j’étais fan. Ca rapproche! Beaucoup plus tard, nous avons monté un premier groupe. Puis Housse Racket, nourris d'une culture funk, black rock, grunge... Nous avons commencé tous les deux devant un ordinateur avec des synthés et des guitares.

VICTOR: Nous voulions racketter la house en plein période French Touch. Ca avait aussi un rapport avec le fait que nous n'étions pas parisiens. Nous vivions dans une ville où il n’y avait pas grand chose: nous passions des journées et des nuits entières à discuter chez nos parents. Nous avons imaginé ce nom lors d’une de ces fameuses nuits blanches. Nous sommes heureux aujourd’hui de voir que nous avons sorti un premier disque, puis un second... Maintenant, nous pouvons passer à autre chose.

Quelles ont été vos influences durant l'enregistrement de ce nouvel album?

VICTOR : Nous n'écoutons pas du contemporain pour ne pas nous faire parasiter, mais de la musique que nous sommes incapable de jouer, comme du classique ou des musiques confortables que l’on connaît par cœur, comme Beach Boys et Bowie. Dans ses chansons, il se passe toujours quelque chose. Tout a l’air important. C’est ce dont nous avions envie : des morceaux avec de la consistance, de l'âme.

PIERRE : « Est-ce qu’il y a la vibe éternelle ou pas ? » c’est ce que nous nous demandions à chaque chanson. Si nous ça nous touche, cela peut toucher plein de gens.

Vos chansons s'appellent "Ariane", "Aquarium"… Cultivez-vous une thématique de la bulle ?

PIERRE : Une bulle française, avec Alésia, le TGV... Je pense aussi à Bubble-Gum, le côté hyper pop de la BD. Nous adorons que nos textes évoquent plein de choses différentes. Que chacun se fasse son interprétation...

VICTOR : ... ça veut dire que les textes sont réussis!

Et la France dans tout ça ?

PIERRE: Evidemment, il y a un rapport à la France, mais plutôt dans le questionnement : est-ce qu’elle peut encore gagner ? Aller suffisamment vite avec TGV ? Nous y avons souvent pensé, notamment quand nous étions en tournée à l’étranger.

A certains moments, on pense à Taxi Girl...

PIERRE : Nous nous sommes souvent demandés comment nous pouvions conserver notre intégrité française. De ce point de vue-là, la période des années 80 nous a semblé très prolifique. Mathematiques Moderns, Stinky Toys, Taxi Girl... Nous nous sommes imprégnés de leur univers.

Heureux d'être en duo?

PIERRE: On fonctionne comme un groupe de DJS ou de producteurs de musique électronique, mais on a toujours voulu écrire des pop songs. Dans le premier album, nous nous cherchions beaucoup, entre rock et synthétiseur. Sur celui-ci, Philippe Zdar, qui est très réputé pour son travail en musique électronique, nous a aidé à sublimer le climat sonore. C’est quand même fait avec des guitares, des batteries...

Parlez-moi de ce morceau, "Les hommes et les femmes"...

PIERRE : Cela peut être à la fois sur l’union des hommes et des femmes, et aussi dans le sens de la civilisation, du darwinisme, de l'évolution de l’homme. Tout est dit dans le refrain, d’ailleurs c’était difficile d’en sortir également des couplets. C'est aussi sur le couple... L’amour. Un thème que nous n'aurions pas osé aborder avant par pudeur, mais dont nous pouvons parler ici, très simplement.

VICTOR: On veut tout le monde ait des frissons, au Mexique ou en Allemagne. Le pouvoir des mots s’arrête là où commence celui de la musique, comme disait Wagner!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Nneka

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C'est une triste réalité: l’argent et le pouvoir dirigent le monde. Mais je ne peux pas le juger, car je fais partie de ce système - quoique je puisse en dire. Je fais partie de l’humanité. Le monde, c’est comme un corps, avec ses microbes et ses anti-corps…. Moi, je suis juste une toute petite chose dans ce monde, mais je crois en ce que je fais. Ma musique peut aider des personnes à surmonter des épreuves. Il y a deux ans, j'étais en concert à Cologne. Une femme est venue me parler à propos du bien que je lui faisais grâce à mes chansons... Ca, je ne l'oublierai jamais!

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Seasick Steve

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J’ai vécu dans la rue à Paris, au début des années soixante-dix... Je jouais dans le métro, dans les cafés. Jamais je n’aurais pensé pouvoir jouer sur une vraie scène. Mon fils aîné est né ici, en 1974, et je suis revenu quelques fois. À l’époque, c’était l’époque de la disco, de la dance, du clubbing. Mais maintenant, il y a une véritable âme musicale qui vit ici. J’ai l’impression que les parisiens sont très enthousiastes par rapport à la musique. Quand je joue, ils reconnaissent mes chansons, et cela me fait très, très plaisir. Avant, les gens s’en foutaient de ce que je faisais, et les voir chanter sur mes chansons, c’est un vrai bonheur. Je me sens comme si j’étais ivre... et pourtant je le ne suis pas !

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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CSS

CSS

Quels artistes vous ont le plus impressionné sur scène?

ANA : Il y a quelques années, j’ai vu Peaches en concert. C’était un show très étrange, mais très beau.

LOVEFOXX : J’ai récemment eu la chance de voir Liars au Brésil, c’était fantastique. C’était si différent de leur travail studio! J’étais tellement impressionnée que je n’en ai pas dormi pendant une semaine.

ADRIANO : J’adorais Menudos, un boys band mexicain (où Ricky Martin a fait ses débuts, ndlr), quand j’étais tout petit... Je me disais « Wouahou, ça doit être vraiment bien de faire ce métier ! ».

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Kisses

Kisses

ZINI EDMUNDSON: J’aime la musique à double tranchant. Dans notre album, il y a quelque chose de rafraichissant, de pas trop compliqué, rempli d’humanité. Avec Jesse, nous aimons nous référer au mouvement romantique mais nous avons vite l’impression de nous prendre trop au sérieux, alors nous passons à autre chose. Nous voulons honnête, mettre des émotions sur notre travail. Rester simple. Dans notre morceau "People can do the most amazing thing", nous avons parler de la nuisance du pouvoir que les gens veulent s'exercer les uns sur les autres. Du temps perdu qu'est le doute, l'hésitation...
Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Jamaica

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ANTOINE HILAIRE : J’ai commencé la guitare pour impressionner ma correspondante suédoise. Cela n’a pas marché avec elle, mais j’ai continué la guitare ! Je jouais dans des groupes au lycée puis à la fac. Tout naturellement, j'ai commencé à faire de la musique avec Flo, à chanter avec Bel Air, tout en écrivant des morceaux de mon côté. Je jouais en solo, avec un iPod! Je faisais aussi partie de Tahiti Boy. Puis on a monté Poney Poney...
FLORENT LYONNET : Ensuite, ça a été Jamaica. Pour nous, c’est un nom cool, qui nous ressemblait, exactement ce que l’on cherchait… On a hésité avec Jazz, en référence à l’album de Queen. Jamaica, c’est un parfait mélange entre Madonna, Jamiroquai et Nirvana - mais sans lien musical avec nous, attention!
Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Sergio Dias

Sergio_Dias

Dans les années 60-70, musique et engagement se conciliaient à merveille. Nous savions que le monde dans lequel nous vivions était difficile. Mais nous étions heureux d’avoir cette chance de vivre de notre art de manière si intense, au Brésil et dans le monde entier, de pouvoir faire passer des messages. En mai 68, j’étais ici, à Paris, à me faire poursuivre par les policiers munis de gaz lacrymogènes ! J'ai l'impression qu'aujourd'hui, artiste ou non, il est très difficile d'être réellement engagé.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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