Yann Tiersen

YTiersen-Philippe-Mazzoni

Je n'ai pas du tout une culture de chanson française. Mes parents écoutaient du Brel, du Brassens, mais j'étais plus tourné vers le rock anglophone. Il n'y a jamais eu beaucoup de paroles françaises dans mes albums. Puis les histoires de quotas protectionnistes et le fait qu'on me suspecte de ne pas savoir écrire en français m'ont motivé à faire quelques morceaux dans ma langue maternelle. Ce qui n'est plus du tout le cas dans Skyline.

La France est coupée du monde, elle ne communique pas assez... D'où mon choix de Mute, un label anglais. En tournant à l'international, où les salles étaient toujours remplies, je me suis aperçu que le public anglo-saxon suivait ce que je faisais, notamment grâce à Internet - le web et Facebook ne m'ont jamais fait peur. Je pense à la scène allemande qui répétait qu'elle ne voulait pas copier les anglo-saxons, ni se référer à la chanson allemande, et qu'elle avait été obligée de faire autre chose. En regardant une interview du groupe rennais Marquis de Sade, ses membres tenaient le même propos en parlant de créer une culture européenne.

Encore aujourd'hui, si l'on veut échapper à la pâle copie anglo-saxonne et la sacro-sainte tradition de la chanson française, il faut (s')inventer quelque chose de neuf, de très personnel.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Piers Faccini 1

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Si vous étiez un animal? Un aigle!

Si vous étiez un disque? Alina d'Arvo Part.

Si vous étiez un livre? Des poèmes de Rûmî...

Si vous étiez une oeuvre d'art? Un marcheur de Giacometti.
 
 
 
 
 
Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni
 
 

 

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Mustang

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Avez-vous grandi, musicalement parlant ?

JOHAN GENTILE: Oui. Notre jeu était plus fragile sur le premier album.  Ici, il y a moins de tâtonnement dans les arrangements. Il ressemble plus à ce que nous imaginions.

JEAN FELZINE : Avant, mon chant était très bas, très crooner...  Et en concert, nous nous sommes rendu compte que ce n'était pas assez fort.

La chanson française semble être de plus en plus assumée chez vous...

JEAN : Tabou sonne plus français, car nous avons mis du temps à digérer nos influences américaines, et ce n’est surtout pas du rockabilly, contrairement à ce que tout le monde dit! J'aime autant Polnareff, Gainsbourg et Brassens que le Velvet Underground.

Et la new wave dans tout ça ?

JOHAN: On nous en parle et là ça, c’est notre producteur Alf, les années 80. Nous, c'est plutôt les seventies...

JEAN : Nous ne connaissons même pas si bien que ça Joy Division! Finalement, les années 80, c’est ce que nous connaissions le moins.

Au vu de votre âge, on aurait pu vous classer avec les BB Brunes, les Shades... mais ça n'est jamais arrivé. Un avantage ou un inconvénient, d'après vous?

JEAN: Depuis nos débuts, nous n'avons jamais eu l’impression d’avoir un groupe frère, dans le même genre que nous. C’est peut être un problème que de ne pas avoir de rival. Un peu de rivalité stimulerait.... Je regrette un peu que nous soyons seuls.

Vos chansons parlent d'amour, de rencontre mais aussi (et beaucoup) de désillusion, de trahison. No future ?

JEAN: Nous sommes moins optimistes que nos parents: l’incertitude de l’avenir, l’absence d’utopie. Et puis nous avons écouté pas mal de truc pas gais, Nirvana, du punk... Et puis les gens aiment les chansons tristes, non ?

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Slow Joe

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JOSEPH ROCHA:

J'aime autant les crooners que les jazzmen, les rockeurs ou les chanteuses de pop... J'aime la musique, tout simplement, car je suis né dedans. C'est mon oxygène.  Je vis au présent, je savoure chaque instant. J'espère être encore le même dans dix ans!

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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M83

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ANTHONY GONZALEZ:

HURRY UP, WE'RE DEAMING. Pour cet album, j'avais moins de doutes - comme si les albums précédents étaient liés à une sorte d’apprentissage. Je me sentais en phase avec ce que j’avais en tête. C’est l’une des meilleures périodes de ma vie, j’étais presque aussi heureux qu’en étant enfant. Après dix ans de carrière, j’étais prêt pour mon plus gros album!

HURRY UP, WE'RE DEAMING est très influencé par le cinéma, par Gus Van Sant, Greg Arraki, Terrence Mallick, des films très visuels... Un film m'émeut plus souvent qu'un disque. Ca a été construit avec un début et une fin, des séquences: c’est un film qui n’existe peut-être pas. Il y a un peu de mes souvenirs d’enfance, mais c’est aussi une bande-son que chacun peut s’approprier. C’est aussi la nostalgie des 80 et 90 où on attend la sortie de l’album d’un groupe dont on est fan, et tu plonges dans son univers et tu ne vis que par ça pendant un mois. Tu pouvais vivre avec un seul objet pendant longtemps... J’aime ce coté obsessionnel. Tout va trop vite aujourd’hui car c’est la jungle, il y a trop de sorties. En tant qu’amateur de musique, j’ai de plus en plus de mal à me dire ce que je vais écouter. L’excitation ne dure que cinq minutes avant de passer à autre chose.

HURRY UP, WE'RE DEAMING est un projet ambitieux. La musique est grandiloquente, à la limite du too much et du trop plein d’émotions. Il y a aussi bien de l'innocence que de l'urgence: on n'a pas le temps, il faut se dépêcher de rêver!

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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The Bony King Of Nowhere

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BRAM VANPARYS: Je voulais faire un "vrai" album avec de la "vraie" musique. Excepté pour les voix, nous n'avons rien retouché. J'ai toujours trouvé bizarre qu'un groupe enregistre chaque instrument différemment, que ses membres ne jouent pas ensemble. Je pense que ce n'est pas très juste, car la musique n'existe pas vraiment dans ce cas-là. C'est pour cette raison que j'ai enregistré mon album avec mon groupe de scène. Et si il y a une petite erreur de guitare qu'on ne peut changer, tant pis... j'aime bien ça. L'important c'est de capturer LE moment. Car la vie est pleine d'erreurs... C'est impossible de jouer un concert sans en faire.

Beaucoup de musiques ne sonnent plus de manière naturelle. Elles sont fausses - pour moi, en tout cas. Je ne veux pas que l'on pense que je me considère comme le grand savant de la musique, et que je pense que tout ce qui n'est pas enregistré live est mauvais mais c'est ce que je ressens, tout simplement.

J'espère juste que ma musique est sincère. Et que les gens l'aimeront...

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Unison

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Comment vous-êtes vous rencontrés?

MELANIE : Nous nous sommes rencontrés fin 2008 via internet, Julien cherchait une chanteuse pour un projet qu’il avait en tête depuis longtemps. J’ai tout de suite été captivée par ses propositions musicales, la magie a opéré, à tel point qu’on est inséparables depuis. Tout est lié chez nous. La musique, l’esprit, les corps, le cœur. C’est devenu quelque chose d’infiniment puissant, bien au-delà d’un simple projet musical.

Votre musique est rare en France. Quel effet cela fait d'ouvrir la brèche de ce genre dit "witch house" dans son propre pays?

MELANIE : C’est plus un groupe de gens qui se sont sentis plus forts en se rassemblant. Même si en l’occurrence le rassemblement est plus virtuel que réel, car il s’est fait via le net quasi uniquement. Notre entrée là-dedans s’est faite très naturellement. En fait, on nous a intégré dans le truc alors que nous n'avions absolument rien demandé... et ça nous a bien fait plaisir!

Aujourd’hui l’effet s’est inversé, de nouveaux arrivants font tout pour faire partie du mouvement et prendre le train en marche. Beaucoup de nouveaux sont très axés sur l’apparence et la pose, ce qui fait perdre au mouvement un peu de sa force originelle. Il faut aussi dire que les dés étaient pipés d’avance, vu que l’étiquette Witch House est devenue étendard alors qu’au départ ce n’était qu’une blague faite par Pictureplane pour définir sa propre musique. Les blogueurs ont monté le truc en épingle, suivis ensuite par les magazines. Nous sommes malgré tout très contents d’avoir rencontré un certain nombre de gens dans ce mouvement avec qui on reste très liés : Salem, White Ring, Ritualz… Ce sont de vrais artistes avec des personnalités tout à fait attachantes et ultra sincères. Nous nous sommes reconnus et ils nous ont adopté.

JULIEN : Etre en quelque sorte les représentants du mouvement en France a pour nous une utilité toute particulière : signifier à tout le monde que nous ne faisons pas partie du jeu. Nous ne sommes pas fluos, nous ne faisons pas de la musique pour se défouler en sortant du boulot. Nous ne sommes pas festifs, ni metal, ni rock-à-mèche… Nous sommes encore moins des héritiers de Joy Division ou du Krautrock ou post-punk ou new-wave. Bref, nous rentrons dans aucune des castes/cases actuelles de la scène française.

Tout ça nous fait chier. Nous voulons de la musique qui prend aux tripes. Et pas de la simple consommation. Le cynisme à la française nous fatigue aussi. Nous aimons plus la frontalité, la sincérité et la simplicité. Faire la musique qu’on fait est tout simplement une nécessité vitale. Qu’on soit dans tel ou tel mouvement ou pas. Mais nous sommes quand même super reconnaissants pour tout ce qui nous arrive en ce moment !

Et beaucoup de gens sont terriblement affamés de nouvelles musiques et sont fatigués par l’immobilisme français. Les réactions sont parfois extrêmes et émouvantes. Nous sentons que les gens sont très heureux d’avoir reçu de l’amour et des émotions vraies. Ils sont demandeurs de ça. Et c’est en grande partie pour ça que l’industrie du disque se casse la gueule en ce moment…

Votre album est à la fois sombre et lumineux, mélancolique et plein d'espoir... Comme vous?

MELANIE : Oui, tout à fait. Nous mettons en avant la dualité qui nous compose. Le positif / négatif… la lumière / l’obscurité… Le bonheur éclatant / la tristesse infinie… La ville / la campagne… Le côté sauvage / le contrôle de soi… L’amour / la haine… L’intelligence sophistiquée / l’archaïsme originel… Unison n’est pas un fourre-tout, loin de là, mais plutôt un fil tendu entre nos contrastes polaires, et prêt à craquer à tout moment. Le catalyseur ultime, un prisme. Une belle mais difficile expérience pleine de lumière, d’amour et de tristesse.

Une citation qui vous collerait à la peau?

Seuls contre tous.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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General Elektriks

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HERVE SALTERS:

Ce que j'aime: me balader dans un parc en famille. Prendre un bon café avec un rayon de soleil qui me tape le visage. Voyager. En concert, créer, ne fut-ce que l'espace d'un instant, un groove avec mon groupe et mon public. Etre frappé par une oeuvre, quand l'art suscite ce genre d'instant exponentiel qui te fait vivre d'une manière plus forte.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Sean Lennon & Charlotte Kemp

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SEAN LENNON: Notre groupe est la fusion de l’ancien et du moderne: nous aimons tous les deux Oscar Wilde mais aussi Science Magazine! Nous sommes très concernés par notre futur, le pétrole, l’eau, le réchauffement climatique.... et les moyens de communications.

CHARLOTTE KEMP: Le monde réel est bien plus étrange que nos rêves. Science Magazine nous donne aussi beaucoup d’idées sur le XXIième siècle et sa technologie: la génétique, les hybrides, les protéines... Nous voulons mieux comprendre notre société, pour mieux s'en échapper grâce à notre musique.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Rococo

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ELEONORE JOUY.

Le titre de votre album, Bedtimes Stories, fait penser à Madonna...

On se souhaite son succès! Même si elle ne compte pas forcément parmi nos influences musicales, on ne peut qu'admirer l'artiste: son coté subversif, son aisance à se renouveler en permanence, l'intelligence qu'elle a savoir si bien s'entourer (on pense bien évidemment à Mirwais)...

 

 

Pourquoi s'appeler Rococo?

- c'est une chanson d'Arcade Fire qui figure sur leur dernier album, the Suburbs. Alors qu'on se creusait sérieusement la tête sur le sujet, François est arrivé avec cette idée, et on a aussitôt adhéré.

- Rococo, c'est en trois syllabes et nous sommes justement trois dans le groupe !

- le terme Rococo désigne le style Rocaille, un mouvement artistique touchant principalement les arts décoratifs et l'architecture du XVIIIème siècle. C'est un mélange des genres, ou plus précisément un éclatement des styles. Et ça tombe bien, ce qu'on a voulu défendre dans notre album, c'est le mélange des genres musicaux. Passer d'une boucle rythmique hip-hop à un riff de guitare rockabilly en passant par une mélopée un peu soul, c'est ce qui nous plaisait.

- Enfin, Rococo, c'est tellement classe quand c'est Gainsbourg qui le prononce dans sa chanson "L'Hôtel Particulier"...

Etienne Daho en guest star, c'est un luxe...

Pour la petite histoire, François est le guitariste d’Etienne depuis plusieurs années. Ce dernier suivait le projet Rococo depuis quasiment sa naissance. Il a écouté les chansons au cours de l’enregistrement du disque et a rapidement imaginé des lignes de choeurs  sur «Baby Please». C’est un honneur pour nous qu’il ait bien voulu chanter sur notre album !

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Hanni El Khatib

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Le premier concert, c'était vraiment génial, et je suis immédiatement devenu accro. J'ai fait la première partie de Florence & The Machine pendant sa tournée, et nous nous sommes bien améliorés, d'autant que nous n'avions quasi pas de day off. C'était très intense. Les concerts ont une vibe très éloignée de celles de l'album, c'est une expérience totalement différente. On ne cherche pas à le recréer à la seconde près - ce serait, d'ailleurs, plus ou moins mission impossible. Will The Guns Come Out s'est fait tellement spontanément, avec simplement ce qui m'arrivait à l'esprit, que je ne pouvais pas vraiment prévoir quoi que ce soit sur scène. Dans la musique, je souhaite garder un côté abrupt, avec juste le nécessaire. C'est pour cela que nous sommes que deux sur scène, avec mon batteur. La guitare et la batterie... que demander de mieux?

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Orelsan

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Les années 90, c’est une époque où j’avais des idoles. C’était le début du rap en France, et chaque nouveau rappeur amenait une fraîcheur. Aujourd’hui, être aussi fort qu’eux est impossible, il faut trouver une autre manière d'innover. On dit souvent que c’était mieux avant, mais il faut reconnaître que c’est bien mieux produit de nos jours. Et les rappeurs rappent dans les temps!

Les années 90, je les aime et je m’en moque pour la même raison : leur naïveté. Nous sommes très nostalgique des premiers walkmans et des premiers CD, mais soyons sérieux, qui échangerait son mp3 contre un discman? Un tatoo, un bippeur... Aujourd'hui, nous pensons que c’était cool mais c’était le tatoo, c'était le truc le plus pourri du monde, et le bippeur n'était rien d'autre qu'un gros truc moche et inutile: il fallait rappeler dans une cabine!

Les années 90, je les aime et à la fois je ne les aime pas… un peu comme mes ex !

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Waters

Waters-Philippe_Mazzoni


Pourquoi avoir créé ce nouveau projet, Waters?
VAN PIERSZALOWSKI: Je savais que je devais aller vers une nouvelle direction si je voulais continuer à faire de la musique. Après plusieurs années sur la route, Port O’Brien était devenu insoutenable et j'avais désespérément besoin d'un nouveau départ. Je souhaitais faire quelque chose uniquement par moi-même, afin d'être plus libre de créer exactement ce que je voulais.
John Congleton a produit votre album. Comment ça s'est passé?
C'était génial. John a fait certains de mes disques préférés de ces dernières années, comme les deux derniers Bill Callahan et le nouveau Walkmen... C'était le première fois que je travaillais avec un producteur. Et j'étais tellement dans mes chansons qu'il me fallait absolument un outsider pour me dire ce que je pouvais et devais améliorer!
Plus abrupt que vos précédents disques avec Port O'Brien, Out in the Light semble être influencé par le grunge…
Pour cet album, je voulais un son plus lourd, plus massif... Quand je suis allé en studio avec John à Dallas, j'ai acheté le disque d'In Utero de Nirvana. Il a été une sorte de guide sprituel tout au long de l'enregistrement. John a jadis travaillé avec Steve Albini, donc il savait comment manager certains effets de batterie. Nirvana, Sonic Youth, Dinosaur Jr., Sebadoh font partie de mes groupes préférés. Leurs vibes se rapprochent de celles de Out in the Light.

En écrivant ce premier album solo, quelle était votre principale ambition?
Je voulais faire un vrai disque de rock qui soit aussi intense émotionnellement. J'ai l'impression que beaucoup de groupes indie d'aujourd'hui ont peur des grosses batteries car ils auraient l'impression de sonner cheesy, mais c'est important de récupérer cet aspect du rock, loin de la musique dite "rock" horrible qui passe à la radio. Et puis, tout simplement, je souhaitais faire un disque dont je serais fier, et que je pourrais jouer en live des années durant.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Zola Jesus

Zola-Jesus-philippe-Mazzoni

Qu'espériez-vous de ce second album?

NIKA ROZA DANILOVA: J'attendais beaucoup de Conatus. Je voulais qu'il soit l'opposé de tout ce que j'avais fait jusqu'ici. Je voulais combattre les choses qui m'effrayaient le plus et créer quelque chose au-delà de mes capacités et de mes envies... un monde dans lequel je pourrais me sentir à la fois libérée et déséquilibrée.

Un grand amour musical?

Mike Patton.

Etre une femme dans la musique...?

Je pense que le plus difficile est d'admettre que les gens vous considéreront toujours comme une minorité. Cela ne fait pas longtemps qu'il y a des femmes auteur, compositeurs ou productrices. Mais je détourne cette frustration, je fais avec et je me dis que les choses peuvent changer... un jour.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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The Divine Comedy

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NEIL HANNON: Beaucoup de gens pensent que je suis dépressif. Ils n'ont pas complètement tort, mais ils n'ont pas complètement raison non plus. Oui, je déprime, je déprime même beaucoup pour une seule et même personne, mais je peux être heureux au moins cinq minutes par jour. C'est déjà bien, n'est ce pas?

Et puis, quand j'y pense, je vais mieux depuis que je ne suis plus dans la spirale infernale de la vingtaine, où il faut être content de soi, content de ce qui nous arrive, contente de tout, bêtement. Moi, je ne l'étais pas, et je déprimais tous les jours en me disant: "mais pourquoi diable je ne suis pas content?" Et puis passé la trentaine, on a enfin le droit de ne pas être heureux 24h sur 24. Ca m'a changé la vie. Quel bonheur de pouvoir déprimer comme bon me semble... De pouvoir divaguer, la larme à l'oeil...  Aujourd'hui, je suis bien plus heureux qu'avant, ne fut-ce parce que j'ai très précisément le droit de ne pas être heureux!

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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