Maison Neuve

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Pour quelles raisons avez-vous baptisé votre groupe Maison Neuve?

Il existe un lieu mythique, enfoui dans la mémoire régionale, qui était une sorte d’Atlantide terrestre, ville-monde à l’intérieur d’un cratère enseveli. Cette cité idéale, chimérique, a rendu fou plus d’un chercheur de trésors dans le Massif Central...Cataractes d’or, sources inextinguibles de vins délicieux, cette « Maison Neuve » était une promesse de paradis terrestre, un espoir fou de plénitude, de délices absolus. Dès lors, un autre nom n'était plus possible. Disons qu'une légende aux allures de nom commun, c'est parfait, c'est la synthèse idéale : le mariage magique du trivial et du mythologique.

Maison Neuve, c'est aussi le nom qu'on a donné, pendant des années, des décennies, des siècles, à des lieux-dits trop petits pour être des villages. Ce qui fait que pas un coin rural de France n'a pas son Maison Neuve. C'est beau parce que ça signifiait l'arrivée d'une nouvelle famille, souvent dans un coin isolé, à la lisière de la nature vierge, pas encore foulée. Des enfants y rejouaient l'Ile aux Trésors, voguant sur l'océan vert chauffé aux rayons du soleil cajoleur de la fin de l'été. Et c'est un début de poésie qui germait dans leur esprit, l'intuition d'un monde mélodieux. Plonger, s'enfoncer toujours plus avant dans la forêt. Plus tard, on retrouve cette sensation en parcourant la ville. Je pense à Tokyo qui m'a submergé. Ca, c'est une mégalopole. Une autre idée de la maison neuve. Une nouvelle forêt, une nouvelle exploration. J'espère qu'il vit un peu dans nos chansons, ce chef d'œuvre de ville.

Ne pas choisir entre l'anglais et le français, entre le folk et le rock... Etre réfractaire à la notion de genre/catégorie (si c'est bien le cas) rend-t-elle la tâche plus difficile ou, a contrario, plus aisée?

C’est bien plus simple. L’ambition n’est d’exprimer que ce qui est à notre portée, comme attraper le meilleur fruit à une hauteur raisonnable. Nous ne jouons que ce que nos bras, nos jambes, nos bouches sont capable de produire sans trop de contrainte. Nous n’avons plus le temps de leur apprendre à singer, des les contraindre à l’apprentissage de gestes théoriques.Nous n’avons donc pas le talent technique pour pasticher, décalquer. Je voudrais bien être Arthur Lee, Townes Van Zandt, Gainsbourg ou Caetano Veloso, écrire comme eux, les copier, en répliquer le meilleur dans ma musique…Mais je n’en suis pas capable. Aussi, ma seule solution est-elle de trouver le meilleur compromis entre mon désir et les inclinations naturelles mon corps. Et voilà, nous ne choisissons pas, nous nous en remettons à nos limites. Elles seules savent façonner les contours de l’œuvre. Elles sont les murs de la maison.

Et puis, comment choisir entre l’anglais et le français ? L’anglais, le parler du monde, la langue magnifique de John Fante et de Morrissey qui m’a fait vibrer pendant ces années de l’adolescence indolente où la vie balbutie. Et le français, ma langue maternelle qui résonne du fond des siècles, du fond des gènes. Je les aime très fort ces deux langages. Il y’en a un que j’utilise comme un dénominateur commun avec le reste du monde et l’autre qui est le véhicule fidèle de mes sentiments les plus vrais, les plus sincères. Non, non, on n’arbitrera pas. D’autres langues seront peut-être également bienvenues un jour. Le portugais est un candidat sérieux.

Quelle était votre principale ambition pour ce premier album - pourtant très accompli?

S’élever un peu, faire un truc un peu fou, écrire des chansons et en jouir le plus possible. Ce disque, parfois, j'y pense comme à un cadeau de Noël quand j'étais gosse. C'est ce truc qui te dénoue le ventre, qui te fait te sentir un peu spécial, un peu exceptionnel. Tu prends conscience d'un bonheur possible. Je le regarde, je l'écoute et il se passe deux trucs : je suis content, je ricane avec plaisir de la fierté coupable que ça me procure. je pense à la suite et toutes ces nouvelles chansons qui s'ébrouent dans ma tête. On voulait faire comme tous ces héros qui peuplent nos discothèques, tailler un diamant, l'amener à la vie, en faire scintiller les mille facettes. Pour être vaniteux et avoir, enfin, quelque raison de l’être. On voulait s’aventurer un petit peu hors de la zone d'anonymat. Respirer l'air d'un autre étage, y faire quelques pas, même très légers, même inaudibles.

Vous savez, j'ai jamais su faire du skate ou surfer et je me rends compte que ça me manque. J'ai peur de la vitesse, peur de me casser la gueule. Alors, disons que prendre une guitare et jouer avec 3 autres gars mi-frustrés mi-géniaux comme moi, c'est un début d'équilibre sur une planche qui file. C'est mon 200 à l'heure, mon adrénaline. Voilà, l'ambition, c'était de monter sur le skate et d'attaquer la pente, cheveux au vent, jubilant comme un gamin. Continuer d'accélérer avec le coup de pied rageur. A pleins poumons, à pleine distorsion, la main qui mouline, les baguettes qui tombent comme des guillotines. C'est tout ce qu'on sait dire et ça fait vraiment du bien de le dire.

On a pas grand chose à perdre, on attend pas grand chose, pas de salaire – ça, on le trouve ailleurs - juste le plaisir et cette certitude dérisoire d'être les meilleurs.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Fin

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LUKE JOYCE:

fiN, c'est une histoire d'amitié construite sur la pratique musicale. Kerry, le bassiste, et moi sommes allés à l'école ensemble, nous avions notre propre groupe. Simon et Jonny aussi avaient leur groupe. Finalement, nous avons uni nos forces...

Notre premier concert, c'était à South by Southwest 2011 : un peu stressant, mais plus que motivant. Nous nous doutions pas un seul instant de ce qui nous attendait. Mais il y a pire comme débuts sur scène!

Nous sommes un groupe d'indie rock. Farouchement indie rock. Tout en restant dans la célébration et le partage, ce qui n'est pas toujours le cas sur cette scène.

JONY GARNER:

Notre album est complètement DIY, nous avons tout fait nous-mêmes... Nous avons eu le temps de réfléchir à tout ce que nous voulions : un orchestration précise, un noir & blanc épuré pour nos vidéos, etc.  Il y aura d'ailleurs un clip pour chaque chanson de l'album. Douze en tout.

En ce moment, le meilleur pour nous est d'ouvrir pour de grands groupes, et gagner de plus en plus de fans tous les jours... Le pire, c'est dormir dans notre van de tournée, un vrai cauchemar!

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Hold your Horses

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Première rencontre?

Nous sommes sept musiciens, ce qui fait 42 premières rencontres si je compte bien – j’aurais mieux réussi ce calcul en seconde qu’aujourd’hui. Mais personne ne me posait de questions en seconde (Naomi, si tu me lis et te souviens de moi, je t’aime encore...)

Première répétition?

Cela fait environs quatre ans que nous jouons, avec des musiciens qui sont arrivés, d’autres qui sont partis... Je situerais notre première répétition, sans certitude, au studio Luna Rossa, où des groupes de vrais rockeurs regardaient notre petite troupe et ses instruments qui ne se branchent pas sur des Marshall avec le regard interloqué que je jette parfois à un jeune enfant s’apprêtant à faire une nouvelle idiotie : je perçois le génie créatif contenu dans la volonté de mettre des cailloux dans un pistolet à eau, mais je sais que c’est idiot. Au demeurant, Luna Rossa est un chouette studio avec un super patio.

Premier concert?

Là pour le coup j’ai un souvenir aiguisé de notre premier concert. C’était au Cannibale Café, rue Jean-Pierre Timbaud, les premiers à nous avoir fait jouer après tant de refus essuyés. Un dimanche soir à 18h, en novembre 2007. Nous avions joué deux fois avant cela, mais sous un autre nom que je tairai. Nous avons depuis lors joué plusieurs fois au Cannibale Café, et je leur serai toujours reconnaissant.

Premier maxi?

Le premier maxi a été enregistré dans mon salon avec Grégory aux manettes, avec peu de moyens mais la volonté de bien faire malgré les embûches de la première fois (toute première fois, toute toute première fois...). Il est d’ailleurs toujours disponible sur Internet je pense. A noter que l’on peut y entendre mon petit frère, tiré du lit pour l’occasion, hurler dans un micro. C’était notre premier featuring.

Premier album?

Le premier album devrait sortir en 2012. Nous n’en savons pas plus, mais ferons tout notre possible pour ne pas faire coïncider sa sortie avec l’Euro de football en Ukraine et Pologne afin de ne pas faire d’ombre aux footballeurs. Nous ferons plus sérieusement tout notre possible pour ne pas faire coïncider l’enregistrement avec l’Euro sus-cité car tel que c’est parti, les Bleus auront besoin de tout notre soutien pour ne pas être ridicules, et les Diables Rouges de Belgique c’est encore pire, si tant est qu’ils se qualifient. Restons en contact.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Best of Pitchfork festival

Pour sa première édition parisienne, le festival Pitchfork a fait fort avec une programmation plus qu'alléchante. Électro sautillante, pop convaincante ou rock hypnotique, hot dogs ou bagels végétariens : il y en avait pour tous les goûts. Voici quelques morceaux choisis par Bandes Sonores, heureux invité de cette manifestation. À refaire l'année prochaine, absolument.

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Honneur aux dames, la Suédoise LYKKE LI, entièrement vêtue de noir et aussi habitée qu'à son habitude. Certains parleront de maniérisme, d'autres de charisme exceptionnel... Il n'empêche qu'elle a comblé les attentes de son public et séduit quelques néophytes.

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Toujours du côté suédois, le songwriter JENS LEKMAN s'est mis la grande halle de la Villette dans la poche. Confettis, plaisanteries loin d'être douteuses et simplicité enthousiasmante... Accompagné de sa guitare et de son batteur, il a servi ses habituelles petites merveilles folk. Sur certains titres aux accents ensoleillés, il nous a même fait penser à Paul Simon.

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Impossible de rester insensible à la prestation des Anglais de WILD BEASTS, qui nous ont complètement immergés dans leur musique, déjà hypnotique en studio. Le groupe a su garder la magie de ses morceaux sur scène, magnifiant son impressionnant répertoire. Résultat: un concert envoûtant qui restera dans les annales.

 
 
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At last but (really) not least, BON IVER s'est chargé de clore le festival en beauté. Entouré de musiciens assez fabuleux, l'Américain Justin Vernon a transmis son bonheur d'être présent ce soir-là au public - certes conquis d'avance. "Holocene", "Beth/Rest", "For Emma" ou encore "Skinny Love" prouvèrent que son folk intimiste se mariait aussi parfaitement à une grande scène. Sublime, forcément sublime.
 
 
 
 
 
 
Retrouvez le festival Pitchfork ici.
 
Texte: Sophie Rosemont Photos: Philippe Mazzoni

 
 

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Other Lives

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JONATHON MOONEY: A notre retour de la tournée de notre premier album, nous étions un peu anxieux à l'idée d'enregistrer un nouveau disque. Jesse avait noté quelques idées sur la route et nous nous y sommes aussitôt attelés. Au fil des prises, nous nous sommes rendus compte que nous envisagions les morceaux uniquement sur la force d'expression des instruments de chacun. Nous avons tout naturemment développé un son très particulier, qui nous a tellement plu que Jesse et moi avons décidé d'enregistrer et de produire l'album nous-mêmes dans notre propre studio, à Stillwater.

Cela fait neuf ans que nous jouons ensemble. Nous formons désormais une vraie famille. Parfois, nous pouvons avoir envie de prendre de la distance en restant tout le temps collés ensemble, comme c'est le cas en tournée. Mais sur cet album, nous avons été proches comme nous ne l'avions jamais été depuis les mois passés sur la route.

Nous sommes toujours en train de réfléchir à la suite, à ce que nous pouvons faire de nouveau, et je crois que ça va être le cas encore pendant très longtemps. Nous sommes ravis de Tamer Animals, mais ce n'est qu'une étape de notre cheminement musical. Si nous devions un jour arrêter de progresser, nous serions obligés de tout arrêter.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Les Inrocks millésime 2011

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Dès demain, l'incontournable festival des Inrocks/Black XS va remuer la capitale, puis le reste de la France. Pour ses 25 ans, le magazine a fait dans la qualité et la quantité: Saul Williams, Le Prince Miiaou, François & The Atlas Mountains, Hanni El Khatib, Miles Kane ou encore Anna Calvi seront présents sur les scène de la Cigale, de la Boule Noire ou de l'Olympia.

Bandes Sonores a eu le bonheur de rencontrer ces artistes en avant-première, et se fait un plaisir de les rappeler à votre bon souvenir:

http://www.bandessonores.com/artists/anna-calvi.html

http://www.bandessonores.com/interviews/saul-williams.html

http://www.bandessonores.com/artists/miles-kane.html

http://www.bandessonores.com/interviews/le-prince-miiaou.html

http://www.bandessonores.com/artists/hanni-el-khatib.html

http://www.bandessonores.com/artists/francois-the-atlas-mountain.html

Demain et vendredi, ce seront d'autres éminents invités du festival des Inrocks 2011 qui répondront présents à l'appel: Other Lives et Foster the People.

Et le programme des concerts se trouve ici. Vous savez ce qu'il vous reste à faire...!

 

 

 

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Yann Tiersen

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Je n'ai pas du tout une culture de chanson française. Mes parents écoutaient du Brel, du Brassens, mais j'étais plus tourné vers le rock anglophone. Il n'y a jamais eu beaucoup de paroles françaises dans mes albums. Puis les histoires de quotas protectionnistes et le fait qu'on me suspecte de ne pas savoir écrire en français m'ont motivé à faire quelques morceaux dans ma langue maternelle. Ce qui n'est plus du tout le cas dans Skyline.

La France est coupée du monde, elle ne communique pas assez... D'où mon choix de Mute, un label anglais. En tournant à l'international, où les salles étaient toujours remplies, je me suis aperçu que le public anglo-saxon suivait ce que je faisais, notamment grâce à Internet - le web et Facebook ne m'ont jamais fait peur. Je pense à la scène allemande qui répétait qu'elle ne voulait pas copier les anglo-saxons, ni se référer à la chanson allemande, et qu'elle avait été obligée de faire autre chose. En regardant une interview du groupe rennais Marquis de Sade, ses membres tenaient le même propos en parlant de créer une culture européenne.

Encore aujourd'hui, si l'on veut échapper à la pâle copie anglo-saxonne et la sacro-sainte tradition de la chanson française, il faut (s')inventer quelque chose de neuf, de très personnel.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Piers Faccini 1

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Si vous étiez un animal? Un aigle!

Si vous étiez un disque? Alina d'Arvo Part.

Si vous étiez un livre? Des poèmes de Rûmî...

Si vous étiez une oeuvre d'art? Un marcheur de Giacometti.
 
 
 
 
 
Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni
 
 

 

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Mustang

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Avez-vous grandi, musicalement parlant ?

JOHAN GENTILE: Oui. Notre jeu était plus fragile sur le premier album.  Ici, il y a moins de tâtonnement dans les arrangements. Il ressemble plus à ce que nous imaginions.

JEAN FELZINE : Avant, mon chant était très bas, très crooner...  Et en concert, nous nous sommes rendu compte que ce n'était pas assez fort.

La chanson française semble être de plus en plus assumée chez vous...

JEAN : Tabou sonne plus français, car nous avons mis du temps à digérer nos influences américaines, et ce n’est surtout pas du rockabilly, contrairement à ce que tout le monde dit! J'aime autant Polnareff, Gainsbourg et Brassens que le Velvet Underground.

Et la new wave dans tout ça ?

JOHAN: On nous en parle et là ça, c’est notre producteur Alf, les années 80. Nous, c'est plutôt les seventies...

JEAN : Nous ne connaissons même pas si bien que ça Joy Division! Finalement, les années 80, c’est ce que nous connaissions le moins.

Au vu de votre âge, on aurait pu vous classer avec les BB Brunes, les Shades... mais ça n'est jamais arrivé. Un avantage ou un inconvénient, d'après vous?

JEAN: Depuis nos débuts, nous n'avons jamais eu l’impression d’avoir un groupe frère, dans le même genre que nous. C’est peut être un problème que de ne pas avoir de rival. Un peu de rivalité stimulerait.... Je regrette un peu que nous soyons seuls.

Vos chansons parlent d'amour, de rencontre mais aussi (et beaucoup) de désillusion, de trahison. No future ?

JEAN: Nous sommes moins optimistes que nos parents: l’incertitude de l’avenir, l’absence d’utopie. Et puis nous avons écouté pas mal de truc pas gais, Nirvana, du punk... Et puis les gens aiment les chansons tristes, non ?

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Slow Joe

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JOSEPH ROCHA:

J'aime autant les crooners que les jazzmen, les rockeurs ou les chanteuses de pop... J'aime la musique, tout simplement, car je suis né dedans. C'est mon oxygène.  Je vis au présent, je savoure chaque instant. J'espère être encore le même dans dix ans!

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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M83

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ANTHONY GONZALEZ:

HURRY UP, WE'RE DEAMING. Pour cet album, j'avais moins de doutes - comme si les albums précédents étaient liés à une sorte d’apprentissage. Je me sentais en phase avec ce que j’avais en tête. C’est l’une des meilleures périodes de ma vie, j’étais presque aussi heureux qu’en étant enfant. Après dix ans de carrière, j’étais prêt pour mon plus gros album!

HURRY UP, WE'RE DEAMING est très influencé par le cinéma, par Gus Van Sant, Greg Arraki, Terrence Mallick, des films très visuels... Un film m'émeut plus souvent qu'un disque. Ca a été construit avec un début et une fin, des séquences: c’est un film qui n’existe peut-être pas. Il y a un peu de mes souvenirs d’enfance, mais c’est aussi une bande-son que chacun peut s’approprier. C’est aussi la nostalgie des 80 et 90 où on attend la sortie de l’album d’un groupe dont on est fan, et tu plonges dans son univers et tu ne vis que par ça pendant un mois. Tu pouvais vivre avec un seul objet pendant longtemps... J’aime ce coté obsessionnel. Tout va trop vite aujourd’hui car c’est la jungle, il y a trop de sorties. En tant qu’amateur de musique, j’ai de plus en plus de mal à me dire ce que je vais écouter. L’excitation ne dure que cinq minutes avant de passer à autre chose.

HURRY UP, WE'RE DEAMING est un projet ambitieux. La musique est grandiloquente, à la limite du too much et du trop plein d’émotions. Il y a aussi bien de l'innocence que de l'urgence: on n'a pas le temps, il faut se dépêcher de rêver!

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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The Bony King Of Nowhere

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BRAM VANPARYS: Je voulais faire un "vrai" album avec de la "vraie" musique. Excepté pour les voix, nous n'avons rien retouché. J'ai toujours trouvé bizarre qu'un groupe enregistre chaque instrument différemment, que ses membres ne jouent pas ensemble. Je pense que ce n'est pas très juste, car la musique n'existe pas vraiment dans ce cas-là. C'est pour cette raison que j'ai enregistré mon album avec mon groupe de scène. Et si il y a une petite erreur de guitare qu'on ne peut changer, tant pis... j'aime bien ça. L'important c'est de capturer LE moment. Car la vie est pleine d'erreurs... C'est impossible de jouer un concert sans en faire.

Beaucoup de musiques ne sonnent plus de manière naturelle. Elles sont fausses - pour moi, en tout cas. Je ne veux pas que l'on pense que je me considère comme le grand savant de la musique, et que je pense que tout ce qui n'est pas enregistré live est mauvais mais c'est ce que je ressens, tout simplement.

J'espère juste que ma musique est sincère. Et que les gens l'aimeront...

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Unison

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Comment vous-êtes vous rencontrés?

MELANIE : Nous nous sommes rencontrés fin 2008 via internet, Julien cherchait une chanteuse pour un projet qu’il avait en tête depuis longtemps. J’ai tout de suite été captivée par ses propositions musicales, la magie a opéré, à tel point qu’on est inséparables depuis. Tout est lié chez nous. La musique, l’esprit, les corps, le cœur. C’est devenu quelque chose d’infiniment puissant, bien au-delà d’un simple projet musical.

Votre musique est rare en France. Quel effet cela fait d'ouvrir la brèche de ce genre dit "witch house" dans son propre pays?

MELANIE : C’est plus un groupe de gens qui se sont sentis plus forts en se rassemblant. Même si en l’occurrence le rassemblement est plus virtuel que réel, car il s’est fait via le net quasi uniquement. Notre entrée là-dedans s’est faite très naturellement. En fait, on nous a intégré dans le truc alors que nous n'avions absolument rien demandé... et ça nous a bien fait plaisir!

Aujourd’hui l’effet s’est inversé, de nouveaux arrivants font tout pour faire partie du mouvement et prendre le train en marche. Beaucoup de nouveaux sont très axés sur l’apparence et la pose, ce qui fait perdre au mouvement un peu de sa force originelle. Il faut aussi dire que les dés étaient pipés d’avance, vu que l’étiquette Witch House est devenue étendard alors qu’au départ ce n’était qu’une blague faite par Pictureplane pour définir sa propre musique. Les blogueurs ont monté le truc en épingle, suivis ensuite par les magazines. Nous sommes malgré tout très contents d’avoir rencontré un certain nombre de gens dans ce mouvement avec qui on reste très liés : Salem, White Ring, Ritualz… Ce sont de vrais artistes avec des personnalités tout à fait attachantes et ultra sincères. Nous nous sommes reconnus et ils nous ont adopté.

JULIEN : Etre en quelque sorte les représentants du mouvement en France a pour nous une utilité toute particulière : signifier à tout le monde que nous ne faisons pas partie du jeu. Nous ne sommes pas fluos, nous ne faisons pas de la musique pour se défouler en sortant du boulot. Nous ne sommes pas festifs, ni metal, ni rock-à-mèche… Nous sommes encore moins des héritiers de Joy Division ou du Krautrock ou post-punk ou new-wave. Bref, nous rentrons dans aucune des castes/cases actuelles de la scène française.

Tout ça nous fait chier. Nous voulons de la musique qui prend aux tripes. Et pas de la simple consommation. Le cynisme à la française nous fatigue aussi. Nous aimons plus la frontalité, la sincérité et la simplicité. Faire la musique qu’on fait est tout simplement une nécessité vitale. Qu’on soit dans tel ou tel mouvement ou pas. Mais nous sommes quand même super reconnaissants pour tout ce qui nous arrive en ce moment !

Et beaucoup de gens sont terriblement affamés de nouvelles musiques et sont fatigués par l’immobilisme français. Les réactions sont parfois extrêmes et émouvantes. Nous sentons que les gens sont très heureux d’avoir reçu de l’amour et des émotions vraies. Ils sont demandeurs de ça. Et c’est en grande partie pour ça que l’industrie du disque se casse la gueule en ce moment…

Votre album est à la fois sombre et lumineux, mélancolique et plein d'espoir... Comme vous?

MELANIE : Oui, tout à fait. Nous mettons en avant la dualité qui nous compose. Le positif / négatif… la lumière / l’obscurité… Le bonheur éclatant / la tristesse infinie… La ville / la campagne… Le côté sauvage / le contrôle de soi… L’amour / la haine… L’intelligence sophistiquée / l’archaïsme originel… Unison n’est pas un fourre-tout, loin de là, mais plutôt un fil tendu entre nos contrastes polaires, et prêt à craquer à tout moment. Le catalyseur ultime, un prisme. Une belle mais difficile expérience pleine de lumière, d’amour et de tristesse.

Une citation qui vous collerait à la peau?

Seuls contre tous.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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General Elektriks

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HERVE SALTERS:

Ce que j'aime: me balader dans un parc en famille. Prendre un bon café avec un rayon de soleil qui me tape le visage. Voyager. En concert, créer, ne fut-ce que l'espace d'un instant, un groove avec mon groupe et mon public. Etre frappé par une oeuvre, quand l'art suscite ce genre d'instant exponentiel qui te fait vivre d'une manière plus forte.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Sean Lennon & Charlotte Kemp

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SEAN LENNON: Notre groupe est la fusion de l’ancien et du moderne: nous aimons tous les deux Oscar Wilde mais aussi Science Magazine! Nous sommes très concernés par notre futur, le pétrole, l’eau, le réchauffement climatique.... et les moyens de communications.

CHARLOTTE KEMP: Le monde réel est bien plus étrange que nos rêves. Science Magazine nous donne aussi beaucoup d’idées sur le XXIième siècle et sa technologie: la génétique, les hybrides, les protéines... Nous voulons mieux comprendre notre société, pour mieux s'en échapper grâce à notre musique.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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