Alan Corbel

Alan-CorbelPhilippe-Mazzoni

 

La genèse de ce premier album?
 
Ce premier album est en quelque sorte l’aboutissement de mes cinq dernières années de travail, de musique et d’instants de vie. Il a vécu plusieurs commencements. D’une chanson comme "Children Of The Sun", écrite à l’époque du duo Megalux, à cet album, en passant par un EP enregistré avec Edith Fambuena en 2009, il s’est passé beaucoup de choses. Je ne crois aucunement qu’il s’agissait de faux départs mais bien d’étapes nécessaires pour finalement obtenir ce résultat. C’est aussi une histoire de rencontres, tout d’abord avec un producteur (Bertrand Lamblot) et une éditrice (Catherine Cuny), plus tard avec d’autres musiciens. Il m’est indispensable d’avoir des relations humaines fortes, voire de l’amitié avec les gens avec qui je travaille, sinon ça ne fonctionne pas. En tout cas pas comme je le souhaiterais. Edith
Fambuena pour l’EP et Bertrand Belin pour cet album ont vraiment réussi à préserver l’émotion de mes chansons tout en me guidant vers des chemins auxquels je n’avais pas songé. Dead Men Chronicles est aussi un hommage à Soazig Le Lay, une amie avec qui j’ai joué sur scène de 2006 à 2008.

Pourquoi l'avoir baptisé Dead Men Chronicles?...
 
J’imagine que chacun de nous a connu la perte d’un proche et qu’on le veuille ou non, il y a une vie avant et une vie après un tel événement. Dans Dead Men Chronicles c’est de cette vie après qu’il s’agit. Je ne crois pas aux périodes de deuil qui permettent un beau jour de tourner la page. Nos chers disparus sont présents dans nos vies, tous les jours. Mais je ne parle pas de tristesse inconsolable. Il y a dans notre quotidien des événements, des images, des musiques qui nous évoquent des souvenirs avec eux, provoquent une émotion. Et cela peut être de la joie.
Dans Dead Men Chronicles, c’est la présence forte mais discrète à la fois des cordes frottées qui m’évoque Soazig. J’y tenais beaucoup. Je ne crois pas avoir fait un album triste, du moins je l’espère. Il est empreint de mélancolie qui est un sentiment qui m’accompagne au quotidien, dans ce que je lis, écoute, écris. Ensuite Bertrand Belin a su avec élégance ensoleiller mes chansons.

 

Justement, comment avez-vous été amené à collaborer avec Bertrand Belin?
 
J’ai découvert Bertrand Belin sur scène en juin 2010. Il fait partie des quelques auteurs francophones actuels que j’apprécie. Il était accompagné par Tatiana Mladenovitch à la batterie. J’ai tout de suite souhaité lui demander de jouer les batteries de mon album et en en parlant avec Bertrand Belin et Catherine Cuny, il est apparu que Bertrand pourrait apporter beaucoup à ce projet. Suite à cette rencontre, j’ai joué mes chansons devant Bertrand, en acoustique. Lui cherchait, proposait. Nous avons répété l’opération deux ou trois fois. Nous sommes ensuite partis enregistrer au studio Le Hameau avec Jean- Baptiste Brunhes. Tatiana a donc joué les batteries et Olivier Daviaud nous a rejoints pour des prises de violoncelle. Nous avons ensuite fait des prises additionnelles à Paris avec Dominique Pinto, Albin de la Simone et Mina Tindle. Bertrand a joué beaucoup d’instruments : claviers, guitares, basse, violon, tout en préservant le côté « aéré » des chansons. Certaines comme "Endless", "Waking Up On A Sunday Afternoon" ou "Seven Nights" sont restées très sobres.


Quel est votre souhait musical le plus cher pour cette année?
 
J’espère qu’il y aura beaucoup de concerts suite à celui du Café de la Danse le 10 avril. Je travaille avec des musiciens rennais pour la scène et le live permet de s’habituer les uns aux autres et de développer des versions alternatives et adaptées de mes chansons. J’espère aussi, bien sûr, que Dead Men Chronicles n’est qu’un premier album avant quelques autres…

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Juveniles

JuvenilesPhilippe-Mazzoni

 

Comment êtes-vous tombés amoureux de la new-wave anglo-saxonne, au point de vous l'approprier ainsi?

Le charisme des chanteurs de ces années-là... Morrissey en fer de lance de la génération romantique new-wave. Avec Curtis, Mc Culloch, Sumner dans une moindre mesure dans New Order, c'est surtout l'aura qu'avaient ces figures mancuniennes des année 80 que nous admirons. Après, la production et le son des albums sortis ces année là qui nous inspirent beaucoup pour nos propres morceaux.

Pourquoi Juveniles?

Parce que ça sonne, c'est un joli mot dans les deux langues (française comme anglaise), même s'il ne renvoie pas exactement aux mêmes concepts dans les deux. C'est un nom de groupe qui nous définit bien.

Votre définition de l'élégance?

Faire beaucoup avec peu.

Votre définition de la jeunesse?

Poursuivre ses rêves avec spontanéité, naïveté et un oeil toujours nouveau. Enfin, surtout une oreille en ce qui nous concerne !

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni 

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Alex Winston

Alex-WinstonPhilippe-Mazzoni

 

DETROIT. J'ai grandi à 15 minutes au nord de Detroit. J’ai grandi dans une banlieue middle-class normale, mais je passais mon temps downtown, et les enfants que je fréquentais dans mon voisinage sont devenus médecins, avocats, hommes d’affaires. Mais c’était ceux qui faisaient de la musique qui étaient downtown qui me semblaient intéressants. Et c’est avec eux que je sortais pour aller aux concerts. Vers 17 ans, je me suis rendu compte que je voulais en faire ma carrière. Alors je suis allée a Chicago avec l’aide de mon père, et tout a commencé…

INFLUENCES. Ma mère a été en classe avec Stevie Wonder. Il y a tellement de musiques qui sont sorties de cet endroit. Tellement de choses s’y sont déroulées que c’est dur de ne pas être influencée par ça aujourd’hui. C’est une légende qui nous a tous imprégnés. Mais j’aime aussi la country, le punk, PJ Harvey ; je ne veux pas me limiter à un son seulement. Et je tiens à préserver cette diversité d’influences. 

LES DEBUTS. Les premières années de musique étaient frustrantes car j’essayais de percer sans vouloir quitter Detroit. Detroit, c’est ma maison et c’est là-bas que je rentre toujours pour écrire, dans le sous-sol de ma maison, chez mes parents. Et puis quand tu es jeune tu as besoin de qqn pour t’aider. On écoutait mes démos et on me comparait à Kate Perry, je trouvais ça désespérant. Je devais bouger. C’est comme ça que j’ai écrit « Choice Note ». Je me souviens : je suis rentrée ouvrir une bouteille de Jameson pour mieux écrire, tu sais. Il fallait stimuler ma créativité.

UN MODELE. Kate Bush. Je l’aime beaucoup. Et elle est vraiment la femme d’un show, elle me déroute, elle est tellement mature dans son travail. C’est impressionnant. Elle fait tout. Je ne m’y compare pas mais je vois en elle quelque part ce que j’aimerais donner plus tard et j’aime cette comparaison. Surtout, elle fait partie des artistes comme PJ Harvey, qui ne se laisse pas imposesr d’écrire un tube pour qu’on lui permette de faire un album. C’est tellement humiliant.

L'ALBUM. Ce qui m'intéresse, et ce qui est devenu le sujet de mon album, c'est la manipulations des plus faibles. Entre temps j’ai regardé aussi pas mal de documentaires sur des niches, ou minorités, mais aussi sur la manipulation des grand de ce monde et comment cela influe sur ces minorités justement. 

 Ce qui m’intéresse dans les autres est aussi lié à mes confrontations personnelles. Un jour, quelqu’un m’a dit que je devais aller en enfer car je suis juive et j’étais estomaquée. Certains sont tellement convaincus de ce qu’ils disent que cela en devient flippant, de voir ce en quoi arrive à croire les gens et comment ils se font manipuler ou influencer sur ce genre de croyances. 

Partout ailleurs, l’album s’appelle King Con (grand manipulateur en anglais), sauf qu’on m’a dit qu’en France c’est une insulte ! 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Kap Bambino

Kap-BambinoPhilippe-Mazzoni

Quelle est votre définition du mot underground?

Un long tube jaune qui brille dans le noir, et qui file à la vitesse d'un éclair sous la terre pour rattraper le temps et le devancer. C'est un laboratoire de vie, il est toujours ultra fréquenté par tous les ultras de toutes les classes sociales, mais pas trop assumé à la sortie en plein ciel. Et puis, il faut l'avouer, il sent parfois la chaussette au café.

Comment résumer votre relation musicale?

Comme une boule de flipper, qui roule.

Pourquoi avoir choisi de vous appeler Kap Bambino?

Parce que The Cure c'était déjà pris...

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Andrew Bird

Andrew-BirdPhilippe-Mazzoni

 

BREAK IT YOURSELF. Il a été enregistré en août 2010, dans une ferme, dans une grange plus exactement... Tu sais, le cliché de la grande grange rouge et blanche en bois, mais reconvertie en espace de vie. Elle existe depuis au moins 10 ans dans la famille. J’y suis allé depuis Minneapolis et j’ai enregistré pendant 8 jours - en live. Rien de digital. Une amie cuisinait pour nous. Une sorte de performance, finalement. Ce que j'aime dans cet album, c'est qu'il est musicalement direct, plus sauvage...

ANALOGIQUE. J’ai le sentiment que les disques modernes sont tellement produits, si parfaits. Du coup, ça peut ressembler à du karaoké avec quelqu’un qui chante par dessus. Dans Break It Yourself, le choix de production est précisément l’absence de production. Et pas trop d’ordinateur. Je chante différemment car c'est en live que tu sors le maximum de ta voix, et non pas caché sous ton casque.

CARRIERE. Tu traverses des cycles. C’est un peu comme regarder une vielle photo de toi: plus elle date, plus ça te fascine de voir comment tu étais modelé à l’époque. Je ne suis pas dans un esprit rétrospectif. Mais cela m'amuse de voir que ma mémoire sélectionne certaines chansons et pas d'autres...

POCHETTE DE L'ALBUM. Une histoire de famille! La photo a été prise par ma grand-mère lorsqu'elle avait 19 ans, avec un petit appareil. C'est son petit cousin. Mais on ne le voit plus sur les photos par la suite... c'est étrange.

SECRETS. Je suis d'une famille du Midwest catholique qui travaille dur et qui parle peu. Ce n’est pas parce que je suis un auteur compositeur que je dois tout partager... Je n’abat pas tout mon jeu de cartes, je garde certains mystères. Lorsque j'écoute d'autres artistes qui se livrent beaucoup, je me pose la question de savoir si ils sont sérieux. Faut-il les croire ? Pourtant, chaque jour ils doivent chanter ces chansons, et y croire tout autant. 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni 


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Beth Jeans Houghton

Beth-JeansPhilippe-Mazzoni

 

Avec mon groupe The Hooves of Desire, nous ne nous limitons pas surtout pas aux attentes des autres. Nous ne sommes pas effrayés de mettre différents éléments sonores ensemble. Nous essayons de condenser nos envies, souvent les mêmes car nous avons les mêmes goûts musicaux. De faire du groove avec notre coeur.

À chaque fois, nous découvrons quelque chose. La musique doit permette de se sentir bien. J’ai appris à éouter ce que les autres membres de mon groupe font, ce que les autres me suggèrent. Ils gardent ainsi leur liberté, et moi la mienne. Parfois, c'est comme avec le public: ça fonctionne sans prononcer un seul mot en dehors d'une chanson.  

L'un de mes modèles, c'est George Harrison. Il a toujours été mon préféré des Beatles, sans que je sache vraiment pourquoi. Et puis j'ai vu le documentaire de Scorsese... En fait, il était tout simplement différent. Sa musique ne t’emmène pas là où tu pourrais t’y attendre...

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Jef Barbara

Jef-BarbaraPhilippe-Mazzoni

 

Votre définition du glamour? 

Je trouve que le glamour a souvent tendance à être perçu et apprécié pour ses qualités superficielles, dans la mesure où l'image convoitée est une idée préexistante de ce qui est beau. Ceci dit, je m'intéresse plus au glamour en tant qu'exercice de style, c'est-à-dire lorsque l'impression de fascination n'est pas uniquement alimentée par la volonté d'être sexy ou de tomber dans la provocation facile. Je n'essaie pas d'être complaisant dans ma façon d'être glamour, je pense même que certaines personnes peuvent être dérangées de prime abord, en me voyant. C'est pourquoi je trouve le glam rock intéressant.

Une fête réussie, selon vous?

Une fête pendant laquelle je ne bois que de l'eau en observant les gens qui se droguent et qui se saoulent.

Et une fête ratée?

Une fête pendant laquelle j'ai consommé de la cocaïne.

Contamination, une musique qui fait pleurer et danser en même temps?

Après une performance que j'ai donné à Brno, en République Tchèque, une personne est venue me voir en me disant qu'elle s'était sentie terriblement seule pendant le concert, puisqu'elle avait ressenti une profonde tristesse alors que ses amis riaient et dansaient. J'ai automatiquement compris son sentiment, car derrière la façade de mon expression artistique se trouve un jeune homme plutôt mélancolique. Il reste que c'est un disque pop qui se prête à différents usages et interprétations...

Pourquoi ce titre, Contamination?

Pour deux raisons. J'ai sorti en 2009 un premier EP intitulé Truly Contagious. Pour moi, Contamination témoigne de mon développement naturel, d'où le passage de la contagion à la contamination. D'autre part, j'aime penser à la musique pop comme le véhicule canalisateur d'une infection contagieuse et contaminante. Ceci dit mon album devrait avoir un autocollant semblable au "Parental Advisory" sur les disques de gangsta rap ou de doom metal. Pas particulièrement parce que le disque comporte des éléments linguistiques transgressifs, mais plutôt parce qu'il comporte des thèmes contagieux qui pourraient contaminer celui ou celle qui se prend au jeu de les écouter...

 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Little Barrie

Little-BarriePhilippe-Mazzoni

 

BARRIE CADOGAN: Nous n'avons jamais eu l'aide des médias. Du soutien d'autres artistes, oui, comme Edwyn Collins ou Bobby Gillespie, ou Steve Howe, le père de Virgil, notre batteur, ça, nous en avons eu. Nous avons eu de la chance. Mais la presse anglaise a bien vu que notre truc, ce n'était pas d'être la sensation du moment et de nous faire jeter dans les cinq minutes. Les artistes vont et viennent tellement vite, et ce n'est pas toujours une question de talent. Nous, nous sommes très bien comme nous sommes, où nous sommes. Et je sais que nous sommes respectés car nous ne sortons pas du droit chemin que nous nous sommes tracés.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Sharon Van Etten 1

sharonVEttenPhilippe-Mazzoni

 

Trois mots pour décrire Tramp?

Assuré, éclectique, audacieux.

Votre meilleur souvenir musical?

Aller voir les Kinks en concert avec mon père quand j'avais 10 ans. Il était si excité! Ses yeux brillaient comme celui d'un gamin. C'est mon premier souvenir de ce que la musique peut faire ressentir aux gens...

Votre pire souvenir musical?

Avoir acheté un disque de Barenaked Ladies. Bouark. 

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TexteSophie Rosemont PhotoPhilippe Mazzoni

 

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Rover

RoverPhilippe-Mazzoni

 

ENFANCE. Je suis né en 79. J’ai toujours écouté de la musique à la maison, mes parents étaient des grands fans de Gainsbourg, de Dylan, des grands classiques de la pop. Mes deux grands frères écoutaient aussi beaucoup de musique. Ma première guitare, c’était à l’âge de 7 ans, à New-York, offerte par le père Noël. J’ai suivi mes parents de mes 5 à mes 12 ans aux Etats-Unis. Je n’ai jamais pris de cours.

ADOLESCENCE. Je suis revenu en France en 1995, pendant dix ans… J’ai pas accroché au grunge, ni à la vague Bob Marley, ni à la folie électro et techno. Je me suis concentré sur seulement quelques disques, ce qui m’a peut-être préservé des modes. C’est seulement une fois le deuil fait de Kurt Cobain que j’ai rééllement découvert Nirvana, qui est un groupe immense. Mais je déteste qu’on me dise quoi écouter ou quoi lire. Je préfère lire un mauvais livre qu’un bon qu’on m’a conseillé. Je me suis construit mon petit monde musical à moi, qui m’a permis de traverser les années glauques que sont les 90’s. Le premier Coldplay et les Strokes nous ont fait beaucoup de bien !

30 ANS. Je me suis fait expulser du Liban, pour une histoire de visa que j’avais oublié de faire renouveler...  j’y suis interdit à vie. J’ai du partir en 4 jours, changer de vie radicalement. Je me suis retrouvé dans mon pays, que j’adore, la France, mais sans projet, sans préparation… Je suis allé à Berlin, que j’ai trouvée fantastique. Et ensuite, j’ai écrit mes chansons.

ECRITURE. J’ai écrit ces chansons dans le but de ne jamais les faire écouter. C’était thérapeutique. Je me suis enfermé pendant trois mois, seul, dans une maison familiale en Bretagne. Je jouais dans un groupe de punk au Liban, on répondait à des modes, etc. Mais là, je ne voulais pas avoir l’air cool, je ne voulais pas sonner 96 ou 2006. J’avais juste envie de dire ce que j’avais à dire. Je me promenais à la plage, je rentrais manger des crustacés et j’écrivais la nuit. Cet hiver breton fut un grand moment.

ENREGISTREMENT. Mon défi, c’était de le faire tout seul. D’interpréter tous les instruments, et sur bandes, à l’ancienne, pour éviter d’avoir mille choix et de mettre cette pression dans le micro.Graver quelque chose pour de bon, dans le temps, se sentir dans son corps. La tension était permantente, palpable. 18 titres enregistrés en 18 jours! Nous n’étions que trois dans le studio, avec chacun un rôle crucial. Samy Osta, le réalisateur de l'album, a su me gérer physiquement et psychologiquement. C'était une expérience fantastique d'être coupé du monde.

ROVER. Mon père, amateur de tout ce qui est britannique, a toujours eu des Rover. Ca me rappelle les voyages dans cette voiture, à écouter de la musique. Moi aussi j’aime beaucoup les vieilles voitures anglaises. Et « to rove », c’est l’errance, le vagabondage. Qui me va très bien à moi qui ait beaucoup voyagé... Même si je ne rêve que d’être casanier, de rester chez moi…

L'AVENIR. C’est à nous d’être très exigeants, de ne pas tomber dans la sataisfaction facile sous prétexte qu’on a un peu de talent. Savoir juger sa propre musique, est-ce encore possible après des années de carrière? Je ne sais pas, mais je pense qu'il faut se protgéer des flatteries, ne pas être trop sérieux. Je respecte énormément la musique... mais ce n’est que de la musique.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Liz Green

Liz-GreenPhilippe-Mazzoni

 

Ô Devotion... c'est-à-dire?

Il est bon, ce titre, n'est-ce pas? Je déteste dire ça, ça fait si cliché, mais il m’est apparu dans mes rêves. Parfais je rêve en chansons et quand je me réveille, j'ai une nano seconde pour l'écrire avant qu'elle ne s'envole. Ô Devotion, ça a un côté épopée grec épique. Tragico-comique...

Manchester ou Londres?

J’aime avoir un rythme lent, c’est pourquoi je vis à Manchester. Je passe beaucoup de temps seul, je lis, je regarde des films. Je fais des cartes de vœux moi-même, je fais des livres moi-même. Manchester, c’est une ville plus heureuse que Londres, très amicale. Tout ceux qui jouent de la musique se connaissent. Il n'y a pas de compétition. C'est exactement ce qu'il me faut.

Pourquoi la musique?

J'étais professeur pour enfants en difficulté. Ce métier, je l'adorais, et il me manque beaucoup. Mais je me console en partageant avec mon public, pendant mes concerts, mes rêves, mes passions, mes angoisses... C'est de l'émulation dans les deux sens!

“I want to be a French singer"... C’est vrai ?

Absolument, j’aime Edith Piaf, Jacques Brel, Arletty, j’aime Les Enfants du paradis, c’est mon film préféré. Les chanteurs français sont des incarnations parfaites de l’amour.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Lambchop

LampshopPhilippeMazzoni

 

KURT WAGNER: J’ai recommencé la peinture après 2008, en Ohio. Dans un atelier. Je n’étais pas prêt à revenir à la musique. Et puis l’idée est venue de marier les deux en peignant une chanson. Tout se connecte dans le temps l’espace, dans l’instant. Toutes les chansons de Mr. M sont des portraits. Ce qui change, c’est la personne, le visage. Memphis, Le Tennessee...

J'ai commencé ma carrière en 1986... Je suis si heureux d’avoir pu réussir à faire de la musique aussi longtemps, car rien n’est acquis. Il y avait même de la place pour cet album. Mon onzième, tout de même!

Aujourd’hui tout le monde peut faire de tout grâce à la technologie. Il y a plus de groupes indés que jamais. Tant de disques, tant de concerts... C’est fantastique, mais dans la vie formelle d'un artiste, c’est très dur, et l’économie est complètement folle. J’ai la foi, et j’ai toujours voulu faire que de la musique que je sois capable de la ressentir. Or, je suis mis au défi par le contexte compétitif. C'est très douloureux... mais je garde mon optimisme, en évitant de devenir complètement apathique ou de me réfugier dans un coin, tout au fond.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Uffie

Uffie-Philippe_Mazzoni

D’où vient ce nom de scène, Uffie ?

C’est mon père qui m’a donné ce surnom lorsque j’étais enfant. Surtout quand je faisais des bêtises. Il me paraissait évident de la garder en nom de scène !

La question qui vous énerve le plus ?

Quand on me compare à Kesha... c’est exaspérant.

Pourquoi vivre à Paris ?

C’est une vie paisible, on peut marcher partout, boire du vin toute la journée… Même si je maîtrise seulement un peu de conversation basique, comme « Bonjour, un verre de vin rouge, s’il vous plaît » !

La première chose que vous faites au lever ?

Je change mon bébé !

La naissance d’Henrietta a-t-elle vraiment changé quelque chose ?

Je pensais que j’allais beaucoup changer avec la naissance de ma fille. Et en fait, pas du tout. Je suis la même, sauf que je dois m’occuper de quelqu’un d’autre que moi, et que j’ai une responsabilité que je n’avais jamais eu auparavant. Par exemple, j’aimerais bien l’emmener partout, mais je suis lucide… Un bébé a besoin de structure et non pas de décalage horaire et d’interminables heures d’avion ! Quand elle sera plus grande, elle s’amusera beaucoup plus.

Dernière chose avant d’aller au lit ?

Je me brosse les dents, où que je sois.

Avoir un enfant si jeune dans le milieu où vous évoluez, cela relève du choc culturel…

C’est très difficile. C’est vraiment bizarre d’avoir des horaires de moine alors qu’on est entourée d’artistes qui vivent la nuit et qui sont complètement décalés. Même pour manger, c’est toute une affaire.

Sex Dreams & Denim Jeansc’est votre deuxième bébé ?

Oui, c’est exactement le terme ! Cela a été un immense plaisir, mais aussi une souffrance. Du coup, je suis un peu nerveuse, et très impatiente de connaître l’avis des gens. J’ai passé tellement de temps dessus depuis la sortie de « Pop The Glock », quand j’avais 17 ans… Pour moi, il représente la fin de mon adolescence.

Quel est le pays où vous vous sentez le mieux ?

L’Allemagne. J’y vais plusieurs fois par mois. Les gens ont un vrai sens de la fête, ils sont très ouverts. Je n’irais jamais vivre à Berlin car il fait trop froid l’hiver, mais c’est vraiment une ville que j’adore, et je crois qu’elle me le rend bien.

La reprise de « Hong-Kong Garden » de Siouxie and The Banshees, c’est parce que vous avez vécu à Hong-Kong étant enfant ?

Pas du tout ! Enfin, peut-être que c’est de l’ordre de l’inconscient… Siouxie est une artiste que j’adore, et j’aime beaucoup le punk, même si cela peut paraître étonnant. D’ailleurs, je songe sérieusement à monter un groupe de punk rock, cela m’amuserait beaucoup.

Les voyages forment la jeunesse… plus que le clubbing ?

C’est sûr que cela a influencé sur ma jeunesse, mais je n’ai jamais eu le temps de m’imprégner vraiment d’une ville ou d’une autre car nous n’y restions jamais très longtemps. J’avais quinze ans quand je suis arrivée à Paris. J’étais au lycée international de Passy. Trois ans plus tard, je quittais l’école pour commencer vraiment à faire de la musique. En fait, je crois que mes parents ne réalisaient pas vraiment tout ce que je faisais !

Vos idoles en musique ?

Mirwais ! J’ai eu une chance incroyable de tomber sur lui en soirée, qu’on s’entende bien et qu’il accepte de travailler sur mon album. Je suis aussi une fan absolue des Franz Ferdinand, je les écoute toute la journée sans m’en lasser une seule seconde, et ils ont une énergie terriblement contagieuse en live.

Comment entretenez-vous votre voix, si claire ?

Le thé, le miel… et le whisky.

Votre pire cauchemar ?

Etre huée alors que je suis sur scène. C’est la grande peur de ma vie, et de celle de tous les artistes, je suppose.

Votre plus beau rêve ?

Acheter une maison. Cela peut paraître étrange, mais j’aimerais tellement avoir un endroit à moi, dans lequel je peux m’enfermer autant que j’en ai envie…

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Jonathan Wilson

Jonathan-WilsonPhilipppeMazzoni

Pour Gentle Spirit, j’étais capable de faire une véritable exploration. De prendre le temps de trouver des sons. De les retrouver encore. Puis de les asembler. Ne pas tout faire dans l’urgence, c’était une chance. Tout comme vivre proche de la nature. J'ai écrit cet album en traversant la Californie, celle des Doors et des Beach Boys. Celle du désert, des canyons, des océans, des drames ancestraux. Celle qui m'a permis d'être celui que je suis aujourd'hui: un homme, malgré tout, heureux. Et, aussi isolé qu'il soit, moins seul qu'il ne le pensait.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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N.E.R.D

nerd

 

SHAY: Un jour, tu te lèves, tu as une idée. Et tu n'as plus quà surfer dessus!

PHARRELL: Et ensuite, il faut développer les vibrations, en nourrir notre musique. Je veux que les filles se déshabillent en nous écoutant...

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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