PVT

PVT-Philippe-Mazzoni

 

RICHARD PIKE.

 

HOMOSAPIEN. Humain, trop humain? Oui, c'est absolument ça. Sans tomber entièrement dans la philosophie nietzchénne. 

 

L'enregistrement de cet album a été génial. Sans doute été le meilleur moment de ces dix dernières années... Nous l’avons fait à Sydney, notre base natale. Les chansons sonnent exactement comme nous le voulions: différemment. Nous ne voulions pas aller là ou les gens nous attendaient, nous nous sommes mis à nu. Un peu comme des lutteurs à l'époque gréco-romaine!

 

La musique vocale, c'est ce que nous écoutons. On ne peut pas être un fan de Nick Cave, de David Byrne ou de Bob Dylan sans s’essayer à l’écriture! Notre musique à nous se veut profonde, nous soignons tout particulièrement les paroles et, je l'avoue, c'est dur, très dur, d'y travailler. Mais c'est d’autant plus excitant... 

 

La musique, c'est un phénomène étrange qui peut apparaitre n’importe où, en ville ou dans les champs. Mais la prochaine fois, nous allons tenter d'aller dans la campagne pour l'enregistrement. Question de changer... de disque!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace et Spotifyspotify:album:1ZxlEQnqBUHhSKmjZICNmF1


Read more: PVT

The Amplifetes

The Amplifettes-Philippe-Mazzoni

TOMMY SPAANHDEN

Notre son? Rock et dance-floor, pop et psychédélique, triste et enjoué, actuel mais intemporel, hivernal et ensoleillé. 

Nos concerts? Sauvages mais pas trop, réfléchis mais hédonistes, un peu punk sur les bords et toujours électros.

Notre pays? La Suède, on l'adore et on ne la quitte pas. Nous nous partageons entre la ville et la campagne, nous avons enregistré notre album en pleine forêt et nos racines sont très importantes pour nous...

Nos ambitions? Etre accessibles avant même d'être populaires, mais ne pas prendre les gens pour des ignares, leur offrir une musique pleine, complète.

Notre amitié? D'une solidité à toute épreuve. Comme notre carrière, si tout se passe comme prévu!



Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace et Spotifyspotify:album:3OqKvqqdvc1FxhCQUDOo2y1

Read more: The Amplifetes

Granville

Granville-Philippe-Mazzoni


MÉLISSA & SOFIAN. 

Si Granville était...

 

Un animal?

Un chat angora. Il fait tout le temps froid, son pelage nos protegerait. Libre, un peu paresseux: ça nous ressemble!

 

Une couleur?

Rouge, comme la robe de notre chanson, le vin, la rose, le coucher de soleil.

 

Un pays?

La France. Nous restons là!

 

Une fleur?

Une pensée... C'est à double sens...

 

Un fruit?

Un kaki. C'est très doux, original, c'est ce que nous avons envie d'être.

 

Une odeur?

Celle de la mer, de la plage, celle qu'on sent quand on s'approche de la mer. L'air iodé pour se sentir être. L'odeur du café, car nous aimons écouter de la musique et écrire des chansons en buvant du café, pour le plaisir... 

 

Un personnage de film?

Bill Murray dans La Vie Aquatique.

 

Un personnage de dessin animé?

Princesse Mononoké ou la Mamie du Château Ambulant - elle est si mignonne, elle vit plein d'aventures...

 

Une saison?

Le printemps, à cheval entre hiver et été.

 

Un arbre?

Un baobab, qui vit très vieux et très grand. Afin que notre groupe soit présent le plus longtemps possible!

 

Un oiseau?

Pas une mouette, c'est trop agaçant! Un pigeon voyageur pour voir le monde... et exporter notre musique un peu partout.

 

Un roman?

L'Ecume des Jours de Boris Vian, pour la naïveté, le suréalisme, ses sujets lourds traités avec légèreté, le fait que ce livre soit complètement décomplexé.

 

Une figure historique?

Serge Gainsbourg, car il fait partie notre histoire. Il a forgé notre culture musicale francophone et francophile.

 

Un objet?

Une platine vinyle: c'est vivant, ça change tout le temps...

 

Un ressenti?

La sincérité. C'est ce que nous cherchons dans tout ce que nous faisons, chez les gens que nous rencontrons. C'est le pilier de vos vies et de Granville.



Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur Spotifyspotify:album:3SZI0OV1KzEhfA2QBuRvUj1

Read more: Granville

Local Natives

Local Native-Philippe-Mazzoni


TAYLOR RICE & KELCEY AYER.

 

HUMMINGBIRD. Nous n'avions rien écrit avant l’été 2011. Il faut dire que notre tournée avait vraiment duré longtemps... Nous nous sommes isolés à Summer Lake, dans l'Oregon, en dehors de Los Angeles. Pour les enregistrements, nous sommes allés à Montréal et à Brooklyn. Nous devions nous éloigner de la Californie, notre zone de confort, dirons-nous!

Le titre vient de l’une des chansons de l’album. Elle  est très symbolique, personnelle aussi. Mais elle matérialise aussi l’ensemble de l’album: à la fois fragile et rempli d’émotions très fortes, celles des dernières années passées tous ensemble.

LA CALIFORNIE. Justement, parlons-en. Hors de question d'en bouger... Nous aimons trop le soleil. Nous vivons tous les uns à côté des autres, vers Silver Lake. En tournée, nous avons vu des villes superbes, mais rien ne nous a donné envie de déménager pour autant. OK, Berlin, c'est super, mais le froid dure... trop longtemps.

Là où nous vivons, c'est une communauté d’artistes très solidaires les uns des autres. Musiciens, peintres, photographes... Nous nous influençons les uns les autres, c'est un apport précieux.

AMITIÉ. Nous deux, nous nous sommes connus vers 12 ans, et quelques années plus tard nous avons rencontré les autres mecs. Le fait d'être un groupe, avec des obligations comme rouler pendant trois heures tous entassés dans une voiture pour faire un concert dans un bar pourri a clairement soudé notre amitié. Ca passe ou ça casse, ce genre d'expérience!


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace et Spotifyspotify:album:1vONbFftSl3PkZs5ayRJ4B1

Read more: Local Natives

Indians

Indians-2

 

SOREN JUUL

Si tu étais un animal?

Un loup!

Une plante?

Une algue. En bon Norvégien, je suis un gars de la mer... J’aime plonger...

Une saison ?

L’hiver, mais pas dans sa phase sombre. Comme aujourd’hui par exemple, lorsqu'il est froid et ensoleillé.

Un livre ?

Je préfère les magazines, pour leurs images et leur décontraction.

Un film ?

Un film d’amour des années 70, avec un sens de l’histoire que l'on a perdu depuis. Et puis j’aime être amoureux...

Un autre artiste ?

Jack White. Rien à voir avec ce que je fais, mais c'est un grand faiseur de sons devant l'Eternel. Pour ma génération, il est très important.

Une ville?

New York, j’en suis dingue... Dans mon album, le titre "Somewhere Else" parle de ma passion pour cette ville, que je connais que depuis quelques mois.

Une couleur ?

Un bleu très, très foncé.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace

Read more: Indians

Wave Machines

Wave Machines-Philippe-Mazzoni

TIM BRUZON

POLLEN.

Ce titre sonnait bien, vu que nous donnions à la fois naissance, du point de vue artistique, à un nouvel album et, du point de vue personnel, à trois enfants!

RÉCEPTION(S).

Que les gens aiment ce nouveau disque, voilà notre souhait. Qu'ils apprennent à l'aimer au fil du temps ou que ce soit un coup de foudre, le principal est qu'ils lui donnent une chance de grandir à travers eux. Rien de pire que l'indifférence: je préfère qu'on critique méchamment l'album plutôt qu'on l'ignore.

INFLUENCES.

Quand j'avais douze ans, je n'écoutais que du rock: AC/DC, les Doors, Led Zeppelin, bref, de la musique qui me faisait jouer au guitar hero. Ce n'est que plus tard que j'ai plongé dans l'électronique d'Autechre, Aphex Twin ou Boards of Canada. Aujourd'hui, quand j'écris des morceaux, je n'écoute surtout pas la radio ou d'autres groupes... C'est l'une des choses les plus réjouissantes lorsqu'on termine un album: pouvoir enfin se détendre le cerveau avec la musique des autres! 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace et Spotifyspotify:album:1WtVzgKxZBIRqQ1m0Ht8bu1

Read more: Wave Machines

Manila Kiddo

Manila Kiddo-Philippe-Mazzoni

 

ANGELO FOLEY


DÉBUTS (PROMETTEURS).

J'ai commencé la musique à 5 ans, je faisais de la guitare classique. À l'adolescence, j'en ai eu marre. J'écoutais Nirvana et Metallica, je me suis mis à l'électrique. J'ai commencé à jouer en groupe: rock, pop, electro puis jazz à fond. Lassé par l'intellectualisation de la musique à l'école de jazz, je me suis barré pour composer mes propres sons. Ces différentes écoles (classique, jazz, rock) m'ont offert de solides bases de composition. Après, j'ai fait une fac "Matériaux sonores et enregistrement musical" pour acquérir le côté technique du son.

Comme je n'ai jamais fini aucune de mes études, je suis parti, encore une fois pour faire moi-même mon expérience. Et, à force de bricoler, je me suis formé pour être capable de tout produire chez moi.

 

LE STUDIO.

Aujourd'hui, je bosse confortablement depuis mon studio ou celui de Green United Music - le label pour qui je travaille. Ce qui me plaît dans la réalisation et la production, c'est le côté "labo". Le bricolage, la liberté, même si il existe aussi la pression du résultat. J'adore me sentir chez moi, en famille. Le studio, c'est comme un cocon effervescent.

 

LA SCÈNE.

Le live, c'est la fosse aux lions, un gros challenge à chaque concert. Je me sens nu. Je ferme souvent les yeux en espérant qu'on ne me voit pas!  Heureusement je joue avec mes meilleurs amis et ma chérie, donc la famille est là pour rassurer. C'est pour cela que d'être leader du groupe Shuunt est un exploit pour moi...

 

MANILA KIDDO.

La scène en groupe ça me plaît, je crois que je préfèrerais même être sideman qu'au milieu et devant. C'est pour cela que pour mon projet solo Manila Kiddo (l'enfant de Manille), il n'y pas de scène de prévue. C'est un labo qui me permet de me lâcher sans concession. Musicalement, j'essais de faire honneur à toutes mes influences pour créer ma propre identité. Je me cherche et me chercherai toujours, je pense... C'est un peu essayer de répondre à : "Qui suis-je ?" Il n'y a pas de réponse, si ce n'est le présent. Le groove reste un de mes critères pour composer. Que ce soit au final pop, electro, rock, il faut que ça groove.

 

LA PRODUCTION.

Quand je suis producteur, c'est pareil. Je ne choisis que des artistes qui me donnent envie de bouger mes fesses. L'émotion, c'est le principal. En ce moment, je groove pas mal avec Marvin Jouno - la relève de la pop française, Bois Noirs - la hot wave moderne, Zuzoom, le hip-hop hippie. Il y a aussi BaÏ-Kal, du rock à la fois dark et lumineux, et Long Courrier, une tropical pop hybride que j'affectionne. Tous les groupes avec qui je travaille sont des paris que je prends, parce que je crois en leur projet. Je pensais être leader mais la place de bras droit me plaît de plus en plus...


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace et Spotifyspotify:album:2yylbjy0bPANPQX5Wn4DjX1

Read more: Manila Kiddo

Andy Burrows

Andy Burrows-Philippe-Mazzoni-2


 

Razorlight, un premier effort solo sous le nom de I Am Arrows, puis le groupe américain We Are Scientists, le duo british Smith & Burrows. Aujourd'hui, vous vous dévoilez... pour de bon?

 

Oui. Depuis quelques années, j'avais l'impression d'avoir encore des choses à prouver, d'avoir des choses personnelles à dire, ce que j'ai fait avec mon premier disque "solo", mais il y avait toujours un obstacle: la vie de groupe, le mauvais label, des hésitations existentielles. Je n'étais pas libre. Puis est venu le bon moment, celui de faire un album à moi, que j'assume en toute connaissance de cause. Je m'amuse enfin comme je l'entends!

 

Où et comment Company a vu le jour ?

 

Je vis à New York avec ma petite famille, mais j'ai enregistré cet album à Londres, avec l'aide de Mark Ronson, qui est un ami avant tout. Ensemble, nous avons confectionné un album que nous souhaitions cohérent, lisible, généreux. En retournant travailler dans mon pays natal, j'ai retrouvé cette humeur anglaise que j'aime tout particulièrement...

 

Pourquoi ce titre, Company?

 

Ces chansons que j'avais sur le coeur avaient besoin de trouver un foyer, et elles l'ont trouvé dans Company. J'aime beaucoup ce nom, car ce mot est important dans mon quotidien. Ce n'est pas que j'ai peur de la solitude, mais je suis un adepte du partage, au café du coin ou dans son salon, en famille ou entre amis...

 

On décèle un véritable amour pour la pop dans cet album...

 

Parce que je suis un dingue de pop, depuis que les Beatles l'ont véritablement inventée. Lorsqu'elle est bien employée, cette musique réussit comme aucune autre à mêler l'exigence et la légèreté. C'est exactement ce que je recherche au fil de mon existence.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace et Spotifyspotify:album:2Rp1rXBp2clsz7cf1tEPDE1

Read more: Andy Burrows

Concrete Knives

Concrete Knives-Philippe-Mazzoni


 

CONCRETE KNIVES.


MORGANE: Ce nom nous va bien, je crois. Il brouille les pistes car un groupe de métal pourrait très bien s'appeler ainsi...

NICOLAS: On aimait le mot Concrete, on aimait le mot Knives... C'est aussi bête que ça!

 

CAEN. 


NICOLAS : Avec le Nordik Impakt, il existe une vraie culture de musique électronique. Mais depuis la création du Cargo, le rock a pu d'autant plus se rendre visible... A Caen, il y a beaucoup de groupes, on se connaît tous, mais peut-on parler de scène? Pas sûr, car même si on s'entend très bien,, il n'y a pas un grand rapport entre les groupes - contrairement à Reims où tout le monde joue avec tout le monde, se produit, etc. 

Caen, on ne veut pas en partir, on y travaille si bien! Le cadre de vie est agréable, nous sommes à dix minutes les uns des autres... Depuis environs cinq ans, de plus en plus de villes de province émergent du point de vue musical. On n'a pas besoin de monter sur Paris pour exister! En Angleterre, par exemple, il n'y a pas que Londres, il y aussi Manchester, Bristol ou Brighton.

 

DAN LEVY. 


NICOLAS: L'idée de départ était de co-réaliser le disque avec lui. Cette expérience a commencé lors d'un enregistrement pour le fun chez lui, dans son superbe home studio... Nous avons débattu autour des textures sonores. Mais je ne voulais pas que notre musique perde de son côté direct, brut. Alors que Dan, lui, est un passionné, il aime la production, les arrangements... Notre travail a donc été complémentaire. Quand il a du partir en tournée avec The Do, il m'avait déjà beaucoup apporté.

MORGANE: Cet échange a été hyper généreux. Nous avons tous beaucoup appris de l'exigence de Dan.

 

BE YOUR OWN KING. 


NICOLAS: Car il ne faut pas se trahir soi-même. Il faut rester curieux, malgré l'environnement. Les groupes arrivés au début des années 2000 ont pu profiter d'un contexte où on pouvait encore signer des contrats de trois ou quatre albums. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Parmi les groupes d'aujourd'hui qui tirent leur épingle du jeu, qui relèvent des challenges et suivent leur desiratas artistiques, il y a Battles. Et nous, je l'espère!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace et Spotifyspotify:album:47C0mHt7DFBkVQWv9OWZEP1

Read more: Concrete Knives

Aline

Aline-Philippe-Mazzoni

 

Pouvez-vous nous raconter votre rencontre, la genèse d'Aline?

ROMAIN: Aline est à la base un projet solo, un side project d'un autre projet, Dondolo. Il s'est construit par dépit, au fond d'une ancienne salle de cinéma d'art et d'essai abandonnée. Comme souvent lorsqu'on fait des choses sans ambition particulière, sans pression, les choses coulent d'elles même. Aline (Young Michelin à l'époque) a commencé à intéresser, interpeller pas mal de monde et on a commencé à me proposer des concerts. J'ai donc rappelé les copains qui jouaient avec moi dans Dondolo pour former le groupe. Ils ont accepté et vogue la galère ! 


Et d'ailleurs, pourquoi s'appeler Aline? (un rapport avec Christophe..?!)

 

ROMAIN: Au départ on s'appelait Young Michelin, et puis le fabriquant de pneumatique s'est mis à nous chercher des noises... Alors il a fallu changer. On a choisi Aline car c'était la ville d’où étaient censés être originaires les membres de Young Michelin... C’est doux et un peu suranné comme prénom, pas très à la mode. Et puis quatre garçons qui s'appelle Aline, c'est assez singulier.

 

Regarde le ciel, palme du plus beau nom d'album de 2013. "Obscène", "Maudit garçon"... Les titres sont d'une efficacité redoutable chez vous, on sent un vrai rapport au mot... 

 

ROMAIN: J'ai une vague idée du thème que je vais aborder dans mes chansons et souvent les choses se décoincent quand je trouve le titre. Ça dégage l’horizon. Souvent le titre conditionne le thème et les paroles, et il m'arrive fréquemment de trouver le titre en premier. Sur l'album ils sont du genre frontal, assez simples, relativement percutants et, mis bout à bout, ils racontent une histoire. Au départ je voulais que chaque titre soit en un seul mot, "Les copains", "Obscène"... Car ça laisse beaucoup de place à interprétation, un mot ça ne donne pas beaucoup d'information et c'est en même temps ultra précis. Je n'ai pas tenu jusqu'au bout ! 

 

Pour vous, quelles sont les qualités que doit absolument posséder une parfaite pop song?

ROMAIN: Une bonne pop song doit être relativement courte et engendrer la frustration. Quand elle se termine, on n'est pas rassasié, il nous en faut encore, alors on la remet au début et on l'écoute encore et encore jusqu'à ce qu'on arrive à satiété. Un truc qui rend addict instantanément. Elle doit aussi pouvoir se danser, se pleurer, se rire, se battre, provoquer tout un tas d'émotions fortes.

ARNAUD: Selon moi, une parfaite pop song doit savoir rester simple, immédiate,  catchy mélodiquement et véhiculer une sorte d'universalité dans les textes... Quand tous ces éléments sont réunis, pour moi c'est gagné .

 

Et les défauts qu'elle ne doit pas avoir?

ROMAIN:l’absence de mélodie forte, une construction boursouflée et prétentieuse, l'impression de déjà entendu mais en mieux, ne rien raconter voilà les parfaits ingrédients d' une chanson pop ratée, ratée et inutile. Un tas de sons informes et sans âme,  qui tourne à vide. Il y en a beaucoup malheureusement... 

 

ARNAUD: A l'inverse, la complexité d'un structure  calculée, l'excès de production ou d'images dans les paroles... Au mieux,  ça brouille le message. Au pire, ça sert de cache misère à une mélodie trop pauvre... Une bonne pop song doit pouvoir fonctionner juste avec une guitare et une voix. 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace et Spotifyspotify:album:14Ke3oww1ADYF8QGMrUvnE1

Read more: Aline

Balthazar

Balthazar-Philippe-Mazzoni

 

MARTEEN DEVOLDERE

Ce second album, Rats, se destinait à casser notre propre moule. Faire ce que nous n'avions pas eu le temps de faire sur le premier. Hors de question de recycler des chansons que nous n'avions pas utilisé. Quant à notre soit-disant mélancolie... nous ne la nions pas, mais il ne faut pas oublier que la Belgique draine l’humour de l'Europe toute entière!

JINTE DEPREZ

Un rat, c'est supposé être laid. Nous avons donc essayé d'amener de la beauté - même si, pour la petite anecdote, des rats se sont incrustés dans notre studio et ont bel et bien mangé des câbles durant l'enregistrement du disque. Ils nous ont poursuivi, aussi romantiques puissions nous être.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace et Spotifyspotify:album:5v9g4vpC18abcnohQqbz4q1

Read more: Balthazar

Thea Hjelmeland

Thea Hjemeland 2-Philippe-Mazzoni

 

 

La première chanson que vous n'ayez jamais chanté?

Ca doit être celle que mon père ne cessait de fredonner: "Arabian Love Call" d'Art Neville. Le refrain à la "ayayayaaaay" est une mélodie que je n'ai jamais oublié, et très facile à chanter quand on est enfant. 

 

Votre premier concert?

Depuis le jardin d'enfants, je chante à tous les événements possibles et inimaginables. Mais mon premier vrai concert avec mes propres chansons, j'avais treize ans.

 

La première chanson enregistrée pour votre albumOh, The Third ?

"Perfume", en 2007, deux ans avant toutes les autres. Après, j'ai beaucoup voyagé avant de revenir sur mon disque. Cette chanson est magique...

 

La première fois que vous vous êtes sentie musicienne?

J'ai su très tôt que c'était mon destin, mais comme c'est un job assez difficile, j'ai mis des années avant de me décider à me lancer dans une carrière musicale. Je crois que c'est juste avant d'enregistrer Oh, The Third que je me suis dit: ça y est, tu as choisi.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace et Spotifyspotify:album:6NS8hbIfDXUWOd8nzYLNED1

Read more: Thea Hjelmeland

Dark Horses

Dark-Horses-Philippe-Mazzoni

 

Un oiseau ?

LISA ELLE: J’ai toujours eu une fascination pour les cygnes, leur noirceur romantique et leur grâce.

HARRY BOWAY-NEWELL:  Je dirais les pigeons, partout prolifiques... Et ils n’ont besoin de presque rien.

Un homme politique? 

LISA: Frida Kahlo, ça compte? 

HARRY: Je n’aime pas les politiciens, donc Groucho Marx. Cela devait être tellement drôle de vivre à ses côtés...

Une matière?

LISA: De la glace, car tu veux la toucher mais tu ne peux pas vraiment, ou du velours, le tissu que je préférais étant enfant. 

HARRY: Le tweed, c’est un peu râpeux... mais tout le monde aime le toucher!

Un livre ?

LISA : N’importe quoi d’Hermann Hesse.

HARRY: De sang-froid de Truman capote.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace et Spotifyspotify:album:3z9rx11hGYFgNVPPqaBjSa1

Read more: Dark Horses

Yan Wagner

Yan-Wagner-Philippe-Mazzoni


 

PREMIER ALBUM. Les morceaux ont été faits sur deux ans, composés il y a longtemps. Je n'avais pas d'idée préconçue, le boulot de cohérence s'est avant tout fait sur la production.Je ne suis pas du genre à m'exposer dans mes chansons. Ce sont des images qui donnent naissance aux paroles, plus que de vécu. Chaque chanson est une image tirée du livre, d'un film, de rien du tout, d'une vision urbaine... Et j'aime ce côté ambigu de ne pas en dire trop. 

 

ARNAUD REBOTINI. Nous étions d'accord sur ce que ça donne. Tout est parti d'une rencontre au Social, un soir. On a discuté, je suis passé le voir à son studio car on est du même quartier. "Je te produis ton album", m'a-t-il dit après plusieurs verres de vodka... et ça s'est fait pour de vrai. Arnaud ne perd pas de temps sur la post prod:  une bonne prise reste une bonne prise. 

 

PASSIF MUSICAL. J'ai fait mon apprentissage seul. Une dizaine d'années à essayer plein de choses, à jouer dans des groupes en tant que pianiste... J'ai appris à me connaître tout en faisant des choses tout seul chez moi, des cassettes un peu horribles. Premier fait important: un duo avec un ami, Chazerbanks. Ca m'a permis de comprendre comment ça fonctionnait, comment construire un disque. Ca m'a donné envie de faire des choses tout seuls. Puis je suis parti à New York, en 2008-2009, où j'ai fait pas mal de concerts - c'est surtout le live qui m'a permis de comprendre ce que j'aimais, ce que j'assumais. 

 

CLUBBING. J'ai fait une thèse sur les discothèques parisiennes et new yorkaises, portée sur l'étude des transferts culturels entre les deux villes - de 1948 aux raves.

 

PARIS. C'est une ville que je n'ai pas aimé pendant longtemps, dans laquelle je suis heureux de vivre maintenant. Partir à l'étranger m'a réconcilié avec elle. Je préfère Paris à New York, même si c'est chers, même si les gens sont parisiens. Même avec leur brusquerie...

 

INFLUENCES ARTISTIQUES. Werner Herzog. Kenneth Anger - ambiguité, chaleur, érotisme... Burroughs, Céline... Entre autres!

 

DUO AVEC ETIENNE DAHO. Rêve de gosse! C'est le chanteur français que j'ai toujours écouté, aimé - avec Gainsbourg. Lorsque j'ai fait un remixe d'"Amoureux Solitaires" pour le tribute de Jacno, nous avons fini par nous croiser pour de bon. Il met les gens à l'aise. Ce duo s'est fait hyper facilement. Il s'est inclus dans le processus de composition... De toute manière, je ne me voyais pas lui imposer un morceau sans discussions! J'avais presque l'impression que c'était lui qui était intimidé. 

 

48 HEURES. J'écris les paroles très vite, c'est presque de l'écriture automatique. C'est un bon titre, assez simple, il renvoie à Happy Mondays, à quelque chose que j'aime évidemment beaucoup. Je suis flippé par le temps - pas de vieillir, mais de bien m'organiser. Une phrase que mon professeur de thèse disait tout le temps, et je suis d'accord: "on n'a pas toujours le temps de tout faire".

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


Retrouvez l'artiste sur son espace et Spotifyspotify:album:26KJYwTuCHfJeewsD1vsiE1

Read more: Yan Wagner

Melody's Echo Chamber

Melodys-echo-chamber-Philippe-Mazzoni

 

 

MELODY PROCHET


Une couleur ? Le bleu.

 

Un animal ? Le quokka, un petit animal australien que j'ai rencontré sur l'île de Rottnest, près de Perth... C'est un mix entre panda, kangourou et rat. Très mignon!

 

Un fait historique ? Dans ma chanson "Mount Hopeless", j'évoque cet explorateur australien qui est parti avec toute sa troupe pour découvrir les terres... et qui est mort pendant l'expédition. 

 

Un personnage de dessin animé ? Stewie Griffin de Family Guy, de Steve McFairlene

 

Une matière ? Le sable.

 

Une langue? C'est le premier album où j'ai écrit en français. Avant, je n'y pensais pas, et j'avais sans doute un peu peur en écoutant des Gainsbourg, Bashung, Boogaerts, Dominique A... Je n'avais jamais essayé. Sauf qu'au bout d'un mois en Australie, où j'enregistrais mon album aux côtés de Kevin Parker, de Tame Impala, la France me manquait et j'ai eu ce besoin de chanter en français.

 

Une ville ? Cavalière, entre Bornes les Mimosas, Lavendou. C'est là où se trouve la maison de mes grands-parents. Il y a des fantômes, ma grand-mère y est décédée... Mais je pourrais aussi dire Saint-Margaret en Australie, qui bénéficie de paysages absolument magnifiques.

 

Un film ? Cinq pièces faciles de Bob Rafelson, avec Jack Nicholson. C'est mon acteur préféré, je l'aime dans tous ses films sans exceptions. Il a la classe!

 

Un sentiment actuel ? L'épanouissement. Je me suis trouvée avec et par cet album. C'est le déclic, j'ai trouvé le juste équilibre de tous les ingrédients que j'aime.

 


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace et Spotifyspotify:album:6bEUO42UQwqUae2ptjd7XT1

Read more: Melody's Echo Chamber