Manila Kiddo

Manila Kiddo-Philippe-Mazzoni

 

ANGELO FOLEY


DÉBUTS (PROMETTEURS).

J'ai commencé la musique à 5 ans, je faisais de la guitare classique. À l'adolescence, j'en ai eu marre. J'écoutais Nirvana et Metallica, je me suis mis à l'électrique. J'ai commencé à jouer en groupe: rock, pop, electro puis jazz à fond. Lassé par l'intellectualisation de la musique à l'école de jazz, je me suis barré pour composer mes propres sons. Ces différentes écoles (classique, jazz, rock) m'ont offert de solides bases de composition. Après, j'ai fait une fac "Matériaux sonores et enregistrement musical" pour acquérir le côté technique du son.

Comme je n'ai jamais fini aucune de mes études, je suis parti, encore une fois pour faire moi-même mon expérience. Et, à force de bricoler, je me suis formé pour être capable de tout produire chez moi.

 

LE STUDIO.

Aujourd'hui, je bosse confortablement depuis mon studio ou celui de Green United Music - le label pour qui je travaille. Ce qui me plaît dans la réalisation et la production, c'est le côté "labo". Le bricolage, la liberté, même si il existe aussi la pression du résultat. J'adore me sentir chez moi, en famille. Le studio, c'est comme un cocon effervescent.

 

LA SCÈNE.

Le live, c'est la fosse aux lions, un gros challenge à chaque concert. Je me sens nu. Je ferme souvent les yeux en espérant qu'on ne me voit pas!  Heureusement je joue avec mes meilleurs amis et ma chérie, donc la famille est là pour rassurer. C'est pour cela que d'être leader du groupe Shuunt est un exploit pour moi...

 

MANILA KIDDO.

La scène en groupe ça me plaît, je crois que je préfèrerais même être sideman qu'au milieu et devant. C'est pour cela que pour mon projet solo Manila Kiddo (l'enfant de Manille), il n'y pas de scène de prévue. C'est un labo qui me permet de me lâcher sans concession. Musicalement, j'essais de faire honneur à toutes mes influences pour créer ma propre identité. Je me cherche et me chercherai toujours, je pense... C'est un peu essayer de répondre à : "Qui suis-je ?" Il n'y a pas de réponse, si ce n'est le présent. Le groove reste un de mes critères pour composer. Que ce soit au final pop, electro, rock, il faut que ça groove.

 

LA PRODUCTION.

Quand je suis producteur, c'est pareil. Je ne choisis que des artistes qui me donnent envie de bouger mes fesses. L'émotion, c'est le principal. En ce moment, je groove pas mal avec Marvin Jouno - la relève de la pop française, Bois Noirs - la hot wave moderne, Zuzoom, le hip-hop hippie. Il y a aussi BaÏ-Kal, du rock à la fois dark et lumineux, et Long Courrier, une tropical pop hybride que j'affectionne. Tous les groupes avec qui je travaille sont des paris que je prends, parce que je crois en leur projet. Je pensais être leader mais la place de bras droit me plaît de plus en plus...


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Andy Burrows

Andy Burrows-Philippe-Mazzoni-2


 

Razorlight, un premier effort solo sous le nom de I Am Arrows, puis le groupe américain We Are Scientists, le duo british Smith & Burrows. Aujourd'hui, vous vous dévoilez... pour de bon?

 

Oui. Depuis quelques années, j'avais l'impression d'avoir encore des choses à prouver, d'avoir des choses personnelles à dire, ce que j'ai fait avec mon premier disque "solo", mais il y avait toujours un obstacle: la vie de groupe, le mauvais label, des hésitations existentielles. Je n'étais pas libre. Puis est venu le bon moment, celui de faire un album à moi, que j'assume en toute connaissance de cause. Je m'amuse enfin comme je l'entends!

 

Où et comment Company a vu le jour ?

 

Je vis à New York avec ma petite famille, mais j'ai enregistré cet album à Londres, avec l'aide de Mark Ronson, qui est un ami avant tout. Ensemble, nous avons confectionné un album que nous souhaitions cohérent, lisible, généreux. En retournant travailler dans mon pays natal, j'ai retrouvé cette humeur anglaise que j'aime tout particulièrement...

 

Pourquoi ce titre, Company?

 

Ces chansons que j'avais sur le coeur avaient besoin de trouver un foyer, et elles l'ont trouvé dans Company. J'aime beaucoup ce nom, car ce mot est important dans mon quotidien. Ce n'est pas que j'ai peur de la solitude, mais je suis un adepte du partage, au café du coin ou dans son salon, en famille ou entre amis...

 

On décèle un véritable amour pour la pop dans cet album...

 

Parce que je suis un dingue de pop, depuis que les Beatles l'ont véritablement inventée. Lorsqu'elle est bien employée, cette musique réussit comme aucune autre à mêler l'exigence et la légèreté. C'est exactement ce que je recherche au fil de mon existence.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Concrete Knives

Concrete Knives-Philippe-Mazzoni


 

CONCRETE KNIVES.


MORGANE: Ce nom nous va bien, je crois. Il brouille les pistes car un groupe de métal pourrait très bien s'appeler ainsi...

NICOLAS: On aimait le mot Concrete, on aimait le mot Knives... C'est aussi bête que ça!

 

CAEN. 


NICOLAS : Avec le Nordik Impakt, il existe une vraie culture de musique électronique. Mais depuis la création du Cargo, le rock a pu d'autant plus se rendre visible... A Caen, il y a beaucoup de groupes, on se connaît tous, mais peut-on parler de scène? Pas sûr, car même si on s'entend très bien,, il n'y a pas un grand rapport entre les groupes - contrairement à Reims où tout le monde joue avec tout le monde, se produit, etc. 

Caen, on ne veut pas en partir, on y travaille si bien! Le cadre de vie est agréable, nous sommes à dix minutes les uns des autres... Depuis environs cinq ans, de plus en plus de villes de province émergent du point de vue musical. On n'a pas besoin de monter sur Paris pour exister! En Angleterre, par exemple, il n'y a pas que Londres, il y aussi Manchester, Bristol ou Brighton.

 

DAN LEVY. 


NICOLAS: L'idée de départ était de co-réaliser le disque avec lui. Cette expérience a commencé lors d'un enregistrement pour le fun chez lui, dans son superbe home studio... Nous avons débattu autour des textures sonores. Mais je ne voulais pas que notre musique perde de son côté direct, brut. Alors que Dan, lui, est un passionné, il aime la production, les arrangements... Notre travail a donc été complémentaire. Quand il a du partir en tournée avec The Do, il m'avait déjà beaucoup apporté.

MORGANE: Cet échange a été hyper généreux. Nous avons tous beaucoup appris de l'exigence de Dan.

 

BE YOUR OWN KING. 


NICOLAS: Car il ne faut pas se trahir soi-même. Il faut rester curieux, malgré l'environnement. Les groupes arrivés au début des années 2000 ont pu profiter d'un contexte où on pouvait encore signer des contrats de trois ou quatre albums. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Parmi les groupes d'aujourd'hui qui tirent leur épingle du jeu, qui relèvent des challenges et suivent leur desiratas artistiques, il y a Battles. Et nous, je l'espère!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Aline

Aline-Philippe-Mazzoni

 

Pouvez-vous nous raconter votre rencontre, la genèse d'Aline?

ROMAIN: Aline est à la base un projet solo, un side project d'un autre projet, Dondolo. Il s'est construit par dépit, au fond d'une ancienne salle de cinéma d'art et d'essai abandonnée. Comme souvent lorsqu'on fait des choses sans ambition particulière, sans pression, les choses coulent d'elles même. Aline (Young Michelin à l'époque) a commencé à intéresser, interpeller pas mal de monde et on a commencé à me proposer des concerts. J'ai donc rappelé les copains qui jouaient avec moi dans Dondolo pour former le groupe. Ils ont accepté et vogue la galère ! 


Et d'ailleurs, pourquoi s'appeler Aline? (un rapport avec Christophe..?!)

 

ROMAIN: Au départ on s'appelait Young Michelin, et puis le fabriquant de pneumatique s'est mis à nous chercher des noises... Alors il a fallu changer. On a choisi Aline car c'était la ville d’où étaient censés être originaires les membres de Young Michelin... C’est doux et un peu suranné comme prénom, pas très à la mode. Et puis quatre garçons qui s'appelle Aline, c'est assez singulier.

 

Regarde le ciel, palme du plus beau nom d'album de 2013. "Obscène", "Maudit garçon"... Les titres sont d'une efficacité redoutable chez vous, on sent un vrai rapport au mot... 

 

ROMAIN: J'ai une vague idée du thème que je vais aborder dans mes chansons et souvent les choses se décoincent quand je trouve le titre. Ça dégage l’horizon. Souvent le titre conditionne le thème et les paroles, et il m'arrive fréquemment de trouver le titre en premier. Sur l'album ils sont du genre frontal, assez simples, relativement percutants et, mis bout à bout, ils racontent une histoire. Au départ je voulais que chaque titre soit en un seul mot, "Les copains", "Obscène"... Car ça laisse beaucoup de place à interprétation, un mot ça ne donne pas beaucoup d'information et c'est en même temps ultra précis. Je n'ai pas tenu jusqu'au bout ! 

 

Pour vous, quelles sont les qualités que doit absolument posséder une parfaite pop song?

ROMAIN: Une bonne pop song doit être relativement courte et engendrer la frustration. Quand elle se termine, on n'est pas rassasié, il nous en faut encore, alors on la remet au début et on l'écoute encore et encore jusqu'à ce qu'on arrive à satiété. Un truc qui rend addict instantanément. Elle doit aussi pouvoir se danser, se pleurer, se rire, se battre, provoquer tout un tas d'émotions fortes.

ARNAUD: Selon moi, une parfaite pop song doit savoir rester simple, immédiate,  catchy mélodiquement et véhiculer une sorte d'universalité dans les textes... Quand tous ces éléments sont réunis, pour moi c'est gagné .

 

Et les défauts qu'elle ne doit pas avoir?

ROMAIN:l’absence de mélodie forte, une construction boursouflée et prétentieuse, l'impression de déjà entendu mais en mieux, ne rien raconter voilà les parfaits ingrédients d' une chanson pop ratée, ratée et inutile. Un tas de sons informes et sans âme,  qui tourne à vide. Il y en a beaucoup malheureusement... 

 

ARNAUD: A l'inverse, la complexité d'un structure  calculée, l'excès de production ou d'images dans les paroles... Au mieux,  ça brouille le message. Au pire, ça sert de cache misère à une mélodie trop pauvre... Une bonne pop song doit pouvoir fonctionner juste avec une guitare et une voix. 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Balthazar

Balthazar-Philippe-Mazzoni

 

MARTEEN DEVOLDERE

Ce second album, Rats, se destinait à casser notre propre moule. Faire ce que nous n'avions pas eu le temps de faire sur le premier. Hors de question de recycler des chansons que nous n'avions pas utilisé. Quant à notre soit-disant mélancolie... nous ne la nions pas, mais il ne faut pas oublier que la Belgique draine l’humour de l'Europe toute entière!

JINTE DEPREZ

Un rat, c'est supposé être laid. Nous avons donc essayé d'amener de la beauté - même si, pour la petite anecdote, des rats se sont incrustés dans notre studio et ont bel et bien mangé des câbles durant l'enregistrement du disque. Ils nous ont poursuivi, aussi romantiques puissions nous être.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Thea Hjelmeland

Thea Hjemeland 2-Philippe-Mazzoni

 

 

La première chanson que vous n'ayez jamais chanté?

Ca doit être celle que mon père ne cessait de fredonner: "Arabian Love Call" d'Art Neville. Le refrain à la "ayayayaaaay" est une mélodie que je n'ai jamais oublié, et très facile à chanter quand on est enfant. 

 

Votre premier concert?

Depuis le jardin d'enfants, je chante à tous les événements possibles et inimaginables. Mais mon premier vrai concert avec mes propres chansons, j'avais treize ans.

 

La première chanson enregistrée pour votre albumOh, The Third ?

"Perfume", en 2007, deux ans avant toutes les autres. Après, j'ai beaucoup voyagé avant de revenir sur mon disque. Cette chanson est magique...

 

La première fois que vous vous êtes sentie musicienne?

J'ai su très tôt que c'était mon destin, mais comme c'est un job assez difficile, j'ai mis des années avant de me décider à me lancer dans une carrière musicale. Je crois que c'est juste avant d'enregistrer Oh, The Third que je me suis dit: ça y est, tu as choisi.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Dark Horses

Dark-Horses-Philippe-Mazzoni

 

Un oiseau ?

LISA ELLE: J’ai toujours eu une fascination pour les cygnes, leur noirceur romantique et leur grâce.

HARRY BOWAY-NEWELL:  Je dirais les pigeons, partout prolifiques... Et ils n’ont besoin de presque rien.

Un homme politique? 

LISA: Frida Kahlo, ça compte? 

HARRY: Je n’aime pas les politiciens, donc Groucho Marx. Cela devait être tellement drôle de vivre à ses côtés...

Une matière?

LISA: De la glace, car tu veux la toucher mais tu ne peux pas vraiment, ou du velours, le tissu que je préférais étant enfant. 

HARRY: Le tweed, c’est un peu râpeux... mais tout le monde aime le toucher!

Un livre ?

LISA : N’importe quoi d’Hermann Hesse.

HARRY: De sang-froid de Truman capote.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Yan Wagner

Yan-Wagner-Philippe-Mazzoni


 

PREMIER ALBUM. Les morceaux ont été faits sur deux ans, composés il y a longtemps. Je n'avais pas d'idée préconçue, le boulot de cohérence s'est avant tout fait sur la production.Je ne suis pas du genre à m'exposer dans mes chansons. Ce sont des images qui donnent naissance aux paroles, plus que de vécu. Chaque chanson est une image tirée du livre, d'un film, de rien du tout, d'une vision urbaine... Et j'aime ce côté ambigu de ne pas en dire trop. 

 

ARNAUD REBOTINI. Nous étions d'accord sur ce que ça donne. Tout est parti d'une rencontre au Social, un soir. On a discuté, je suis passé le voir à son studio car on est du même quartier. "Je te produis ton album", m'a-t-il dit après plusieurs verres de vodka... et ça s'est fait pour de vrai. Arnaud ne perd pas de temps sur la post prod:  une bonne prise reste une bonne prise. 

 

PASSIF MUSICAL. J'ai fait mon apprentissage seul. Une dizaine d'années à essayer plein de choses, à jouer dans des groupes en tant que pianiste... J'ai appris à me connaître tout en faisant des choses tout seul chez moi, des cassettes un peu horribles. Premier fait important: un duo avec un ami, Chazerbanks. Ca m'a permis de comprendre comment ça fonctionnait, comment construire un disque. Ca m'a donné envie de faire des choses tout seuls. Puis je suis parti à New York, en 2008-2009, où j'ai fait pas mal de concerts - c'est surtout le live qui m'a permis de comprendre ce que j'aimais, ce que j'assumais. 

 

CLUBBING. J'ai fait une thèse sur les discothèques parisiennes et new yorkaises, portée sur l'étude des transferts culturels entre les deux villes - de 1948 aux raves.

 

PARIS. C'est une ville que je n'ai pas aimé pendant longtemps, dans laquelle je suis heureux de vivre maintenant. Partir à l'étranger m'a réconcilié avec elle. Je préfère Paris à New York, même si c'est chers, même si les gens sont parisiens. Même avec leur brusquerie...

 

INFLUENCES ARTISTIQUES. Werner Herzog. Kenneth Anger - ambiguité, chaleur, érotisme... Burroughs, Céline... Entre autres!

 

DUO AVEC ETIENNE DAHO. Rêve de gosse! C'est le chanteur français que j'ai toujours écouté, aimé - avec Gainsbourg. Lorsque j'ai fait un remixe d'"Amoureux Solitaires" pour le tribute de Jacno, nous avons fini par nous croiser pour de bon. Il met les gens à l'aise. Ce duo s'est fait hyper facilement. Il s'est inclus dans le processus de composition... De toute manière, je ne me voyais pas lui imposer un morceau sans discussions! J'avais presque l'impression que c'était lui qui était intimidé. 

 

48 HEURES. J'écris les paroles très vite, c'est presque de l'écriture automatique. C'est un bon titre, assez simple, il renvoie à Happy Mondays, à quelque chose que j'aime évidemment beaucoup. Je suis flippé par le temps - pas de vieillir, mais de bien m'organiser. Une phrase que mon professeur de thèse disait tout le temps, et je suis d'accord: "on n'a pas toujours le temps de tout faire".

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Melody's Echo Chamber

Melodys-echo-chamber-Philippe-Mazzoni

 

 

MELODY PROCHET


Une couleur ? Le bleu.

 

Un animal ? Le quokka, un petit animal australien que j'ai rencontré sur l'île de Rottnest, près de Perth... C'est un mix entre panda, kangourou et rat. Très mignon!

 

Un fait historique ? Dans ma chanson "Mount Hopeless", j'évoque cet explorateur australien qui est parti avec toute sa troupe pour découvrir les terres... et qui est mort pendant l'expédition. 

 

Un personnage de dessin animé ? Stewie Griffin de Family Guy, de Steve McFairlene

 

Une matière ? Le sable.

 

Une langue? C'est le premier album où j'ai écrit en français. Avant, je n'y pensais pas, et j'avais sans doute un peu peur en écoutant des Gainsbourg, Bashung, Boogaerts, Dominique A... Je n'avais jamais essayé. Sauf qu'au bout d'un mois en Australie, où j'enregistrais mon album aux côtés de Kevin Parker, de Tame Impala, la France me manquait et j'ai eu ce besoin de chanter en français.

 

Une ville ? Cavalière, entre Bornes les Mimosas, Lavendou. C'est là où se trouve la maison de mes grands-parents. Il y a des fantômes, ma grand-mère y est décédée... Mais je pourrais aussi dire Saint-Margaret en Australie, qui bénéficie de paysages absolument magnifiques.

 

Un film ? Cinq pièces faciles de Bob Rafelson, avec Jack Nicholson. C'est mon acteur préféré, je l'aime dans tous ses films sans exceptions. Il a la classe!

 

Un sentiment actuel ? L'épanouissement. Je me suis trouvée avec et par cet album. C'est le déclic, j'ai trouvé le juste équilibre de tous les ingrédients que j'aime.

 


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Benjamin Gibbard

Ben Gibbard-Philippe-Mazzoni


 

FORMER LIVES. C'est mon premier album solo... Je n’ai jamais vraiment commencé à travailler dessus, il s'agit plutôt d'un ensemble de chansons entamé il y a environs 8 ans. Pendant longtemps, aucune d'ente elles ne collait à mon actualité, elles ne pouvaient pas vraiment s’adapter aux albums de Death Cab For Cutie. Après en avoir écrit cinq ou six, j'ai soudain réalisé que je pouvais en faire un disque. Personne ne savait que je bossais dessus. Et c'est toujours sympa de surprendre les gens, non?

 

PASSÉ/PRESENT. Former Lives, c'est surtout une capture d’instantanés. On veut de l’acoustique? En  voilà. De la batterie? En voilà! On n’a pas cherché plus loin, un peu comme dans le dernier album des Animal Collective - même si je ne me suis pas autant lâché qu'eux!

Je ne suis pas comme Jack White, je n’ai pas la même obsession du détail. Je voulais que la production soit simple, mais sans la travailler comme si elle datait d'une autre époque. Je n'ai aucune nostalgie du passé. Après tout, la musique n’a été aussi bonne.


DEATH CAB FOR CUTIE. Évidemment, j’aime mon groupe et mes partenaires musicaux mais il y a comme une pression dont je voulais me libérer. Le jour où j'ai terminé Former Lives, je me suis senti très, très fier. J’ai presque eu ce sentiment que c'était celui de quelqu’un d’autre et que j’aurai aimé le faire, moi! La blague! Pour la première fois, c’est plus mon album que celui de mon groupe, et c'est le genre de musique que j’aime écouter chez moi, dans mon salon. 

Un groupe, c'est plus compliqué qu’un mariage. Mener un projet solo, ça fait du bien mais ce n'est pour autant que j'en ferais mon activité régulière. Je suis viscéralement attaché à Death Cab. Pour toujours.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Jon Spencer Blues Explosion

Jon Spencer 4-Philippe-Mazzoni


 

JON SPENCER: Aujourd'hui, on peut dire que je suis heureux. Mieux encore, que je suis épanoui. Cette explosion du blues que nous portons en nous, elle existe encore grâce à notre choix, très simple même si peu confortable: suivre notre propre route. Refuser d'être des moutons. Nous soutenir les uns les autres. Ne pas nous prendre pour des stars. 

Cette bonne réputation, ce statut de groupe "culte" comme le disent les journalistes et les fans (même si, sans fausse modestie, je ne le vois pas dans ma vie de tous les jours), c'est la récompense de vingt longues années de labeur, de hauts et bas financiers, surtout des bas. Vingt ans à se poser des questions, à se séparer, se reformer, à mener une espèce d'action artistique. Vingt ans à entretenir une bonne condition physique, aussi! Un membre du Jon Spencer Blues Explosion ne peut pas se contenter de rester assis sur un tabouret à caresser son instrument, les yeux dans le vague. Non, il sue, il saigne, il grogne... Il joue!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Roseaux

Roseaux-Philippe-Mazzoni

 

Où, quand, pourquoi et comment est né le projet Roseaux?

Clément: Lorsqu'Émile est venu nous trouver, Alex et moi, ça faisait un petit moment que l'idée de réaliser un disque lui trottait dans la tête. Il avait cette envie de brasser beaucoup d'influences, et il s'est adressé à deux vieux potes, aux goûts très éclectiques à l'instar des siens, pour leur proposer de se lancer dans ce projet. La première rencontre s'est faite chez moi à Bagneux (autour d'une soupe thaï maison...) et Émile nous a d'emblée exposé son envie de travailler sur des morceaux qui l'avaient vraiment marqués, et d'en faire des reprises à notre sauce. On est parti d'une liste assez large de titres plus ou moins connus, allant de tracks house à du reggae, en passant par des classics funk, de la bossa et du rock, pour élaguer doucement en fonction des envies et des idées de chacun.

Pourquoi avoir choisi ce nom de groupe, Roseaux...?

Émile: Un nom français s'imposait car la musique de Roseaux est le fruit d'une curiosité bien frenchie. Il symbolise bien notre formation car les roseaux sont un ensemble d'entités singulières: nous ne sommes pas un groupe, chacun a d'autres projets, et nous nous retrouvons pour créer cette musique - qui est avant tout celle que nous voulons, indépendamment des codes et modes actuelles. En ce sens, comme le dit La Fontaine, lui-même ayant repris Esope, Roseaux plie mais ne rompt pas!

Un beau souvenir de l'enregistrement?

Alex: Claudio Cacau pendant l'enregistrement des flûtes sur "Strange Things", parcourant la partition dont nous étions assez fiers. Son verdict implacable est tombé: "Ah, mais ceci n'existe pas dans la musique brésilienne..."

Comment s'est déroulé votre collaboration avec Aloe Blacc?

Clément: Très simplement. Quand on s'est dit qu'Aloe était la bonne personne et la bonne voix pour porter ce projet et qu'il a accepté de venir enregistrer un album entier comme chanteur, c'était une idée neuve et une première pour lui. De ce fait, il s'est mis à l'écoute de nos idées et s'est totalement laissé aller dans le projet jusqu'à trouver les intentions justes pour chaque morceau, avec la voix qu'on lui connaît.

Votre plus grande peur pour cet album ?

Alex: Elle était totalement liée à l'admiration que nous avons pour les auteurs et compositeurs de ces chansons: comment légitimement reprendre leurs oeuvres? Notre ambition, c'était de retrouver un peu de l'émotion des versions originales mais aussi de leur offrir un nouveau visage. Notre peur fut de ne pas y arriver et de massacrer ces chef-d'oeuvres. Nous avons donc pris le temps de réviser notre copie autant fois qu'il le fallait pour restituer un peu de cette émotion...

Et votre désir le plus fervent pour l'avenir?

Clément: Continuer à travailler sur d'aussi jolis projets.

Alex: La fameuse soupe thaï de Clément!

Emile : Avoir la chance de collaborer avec des interprètes dont l'intention du chant est si rare...




Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Clara Luzia

Clara-Luzia-Philippe-Mazzoni

 

LA CHANSON IDÉALE. Ca dépend toujours de mon humeur. Mais écouter la bonne chanson au bon moment la rapproche invariablement de la perfection. Idem pour un bon concert, quand l'audience et le public se rencontrent à un moment x, la magie peut se créer.

 

MON LIVRE PRÉFÉRÉ. Une femme fuyant l'annonce de David Grossman. Ou comment gérer avec simplicité un grand sujet tels que la guerre, la mort, la famille, les destins individuels...

 

UN FILM DE CHEVET. Antonia's Line de Marleen Gorris. Pour moi, un bon film c'est quand le réalisateur a une question rpécise en tête, et qu'il tente d'y répondre avec son film. 

 

UN MOMENT PRÉCIEUX. Quand le temps et l'espace disparaissent. 

 


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Fair 2013

Fair 2012


De haut en bas et de gauche à droite: Mesparrow, Milk Coffee and Sugar, Mina Tindle, Hyphen Hyphen, Lescop et Aline.


On vous en avait déjà parlé l'année dernière, nous revoilà à la charge avec cette nouvelle édition du FAIR (le Fond d'Action et d'Initiative Rock), que l'on soutient à 1000% (au moins!).

En quelques mots, le FAIR est une association dont la réputation n'est plus à faire et dont l'objectif est d'une noblesse incontestable: le soutien des jeunes artistes, tant du point de vue des tournées, du management, de la communication, de la promotion, etc. 

Tous les ans, 15 lauréats ont la chance d'être retenu par le ô combien exigeant jury du FAIR (leur critères ne sont pas exactement ceux de la Nouvelle Star!) et de figurer dans sa compilation annuelle présentée ici. Dans l'ordre alphabétique, cette année: Aline, Cabadzi, Chistine and the Queens, Crane Angels, FM Laeti, Hyphen Hyphen, Laura Cahen, Lescop, Mesparrow, Milk Coffee and Sugar, Mina Tindle, Nach, Odezenne, Pendentif et Wankin Noodles. 

Le bon goût et le hasard font bien les choses puisque nous étions nous aussi interpellés par nombre de ces nouveaux talents. Si Bandes Sonores vous avait déjà présenté Lescop, Mina Tindle et Hyphen Hyphen, nous avons profité de l'occasion pour rencontrer Aline, Milk Coffe and Sugar et Mesparrow, que nous retrouverez dès le mois de janvier sur le site en portraits individuels... En attendant, vous n'avez plus qu'à surfer le site du FAIR, vous procurer la compilation dont on vous garantit le plaisir d'écoute et d'ouvrir grand vos oreilles...


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni


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Lee Fields

Lee-Fields-Philippe-Mazzoni


 

FAITHFUL MAN. C'est le titre de mon dernier album, et c'est moi aussi. Je suis un homme fidèle, et pas qu'à la musique. Cela fait quarante-trois ans que je suis marié avec la même femme. Evidemment, j'ai connu des tentations mais je ne me suis jamais compromis.

 

PARIS. J'aime la ville, j'aime sa gastronomie, j'aime les gens. C'est the place to be pour tomber amoureux. J'aime venir ici, et mon dernier concert était, encore une fois, surréaliste tellement c'était bien. En fait, Paris est dans mon top 4 des mes villes préférées du monde avec New York, Londres et la Nouvelle-Orléans. 


SOUL SURVIVOR. Beaucoup me qualifient ainsi, et je dois leur donner raison: je suis encore là, contrairement à la plupart des artistes de mon époque qui ont disparu, ou qui ne font plus grand-chose. Je continue à écrire, jouer, chanter... Oui, je suis bien un de ces survivants de la soul.

 

LITTLE JB. En revanche, plus personne ne m'appelle comme ça, sauf pendant des interviews... Un truc de journalistes, qui aiment les relents du passé. Aujourd'hui, je suis juste Lee Fields! 

 

 


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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