Marie Flore

Marie Flore-Philippe-Mazzoni

 

POURQUOI LA MUSIQUE. J'ai commencé par faire de l'alto au conservatoire, pendant 8 ans.Puis j'ai arrêté, parce que l'enseignement ne me convenait plus. J'ai commencé à écrire des textes, en français, puis en anglais... Et puis par jouer sur la guitare de ma mère... En autodidacte. Je n'ai pas vraiment fait le choix un jour de "faire de la musique", une rencontre m'a amenée à ne faire plus que ça. C'était assez naturel !

MARIE-FLORE.Je n'ai jamais été fan des noms en "The"ou "Le".. Je ne me suis jamais vraiment posée la question. C'est mon projet, du coup, je ne voyais pas me donner un pseudo... pseudo !

ANGLOPHONE. L'anglais a toujours été une évidence. C'est ma culture musicale, et puis, je m'amuse beaucoup avec.C'est ludique, et je crois que cette langue éveille ma curiosité : sa sonorité, son côté qui peut parfois paraître équivoque, direct, quand on la parle, mais très poétique quand il s'agit de la chanter ou d'écrire.

PETER DOHERTY. Singulier... Je suis partie ouvrir pour lui en tournée, et le 2 ème jour, je crois qu'il a du assister à mes balances, il a réclamé à me voir pour qu'on se rencontre et qu'on joue ensemble. Du coup, on a joué un titre sur scène les soirs suivants ! On a refait pas mal de dates par la suite. C'est quelqu'un de très sensible, de très inspirant.

INSPIRATION. Pour les accords, je t'avoue que je n'ai aucune idée de ce que je joue sur ma guitare.. Ce qui fait s'arracher les cheveux des gens avec qui je travaille.. (Robin Leduc, réalisateur de l'EP, nldr) Ce n'est pas vraiment une question de curiosité, je crois que je n'ai pas vraiment envie de casser le rapport que j'ai avec ça, le truc magique, et puis faire des calculs sur quel accord irait mieux avec l'autre... Cela n'est pas excitant. Pour les textes, bien souvent je m'inspire de ce que je vis. Pas mal de ce que je fantasme aussi...

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Vampire Weekend

Vampire week end-Philippe-Mazzoni


EZRA KOENIG

DRAMA. Il y a eu des moments sur cet album où je me sentais plus d'humeur dramatique. La tristesse et l’amour... Je n’aime pas ce genre de trucs niais d’habitude, mais là c’était différent. Nous nous sommes dit: "Et si on faisait un truc mielleux, romantique?" Nous avons aussi utilisé l’électronique d’une façon plus simple.Le résultat, c'est Modern Vampires Of The City.

NEW YORK. The City... Dans l'album, il y a cette vision de New Tork qui subi un désastre et pourtant, les chansons ont été écrites avant l’ouragan Sandy...

USA. L'album nous permet aussi d’explorer les idées américaines. Nous avons beau être des citoyens du monde - du moins nous essayons, nous avons beau chercher de l'inspiration du côté de l'Afrique et d'autres continents que le nôtre, nous restons des American boys. 

TIME AFTER TIME. Nous sommes très liés au temps, du point du vue littéral. Notre musique est très utilisée pour des publicités de l’été! Mais nous, nous voulons régner sur toutes les saisons. Et nos plans sont, je le crois, presque atteints.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Gramme

Gramme


LUKE HANNAM

Premier coup de foudre musical ?

Olivers Army d’Elvis Costello. J’aimais beaucoup ses paroles, surtout "the boys from the Mersey and the Thames and the Tyne"… La voix d’Elvis est incroyable et sonnait à merveille lorsque je le chantais à tue-tête sur ma bicyclette à travers toute la ville. Je pense que j’avais l’impression de grandir - j’avais dix ans au moment de sa sortie, ce qui me semblait être un âge très, très important. De plus, mes parents disaient que ses fans avaient toujours un couteau sur eux, ce qui était terrifiant et d’autant plus excitant.  

Premier concert ?

Motorhead aux Assembly rooms de Derby, en Angleterre. Je me souviens que c’était le Bomber tour et les jeux de lumières étaient dingues ! Lemmy a beaucoup influencé mon jeu quand j’étais gosse et je me souviens avoir adoré Hawkwind quand j’étais à l’école primaire... Minimal, mais caillouteux comme un tracteur – un parfait son de basse. 

Première chanson jamais écrite ?

Une chanson dans la veine des Beatles quand j’avais 11 ans – l’année où j’ai commencé la basse. Ce n’est que plus tard que j’ai réalisé que j’avais bel et bien copié leur "Taxman".... C'était un sentiment incroyable. Une fois que j'ai découvert cet octave à la basse je suis devenu accro, et je le suis toujours!

Premier album acheté ?

By the Shadows, une compilation achetée avec l’argent qu’on m’avait donné parce que j’avais été courageux chez le dentiste ! Un disque brillant que j’aime toujours autant. Des bons sons de guitares qui seraient parfaits en bande sonore d’un film.

 

SAM LYNHAM

Premier coup de foudre musical ?

J’ai commencé le piano à l’âge de 4 ans et je suis tombée vite amoureuse de la musique classique, j’avais une passion véritable pour Mozart et la Sonate en do majeur est la première pièce que j’ai apprise. Je pouvais la jouer encore et encore, quitte à y consacrer mon heure de déjeuner à l’école. Mes parents n’en pouvaient plus !

Premier concert ?

The National Youth Jazz Orchestra au Paignton Festival Hall, en 1986. J’avais 13 ans mais j’ai réalisé alors que ce que je voulais, c’était chanter du jazz dans un big band. Cette année-là, j’ai rejoins The Devon Youth Jazz Orchestra… Le début de ma carrière.

Première chanson jamais écrite ?

C’était pour un concours de chansons de Noël, quand j’avais 12 ans. Elle s’appelait "Seasons song". J’avais bossé dessus à fond et j’avais même écrit une partie pour un quatuor de cordes. J’ai reçu un chèque de 25 livres et je me souviens avoir pensé : "Je suis riche !"

Premier album acheté ?

Dare, de The Human League. Je devais avoir 9 ou 10 ans et j’étais obsédée par le single "Don't you want me." Je pense que je l'ai toujours quelque part, avec des notes griffonnées plus de mon écriture désordonnée.

 

DAVE BATEMAN 

Premier coup de foudre musical ?

Blondie. J’avais une cousine plus âgée que moi, une authentique punk londonienne. Cette année-là, les punks faisaient toutes les couvertures de magazines. Quand j’ai rassemblé mon courage à deux mains lors d’une réunion de famille pour lui adresser la parole, je lui ai demandé : "Donc, tu aimes Blondie ?" Elle fut mortellement vexée :"Blondie n’est PAS une punk !" Très perturbant pour un enfant.

Premier concert ?

Roger Waters, le Hitchhiker tour à Birmingham. De très belles images, mais une performance sans âme…

Première chanson jamais écrite ?

Enfant, j'ai écrit une chanson poignante et parfaitement ridicule pour mon chat. Mes parents ont été très compréhensifs.

 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Kurt Vile

Kurt Vile-Philippe-Mazzoni

Avoir un enfant a bouleversé ma vie, au même titre que la guitare il y a quelques années, mais avec une dimension en plus. N'en déplaise aux artistes maudits autocentrés! Ne pas jouer de la guitare en concert serait comme donner la clé de mon groupe aux autres musiciens. Et ne pas avoir mes filles en rentrant chez moi après une journée en studio ou des semaines en tournée, ce serait donner la clé de mon être au premier venu, me renier totalement. 

Musicalement, je me pose toujours des milliards de question. En session d'enregistrement, seule une toute, toute petite partie de moi sait où elle va. Est-ce ben ou mal, je ne sais pas... Mais c'est peut-être ce qui peut arriver de mieux à mes chansons!



Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Les Shades

The Shades-Philippe-Mazzoni


Pourquoi avez-vous monté votre propre label, Mélodie Mentale? 

Nous avons monté notre propre structure car nous cherchions à atteindre l'indépendance artistique totale. Travailler avec Bertrand Burgalat pendant six ans a été une chance, une expérience extraordinaire, cet apprentissage est inestimable. En revanche, nous sommes arrivés à un point de notre jeune carrière où nous avions besoin de nous retrouver seuls en studio, besoin de faire nos propres choix, nos propres erreurs aussi.
 
McDonalds a un slogan, "venez comme vous êtes", vulgaire traduction du morceau de Nirvana... Mais il colle vraiment à notre son sur cet album, nous sommes venus comme nous étions, et au final ça sonne comme nous le voulions. 
 
Troisième album, tournant décisif pour vous? Quel était votre état d'esprit en enregistrant Les Herbes amères?
 
Les séances d'enregistrements étaient merveilleuses. C'était chez un pote, Mario Ricci, au Alien Studio qui se trouve à Bonneuil près des bords de la Marne. Il faisait beau, nos amis venaient tout le temps. Nous avons passé de très bons moments à rigoler, faire de la musique, se détendre... La créativité était là, l'énergie aussi, la rage et la détermination de faire un disque qui nous plaise et qui nous ressemble. 
 
Les Shades en 2023, qu'est-ce que cela pourrait donner?
 
Nos albums sont de plus en plus énergiques... Si nous continuons comme ça, en 2023 nous ne ferons que des chansons de 1min30, comme le groupe californien OFF! De toutes façons, plus le temps passe moins les gens écoutent les chansons en entier. Certains artistes pensent leurs morceaux comme des sonneries de téléphones de 20 secondes. Malheureusement, je crois que c'est ça l'avenir de la musique. Au final, nous ferons peut-être des chansons d'1h30 pour prendre tout le monde à contre-pied.
 
S'il fallait définir Les Herbes amères en trois mots?
 
Artisanal, virevoltant, obscur.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Exotica

Exotica-Philippe-Mazzoni

 

CLARA COMETTI & JULIEN GALNER

LE COMMENCEMENT. Cela fait trois ans et demi qu'Exotica existe mais cela fait bien cinq que nous y pensions. 
Nous nous sommes rencontrés via nos groupes respectifs, Chateau Marmont et feu Koko Von Napoo. On fréquentait les mêmes soirées et partagions parfois les mêmes plateaux.
 Au fur et à mesure, à demi-mots (car Julien peut être un peu sauvage de prime abord), nous avons compris que nous avions plein d'influences et d'envies en commun. Nous avons évoqué l'idée de faire un projet mais on était tous les deux très occupés… Quand Clara a arrêté son groupe, cela a été le coup d'envoi.


EXOTICA est une référence à l'Exotic Tour de Depeche Mode, en 1994, c'était la première fois qu'ils allaient en Australie, en Afrique du sud... Avec Exotica aussi nous essayons de découvrir de nouveaux territoires. Le EP est un tour de chauffe. L'album sera complètement hybride.

 

"Désorbitée", c'est un entre-deux hommes. 
Le point de départ du texte a été une réplique d'un épisode d'Albator. 
Pour l'instru, nous avons fait à peu près 10 versions avant de tenir le bon bout ! Quant à l'enregistrement de la voix, nous avions du mal à en être complètement satisfaits. Mirwais a eu la gentillesse de faire la prise et de traiter la voix. Forcément, c'était parfait.

À VENIR... Aujourd'hui, tout va très vite pour les groupes, l'ascension (s'il y en a une) comme la chute.
 Hot Chip, voilà un groupe qui a une magnifique carrière… 
Notre souhait pour l'avenir, c'est d'avoir plus de temps pour expérimenter, pour chercher, pour devenir meilleurs. 


 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Efterklang

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CASPER CLAUSEN: Tout a commencé a en 2010 lorsque nous avons reçu un email d'un directeur de production suédois qui voulait faire une vidéo a Piramida. Et nous avons tout de suite été fascinés par cette ville fantôme. Nous avons demandé l'autorisation au gouvernement russe, nous avons du nous caler sur une chaîne de télévision allemande qui partait faire un reportage là-bas. Cela a été compliqué mais nous y sommes arrivés. Une fois là-bas, une évidence s'est imposée:   la nature domine l'homme, quoiqu'on puisse en penser. Piramida n'est pas un endroit pour lui. Personne, d'ailleurs, n'y est né ou enterré.

 

La musique, nous ne savons jamais où elle va nous mener. En prenant un peu de chaque instrument, nous créons une espèce de sculpture. Nous sommes arrivés à Piramida vierges de tout, et nous avons capté, au fur et à mesure, l'ambiance et le son qui pouvait aller avec. L'idée de départ étant de faire un album pop, que l'on peut écouter facilement, même sans savoir ce qui s'est tramé derrière. 

 

Piramida est étrange car tout comme la ville où il a été conçu, il parle de fantômes. Mais chez nous, ce sont ceux de nos amours brisées, de nos difficultés de couples. Un peu comme si Berlin ou Paris ou New York, soudain, se vidait de leurs habitants. Un chagrin d'amour, c'est à peu près ça pour nous.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Bleached

Bleached-Philipe-Mazzoni 2

Comment est né Bleached?

JENNIFER CLAVIN: Jess et moi en avions terminé avec notre ancien groupe, Mika Miko. Nous voulions juste continuer à faire de la musique ensemble, tout en souhaitant essayer plusieurs styles différents au lieu de nous cantonner qu'au punk. Nous avons sorti un, puis deux singles. Nous ne savions pas qu'ils seraient aussi remarqués, et lorsque ce fut le cas, nous avons décidé de prendre Bleached au sérieux. Je vivais à New York depuis quelque temps, je tournais avec un autre groupe mais j'ai tout lâché pour revenir à Los Angeles et m'investir dans notre duo.


Bleached pour Nirvana?

Hé bien non! Nous, notre truc, c'était plutôt les Smashing Pumpkins.


En tant que soeurs, partagez-vous les mêmes goût musicaux?


Nous avons chacune nos préférences (Johny Thunders, MIsfits, Gun Club), sans être en désaccord sur quoi que ce soit. Par exemple, nous sommes d'accord sur le fait que U2 soit insupportable et que les Spice Girls, elles, soient absolument géniales. Nous aimons toutes les deux le punk, les 60's, le vieux rock'n'roll... Ces derniers temps, j'écoute beaucoup CCR et The Cure - leurs textes sont passionnants. Les paroles, c'est mon truc, alors que Jess est surtout intéressée par les solos de guitare!

 

Une devise?


Ride your heart cuz life is too short! (en V.O. pour le charme, ndlr)


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Iron & Wine

Ironwine-Philippe_Mazzoni

 

SAMUEL BEAM: Nous, pauvres musiciens que nous sommes, nous essayons de faire des choses sur la vie, mais dans la vie il y a tellement de choses... L’amour, la mort, Dieu... Tu vois ce que je veux dire ? Une jolie présentation aide à digérer la trop grande importance des choses de la vie. J’aime bien ça, c'est un peu comme les chansons de la Motown qui sont souvent très tristes, mais dont l’emballage est tellement beau qu’on les accepte facilement, encore et encore.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Hypnolove

Hypnolove-Philippe-Mazzoni


GENÈSE.

Thierry : Henning et Nicolas ont fait leurs études ensemble. Après avoir connu Nicolas par des amis communs, je lui ai proposé de monter un groupe ensemble avec pour seule ambition de faire un concert. Il m'a alors présenté Henning, nous avons fait quelques répétitions, et ça a si bien marché que nous ne nous sommes plus jamais quittés. 

Henning : Nous avons toujours écouté beaucoup de musiques différentes: de la funk, de la pop, du disco, du rock, de la musique électronique, des B.O., des musiques folkloriques, classiques, expérimentales etc. Dans Hypnolove, nous nous sommes intéressés à la musique de danse, mais souvent, les morceaux qu'on écoutaient et qui nous bouleversaient étaient un mélange de musiques dansantes (souvent disco) avec de beaux accords mineurs, et une certaine mélancolie...

HYPNOLOVE.

Thierry : Lors de nos premières répétitions, il y avait toujours un vieux magazine érotique qui traînait dans le studio. Nous sommes tombés sur une publicité pour un parfum aphrodisiaque sensé "draguer les filles à ta place" qui s'appelait Hypnolove. Le nom nous a tous mis d'accord car il s'accordait bien à l'ambiance générale de nos morceaux.

DEVISE.

Thierry : "Mon corps est mon sous-vêtement; que m'importe qu'il soit une ordure enterrée dans la tombe" Fernando Pessoa


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Paul Banks

Paul Banks-Philippe-Mazzoni 2

 

Je suis devenu workaholic. Je ne fais plus de différence entre mon temps libre et celui consacré au travail. L'important, c'était surtout de créer une vraie limite entre mes projets solos et ceux d'Interpol. J'aime ce groupe mais c'est... fatiguant, à de nombreux égards! Et je ne veux plus avoir à me justifier. Je ne questionne plus les idées, je les laisse venir et se développer -  je ne veux rien censurer.

 

Il me fallait de la simplicité. Ce nouveau disque solo est celui que j'assume le plus, sous mon vrai nom car j'ai confectionné chacun des titres avec un soin et une patience infinis. Le producteur, Peter Curtis, m'a été d'une aide précieuse. Chaque chanson à son ADN propre, un peu comme dans Le Cinquième Élément de Luc Besson! Lorsque j'ai écouté pour la première fois l'album en entier, terminé, je me suis senti très heureux. Je sens que l'accomplissement n'est plus très loin.


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Lunivers

Lunivers-Philippe-Mazzoni

 

Comment est né le projet de Lunivers? 

JAÏS ELALOUF: Lunivers est né d'une rencontre amoureuse entre deux artistes très singuliers et "connectés" à la vie, la chanteuse russe Lena Kaufman et moi-même, qui suis un vidéaste connu sous le nom de DJ Oof. Celle-ci n'a pas duré et le EP montre l'évolution de cette relation, du plus doux au semi-joyeux, au plus ténébreux. Nous avons deux titres en cours qui nous enmènent dans une nouvelle direction, toujours avec cette approche rêveuse et entrainante.

 

Pourquoi l'avoir appelé ainsi - ce n'est pas rien, comme nom!?

Parce que l’humanité est une seule famille de la même chair, dont la vie et le bonheur est interdépendant. Une vision qui parait hélas utopiste, en effet s’aimer les uns les autres passe de nos jours pour quelque chose d’étrange.

 

Quelles sont vos priorités artistiques en 2013?

Terminer notre live, nous nous produirons sur scène courant juin. Un nouveau clip sur "All I See Is You" qui promet d'être aussi bien que "Happy Route"! En solo, Lena réalise un album pour enfants avec un orchestre en hommage à un de ses amis qu'elle récemment perdu. Elle continue a composer de nouvelles chansons folk... En tant que Oof, je peaufine mes nouvelles créations audiovisuelles en tant que réalisateur: Pink scenes, le festival Trip (Expo + perf AV, au Centre Barbara 5 avril), High scenes (films liant drogue et musique - Expo "sous influences à la Maison Rouge, 16 mai), et toujours Dance Conscious qui est à la fois une série de vidéos engagées pour le bien-être commun et un show audiovisuel construit pour dévoiler et accuser les rouages d’un système capitaliste débridé.  Le prochain film de ce projet est "Meat Me", il dénonce l'absurdité de manger de la viande, devenu un poison pour l'homme à cause de l'élevage industriel, et responsable du plus lourd bilan carbone. Je tiens aussi une émission de radio engagée pour le bien de l'homme, "Histoire de Oof" sur Radio Marais, et je souhaite créer un Eco-village artistique dans le sud de la France (www.eva.coop)!

Enfin, il y aura les 15 ans de mon agence de promotion musicale, Ping Pong, les 3 et 7 mai à la Bellevilloise et La Machine!

 

Peux-tu nous parler de ton rapport passionné au psychédélique?

C'est d'abord en réaction à la soupe qui passait à la radio dans les années 80 que je suis tombé dedans étant ado. Je trouvais la musique de la fin des années 60 tellement plus riche, libre, etc. Et pour cause! J'ai compris plus tard que cette époque avait initié le détachement par rapport à l'ordre établi, l'écologie, la vraie liberté sans consumérisme. Que tout était lié... Ainsi, le graphisme va déborder de couleurs, d'obsession du détail, d'illusion d'optique, de surréalisme et de retour à la nature et au mysticisme. Je suis devenu donc accro à cette iconographie et je la collectionne intensivement.

 

S'il fallait définir le disque de Lunivers en trois adjectifs?

Lumineux, frais et envoûtant!

 

http://www.oof.cx

https://www.facebook.com/luniversmusic

http://kaufmanlena.ru/


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Benjamin Biolay

Benjamin Bioley-Philippe-Mazzoni


VENGEANCEParce que ce titre emmerdait mon label. C’est toujours bon signe, quand la maison de disques n'est pas d'accord.

Mais il n'y a aucun sentiment de haine chez moi... Enfin, presque! Je n'ai plus autant de colère, je me préserve de l'amertume. Evidemment, mon passif ne fera jamais de moi un joyeux luron, mais je suis davantage dans la sérénité... l'âge peut-être? J'oublie les blessures du passé et je m'ouvre à l'avenir, à la liberté que m'offre la musique. C'est une chance que j'ai appris à savourer. "Profite", comme le dit ma chanson!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Pamela Hute

Pamela Hute-Philippe-Mazzoni 4


 

Pouvez-vous revenir sur vos débuts?

Je n'ai pas suivi de parcours vraiment formel. J'ai commencé la guitare vers 10-12 ans, et à peine avais-je appris à jouer mon premier accord que j'écrivais une chanson! J'ai acheté un 4 pistes, une reverb, et tout à commencé comme cela... Au lycée, j'ai monté mon premier groupe: un trio, basse, batterie, guitare-chant. On jouait mes chansons. La musique était partout dans mon imaginaire, dans ma vie rêvée. J'ai cependant fait une trêve d'un an ou deux lorsque je préparais Sciences Po, puis j'ai repris l'écriture en 2004, dans un état d'urgence très particulier. J'ai rencontré Igor, puis Ernest, et le projet tel qu'il existe aujourd'hui est né.

 

Pourquoi avoir appelé ce second album Bandit?

Tout est parti du titre "Running Away", un des premiers morceaux que j'ai écrit, qui évoque le destin de  Colton Harris Moore, un jeune délinquant et ancien fugitif américain, qui s'est livré à une course poursuite incroyable avec la police américaine. Il volait des avions, se réfugiait dans des maisons de banlieues riches... Il est surnommé le "bandit aux pieds nus" (en anglais The Barefoot Bandit), car il aurait commis certain de ses crimes pieds nus.

Ce qui m'a plu dans cette histoire, c'était la dimension romantique de sa cavale, sa fuite - une thématique que je trouve très inspirante. Après m'être arrêtée sur ce mot, je me suis rendue compte que les textes de l'ensemble de l'album évoquaient les grands espaces, la fuite, la quête. J'ai beaucoup écrit avec des images très cinématographiques en tête, des paysages, des chemins... Et tout d'un coup le mot Bandit créait un lien entre tous les titres.  Et puis, bien sûr, l'album a été une aventure compliquée, il a été difficile à attraper. Ce disque ne pouvait tout simplement pas s'appeler autrement !

 

Quelles étaient vos ambitions pour ce nouveau disque - ce que vous souhaitiez absolument (re)faire ou éviter?

Je n'ai pas de perspective quand j'écris, j'essaie de rester très instinctive. Cependant, les enjeux sont particuliers, car on a désormais une référence, qui est le premier disque. Cela m'a beaucoup angoissée. Et pourtant...c'est un album plus joyeux que le premier, alors même qu'il a été réalisé dans la difficulté. C'est amusant ce contraste. Mais c'est exactement ce que je voulais. Faire un disque plus pop, moins noir, avec une énergie rock. L'intervention de John Agnello, qui a mixé l'album à New York, a été déterminante. C'est un album ensoleillé et, même si je ne le savais pas quand j'ai commencé à l'écrire, c'est exactement l'album que je voulais.

 

Pamela Hute est un trio. Quelles sont les qualités à être entourée d'Igor et d'Ernest?

Je ne serais pas grand chose sans eux. Igor vient de la pop, et adore les sonorités synthétiques 80's, alors qu'Ernest est très influencé par le son des années 50 ou 60. J'aime les personnalités dans la musique, et chacun d'eux apportent beaucoup à mes chansons. Dans un trio, tout le monde est essentiel, et au service des titres. Cela participe au son du groupe sur scène, et en studio. C'est une formule à laquelle je suis très attachée...



Si vous n'aviez pas été musicienne... Quel métier auriez-vous pu choisir?

Aucun! Ecrire des chansons est vital, essentiel.



Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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John Grant

John Grant-Philippe-Mazzoni


  

PALE GREEN GHOSTS. Je voulais déjà des sonorités synthétiques sur Queen of Danmark, mais ce n'était pas les tonalités de Midlake. Or, si il y a bien quelque chose que j'aime par dessus tout, c'est la musique électronique. Tiens, d'ailleurs, chez les français, j'adore Bernard Fèvre (Black Devil Disco Club) et  Zombie Zombie. Leur côté électro-psychédélique me plaît beaucoup...

 

ISLANDE. J'ai commencé cet album il y a un an. J'aurais du le faire en deux semaines au Texas, et finalement, ça m'a pris dix mois. Mais entre temps, je suis allée en Islande, je suis tombé amoureux du pays, j'ai rencontré Birgir Þórarinsson du groupe Gusgus, dont j'étais un grand fan. Il m'a proposé de me filer un coup de main sur le disque, j'ai accepté volontiers. Et depuis, je vis à Reykjavik.

J'y suis très heureux car les gens sont supers, les paysages sublimes, et c'est l'occasion d'apprendre une nouvelle langue. C'est encore plus dur que le français, je crois. Chaque mot à 16 formes différentes... Je ne plaisante pas! 

J'ai vécu dans les états de Michigan, Colorado, New York...  La vie quotidienne peut être la même partout, avec ses mêmes problèmes d'amour, de colère, de malentendus. En Islande, tout est différent, les gens ne sont tout simplement pas pareils qu'ailleurs. 

 

TRISTESSE. Il y aura toujours une certaine mélancolie dans ma musique, car il existe une tristesse infinie dans l'être humain, car on doit apprendre à affronter tant de choses: la mort, la perte de l'autre, se découvrir. C'est très sombre. J'aimerais être comme ces gens qui relativisent tout et n'importe quoi, qui prennent une distance folle avec  ce qui leur arrive. Mais cela ne m'arrivera jamais. Et peut-être n'est-ce pas plus mal.

 

BONHEUR. Je suis heureux aujourd'hui. Car j'essaye de ne pas trop regarder autour de moi, ou surtout devant moi. La mort, ça fait partie du package de la vie. Il faut donc faire avec. L'amour, le sexe, c'est bien quand c'est là... La perte, c'est terrible quand ça arrive.

La solution, c'est apprécier d'être seul au monde. On peut faire plein de choses: cuisiner, regarder les arbres, lire, apprendre de nouveaux langages. Tiens, aujourd'hui, l'attaché de presse de mon label en France m'a appris cette expression: "avoir une fuite de cerveau", comme une fuite d'eau... Un jeu de mots rigolo, non? 


Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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