Albé

Albe-1

 

Je suis tombé amoureux d’une de mes amies. Alors, je lui ai écrit des chansons, je les enregistrais puis les déposais dans sa boîte aux lettres. Ce monologue est ensuite devenu un dialogue musical entre nous, un jeu de séduction… 

L'AVENTURE EN SOLITAIRE

J’ai toujours fait de la musique, toujours composé, mais avec les autres. Après des années dans Sing Tank et de collaborations audiovisuelles ou cinématographiques sans penser forcément au solo, j’ai découvert un nouveau processus d’écriture, très naturel. Ainsi est né Albé. Je ne voulais me donner aucune limite sur ce projet, manier l’anglais comme le français : l’anglais a une immédiateté presque percussive, plus intéressante que le français qui, lui, offre une palette plus large dans l’expression des sentiments. Je souhaitais un son plus organique, plus romantique que Sing Tank, dont le troisième album est en cours. Mes projets se nourrissent les uns les autres.

INFLUENCES

J’aime la pop française tout en allant chercher les musiques d’ailleurs, l’écriture surréaliste et le chant de Frank Black, par exemple. Burt Bacharach, aussi, est important: il est au croisement entre musique de film et personnel, très touché par ses compositions, qui peut rassembler, l’élégance dans une musique très populaire. Je lis beaucoup de poésie moderne. J’admire Ferdinand Pessoa, qui s’est inventé un autre personnage grâce auquel il a pu s’exprimer pleinement. Changer de nom, c’est faire table rase. Se donner une liberté pour être soi-même.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Baio

Baio-Philippe-Mazzoni

Quelle est l’histoire de votre second album Man of The World? 

L’histoire de Man of the World a commencé l’année dernière, le 24 juin. Je voyageais de Londres, où je vis depuis quatre ans, à Berlin, pour voir des amis. Ce matin-là, il devint officiel que l’Angleterre quittait l’Union Européenne. En atterrissant à Berlin, j’ai appris que le Premier Ministre démissionnait. Les passagers étaient très agités. Alors que je passais la douane, en montrant mon passeport, j’ai eu l’impression de vivre un véritable moment historique. Mais surtout, je me sentais très angoissé par ce que semblait devenir ce monde. Cette angoisse ne m’a pas quitté depuis… C’était aussi l’époque des élections présidentielles américaines. Et pour la première fois, mes amis et mois avons réalisé que Trump pouvait gagner.

Je suis ensuite devenu obsédé par les news. J’ai arrêté de lire, d’écouter de la musique, je ne faisais qu’une chose : rafraichir mon fil Twitter pour savoir ce qui se passait à la minute près aux Etats-Unis. Finalement, en septembre, afin de préserver ma santé mentale, j’ai commencé à travailler sur mon nouvel album. C’était la seule manière d âme changer les idées.

Juste avant l’annonce des résultats, je terminus ma tournée américaine pour mon premier album, The Names. J’ai conduit de la Californie à New York puis jusqu’au Texas. Je ne pouvais toujours pas envisager que des gens puissent voter pour un fou furieux. Je suis rentré à Londres, et, devant les résultats, j’ai commencé à perdre la tête. Ce qui a donné les deux morceaux les plus sombres de l’album : « I’m Not Curious » et « Shame in My Name »

Qu’est-ce que ça fait, d’être un Américain en Angleterre?

En un seul mot, j'en suis honteux. A l’étranger, je me sens très Américain… Où que je me trouve, je représente mon pays et ce n'est pas toujours facile mais je suis aussi très fier de la résistance qui s’est construite chez les Américains, et j’espère que ce point d’orgue dramatique est aussi le début d’une nouvelle vision du monde. D'une autre ère, plus sereine et constructive.

Pourquoi la musique peut-elle changer le monde?

D’après moi, la musique tient un très grand rôle aujourd’hui. Le fait de sortir et de s’amuser est quelque chose de très politique dans les temps agités que nous traversons. Et la musique sert précisément à deux choses. D'abord, elle offre un moyen d’échapper à la cruauté et la violence de ce monde. Ensuite, seule la musique peut vous faire sentir moins seul. Man of the World est né d’un sentiment de peur irrépressible, et le fait de pouvoir les partager me fait sentir moins isolé. J’espère que ceux qui l’écouteront ressentiront la même chose.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Aliocha

ALIOCHA-Philippe-Mazzoni

Premier coup de foudre musical :

Quand j'avais 9 ans, mon grand frère m'a offert un album de Shania Twain. J'ai arrêté de l'écouter après que mes amis se soient foutu de ma gueule en m'entendant chanter "Man ! I feel like a  woman !" dans la cour d'école. 

Premier album acheté :

In Between Dreams de Jack Johnson. Plus tard, en commençant à jouer de la guitare j'ai acheté le bouquin de partitions et ça a été mes tous premiers covers.

Premier concert :

Bob Dylan à Londres avec mon oncle! Je peux pas dire que cela ait été une révélation, j'étais tout petit. Mais plus tard Dylan a été une influence incroyable pour moi. Je l'ai revu ensuite à Montréal.

Première chanson écrite : 

J'étais moniteur dans un camp de vacances et je jouais des chansons aux gamins le soir. J'ai fini par arriver au bout de mon répertoire de covers et pour m'amuser j'ai improvisé des accords et une mélodie sans le dire aux gamins (qui n'étaient pas de fins mélomanes). Le lendemain j'ai entendu un campeur fredonner l'air que j'avais composé la veille, ça m'a fait un effet fou. J'ai ensuite fini de composer la chanson pour l'ajouter à mon répertoire. C'était pas terrible..

Premier concert donné : 

C'était avec mon professeur de chant. J'avais 10 ans. J'ai chanté "Your Song" d'Elton John. Je ne me rappelle pas avoir eu le trac, par contre j'ai vomi avant tous mes premiers concerts avec le projet Aliocha. 

Premier album, Eleven Songs

J'ai composé l'album entre 17 et 21 ans alors on peut le voir comme un "coming of age album". Ce sont presque toutes des chansons dans lesquelles je m'adresse à quelqu'un, que ce soit un frère, une femme, un ami. Ça a été un long processus d'exploration pour finalement arriver à quelque chose de roots et sincère.

Premier métier envisagé :

Astronaute. Footballeur. J'aurais pu partager mon temps entre les deux. 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Jacques Duvall

Jacques Duvall-Marie France-Philippe-Mazzoni 2

LA POP

Je préfère le terme "variétés", dont je revendique fièrement le sens péjoratif.

LA PEUR

La peur est la meilleure amie de l'homme, disait John Cale. 

Et si un ami c'est quelqu'un qui n'hésite pas à vous appeler à quatre heures du matin, elle est assez pote avec moi, c'est certain.

LE PASSÉ

Où est-il passé, celui-là?

Bah, bon débarras après tout.

LES YÉ-YÉ

Du rock'n'roll de seconde main. Mais le rock'n'roll n'est-il pas du blues de seconde main?

L'ÉCRITURE

Dans mon cas c'est un besoin naturel. Du coup mon ambition de ne pas faire de la merde peut sembler paradoxale, je vous l'accorde.

DIEU

Encore lui?

Je croyais qu'il était mort.

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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H-Burns

H Burns-Philippe-Mazzoni

Kid We Own The Summer commenté par H-Burns

We Could Be Strangers

La naïveté à l’état pur, une chanson de l'après rupture.

I Wasn’t Trying To Be Your Man

On parle ici des faux semblant. C'est un témoignage de cet adage "suis moi je te fuis, fuis-moi je te suis"…

This Kind of Fire

Partir à la recherche du frisson.

Kid We Own The Summer

L’été déclinant, la jeunesse éternelle, l’avancée vers l’inconnu. J’essaye toujours de garder quelque chose de lumineux malgré une douce mélancolie que je ne souhaite cependant pas cultiver.

Naked

Suis-je encore capable de revivre ma jeunesse, même après la désillusion et les déceptions ?

White Tornado

Les réminiscences de l’album précédent, sur la métaphore des catastrophes naturelles. Ici, il s'agit de la tornade de la désillusion.

Minor Days

Los Angeles la nuit et ces jours sans grande importance, ce genre de période que l’on oubliera plus tard.

I Sail In Troubled Waters

La recherche d’une faille dans laquelle s’engouffrer.

Turn On The Party Lights

De l’ironie, de la tristesse, et l’idée de s’inscrire pour longtemps dans la mémoire de l’Autre.

Linger On
Un jeu de séduction, qui n’est qu’un jeu, mais que l’on accepte. Le dernier mot du clavier.

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Alister

Alister-Philippe-Mazzoni

Si j'étais...

Une ville ?

Cabourg. Le calme.

Une fleur ?

La rose noire. Elégante.

Une émotion ?

Le rire. Parce que c’est tout.

Un instrument ?

Le piano. Fait le ménage.

Un objet ?

Chausse-pieds. Chiant mais indispensable.

Une chanson de ton dernier album ?

"Cathédrale". La religion errante.

Une boisson ?

Le Fanta Orange. Joie permanente.

Un personnage historique ?

Socrate. Le tenancier.

Un autre chanteur ?

Aznavour. Impeccable branleur.

Un film ?

Un singe en hiver. Le Coran.

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Merci à l'hôtel Le Pigalle, à Paris.

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Mathieu Boogaerts

Mathieu Boogaerts 3-1

 

La Java, c'est du baume au coeur.

J’avais dit oui à l’époque d’I Love You, entre deux dates, sans réfléchir. On ne pouvait être que deux sur scène, sans lumière, aucune scénographie particulière... et le concert était hyper sensuel. Aussi parce qu'il n'y avait pas de batterie, donc beaucoup d’air, beaucoup d’espace. Le lendemain, sous le charme, j’ai demandé à faire d'autres dates. En tout, j’en ai fait 74. 

Les spectacles de la chanson, c’est une économie très fragile, parfois peu gratifiante. Mais avec la Java, cela fonctionnait. Tout le monde y gagnait: le public car la place étaitpeu chère, moi car je dormais chez moi, sans frais à débourser, et la salle en misant sur le mercredi... Chacun s’y retrouvait sans subventions.

Dès le mois de février 2017, chaque premier mercredi par mois me verra jouer à la Java... jusqu’à ce que mort s’ensuive !

 

 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Trentemoller

Trentemoller-Philippe-Mazzoni

Je ne définis jamais un album avant qu’il ne soit terminé. J’écris et j’enregistre en même temps. Je fais tout dans un grand bordel, avec peut être quelques éléments au piano mais, très vite, je vais en studio pour les rythmes et la recherche sonore. Tout s’enchaine de chanson en chanson. Si je panique, je ne force rien, je rentre me coucher. Faire un album doit être un processus ouvert.

J’ai débuté dans les années 1990. Et c’est toujours aussi bien ! J’aime jouer, être en tournée, commencer à écrire une nouvelle chanson. Ce qui reste difficile, c’est de penser à la pression des gens : vont-ils aimer ou pas ? 

Pour moi, la musique est avant tout fictionnelle. C’est une autre histoire, même si on s’inspire de notre vécu. On s’imagine d’autres choses que nos propres vies. La musique te permet de créer ton propre film intérieur.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Barbagallo

Barbagallo-Philippe-Mazzoni 4

 

PREMIER INSTRUMENT

Je pense que c’était une batterie que je m’étais fabriqué à base de boites en ferraille des biscuits LU, des petits beurres… J’avais 5 ou 6 ans. Puis j’ai continué comme ça sur divers récipients. Alors mes parents m’ont inscrit dans un école de musique, à Albi, et j’ai commencé à étudier la batterie. C’était mon instrument principal jusqu’à mes 15 ans. Après, j’ai appris en autodidacte d’autres trucs…

MES INSPIRATIONS 

Entre mes 17 et 25 ans, j’écoutais beaucoup de musique britannique, Teenage Fanclub, Super Furry Animals, Oasis, et du côté américain c’était Weezer, les Flaming Lips. En murissant, je me suis beaucoup intéressé au folk, notamment à Neil Young. Et puis il y a eu Matthieu Boogaerts, dont je suis le plus grand fan. Et je ne serais pas honnête si je ne citais pas Genesis, qui passait beaucoup à la radio lorsque j’étais enfant. Le tout a nourri nourri mon imaginaire de musicien.

ECRIRE 

Je m’étais donné quelques mots clefs pour mes chansons, que je relisais de tant en temps pour me( re)mettre dans le bain. Je m’étais imposé de ne pas utiliser de métaphores… Je pensais beaucoup au côté prophétique des  phrases. Et je gardais un cahier des charges où se côtoyaient Eugène Guillevic, dont j’ai repris un poème sur l’album avec la chanson « Oubliez-moi », ou des auteurs comme Jean Echenoz. Ils ont des manières d’écrire très simples, qui regorgent d’informations sans en donner. J'ai voulu tendre vers cela, quelque chose d’assez dépouillé pour que les auditeurs puissent s’approprier les chansons le plus facilement possible.Tout en jonglant avec les mots.

... EN FRANÇAIS

Jusqu’à il y a trois ou quatre ans, j’utilisais l’anglais pour mes projets solos. Mais la pensée et la langue étaient très éloignés, et j’ai réalisé qu’il était temps de passer au français, d’aller au plus près de ce que j’ai envie de dire. Il y a aussi le fait que je sois parti vivre à l’étranger… cela m’a beaucoup décomplexé. Tout d’un coup, une forme de pression disparait, tu te sens plus libre dans tes propos, dans ton exploration de la langue.

GRAND CHIEN

C’est la traduction littérale de l'expression anglaise « big dog », qui est un peu moqueuse. C’est comme ça que tu surnommes quelqu'un qui va frimer en soirée, payer sa bouteille de champagne… C’était suffisamment étrange pour servir d’accroche.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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La Femme

La Femme-Philippe-Mazzoni

Sortir dans des fêtes, être triste et être heureux. Vivre, ça t’alimente.

Une bonne engueulade peut adoucir l’atmosphère pendant quelque temps. Même si on des remords, comme on le dit dans Mystère : « même si tu es triste continue ta route, il y a quand même de l’espoir ». Et toujours des solutions.

Nos paroles, on les veut simples. Il faut savoir parler directement à quelqu’un. On est des porte-paroles malgré nous... Mais si on peut dire des choses qui aident les autres, tant mieux. On a une voix qui porte, alors autant véhiculer des messages.

Faire attention à la routine, au-delà de notre vécu sentimental. On fait des trucs fous, comme prendre l’avion plutôt que le bus. On squatte chez les gens, on va dans des pays différents. Ce qui est triste, c’est de savoir où on sera dans six mois ou un an.

On aime le son des années 60, mais on va de l’avant. On a tous produit tout seuls, de A à Z, avec la technique d'aujourd'hui. On veut avoir le contrôle. Ce groupe a été créé dans le but que ça marche et de faire des tournées dans le monde. Tiens, pourquoi pas faire comme Led Zeppelin et avoir un jet La Femme ?

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Mamfredos

Mamfredos-Philippe-Mazzoni

Comment et pourquoi les années 80 vous influencent-elles?

Je suis née à la fin des années 80, et petite, on allait une à deux fois par an en Grèce avec mes parents (mon père était grec), ma sœur et mon frère. Souvent, voire tout le temps sur l’île de Kalymnos où nous avons des cousins, cousines. C’est une des plus belles périodes de ma vie. Le soir, l’été, nos parents retrouvaient des amis pour boire des coups dans le bar de Neoclès ! Et nous, on buvait des litres d’oranges pressées à l’intérieur, accoudés au bar, comme les Daltons ! En fond sonore que des hits des années 80. C’était dans les années 90 mais ce bar était totalement 80’s ! Et puis j’utilise des sons de synthé 80’s (que j’essaye quand même de travailler de manière nouvelle et de notre temps) parce que c’est devenu hyper branché et que ça me fait assez rigoler cette mode… Je peux être assez malicieuse ! Et puis je pense que ma musique est aussi assez 60’s, 70’s sur certains aspects, j’ai des mélodies qui sonnent assez 60’s même si j’utilise un synthé aux sonorités 80’s pour les jouer. C’est ça qui me plait, le mélange. 

Le jour où vous avez réalisé que votre vie serait consacrée à la musique?

C’est venu comme une évidence. J’étais à la fac, je faisais une licence de LEA Anglais-Chinois et une licence de Médiation Culturelle, ça fonctionnait pas mal. Aller à la fac me faisait me lever le matin, je me nourrissais, puis je digérais et je réintégrais ça dans ma musique, à ma façon… Puis est arrivé le moment où je ne pouvais faire correctement ni l’un ni l’autre. J’aime aller au bout des choses et le choix s’est fait naturellement. Pouvez-vous revenir sur vos débuts de musicienne et de chanteuse? Mes débuts de musicienne c’est « Circa » 2000, j’ai demandé une guitare et m’y suis mise… Mon prof me faisait bosser des morceaux, et en me plantant sur les accords j’ai découvert la composition. De ces erreurs, je me suis mise à faire ce que j’appelais mes « bouts de morceaux ». Côté scène ça a suivi assez vite, Vanessa Chassaigne (Louka) avait passé un appel sur MySpace, elle cherchait un guitariste pour remplacer Timothée Régnier (Rover), je me suis proposée et ça a fonctionné ! Et pour la voix ça a suivi, Héléna Noguerra qui passait à la maison, après avoir écouté mes derniers « bouts de morceaux » m’a dit qu’il manquait plus que ma voix pour que ce soit des chansons et qu’il fallait que je me lance ! C’est comme ça que je m’y suis mise.

Vos références absolues ?

Il y a Ron Carter et son album live Piccolo, Bitches Brew de Miles Davis (et à peu près tout Miles Davis d’ailleurs!). Beaucoup de jazz en fait. Ma mère et mon père m’ont baignée dedans, et ma grand-mère maternelle m’emmenait en écouter tous les ans à Jazz à Juan. Sinon il y a Boby Lapointe et le Pierrot Lunaire de Schönberg (ma mère m’a bercée avec), Hugues le Bars dont je suis dingue… 

La recette d'une vraie bonne pop song, d'après vous?

Des mots simples, des phrases courtes, un double ou triple sens possible, au moins un bon gimmick efficace, une intro qui permet de reconnaître la chanson dès la première seconde : "Circa" en somme !

Si vous avez une devise... Ou si vous deviez vous en inventer une?

Un seul mot : « Sprezzatura », que j’ai découvert à la fac, en histoire de l’art. Je l’ai tatoué sur mon bras et ce sera le titre de mon premier album ! Le terme Sprezzatura est apparu dans Le Livre du courtisan, écrit par l’Italien Baldassare Castiglione en 1528. Il définit la Sprezzatura comme la capacité à « user en toutes choses d’une certaine nonchalance, qui cache l’artifice, et montre ce qu’on fait comme si cela était venu sans peine et quasi sans y penser ». C’est « assez tout moi » !

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Cat's Eyes

Cats Eyes-Philippe-Mazzoni 

RACHEL ZEFFIRA

Cat’s Eyes, c’est l’orchestral qui rencontre les synthés et les guitares. C’est mon univers qui se marie avec celui de Faris. Les deux touchent le coeur. Nous venons de backgrounds musicaux très différents. C’est par ailleurs ce qui nous permet de ne pas avoir à faire de compromis. Et si jamais c’est difficile pour l’un de nous deux, c’est difficile pour l’autre… cela marche de la même façon pour la facilité. Nous n’aimons les formules toute faites ou les règles, nous nous ennuyons très vite. Tout doit être passionnant.

FARIS BADWAN

Si nous avons appelé notre second album Treasure House, c’est pour rendre hommage à un lieu magique qui décrit notre monde. Un de nos endroits secrets. Nous sommes comme des enfants, imprévisibles, nous ne savons jamais ce que nous allons faire. Où est le plaisir si nous connaissons tout ce qui va se passer ? Notre rencontre était inattendue et spontanée, notre relation et notre musique doivent l’être aussi. 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Petite Noir

Petite Noir-Philippe-Mazzoni-1

 

Le Noirwave, c’est un état d’esprit, un mix entre la new wave et la musique africaine qui convoque également l’image et la mode. Ma devise : libérez vos esprits. Il faut absolument savoir ouvrir son mental et ne pas s’encombrer de tabous. Ca a l’air évident, comme ça, mais il n’y a pas grand chose de plus difficile. C’est l’une des raisons pour lesquelles je fais de la musique : donner envie aux gens de s’aimer les uns les autres en écoutant des chansons qui peuvent les rassembler.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Bosco Rogers

Bosco Rogers-Philippe-Mazzoni 

LE ROCK'N'ROLL

Del : C'est la liberté musicale. Oublier ce qui a été fait avant. Un peu comme le surf, le krautock et le punk, mais sans les clichés et les uniformes qui vont avec.

PREMIÈRE FOIS MUSICALE

Del : Oui, c'était au piano, chez ma tante, j'ai joué la mélodie vocale de Baggie Trousers de Madness. J'avais 7 ans.

Barth : j'ai joué mon premier accord, un D, dans la cuisine de mes parents. C'était le printemps et j'avais onze ans. 

PREMIERE RENCONTRE

Un moment de pure beauté, nous nous sommes sentis comme des frères nés de mères différentes. 

POP AMBITION

Nous voulions que nos petites chansons sonnent davantage comme un jus d'ananas pressé qu'un sirop de pastèque chaud. Qu'elle soient courtes, efficaces et dotées d'un coeur.

UNE DEVISE

Je fais tout une fois, et deux si j'aime ça.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Brisa Roche

Brisa Roche-Philippe-Mazzoni

LA NOSTALGIE ET LE FUTUR.

Il y a de la nostalgie dans ce que je raconte dans ma musique, mais aussi un dsir d'explorer un son à la fois accessible et imposant, qui joue sur plusieurs couches de production sans mettre de côté mes objectifs : l'émotion et la lumière. je parle souvent de moi, de mes rêves, de mes correspondances, mais parfois, j'imagine aussi une scène, ou je m'inspire d'images souvent utilisées dans le hip-hop, le R'n'B ou la country. C'est drôle de s'en servir hors contexte!

INVISIBLE.

Le nom de mon album vient u fait que j'ai enregistré toute mes voix seule, dans mon home studio, sans contacte avec qui que ce soir. Pas d'influence, pas de jugement extérieur. Cela reste difficile d'être une femme dans l'industrie de la musique. Mais j'ai eu la chance d'avoir, avec le temps, noué des relations avec des personnes sur qui je peux compter et qui respectent mes convictions... Comme Marc Collin. C'est un génie. Il sait réunir les gens, les projets, les sonorités. 

MA DEFINITION DU BONHEUR.

L'intensité, l'improvisation, le travail, un premier baiser.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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